Catégorie : Livres

 

L’homme qui a perdu la mer par Theodore Sturgeon

Fiche de L’homme qui a perdu la mer

Titre : L’homme qui a perdu la mer
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1978
Traduction : A. Rosenblum, F. Straschitz, P. Billon, J. Polanis, M. Boissier, P. J. Izabelle, R. Lathière
Editeur : Le livre de poche

Sommaire de L’homme qui a perdu la mer :

  • Ça
  • Dieu microcosmique
  • Et la foudre et les roses
  • La merveilleuse aventure du bébé Hurkle
  • Le contact de ta main
  • L’éveil de Drusilla Strange
  • L’homme qui a perdu la mer
  • Epitaphe

Première page de Ça

« Ça marchait dans les bois. Ce n’était pas né. Ça existait. Sous les aiguilles de pin les feux couvent, foyers ardents qui se consument sans fumée dans la terre. La chaleur, l’obscurité, la décomposition provoquent la croissance. La vie est une chose, la croissance une autre. Ça grandissait mais ce n’était pas vivant. Ça marchait sans respirer à travers bois et ça pensait, voyait, c’était hideux et fort mais ce n’était pas né et ne vivait pas. Ça grandissait et se déplaçait sans vivre.

Ça émergea en rampant de la pénombre et du terreau humide et chaud dans la fraîcheur d’un matin. C’était énorme. C’était tout couvert de bosses et croûtes faites de sa propre horrible substance, et des fragments s’en détachaient à mesure que ça avançait, tombaient à terre et se tordaient, puis s’immobilisaient et s’enfonçaient tout pourrissants dans l’humus forestier. »

Extrait de : T. Sturgeon. « L’homme qui a perdu la mer. »

Venus plus x par Theodore Sturgeon

Fiche de Venus plus x

Titre : Venus plus x
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1960
Traduction : J.-P. Carasso
Editeur : Champ Libre

Première page de Venus plus x

«  CHARLIE JOHNS », s’époumonait Charlie Johns : « Charlie Johns, Charlie Johns ! » C’était la nécessité absolue — savoir qui était Charlie Johns, ne pas lâcher une seconde, pour rien au monde, jamais.
« Je suis bel et bien Charlie Johns », il n’en démordrait pas, et puis, plaintif, il le répétait encore. Personne ne le discutait, personne ne le niait. Il était là, dans l’obscurité tiède, les genoux relevés, entourés de ses bras, le front appuyé contre les rotules, bien serré. Il y avait comme une palpitation rouge, un peu terne, mais ça, c’était derrière ses paupières fermées. Et il était Charlie Johns.
C. Johns au stencil, sur un bristol fixé à la porte d’une armoire métallique. Au feutre noir, sur un diplôme universitaire. À la machine à écrire, sur une feuille de paie. Johns, Chas, dans l’annuaire. »

Extrait de : T. Sturgeon. « Vénus Plus X. »

Un peu de ton sang par Theodore Sturgeon

Fiche d’Un peu de ton sang

Titre : Un peu de ton sang
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 2008
Traduction : O. Ferry, V. Dumont
Editeur : Gallimard

Sommaire d’Un peu de ton sang :

  • Un peu de ton sang
  • Je répare tout

Première page d’Un peu de ton sang

« … Mais tout d’abord, laissez-moi vous dire un mot.
Vous connaissez le chemin. Vous avez la clé et cela fait partie de vos prérogatives.
Allez jusqu’à la maison du Dr Philip Outerbridge. Allez-y et entrez : vous avez la clé. Montez les escaliers. Marchez jusqu’au bout du couloir et tournez à gauche. C’est le bureau du Dr Philip : un bureau très confortable et fort bien aménagé. Des livres, un divan, des livres, un bureau, une lampe, des livres. Avancez jusqu’au bureau : asseyez-vous. Voilà, c’est très bien. Ouvrez le dernier tiroir de droite. C’est l’un de ces tiroirs profonds à double fond. C’est fermé à clé ? Mais vous avez la clé, voyons, n’hésitez pas.
Tirez-le… Davantage. Jusqu’au bout. Ça y est. Vous voyez tous ces dossiers ? Vous voyez comme ils sont retenus dans une sorte de cadre ? Eh bien, soulevez-le (il vaut mieux que vous vous leviez parce qu’il est lourd). Nous y voilà. »

Extrait de : T. Sturgeon. « Un peu de ton sang. »

Symboles secrets par Theodore Sturgeon

Fiche de Symboles secrets

Titre : Symboles secrets
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1980
Traduction : A. Dorémieux
Editeur : Casterman

Sommaire de Symboles secrets :

  • Tiny et le monstre
  • La tombe et le pied
  • La cloison
  • Le claustrophile
  • Et voici les informations
  • L’amour et la mort

Première page de Tiny et le monstre

« Il fallait qu’elle sache à quoi s’en tenir sur Tiny – qu’elle découvre absolument tout au sujet de Tiny.
Le nom de Tiny s’était imposé. C’était une source d’amusement à l’époque où il n’était qu’un chiot, et ce le fut bien des fois par la suite1 .
C’était un dogue allemand, pas à la mode en raison de sa longue queue, avec un pelage lisse et luisant qui recouvrait douillettement son poitrail puissamment musclé. Il avait de grands yeux bruns et un aboiement pareil au tonnerre.
Il était né dans les Îles Vierges, sur Sainte-Croix, terre de palmiers et de cannes à sucre, de brises douces et de sous-bois luxuriants qui bruissaient du passage furtif des mangoustes et des faisans. Il y avait des rats dans les ruines des vieilles résidences qui se dressaient parmi les vallons – ruines aux murs épais d’un mètre jadis bâtis par les esclaves et aux grandes arcades de pierre délabrées. Il y avait des pâturages où couraient les mulots et des ruisseaux où brillaient des vairons d’un bleu éclatant. »

Extrait de : T. Sturgeon. « Symboles secrets. »

Les talents de Xanadu par Theodore Sturgeon

Fiche de Les talents de Xanadu

Titre : Les talents de Xanadu
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1972
Traduction : M. Deutsch
Editeur : J’ai lu

Sommaire de Les talents de Xanadu :

  • Les talents de Xanadu
  • L’hôte parfait
  • L’amateur de cimetières
  • L’autre homme
  • Le ciel était plein de vaisseaux
  • Maturité
  • Mémorial

Première page de Les talents de Xanadu

« Et le Soleil explosa en nova. L’humanité se fragmenta et essaima dans l’espace. Mais elle savait qu’elle devait conserver son passé tout comme elle préservait son être sous peine de cesser d’être humaine. Et, dans son orgueil, de ses traditions elle fit un rite et une norme.
Le grand rêve : partout où se poserait une de ses parcelles, quel que fût son mode de vie, l’humanité ne recommencerait pas : elle continuerait. De sorte que d’un bout à l’autre de l’univers, perpétuellement, les humains demeureraient des humains, ils parleraient comme des humains, penseraient comme des humains, auraient des ambitions humaines et progresseraient comme des humains. Et chaque fois qu’un humain rencontrerait un autre humain, si différent, si éloigné qu’il fût, il viendrait en paix, membre de la même race, parlant le même langage.
Mais les humains étant des humains… »

Extrait de : T. Sturgeon. « Les Talents de Xanadu. »

Les songes superbes par Theodore Sturgeon

Fiche de Les songes superbes

Titre : Les songes superbes de Theodore Sturgeon
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1978
Traduction : B. Martin, M. Deutsch
Editeur : Casterman

Sommaire de Les songes superbes :

  • Un égocentriste absolu
  • Compagnon de cellule
  • Un don spécial
  • Dans la chambre sombre
  • Celui qui lisait les tombes
  • Abréaction
  • Paradis perdu
  • Une soucoupe de solitude
  • Monde interdit
  • La clinique
  • Un triangle dans la tempête

Première page d’Un égocentriste absolu

« Cette nouvelle parut dans le numéro de février 1941 du magazine Unknown, sous le pseudonyme de E. Waldo Hunter (inspiré par le véritable patronyme de Sturgeon, qui se nomme en réalité Edward Hamilton Waldo). Dirigé comme Astounding par le redoutable et légendaire John W. Campbell, Unknown avait déjà accueilli dans ses pages plusieurs récits du jeune Sturgeon… et lui en avait refusé tout autant. C’est un an et demi plus tôt que Sturgeon avait fait ses débuts chez Campbell, et Un égocentriste absolu était sa neuvième histoire publiée. Avec son style léger et ironique, sa narration peu sérieuse, l’énormité canularesque de son sujet, c’est une production typique du Sturgeon première manière, lequel était âgé à cette époque de 22 ans. Et pourtant… Pourtant, il y a dans ce texte quelques pages étonnantes, en ce sens qu’elles préfigurent d’un seul coup tout un aspect essentiel de son œuvre future : il s’agit des pages qui concernent le personnage de Drip, demeuré mental muré dans son incapacité de s’exprimer. »

Extrait de : T. Sturgeon. « Les Songes superbes de Theodore Sturgeon. »

Les plus qu’humain par Theodore Sturgeon

Fiche de Les plus qu’humains

Titre : Les plus qu’humains (nouvelle traduction)
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1953
Traduction : M. Chrestien, P.-P. Durastanti
Editeur : J’ai lu

Première page de Les plus qu’humains

« L’idiot habitait un univers noir et gris que ponctuaient l’éclair blanc de la faim et le coup de fouet de la peur. Ses vieux habits en lambeaux laissaient voir ses tibias en lame de burin et, sous sa veste déchirée, ses côtes qui saillaient comme des doigts. L’idiot était de haute taille, mais plat comme une limande ; dans son visage mort, ses yeux étaient calmes.
Les hommes le fuyaient, les femmes l’ignoraient, les enfants s’arrêtaient pour le regarder. Mais ça ne paraissait pas l’atteindre. L’idiot n’attendait rien de personne. Quand l’éclair blanc frappait, il mangeait, comme il pouvait, s’il pouvait. Et il lui arrivait de sauter un repas. Mais, en général, les uns ou les autres pourvoyaient à sa subsistance. Pourquoi ? Il n’en savait rien et ne se posait jamais la question. Simplement, il était là et il attendait. Non, il ne mendiait pas. Si le regard de quelqu’un croisait le  »

Extrait de : T. Sturgeon. « Les plus qu’humains (nouvelle traduction). »

Les plus qu’humains par Theodore Sturgeon

Fiche de Les plus qu’humains

Titre : Les plus qu’humains
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1953
Traduction : M. Chrestien
Editeur : J’ai lu

Première page de Les plus qu’humains

« L’Idiot habitait un univers noir et gris que déchiraient parfois l’éclair blanc de la faim et le coup de fouet de la peur. Ses vêtements en lambeaux laissaient voir ses tibias en lame de sabre et, sous sa veste déchirée, ses côtes qui saillaient comme des doigts. L’Idiot était de haute taille, mais plat comme une limande; dans son visage mort, ses yeux étaient calmes.
Les hommes le fuyaient, les femmes l’ignoraient, les enfants s’arrêtaient pour le regarder. Mais cela ne paraissait pas l’atteindre. L’Idiot n’attendait rien de personne. Quand il avait faim, il mangeait, comme il pouvait, s’il pouvait. Et il lui arrivait de sauter un repas. Mais, en général, les uns ou les autres pourvoyaient à sa subsistance. Pourquoi ? Il n’en savait rien et ne se posait jamais la question. Simplement, il était là et il attendait. Non, il ne mendiait pas. Si le regard de quelqu’un croisait le sien, une pièce lui tombait dans la main, ou un morceau de pain, ou un fruit. Il mangeait. Et son bienfaiteur fuyait en hâte, ému sans comprendre.  »

Extrait de : T. Sturgeon. « Les plus qu’humains. »

Le coeur désintégré par Theodore Sturgeon

Fiche de Le coeur désintégré

Titre : Le coeur désintégré
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1970
Traduction : R. Delouya
Editeur : J’ai lu

Sommaire de Le coeur désintégré :

  • Extrapolation
  • Le prix de la synergie
  • Faites-moi de la place
  • Le coeur désintégré
  • Les incubes de Parallèle X

Première page d’Extrapolation

« — Lisez vous-même, dit le Major.
Elle prit la liasse de papiers pelures qu’il lui tendait et lui lança un regard étrange, sans chaleur. Elle est sous le choc, pensa-t-il, essayant en même temps de chasser les deux souvenirs qu’il avait d’un tel regard : un étourneau blessé, mort dans sa main, et sa nièce âgée de quatre ans, lorsqu’il l’avait frappée, le long moment insupportable entre l’instant de l’impact et les larmes de l’enfant.
Mrs. Reger lisait attentivement, lentement. Son visage était impassible, comme endormi. Ses yeux luisaient, sans rien trahir. Ses longues mains étaient plus vulnérables. Le major entendait le bruissement du papier pelure. Elle se détourna à un moment pour appuyer le dos de ses mains contre le rebord de la cheminée. Lorsqu’elle eut terminé, elle reposa  »

Extrait de : T. Sturgeon. « Le coeur désintégré. »

La sorcière du marais par Theodore Sturgeon

Fiche de La sorcière du marais

Titre : La sorcière du marais
Auteur : Theodore Sturgeon
Date de parution : 1981
Traduction : A. Rosenblum, M. Battin, D. Hersant, P. J. Izabelle, B. Martin, J. Polanis, J. M. Boissier, J. Guiod
Editeur : NEO

Sommaire de La sorcière du marais :

  • L’abominable invité
  • La sorcière du marais
  • Tournure d’esprit
  • Douce-Agile ou La licorne
  • La peur est une affaire
  • L’homme qui apprit à aimer
  • Case et le rêveur
  • Le dossier Verity
  • Le scalpel d’Occam

Première page de L’abominable invité

« Étendu dans l’obscurité, Ransome souriait tout seul en pensant à son hôtesse. Ransome était un invité très recherché, uniquement à cause de son talent phénoménal de conteur. Talent entièrement dû au fait qu’il était si souvent invité, car c’était la verve concise de ses descriptions des gens et de leurs opinions sur les autres qui lui donnait son prix.
Et toute son ironie féroce visait les personnes qu’il avait rencontrées au week-end d’avant. Après un séjour chez les Jones, il insinuait tranquillement les choses scandaleuses les plus drôles à propos des Jones quand il passait le week-end quinze jours plus tard chez les Brown. Vous croyez que Mr. et Mrs. Jones s’en indignaient ? Ah ! Non. Il fallait entendre toutes les rosseries sur les Brown ! Et ainsi de suite, à l’image d’une spirale à deux dimensions sur le plan social.
Cette fois, il ne s’agissait pas des Jones ni des Brown ; mais de la demeure de Mrs. Benedetto. Pour Ransome, dont le sens de l’humour était blasé,  »

Extrait de : T. Sturgeon. « La sorcière du marais. »