Catégorie : Livres

 

L’envers du temps par J. Brunner

Fiche de L’envers du temps

Titre : L’envers du temps
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1971
Traduction : J. Huet
Editeur : Pocket

Première page de L’envers du temps

« CALME plat. Cependant la mer n’est pas parfaitement immobile. Elle vient lécher paresseusement la grève sablonneuse d’un mouvement régulier que ne révèle pas le moutonnement de l’écume — car les vagues sont d’huile et ne déferlent pas — mais le mol aller et retour des taches blêmes des détritus de matière plastique indestructible. Un peu en deçà de la ligne des hautes eaux, s’étend une végétation broussailleuse.
Il fait nuit. Le ciel est clair, presque sans nuages. Pas de lune, ou plutôt, la lune est remplacée par deux astres artificiels qui brillent dans l’espace.
Tout est silence, en dehors du bruissement du vent dans les branches et du clapotis de la marée.
A moins d’un kilomètre de la rive, une tache blanche tranche sur le miroir sombre des eaux.  »

Extrait de : J. Brunner. « L’envers du temps. »

L’empire interstellaire 2 par J. Brunner

Fiche de L’empire interstellaire 2

Titre : L’empire interstellaire 2
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1976
Traduction : J. Schmitt
Editeur : Opta

Première page de L’empire interstellaire 2

« L’Evadé des ténèbres – PROLOGUE
 
Le vaisseau fuyait les Ténèbres comme si tous les diables des dix mille enfers de dix mille planètes étaient aux trousses de son pilote. Le commandant d’un gros cargo poussif repéra sa trace sur ses détecteurs, dont l’infaillibilité sujette à caution l’incita à vérifier les circuits pour s’assurer que ses instruments avaient réellement signalé un vaisseau spatial lancé à une vitesse aussi folle, et il eut juste le temps de souhaiter n’avoir pas pris le risque d’une traversée directe entre Batyra Dap et les Marches de Klareth au lieu de suivre la route surveillée passant par Mallimameddy, avant que l’autre pilote, d’une dédaigneuse secousse imprimée à ses commandes, n’expédie son appareil à l’autre bout de l’espace.
Les Ténèbres  — ce fossé de cent années-lumière qu’une monstrueuse pluie d’étoiles avait creusé entre les Marches de Klareth et le bras de la galaxie  — ne vomissaient habituellement qu’une seule sorte d’appareils : ceux des pirates. »

Extrait de : J. Brunner. « L’empire interstellaire 2. »

L’empire interstellaire 1 par J. Brunner

Fiche de L’empire interstellaire 1

Titre : L’empire interstellaire 1
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1976
Traduction : J. Schmitt
Editeur : Opta

Première page de L’empire interstellaire 1

« L’AUTEL D’ASCONEL

Au terme de presque dix années, le moment était enfin arrivé. Il se sentait prêt à affronter la tâche qu’il avait à accomplir.
Spartak d’Asconel ferma le dernier des livres qu’il avait consultés par centaines, respira profondément et jeta un regard circulaire autour de sa cellule. D’autres livres s’entassaient sur toutes les étagères, à côté d’enregistrements sur bandes, sur cristaux et sur disques, de bobines de microfilms et de piles de manuscrits  – autant de résultats du tri qu’il s’était efforcé, durant une décennie, d’opérer parmi la somme inouïe des connaissances emmagasinées sur la planète Annanmonde.
Pour transmuter ce savoir en enseignement, il lui suffirait de saisir le micro de son magnétophone et de se mettre à parler. Pourtant les choses n’étaient pas aussi simples, car ce seul instant allait bouleverser son existence  – non dans son aspect matériel comme le jour où il avait définitivement quitté Asconel, mais subjectivement. Cette prise de conscience lui laissa une impression de flottement  – comme s’il était resté suspendu dans l’espace, entre deux planètes. »

Extrait de : J. Brunner. « L’empire interstellaire 1. »

Eclipse totale par J. Brunner

Fiche d’Eclipse totale

Titre : Eclipse totale
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1974
Traduction : M. Rosenthal
Editeur : Le Masque

Première page d’Eclipse totale

« Étincelant comme une goutte de mercure, il brillait sur l’ellipse crayeuse de la lune de la planète : un joyau dans des décombres. A cette distance de plusieurs milliers de kilomètres, il était minuscule. On ne pouvait discerner les détails qu’ils avaient tant étudiés sur la Terre, en examinant les photos.
Néanmoins, le voir réellement était très différent d’un examen photographique. On avait eu raison d’établir la route du Stellaris de façon à ce qu’en émergeant d’espace-qua, et avant son approche d’atterrissage sur Sigma Draconis III, la lumière de l’étoile locale illuminerait cet artefact inouï. Ceux qui arrivaient ici pour la première fois éprouveraient ainsi un reflet du choc ressenti par les explorateurs qui l’avaient découvert par hasard en 2020, au cours de ce qui, autrement, aurait certainement été la dernière tentative d’exploration humaine des étoiles – ou, tout au moins, la dernière de tout futur prévisible, étant donné les déceptions de Proxima, Epsilon Éridani et Tau Ceti.
Mais après avoir trouvé cela… !
Un frisson coula le long de l’échine de Ian Macauley. Une boucle de ses cheveux roux et indis- »

Extrait de : J. Brunner. « Éclipse totale. »

Double, double par J. Brunner

Fiche de Double, double

Titre : Double, double
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1969
Traduction : R. Latour
Editeur : Albin Michel

Première page de Double, double

« Si vous la croisiez sur la route, vous aviez l’impression qu’un piano atteint d’hydrophobie avait soudain choisi la liberté et ouvrait de grands yeux bulbeux qui, s’ils n’avaient pas eu d’immenses cils épais – et vaguement tristes – auraient ressemblé à ceux d’une grenouille. Le clavier blanc et noir des dents était peint sur la grille du radiateur ; les cils entouraient les phares. Des enjolivures « Art Nouveau » s’évasaient sur les côtés pour composer des cadres ayant les dimensions et la forme de posters quadruple colombier – verts, orange, bruns, violets. Ces cadres, qui mesuraient 80 x 170 cm, étaient remplis de posters plus criards et plus compliqués que les dessins qui s’élevaient en tourbillonnant autour d’eux. Parmi leurs renflements et leurs courbes, une inscription indiquait : BRUNO ET LA TRADITION HERMÉTIQUE. »

Extrait de : J. Brunner. « Double, Double. »

Alertez la Terre par J. Brunner

Fiche d’Alertez la Terre

Titre : Alertez la Terre
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1974
Traduction : M. Decourt
Editeur : Presses de la cité

Première page d’Alertez la Terre

« De la rue montait une rumeur sourde, ponctuée ici et là d’un coup de klaxon impatient. Des rais de soleil filtraient entre les rideaux disjoints. Repliée en position fœtale sous l’unique drap qu’elle pût supporter par cette chaleur, Sally Ercott reprenait pied, au sortir d’un cauchemar horrible, dans une réalité plus effroyable encore.
Sa gorge était douloureuse, comme si elle avait hurlé dans son sommeil. Cris muets, qui n’avaient manifestement pas franchi ses lèvres. Personne n’était venu s’inquiéter de ce qui lui arrivait…
Les ondes de terreur engendrées par son rêve la cernaient de si près qu’en se découvrant là, toujours enfermée dans cette maison sordide, elle ne put retenir des larmes de détresse.
La taie d’oreiller et les draps, également graisseux, offraient l’aspect du linge qu’on ne pourra jamais ravoir, comme contaminé par la saleté sour- »

Extrait de : J. Brunner. « Alertez la Terre. »

A perte de temps par J. Brunner

Fiche d’A perte de temps

Titre : A perte de temps
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1969
Traduction : B. Blanc, D. Brotot
Editeur : Opta

Première page d’A perte de temps

« Don Miguel Navarro, Licencié de la Société du Temps et loyal sujet de sa Très Catholique Majesté, Philip IX, Rey y Imperador, se réfugia dans une antichambre tranquille à l’écart du grand salon et poussa un soupir de soulagement. Arrivé à la réception depuis moins d’une heure, il cherchait déjà un moyen de s’éclipser sans se faire remarquer.
Il ressentait bien plus qu’un légitime agacement : la nette impression d’avoir été roulé.
Quelques jours plus tôt, il avait le choix entre plusieurs emplois du temps et n’arrivait pas à se décider.
Évidemment cette année 1988 n’était qu’une longue suite de célébrations. Depuis janvier, bals, soirées et festivités diverses se succédaient à un rythme effréné pour commémorer le quatre centième anniversaire de la conquête de l’Angleterre par la puissante Armada Espagnole – cet événement clé de l’Histoire qui empêcha la disparition de l’Em »

Extrait de : J. Brunner. « À perte de temps. »

A l’ouest du temps par J. Brunner

Fiche d’A l’ouest du temps

Titre : A l’ouest du temps
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1967
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche

Première page d’A l’ouest du temps

« Pendant un long moment, après avoir ouvert la porte du salon, Paul Fidler se trouva littéralement saisi de frayeur.
O Pas la bonne porte ? La bonne porte mais pas la bonne chambre !
Sa main, machinalement, avait cherché le bouton de sonnerie mural à vingt centimètres du montant de la porte, et avait rencontré des livres sur un rayon. Surpris, il avait regardé au lieu de se laisser guider par sa connaissance des lieux, et constaté que la grande table avait changé de place, que les fauteuils étaient disposés autrement et que le mobilier en général ne se trouvait plus au même endroit.
O Encore une lubie de Mrs Gowler ?
C’était une veuve de cinquante ans, sans enfants, pour qui l’hôpital de Chent était devenu une sorte de seconde famille démesurée. Elle y résidait depuis une dizaine d’années, tantôt comme patiente, tantôt comme femme de charge, n’ayant aucun autre  »

Extrait de : J. Brunner. « À l’ouest du temps. »

A l’écoute des étoiles par J. Brunner

Fiche d’A l’écoute des étoiles

Titre : A l’écoute des étoiles
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1979
Traduction : J. Huet
Editeur : Le Masque

Première page d’A l’écoute des étoiles

« Levant les yeux du passeport de Dan Cross pour comparer le visage figurant sur la photographie au modèle vivant, l’officier d’immigration en uniforme sombre dit :
— Astromouchard ?
Désignait-il ainsi Dan lui-même ou l’appareil que ce dernier portait en bandoulière ? Dans l’un ou l’autre cas, la réponse qui s’imposait était oui. Dan opina. L’officier d’immigration se dérida aussitôt.
— Vous pratiquez depuis longtemps ? s’enquit-il. Je suis moi-même converti de fraîche date.
— Tout comme moi ! rétorqua Dan avec un enthousiasme feint. Pour tout dire, on lui avait remis son appareil quatre jours exactement auparavant. « Quel modèle possédez-vous ? C’est un artisan de Los Angeles qui m’a vendu le mien. Il est entièrement monté à la main.  »

Extrait de : J. Brunner. « À l’écoute des étoiles. »

Sur l’onde de choc par J. Brunner

Fiche de Sur l’onde de choc

Titre : Sur l’onde de choc (Tome 4 sur 4 – La tétralogie noire)
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1975
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche

Première page de Sur l’onde de choc

« PENSÉE POUR AUJOURD’HUI

Ôtez-leur long comme l’ongle, ils vous mettront l’enfer en chair.

MODE DE RECOUVREMENT DES DONNÉES

L’homme assis au creux du fauteuil en acier massif était aussi nu que les murs blancs de la pièce. On lui avait rasé entièrement la tête et le corps. Il ne lui restait plus que les cils. Des languettes adhésives maintenaient des capteurs en position à une douzaine d’endroits de son crâne, sur ses tempes au coin des yeux, aux commissures de ses lèvres, sur sa gorge, à l’endroit du cœur et du plexus solaire ainsi qu’à l’emplacement de chaque ganglion majeur en descendant jusqu’aux chevilles.
De chacun des capteurs partait un fil arachnéen qui aboutissait au seul objet de la pièce – hormis le »

Extrait de : J. Brunner. « La tétralogie noire – Sur l’onde de choc. »