Catégorie : Livres

 

Le démon de la farce par Robert Sheckley et Roger Zelazny

Fiche de Le démon de la farce

Titre : Le démon de la farce (Tome 3 sur 3 – Concours du millénaire)
Auteur : Robert Sheckley et Roger Zelazny
Date de parution : 1995
Traduction : A. Girard
Editeur : J’ai lu

Première page de Le démon de la farce

« Ylith se félicita d’avoir autant de chance. Elle avait choisi la journée idéale pour ce voyage entre le Paradis et l’adorable petit cimetière des environs de York, en Angleterre. On était fin mai, le soleil était resplendissant. Des petits oiseaux de toutes sortes gambadaient sur les branches moussues ou chantaient à tue-tête, perchés au bord du mur. Et le plus agréable, c’était que la dizaine d’angelots dont elle avait la charge se tenaient tout à fait bien, même pour des anges.
Les petits jouaient gentiment, et Ylith commençait juste à se détendre lorsque, soudain, un nuage sulfureux moutonna à moins de trois mètres d’elle. Et quand la fumée se fut dissipée, un démon d’assez petite taille, roux, au visage de renard, drapé dans une cape noire se tenait devant elle.
— Azzie ! Que fais-tu là ?
— J’avais envie de prendre quelques vacances et de laisser les affaires infernales de côté. J’en profite pour visiter certains tombeaux de saints.
— Tu n’envisages tout de même pas de changer de confession ? s’enquit Ylith. »

Extrait de : R. Sheckley et R. Zelazny. « Concours du millénaire – Le démon de la farce. »

A Faust, Faust et demi par Robert Sheckley et Roger Zelazny

Fiche d’A Faust, Faust et demi

Titre : A Faust, Faust et demi (Tome 2 sur 3 – Concours du millénaire)
Auteur : Robert Sheckley et Roger Zelazny
Date de parution : 1993
Traduction : P. Safavi
Editeur : J’ai lu

Première page d’A Faust, Faust et demi

« L’archange Michel et Méphistophélès, prince des démons, s’étaient donné rancard à l’Entre-Deux Mondes, un petit troquet tranquille et gratuit, perché dans les Limbes. L’air de rien, c’était un rendez-vous de la plus haute importance. L’émissaire de la Lumière et son illustre homologue des Ténèbres devaient régler les derniers préparatifs du grand concours qui allait opposer leurs mondes respectifs. Ils n’étaient pas là pour plaisanter.
Les Limbes, de toute façon, ce n’était pas vraiment le royaume du rire. Morne plaine flottant dans l’éther, c’est sans doute ce que l’on aurait trouvé dans un dépliant touristique de l’Au-Delà. Il y régnait jour et nuit une lumière grisâtre, fade, à rendre le plus gai des pinsons dépressif. Située à mi-chemin entre le Royaume des Cieux et le Monde Inférieur, cette vaste région sans âme faisait office d’antichambre. Nébuleuse la plupart du temps, disons vaporeuse dans le meilleur des cas, elle n’était pourtant pas totalement dénuée de charme.
Prenez ce bistrot vers lequel marchaient Michel et Méphisto, par exemple : une petite bâtisse en bois, biscornue, délabrée mais pittoresque, construite à égale distance du Paradis et des Enfers – exactement sur ce que l’on appelle, au ciel comme  »

Extrait de : R. Sheckley et R. Zelazny. « Concours du millénaire – A faust, faust et demi. »

Apportez-moi la tête du Prince Charmant par Robert Sheckley et Roger Zelazny

Fiche d’Apportez-moi la tête du Prince Charmant

Titre : Apportez-moi la tête du Prince Charmant (Tome 1 sur 3 – Concours du millénaire)
Auteur : Robert Sheckley et Roger Zelazny
Date de parution : 1991
Traduction : F.-M. Watkins
Editeur : J’ai lu

Première page d’Apportez-moi la tête du Prince Charmant

« Ça recommençait, ces salopards tiraient au flanc ! Et Azzie venait juste de s’installer confortablement Il avait trouvé un bon coin, juste à la bonne distance entre la Fosse flamboyante et les parois de fer couvertes de givre qui l’encerclaient.
Ces murs étaient maintenus à une température, proche du zéro absolu par la climatisation personnelle du diable. La Fosse centrale était assez brûlante pour dépouiller les atomes de leurs électrons, avec des bouffées occasionnelles capables de fondre des protons.
Encore que, tout bien pesé, cela ne faisait ni chaud ni froid. C’était du superflu, de la super-tuerie, du super-harcèlement plutôt. Les humains avaient une marge d’endurance très étroite (cosmiquement parlant, bien sûr). Une fois passé le seuil de confort, dans un sens ou dans l’autre, ils perdaient vite leur faculté de faire la différence entre le mauvais et le pire. A quoi bon soumettre les pauvres bougres à un million de degrés Celsius si cela ne leur faisait pas plus d’effet que cinq cents malheureux degrés ? Les extrêmes ne tourmentaient que les démons et autres  »

Extrait de : R. Sheckley et R. Zelazny. « Concours du millénaire – Apportez moi la tete du prince charmant. »

Chasseur / Victime par Robert Sheckley

Fiche de Chasseur / Victime

Titre : Chasseur / Victime (Tome 3 sur 3 – Trilogie de la chasse)
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1988
Traduction : P. R. Hupp
Editeur : Denoël

Première page de Chasseur / Victime

« Franck Blackwell et son épouse Claire passèrent la plus grande partie de leur dernière journée parisienne à se disputer dans leur chambre d’hôtel. Une de ces discussions sans fin où chacun, bien qu’ayant oublié l’origine du désaccord, sait que l’autre fait lourdement erreur et doit absolument s’en rendre compte.
On en était arrivé à une phase de longs silences. Blackwell secouait fréquemment la tête comme pour prendre un public invisible à témoin de la mystérieuse intransigeance des femmes, tandis que Claire, elle, avait le regard fixé à mi-distance à la manière des héroïnes de toujours et de tous âges. Derrière les rideaux, Paris marinait dans ses miasmes d’autosatisfaction et ses vapeurs de diesel. »

Extrait de : R. Sheckley. « Trilogie de la chasse – Chasseur/Victime. »

Arena par Robert Sheckley

Fiche d’Arena

Titre : Arena (Tome 2 sur 3 – Trilogie de la chasse)
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1987
Traduction : P. R. Hupp
Editeur : Denoël

Première page d’Arena

« À l’assemblée générale de septembre, les habitants de Keene Valley, État de New York, décidèrent par vote d’équiper Harold Erdman de la meilleure arme de poing disponible, un Smith & Wesson de collection calibre 44, et de l’envoyer dans le Sud, sur l’île d’Esmeralda, pour participer à la Chasse.
On avait choisi Harold parce qu’il s’était porté volontaire et n’avait pas de proches parents, qu’il était célibataire, en bonne santé et capable de se battre correctement. Et parce qu’on le jugeait suffisamment honnête pour respecter les termes de son contrat, c’est-à-dire envoyer à la ville cinquante pour cent de ses primes de Chasse. À supposer qu’il vécût assez longtemps pour les empocher.
Pour s’inscrire à la Chasse, il lui faudrait partir en stop puis prendre des bus tout au long de la côte jusqu’à Miami. De là, il lui resterait juste assez d’argent pour payer son billet d’avion pour Esmeralda, la petite île de la pointe sud-est des Bahamas où la Chasse était autorisée. »

Extrait de : R. Sheckley. « Trilogie de la chasse – Arena. »

La dixième victime par Robert Sheckley

Fiche de La dixième victime

Titre : La dixième victime (Tome 1 sur 3 – Trilogie de la chasse)
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1965
Traduction : R. Fitzgerald
Editeur : Gallimard

Première page de La dixième victime

« Elle aurait très bien pu incarner la « femme fatale sous tous les rapports », cette Caroline Meredith. Mince et souple, la jeune personne était installée, l’air pensif, à un grand bar d’acajou, ses fines jambes enlacées dans une étreinte éperdue. Son long visage délicatement ciselé, évocateur des jades antiques et pourtant teinté du plus subtil ivoire, se penchait sur les abîmes insondables d’un martini.
Majestueuse comme une statue et douée cependant d’une fougue fracassante, vêtue des soies les plus somptueuses, un manteau de zibeline noire négligemment jeté sur ses épaules splendides, elle aurait pu symboliser tout ce qu’il y a de beau, de bon et de désirable dans cette cité étrangement disparate qu’est New York.
C’était sans doute ce que devait penser le touriste. L’air extasié, il s’était planté à trois mètres de la vitrine du bar où la belle Caroline se trouvait elle-même en contemplation devant son martini. C’était un Chinois, marchand de nids d’hirondelles, originaire de Kouei-Ping, à en juger par son costume de nansouk blanc, sa cravate de chantoung et ses chaussures de brocart. Il portait en sautoir un gros appareil photo qui, pour tout le monde, sauf les initiés, avait l’air d’un Bronica. »

Extrait de : R. Sheckley. « Trilogie de la chasse – La dixième victime. »

La dimension des miracles revisitée par Robert Sheckley

Fiche de La dimension des miracles revisitée

Titre : La dimension des miracles revisitée (Tome 2 sur 2 – La dimension des miracles)
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 2000
Traduction : J.-M. Lofficier
Editeur : Rivière blanche

Première page de La dimension des miracles revisitée

« Cette nuit-là, pendant que le Roi de l’Espace Infini dormait, il fit un rêve étrange. Il rêva d’un homme, ou tout au moins d’une créature humanoïde, qui s’appelait Tom Carmody et qui habitait une planète si lointaine et si étrange que n’importe qui pouvait voir tout de suite qu’elle était imaginaire, même le rêveur.
Dans ce rêve, le Roi et Tom Carmody firent connaissance, conversèrent, et une amitié naquit entre eux, telle que le Roi n’en avait jamais connu, mais dont il avait souvent rêvé.
Tout en se promenant, le Roi réfléchissait à ce rêve. Puis, il le chassa de son esprit. Il était, comme nous l’avons dit, le Roi de l’Espace Infini, mais il aimait, de temps en temps, se remémorer ce rêve afin de ne pas se croire trop pénétré de sa propre importance. Car il était le maître indiscuté du Centre Galactique, ce qui était finalement quelque chose de plutôt important, du moins si vous étiez quelqu’un pour qui la notion de pouvoir pratiquement illimité est quelque chose de plutôt important. »

Extrait de : R. Sheckley. « La dimension des miracles – La Dimension des miracles revisitée. »

La dimension des miracles par Robert Sheckley

Fiche de La dimension des miracles

Titre : La dimension des miracles (Tome 1 sur 2 – La dimension des miracles)
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1968
Traduction : G. Abadia
Editeur : Pocket

Première page de La dimension des miracles

« La journée avait été très peu satisfaisante, comme à l’accoutumée. Carmody était allé au bureau, avait plus ou moins flirté avec Miss Gibbon, respectueusement apporté la contradiction à Mr. Wainbock, et passé quinze minutes avec Mr. Blackwell à supputer les chances des Géants à la prochaine rencontre de football. En fin d’après-midi, il avait discuté avec Mr. Seidlitz  – discuté de façon véhémente, et avec une absence totale de compétence  – du tarissement continu des ressources naturelles du pays et de l’implacable cheminement des forces destructrices telles que la Continental Edison, le Génie militaire, les touristes, les fourmis fauves et les fabricants de papier journal. Tous ces facteurs, soutenait-il, étant à des degrés divers responsables de la spoliation du paysage et de l’oblitération éhontée des bastions de beauté naturelle qui subsistaient encore. »

Extrait de : R. Sheckley. « La dimension des miracles – La Dimension des Miracles. »

Les conquérants du pliocène par Julian May

Fiche de Les conquérants du pliocène

Titre : Les conquérants du pliocène (Tome 1 sur 4 – Saga du pliocène)
Auteur : Julian May
Date de parution : 1981
Traduction : M. Demuth
Editeur : Temps futurs

Première page de Les conquérants du pliocène

« La Grande Intervention de l’an 2013 ouvrit à l’humanité le chemin des étoiles, donnant aux peuples de la Terre un espace vital infini, des réserves énergétiques en suffisance et le droit d’être membres d’une civilisation bienveillante, le Milieu Galactique. L’humanité devint ainsi la sixième des Races Unies, commonwealth de colonisateurs cosmiques partageant un haut niveau technologique et la capacité d’accomplir des opérations mentales plus connues sous le nom de métafonctions. Ces dernières – au nombre desquelles on peut compter la télépathie, la psychokinésie et tout un éventail d’autres facultés – n’avaient cessé d’être tapies dans le potentiel génétique humain mais ne s’étaient que rarement manifestées.
En 2110, date à laquelle démarre la première époque de la Saga du Pliocène, on assiste au règne d’une sorte d’Age d’Or. Plus de sept cents nouveaux mondes ont été colonisés par les prolifiques Enfants »

Extrait de : J. May. « Saga du pliocène – Les Conquérants Du Pliocène. »

Le pays multicolore par Julian May

Fiche de Le pays multicolore

Titre : Le pays multicolore (Tome 1 sur 4 – Saga du pliocène)
Auteur : Julian May
Date de parution : 1981
Traduction : M. Demuth
Editeur : Temps futurs

Première page de Le pays multicolore

« Avec une lenteur pesante qui était la confirmation de sa mort prochaine, le grand vaisseau ressurgit dans l’espace normal. Et la douleur qui accompagnait la transition, d’ordinaire si rapide, fut prolongée d’autant, multipliée par mille et, malgré leur force, leurs esprits maudirent le sort et gémirent quand leur vint la certitude d’être pris au piège. Ils demeureraient à jamais dans les limbes grises.
Avec le chagrin.
Mais le Vaisseau faisait de son mieux. Il partageait la souffrance de ses passagers, il poussait contre le tissu rigide des superficies, tentait de le forcer, et enfin des éclats noirs apparurent dans le gris. Le Vaisseau et ceux qu’il portait sentirent s’estomper leur angoisse qui finit par se fondre en une pure harmonie de vibrations quasi musicales qui se propagèrent en échos, pâlirent et s’éteignirent à la fin. »

Extrait de : J. May. « Saga du pliocène – Le Pays Multicolore. »