Catégorie : Livres

 

Chasseur / Victime par Robert Sheckley

Fiche de Chasseur / Victime

Titre : Chasseur / Victime (Tome 3 sur 3 – Trilogie de la chasse)
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1988
Traduction : P. R. Hupp
Editeur : Denoël

Première page de Chasseur / Victime

« Franck Blackwell et son épouse Claire passèrent la plus grande partie de leur dernière journée parisienne à se disputer dans leur chambre d’hôtel. Une de ces discussions sans fin où chacun, bien qu’ayant oublié l’origine du désaccord, sait que l’autre fait lourdement erreur et doit absolument s’en rendre compte.
On en était arrivé à une phase de longs silences. Blackwell secouait fréquemment la tête comme pour prendre un public invisible à témoin de la mystérieuse intransigeance des femmes, tandis que Claire, elle, avait le regard fixé à mi-distance à la manière des héroïnes de toujours et de tous âges. Derrière les rideaux, Paris marinait dans ses miasmes d’autosatisfaction et ses vapeurs de diesel. »

Extrait de : R. Sheckley. « Trilogie de la chasse – Chasseur/Victime. »

Arena par Robert Sheckley

Fiche d’Arena

Titre : Arena (Tome 2 sur 3 – Trilogie de la chasse)
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1987
Traduction : P. R. Hupp
Editeur : Denoël

Première page d’Arena

« À l’assemblée générale de septembre, les habitants de Keene Valley, État de New York, décidèrent par vote d’équiper Harold Erdman de la meilleure arme de poing disponible, un Smith & Wesson de collection calibre 44, et de l’envoyer dans le Sud, sur l’île d’Esmeralda, pour participer à la Chasse.
On avait choisi Harold parce qu’il s’était porté volontaire et n’avait pas de proches parents, qu’il était célibataire, en bonne santé et capable de se battre correctement. Et parce qu’on le jugeait suffisamment honnête pour respecter les termes de son contrat, c’est-à-dire envoyer à la ville cinquante pour cent de ses primes de Chasse. À supposer qu’il vécût assez longtemps pour les empocher.
Pour s’inscrire à la Chasse, il lui faudrait partir en stop puis prendre des bus tout au long de la côte jusqu’à Miami. De là, il lui resterait juste assez d’argent pour payer son billet d’avion pour Esmeralda, la petite île de la pointe sud-est des Bahamas où la Chasse était autorisée. »

Extrait de : R. Sheckley. « Trilogie de la chasse – Arena. »

La dixième victime par Robert Sheckley

Fiche de La dixième victime

Titre : La dixième victime (Tome 1 sur 3 – Trilogie de la chasse)
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1965
Traduction : R. Fitzgerald
Editeur : Gallimard

Première page de La dixième victime

« Elle aurait très bien pu incarner la « femme fatale sous tous les rapports », cette Caroline Meredith. Mince et souple, la jeune personne était installée, l’air pensif, à un grand bar d’acajou, ses fines jambes enlacées dans une étreinte éperdue. Son long visage délicatement ciselé, évocateur des jades antiques et pourtant teinté du plus subtil ivoire, se penchait sur les abîmes insondables d’un martini.
Majestueuse comme une statue et douée cependant d’une fougue fracassante, vêtue des soies les plus somptueuses, un manteau de zibeline noire négligemment jeté sur ses épaules splendides, elle aurait pu symboliser tout ce qu’il y a de beau, de bon et de désirable dans cette cité étrangement disparate qu’est New York.
C’était sans doute ce que devait penser le touriste. L’air extasié, il s’était planté à trois mètres de la vitrine du bar où la belle Caroline se trouvait elle-même en contemplation devant son martini. C’était un Chinois, marchand de nids d’hirondelles, originaire de Kouei-Ping, à en juger par son costume de nansouk blanc, sa cravate de chantoung et ses chaussures de brocart. Il portait en sautoir un gros appareil photo qui, pour tout le monde, sauf les initiés, avait l’air d’un Bronica. »

Extrait de : R. Sheckley. « Trilogie de la chasse – La dixième victime. »

La dimension des miracles revisitée par Robert Sheckley

Fiche de La dimension des miracles revisitée

Titre : La dimension des miracles revisitée (Tome 2 sur 2 – La dimension des miracles)
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 2000
Traduction : J.-M. Lofficier
Editeur : Rivière blanche

Première page de La dimension des miracles revisitée

« Cette nuit-là, pendant que le Roi de l’Espace Infini dormait, il fit un rêve étrange. Il rêva d’un homme, ou tout au moins d’une créature humanoïde, qui s’appelait Tom Carmody et qui habitait une planète si lointaine et si étrange que n’importe qui pouvait voir tout de suite qu’elle était imaginaire, même le rêveur.
Dans ce rêve, le Roi et Tom Carmody firent connaissance, conversèrent, et une amitié naquit entre eux, telle que le Roi n’en avait jamais connu, mais dont il avait souvent rêvé.
Tout en se promenant, le Roi réfléchissait à ce rêve. Puis, il le chassa de son esprit. Il était, comme nous l’avons dit, le Roi de l’Espace Infini, mais il aimait, de temps en temps, se remémorer ce rêve afin de ne pas se croire trop pénétré de sa propre importance. Car il était le maître indiscuté du Centre Galactique, ce qui était finalement quelque chose de plutôt important, du moins si vous étiez quelqu’un pour qui la notion de pouvoir pratiquement illimité est quelque chose de plutôt important. »

Extrait de : R. Sheckley. « La dimension des miracles – La Dimension des miracles revisitée. »

La dimension des miracles par Robert Sheckley

Fiche de La dimension des miracles

Titre : La dimension des miracles (Tome 1 sur 2 – La dimension des miracles)
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1968
Traduction : G. Abadia
Editeur : Pocket

Première page de La dimension des miracles

« La journée avait été très peu satisfaisante, comme à l’accoutumée. Carmody était allé au bureau, avait plus ou moins flirté avec Miss Gibbon, respectueusement apporté la contradiction à Mr. Wainbock, et passé quinze minutes avec Mr. Blackwell à supputer les chances des Géants à la prochaine rencontre de football. En fin d’après-midi, il avait discuté avec Mr. Seidlitz  – discuté de façon véhémente, et avec une absence totale de compétence  – du tarissement continu des ressources naturelles du pays et de l’implacable cheminement des forces destructrices telles que la Continental Edison, le Génie militaire, les touristes, les fourmis fauves et les fabricants de papier journal. Tous ces facteurs, soutenait-il, étant à des degrés divers responsables de la spoliation du paysage et de l’oblitération éhontée des bastions de beauté naturelle qui subsistaient encore. »

Extrait de : R. Sheckley. « La dimension des miracles – La Dimension des Miracles. »

Les conquérants du pliocène par Julian May

Fiche de Les conquérants du pliocène

Titre : Les conquérants du pliocène (Tome 1 sur 4 – Saga du pliocène)
Auteur : Julian May
Date de parution : 1981
Traduction : M. Demuth
Editeur : Temps futurs

Première page de Les conquérants du pliocène

« La Grande Intervention de l’an 2013 ouvrit à l’humanité le chemin des étoiles, donnant aux peuples de la Terre un espace vital infini, des réserves énergétiques en suffisance et le droit d’être membres d’une civilisation bienveillante, le Milieu Galactique. L’humanité devint ainsi la sixième des Races Unies, commonwealth de colonisateurs cosmiques partageant un haut niveau technologique et la capacité d’accomplir des opérations mentales plus connues sous le nom de métafonctions. Ces dernières – au nombre desquelles on peut compter la télépathie, la psychokinésie et tout un éventail d’autres facultés – n’avaient cessé d’être tapies dans le potentiel génétique humain mais ne s’étaient que rarement manifestées.
En 2110, date à laquelle démarre la première époque de la Saga du Pliocène, on assiste au règne d’une sorte d’Age d’Or. Plus de sept cents nouveaux mondes ont été colonisés par les prolifiques Enfants »

Extrait de : J. May. « Saga du pliocène – Les Conquérants Du Pliocène. »

Le pays multicolore par Julian May

Fiche de Le pays multicolore

Titre : Le pays multicolore (Tome 1 sur 4 – Saga du pliocène)
Auteur : Julian May
Date de parution : 1981
Traduction : M. Demuth
Editeur : Temps futurs

Première page de Le pays multicolore

« Avec une lenteur pesante qui était la confirmation de sa mort prochaine, le grand vaisseau ressurgit dans l’espace normal. Et la douleur qui accompagnait la transition, d’ordinaire si rapide, fut prolongée d’autant, multipliée par mille et, malgré leur force, leurs esprits maudirent le sort et gémirent quand leur vint la certitude d’être pris au piège. Ils demeureraient à jamais dans les limbes grises.
Avec le chagrin.
Mais le Vaisseau faisait de son mieux. Il partageait la souffrance de ses passagers, il poussait contre le tissu rigide des superficies, tentait de le forcer, et enfin des éclats noirs apparurent dans le gris. Le Vaisseau et ceux qu’il portait sentirent s’estomper leur angoisse qui finit par se fondre en une pure harmonie de vibrations quasi musicales qui se propagèrent en échos, pâlirent et s’éteignirent à la fin. »

Extrait de : J. May. « Saga du pliocène – Le Pays Multicolore. »

L’éperon de Persée par Julian May

Fiche de L’éperon de Persée

Titre : L’éperon de Persée (Tome 1 sur 3 – Les mondes de rempart)
Auteur : Julian May
Date de parution : 1998
Traduction : M. Zachayus
Editeur : Pocket

Première page de L’éperon de Persée

« C’est mathématique : quand les Cent Firmes ont résolu de vous détruire, lutter est inutile. Mais j’étais fier et têtu comme une mule. Ayant pour moi la justice et le bon droit, je n’ai jamais douté qu’on reconnaîtrait mon innocence. Aussi, j’engageai le combat.
Naturellement, je perdis.
Quand mon dernier appel devant le tribunal disciplinaire du SCI fut débouté et que je devins un Rejeté, une part importante de ma personnalité se brisa. Je sombrai dans bien pire que le désespoir : une apathie morbide. Joanna était partie. Je m’étais aliéné pratiquement toute ma famille, les rares amis qu’il me restait et la poignée de collègues du Secrétariat qui m’avaient soutenu quand le scandale battait son plein. Je n’avais plus un sou vaillant, aucune perspective de gagner ma vie honnêtement… Le Rejeté que j’étais désormais pourrait tout juste prétendre au taux minimum de prestations sociales. »

Extrait de : J. May. « Les mondes de rempart – L’éperon De Persée. »

Opération Atlantis par Andre Norton

Fiche d’Opération Atlantis

Titre : Opération Atlantis
Auteur : Andre Norton
Date de parution : 1967
Traduction : B. Weiner
Edition : Albin Michel

Première page d’Opération Atlantis

« « L’Atlantide ? Un conte de fées ! » L’homme près de la fenêtre fit un demi-tour. « Tu plaisantes…» Il protesta d’abord avec assurance, mais cette assurance reflua devant le visage impassible de son compagnon.

« Tu as vu les films des trois premiers essais. Était-ce là le produit de l’imagination de quelqu’un ? Tu as contrôlé toutes les mesures de sécurité prévues pour s’assurer du contraire. Un conte de fées, dis-tu ? » L’air paisible, l’homme grisonnant s’affaissa un peu plus dans son siège. « Je me demande ce qui est vraiment enfoui, à la source de certains de nos contes traditionnels. Les sagas Scandinaves, considérées autrefois comme de la pure fiction, se sont révélées depuis longtemps être les chroniques d’événements historiques. Notre folklore, le plus souvent, n’est qu’une accumulation de réminiscences dénaturées, de clan, de tribu, ou de nation. Prends les dragons : il y eut un temps où des dragons cuirassés arpentaient la planète… »

Extrait de : A. Norton. « Opération Atlantis. »

Le monde des sorciers par Andre Norton

Fiche de Le monde des sorciers

Titre : Le monde des sorciers
Auteur : Andre Norton
Date de parution : 1970
Traduction : P. Billon
Editeur : Opta

Première page de Le monde des sorciers

« Les pieds enflés de Craike lui faisaient endurer une véritable agonie ; à chacune de ses inspirations, il devait lutter contre l’étreinte d’une main brûlante enserrant ses poumons compressés. Il s’accrochait faiblement à un rugueux éperon de roche formant saillie dans la muraille du canyon, vacillant contre la paroi et éraflant jusqu’au sang sa peau contre la pierre, mais ce roc érodé rouge et jaune n’était pas plus implacable que les volontés de meurtre lancées à ses trousses.

Il y avait si longtemps qu’il fuyait ! Depuis l’instant où il avait quitté le camp E. Mais jusqu’à la veille au soir – non, l’avant-veille – au moment où il était venu au poste d’essence, il n’avait pas su ce que cela signifiait, d’être réellement traqué. La volonté de tuer de ceux qui le poursuivaient était à ce point intense qu’elle traumatisait ses sens d’Esper, déchaînant en lui une panique complète. »

Extrait de : A. Norton. « Le monde des sorciers. »