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Chauds, les secrets ! par Robert Sheckley

Fiche de Chauds, les secrets !

Titre : Chauds, les secrets !
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1962
Traduction : J. Debruz
Editeur : Gallimard

Première page de Chauds, les secrets !

« À la vue de l’ambulance, il s’arrêta. C’était une antique voiture, imposante et haute sur roues, à la carrosserie vert et gris. Des rideaux discrets garnissaient les vitres latérales. Un chauffeur en livrée se tenait au volant. Elle était montée à moitié sur le trottoir d’un étroit passage qui donnait dans Bolton Lane. Elle avait l’air tout ce qu’il y a de respectable, cette antique Rolls-Royce au moteur ronronnant, bien plus que son chauffeur au visage rougeaud ; un filet de sueur s’échappait de sa casquette bleue et lui dégoulinait le long des joues pour aller se perdre dans le col blanc qui lui serrait le cou. C’était déjà assez remarquable en soi, ce filet de sueur, par une matinée de Londres plutôt frisquette, où le soleil se cachait derrière un matelas de nuages gris chassés par le vent. Carlos résolut d’ouvrir l’œil.

Deux infirmiers en uniforme amenèrent le malade. Il paraissait vraiment très mal en point : le teint plombé, des yeux qui roulaient dans les orbites comme les billes d’un jouet d’enfant. Les infirmiers le soutenaient, un troisième marchait devant lui, tenant à la main un porte-documents. Ils s’approchèrent de l’ambulance en le portant presque. Les jambes du malade semblaient se ployer d’une façon grotesque comme celles d’un ivrogne ou d’un drogué. »

Extrait de : R. Sheckley. « Chauds, les secrets !. »

Deux hommes dans les confins par Robert Sheckley

Fiche de Deux hommes dans les confins

Titre : Deux hommes dans les confins
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 2024
Traduction : L. Dhayer
Editeur : Argyll

Sommaire de Deux hommes dans les confins

  • Spectre 5
  • Une mission de tout repos
  • La clé laxienne
  • Une invision de slegs
  • Le vieux rafiot trop zélé
  • La seule chose indispensable
  • Le château des Skags
  • Un sarkanais peut en cacher un autre

Première page de Spectre 5

« Il est en train de lire notre plaque », expliqua Gregor, l’œil rivé au judas, sa longue face osseuse collée à la porte du bureau.

« Laisse-moi voir ! », s’impatienta Arnold.

Gregor le repoussa et poursuivit : « Il s’apprête à frapper − non, il change d’avis. Il s’en va. »

Arnold revint à son bureau pour une autre réussite. Gregor resta en faction devant la porte.

Ils avaient installé le judas par pur ennui, trois mois après avoir enregistré leur société et loué ce local. Durant cette période, en dépit d’une place prééminente dans l’annuaire, AAA Les As de la Décontamination Planétaire n’avait signé aucun contrat. Deux grosses boîtes trustaient ce secteur d’activité établi de longue date. La situation était décourageante pour une petite entreprise nouvellement créée, dirigée par deux jeunes types n’ayant que de grandes idées et un tas de matériel impayé. »

Extrait de : R. Sheckley. « Deux hommes dans les confins. »

La montagne sans nom de Robert Sheckley

Fiche de La montagne sans nom

Titre : La montagne sans nom
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1955
Traduction : B. Martin
Editeur : Le passager clandestin

Première page de La montagne sans nom

« Lorsque Morrison quitta la tente principale, l’observateur Dengue dormait la bouche ouverte, mollement affalé dans un fauteuil de toile. Morrison prit soin de ne pas l’éveiller. Il avait déjà suffisamment de difficultés.
Il lui fallait rencontrer une délégation d’indigènes, ces mêmes idiots qui faisaient résonner leurs tambours sur les falaises. Et puis il devrait diriger les travaux de destruction de la montagne sans nom. Ed Lerner, son assistant, était déjà sur les lieux. Mais tout d’abord, il importait de se renseigner sur l’accident le plus récent.
Il était midi quand il traversa le camp des ouvriers. Les hommes profitaient des loisirs accordés pour le déjeuner ; adossés à leurs machines gigantesques, ils mangeaient des sandwiches et buvaient du café.  »

Extrait de : R. Sheckley. « La montagne sans nom.  »

Pèlerinage à la Terre par Robert Sheckley

Fiche de Pèlerinage à la Terre

Titre : Pèlerinage à la Terre
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1957
Traduction : J.-M. Deramat
Editeur : Denoël

Sommaire de Pèlerinage à la Terre

  • Pèlerinage à la Terre
  • Tout ce que nous sommes
  • Piège
  • Le corps
  • Modèle expérimental
  • Service de débarras
  • Le fardeau des humains
  • Peur dans la nuit
  • Protection
  • Le terre, l’air, l’eau et le feu
  • Le clandestin
  • L’académie
  • Une tournée de laitier …
  • La révolte du bateau de sauvetage
  • … les grands remèdes

Première page de Pèlerinage à la Terre

« Alfred Simon était né sur Kazanga, une petite planète agricole de la région d’Arcturus et c’est là qu’il avait passé sa paisible jeunesse, menant son tracteur à travers les fertiles champs de blé et écoutant, pendant les longues soirées tranquilles, des disques de chansons d’amour venus de la Terre.
La vie n’était pas désagréable sur Kazanga. Les filles étaient mignonnes, sympathiques et consentantes : de bonnes compagnes pour une balade dans les collines ou une baignade dans les ruisseaux ; et, aussi, de solides épouses. Mais elles n’étaient pas romantiques pour deux sous. On pouvait s’amuser sur Kazanga, franchement et joyeusement. Mais cela n’allait jamais plus loin que le simple amusement.
Simon sentait bien que, dans sa douce existence, il manquait quelque chose. Un jour, il sut ce que c’était. »

Extrait de : R. Sheckley. « Pèlerinage à la Terre. »

Options par Robert Sheckley

Fiche d’Options

Titre : Options
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1975
Traduction : P. Hupp
Editeur : Le livre de poche

Première page d’Options

« Tom Mishkin était en train de franchir le petit nuage de Magellan avec une précision de ciseleur, à un faible multiple de la vitesse de la lumière. L’allure était honnête, mais on ne pouvait pas dire qu’il forçait. Son vaisseau, l’Intrépide III, renfermait une cargaison destinée aux colons de Dora V : queues de langoustes sud-africaines surgelées, chaussures de tennis, climatiseurs, machines à malter le lait et autres articles à usage familial. Bercé par le jeu de signaux lumineux de la console de commande et le doux cric-crac des coupe-circuit, Mishkin somnolait dans l’imposant fauteuil de pilotage. Il songeait à l’appartement neuf qu’il comptait acquérir à Perth-Amboy-bas-mer, une petite ville à dix milles de Sandy Hook, droit vers l’est. En banlieue, on pouvait  »

Extrait de : R. Sheckley. « Options. »

Omega par Robert Sheckley

Fiche d’Omega

Titre : Omega
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1960
Traduction : F. Straschitz
Editeur : Pocket

Première page d’Omega

« Son retour à la conscience fut lent et pénible. Il traversa toute l’étendue de la durée. Il rêva. Il émergea des couches profondes du sommeil, vécut le début imaginaire de toute chose. Il leva un pseudopode hors du limon primordial ; il était ce pseudopode. Il devint une amibe qui contenait son essence ; puis un poisson possédant les marques de son individualité ; puis un singe qui ne ressemblait pas aux autres singes. Enfin, il devint homme.
Quel genre d’homme ? Il s’entrevit, sans visage, une arme à la main, un corps à ses pieds. Ce genre d’homme.
Il se réveilla, se frotta les yeux et attendit d’autres souvenirs. Rien ne vint. Pas même son nom. Il se redressa et fit de vains efforts pour retrouver la mémoire. De guerre lasse, il inspecta ce qui l’entourait, espérant y trouver la clef de son identité. »

Extrait de : R. Sheckley. « Oméga. »

Nouvelles oubliées par Robert Sheckley

Fiche de Nouvelles oubliées

Titre : Nouvelles oubliées
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution :
Traduction : R. Lathière, B. Martin, L. Sztajn
Editeur :

Sommaire de Nouvelles oubliées

  • Tu seras sorcier
  • Cité aux pieds d’argile
  • Une paille !
  • La montagne sans nom
  • La planète infernale
  • Un américain bien moyen

Première page de Tu seras sorcier

« Mr Dee était installé dans son grand fauteuil, sa ceinture desserrée les journaux du soir éparpillés autour de lui. Il fumait sa pipe paisiblement, conscient de ce que le monde offrait de merveilleux. Le jour même il avait vendu deux amulettes et un philtre ; sa femme, dont il entendait le remue-ménage dans la cuisine, était occupée à prépare un délicieux repas ; et sa pipe tirait de façon satisfaisante. Avec un soupir de béatitude, Mr. Dee bâilla et s’étira.
Morton, son fils, qui était âgé de neuf ans, pénétra à ce moment-là en hâte dans le salon. Il était chargé de livres.
— « Comment a marché l’école aujourd’hui ? » demanda Mr. Dee 
— « Bien. » L’enfant avait ralenti son allure, mais continuait de se diriger vers sa chambre. 
— « Qu’est-ce que tu as là ? » s’enquit Mr. Dee, en désignant du doigt la pile de livres que portait son fils. »

Extrait de : R. Sheckley. « Nouvelles oubliées. »

Les univers par Robert Sheckley

Fiche de Les univers

Titre : Les univers
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1972
Traduction : M. Battin, A. Dorémieux, R. Durand, A. Rosenblum, R. Lathière
Editeur : Opta

Sommaire de Les univers

  • Le poison d’un homme
  • Les spécialisés
  • Le coût de la vie
  • Les monstres
  • Fantôme V
  • Permis de maraude
  • Enfin seul !
  • Vol temporel
  • Invasion avant l’aube
  • Le prix du danger
  • Quelque chose pour rien
  • L’oiseau-gardien
  • Les morts de Ben Baxter
  • Le vieux rafiot trop zélé
  • N’y touchez pas
  • Voulez-vous parler avec moi ?
  • Double indemnité
  • La clé laxienne

Première page de Le poison d’un homme

« À l’aide d’un compas à pointes sèches, Hellman sortit de la boîte le dernier radis. Il le leva pour que Casker puisse l’admirer, puis le posa avec précaution sur l’établi, près du rasoir. « Un sacré repas pour deux hommes dans la force de l’âge, » dit Casker en se laissant tomber dans l’un des fauteuils rembourrés du vaisseau.
— « Si tu voulais renoncer à ta part…» suggéra Hellman.
Casker secoua vivement la tête. Hellman sourit, prit le rasoir et en vérifia attentivement le fil.
— « Ne fais pas tant de mise en scène, » dit Casker en jetant un regard aux instruments du tableau de bord. Ils approchaient d’une naine rouge, seul  »

Extrait de : R. Sheckley. « Les Univers. »

Les erreurs de Joenes par Robert Sheckley

Fiche de Les erreurs de Joenes

Titre : Les erreurs de Joenes
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1962
Traduction : M. Battin
Editeur : Pocket

Première page de Les erreurs de Joenes

« Dans la vingt-cinquième année de sa vie, un événement survint qui fut d’une signification cruciale pour le héros de cette histoire. Pour expliquer la signification de cet événement, nous devons d’abord parler de notre héros ; et afin de comprendre ce dernier, nous devons parler de l’endroit où il vivait, et des particularités de cet endroit. Nous commencerons donc par là, mais brièvement afin de traiter au plus tôt des questions centrales dont ce récit est l’objet.
Notre héros, Joenes, vivait dans une petite île de l’océan Pacifique, un atoll situé à trois cents kilomètres à l’est de Tahiti. Cette île était appelée Manituatua, et elle mesurait tout juste trois kilomètres de long sur quelques centaines de mètres de large. Elle était entourée d’un récif de corail, et au-delà s’étendaient à perte de vue les flots bleus du Pacifique. Les parents de Joenes étaient venus d’Amérique sur cette île, accompagnant le matériel qui devait permettre d’alimenter en énergie électrique une grande partie de l’est de la Polynésie. »

Extrait de : R. Sheckley. « Les erreurs de Joenes. »

Le temps meurtrier par Robert Sheckley

Fiche de Le temps meurtrier

Titre : Le temps meurtrier
Auteur : Robert Sheckley
Date de parution : 1958
Traduction : B. Zimet
Editeur : Pocket

Première page de Le temps meurtrier

« Après coup, Thomas Blaine réfléchit aux circonstances de sa mort et se prit à regretter qu’elles n’aient pas été plus intéressantes.
Pourquoi sa mort n’était-elle pas survenue alors qu’il se débattait dans un typhon, qu’il affrontait l’assaut d’un tigre ou qu’il escaladait une montagne battue par les vents ? Pourquoi sa mort avait-elle été si insipide, si banale, si ordinaire ?
Mais une mort pittoresque, dut-il admettre, n’était pas pour lui. Il était indubitablement destiné à mourir rapidement, banalement, sans douleur ni perfection. Et toute sa vie n’avait servi qu’à préfigurer cette mort – une vague indication dans l’enfance, une promesse plus précise au cours des années d’étude, une implacable certitude à l’âge de trente-deux ans. »

Extrait de : R. Sheckley. « Le temps meurtrier. »