Catégorie : Livres

 

Le livre d’or par J. Brunner

Fiche de Le livre d’or

Titre : Le livre d’or de la science-fiction
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1979
Traduction : R. Gibelin, D. Coupaye, G. W. Barlow, J. Bailhache,
Editeur : Pocket

Sommaire de Le livre d’or

  • D’un autre oeil
  • Coelacanthe
  • Puissance quatre
  • Faute de temps
  • Un élixir pour l’empereur
  • Une passion pour les clous
  • Le frère d’Orphée
  • La parole est d’argent
  • Chances égales
  • Cinquième commandement
  • L’age des artères

Première page de D’un autre oeil

« LE pic se dressait au milieu des crêtes brûlées comme un croc teinté de sang, à la couleur indescriptible. Peintre savait que l’effet produit résultait de la combinaison du rose, du vermillon, de l’écarlate et du rouge cramoisi ; car ce pic, il l’avait escaladé. Il lui avait fallu plusieurs jours pour explorer toute la région mais il ne regrettait pas ses efforts. À présent, il saurait comment rendre cet effet de couleur.
Il était en train de poser sa première couche lorsque l’aéronef surgit dans le ciel.
Il avait perçu le mouvement une fraction de seconde avant d’entendre le furieux déchirement de l’air, et son œil put saisir le bolide avant qu’il ne disparût à l’horizon. Naturellement, sa première réaction avait été de noter la magnificence de cette traînée de vapeur blanche, qui, teintée de rose cramoisi par le feu des réacteurs, se détachait sur le ciel d’un bleu acier presque insoutenable. Il l’avait fixée dans sa mémoire et saurait la reproduire au moment opportun. »

Extrait de : J. Brunner. « Le livre d’or de John Brunner. »

Le jeu de la possession par J. Brunner

Fiche de Le jeu de la possession

Titre : Le jeu de la possession
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1980
Traduction : J.-P. Carasso
Editeur : Pocket

Première page de Le jeu de la possession

« L’AIR était littéralement crasseux. Passant sa langue sur ses lèvres, Godwin Harpinshield l’en retira chargée d’une matière granuleuse qui crissa contre ses dents et son palais : la poussière du raid de l’après-midi qui n’avait pas encore eu le temps de retomber. Et voilà que, déjà, les sirènes recommençaient à piauler et miauler sous le ciel crépusculaire de l’été.
Sa jambe droite était habitée d’une vague douleur, mais rien d’insupportable. Presque agréable, au contraire, signe que sa blessure était en voie de guérison. Il était bien trop couvert pour la chaleur qui régnait ; ses pieds transpiraient dans des souliers noirs étroitement lacés et il était coiffé d’une casquette à visière rigide. Il portait, pour être précis, l’uniforme d’un officier de la R.A.F. dont les manches – il y jeta un rapide coup d’œil – s’ornaient des galons de lieutenant. Sur sa poche de poitrine gauche, les « ailes » de pilote. La paume et les doigts  »

Extrait de : J. Brunner. « Le jeu de la possession. »

Le creuset du temps par J. Brunner

Fiche de Le creuset du temps

Titre : Le creuset du temps
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1985
Traduction : J. Polanis
Editeur : Robert Laffont

Première page de Le creuset du temps

« Maintenant que le soleil était couché, le barq se fatiguait. Il remontait un courant rapide et risquait de se faire drosser contre les écueils qui hérissaient le chenal, où il aurait perforé ses vessies natatoires. Après avoir tenté à maintes reprises de le stimuler, le timonier posa son aiguillon et déversa en grommelant dans le jabot ouvert le contenu du dernier baril de poissons et d’algues fermentés qui servaient à nourrir indifféremment bateau, équipage et passagers. Tout en attendant le rot qui indiquerait la digestion, il remarqua Jing qui l’observait depuis la selle de planches ligaturées, aussi inquiet que si son météorat lui prédisait une tempête. Il éclata de rire.
— Les rêves ne vous prendront pas avant que nous soyons arrivés à destination ! promit-il dans le  »

Extrait de : J. Brunner. « Le creuset du temps. »

Le silmarillion par John R. R. Tolkien

Fiche de Le silmarillion

Titre : Le silmarillion
Auteur : John R. R. Tolkien (édition établie par Christopher Tolkien)
Date de parution : 2022
Traduction par : D. Lauzon
Editeur : Christian Bourgeois

Première page de Le silmarillion

« La Musique des Ainur
Il y avait Eru, l’Unique, qu’en Arda l’on nomme Ilúvatar ; et il créa d’abord les Ainur, les Saints, qui procédaient de sa pensée, et ils étaient avec lui avant que rien autre fût créé. Et il leur parla, leur exposant des thèmes musicaux ; puis ils chantèrent devant lui, et il se réjouit. Mais longtemps ils ne chantèrent qu’un seul à la fois ou quelques-uns ensemble, tandis que les autres prêtaient l’oreille ; car chacun ne comprenait que cette part de l’esprit d’Ilúvatar dont il était issu, et tous n’accédaient que lentement à l’intelligence de leurs frères. Mais tandis qu’ils écoutaient, cette intelligence se fit plus profonde, et ils gagnèrent en unisson et en harmonie.
Et il advint qu’Ilúvatar appela tous les Ainur à se réunir et leur déclara un thème formidable, leur dévoilant des choses plus grandes et plus merveilleuses qu’il n’en avait encore révélé ; et la gloire de son commencement et la splendeur de sa conclusion éblouirent les Ainur, de sorte qu’ils se prosternèrent devant Ilúvatar et se turent. »

Extrait de : J.R.R. Tolkien. « Le silmarillion (réédition 2022). »

La ville est un échiquier par J. Brunner

Fiche de La ville est un échiquier

Titre : La ville est un échiquier
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1965
Traduction : R. Baldy
Editeur : Le livre de poche

Première page de La ville est un échiquier

« À bord de l’appareil en provenance de Floride, j’engageai la conversation avec mon voisin – pour être plus exact, c’est lui qui, le premier m’adressa la parole. L’homme en question était un Juif européen âgé d’une bonne cinquantaine d’années, dont la famille avait été chassée par l’arrivée des Nazis lors de la Seconde Guerre mondiale. Il était néanmoins très fier de son accent européen et il en fit état à une douzaine de reprises, pour le moins. « Vous aviez remarqué mon accent, bien entendu… » Je ne cherchai pas à obtenir de plus amples précisions sur ses origines.
Cela faisait quatre ans qu’il n’était pas rentré « chez lui ». Il m’apparut qu’il avait beaucoup plus vécu aux États-Unis qu’à Aguazul, mais qu’incontestablement il était très fortement attaché à son pays »

Extrait de : J. Brunner. « La ville est un échiquier. »

La toile d’araignée – La tangence des parallèles par J. Brunner

Fiche de La toile d’araignée – La tangence des parallèles

Titre : La toile d’araignée
Titre : La tangence des parallèles
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1982
Traduction : F. Maillet
Editeur : Opta

Première page de La toile d’araignée

«  Prenez garde ! »
À peine eut-il proféré ces mots – avec un frisson dû en parties égales à la brusque transition de l’excitation à l’inquiétude et à leur passage d’un climat subtropical à un climat subarctique – qu’il se rendit compte de leur absurdité, adressés à un aveugle. Mais Mustapha était habitué à son infirmité, au bout de… combien de temps ? Quinze ans, cinquante ? Ce n’était pas une question à poser.
Il obéit cependant, se raidit et entra dans cet étrange état de totale attention qui, avait parfois imaginé Hans Dykstra, pouvait réellement arrêter pour lui le passage du temps, lui permettre de se distancier du monde des gens ordinaires pour en dresser, sans le voir, un inventaire exhaustif.
Cela provoqua chez Hans un nouveau frisson, malgré sa combinaison climatisée.
Puis il comprit : bien sûr ! Des toiles d’araignée ! »

Extrait de : J. Brunner. « La toile d’araignée. »

Première page de La tangence des parallèles

«  Je serais beaucoup plus rassuré, » grommela l’ambassadeur, « si je comprenais comment fonctionnent ces maudits expéditeurs. »
Dans leurs habits de cérémonie de couleur sombre, lui et sa compagne, la première secrétaire, vêtue de façon presque identique, avaient l’air d’intrus dans ce réduit en béton armé, enfoui très loin sous terre, qui se dissimulait sous l’ambassade. Toutes les autres personnes présentes portaient des combinaisons dont les couleurs correspondaient à un code, même l’homme qui, se faisant passer pour un attaché commercial, était le responsable local du service de renseignements.
Comme l’amitié entre nations n’existe pas dans cet univers paranoïaque habité par les espions, c’est lui qui aurait dû, normalement, diriger toute opération de cette nature. Mais celle qui allait se dérouler était sans précédent. »

Extrait de : J. Brunner. « La tangence des parallèles. »

La planète Folie par J. Brunner

Fiche de La planète Folie

Titre : La planète Folie
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1968
Traduction : J. Corday
Editeur : J’ai lu

Première page de La planète Folie

« Un rêve…
Accablé par la présence de cette lune balafrée, terrible et réprobatrice, au milieu du silence hystérique de la nuit, Dennis Malone s’agitait sur son lit sans parvenir à se réveiller, luttant en vain pour briser les chaînes de sa fatigue.
Installé tout au sommet d’un pic colossal, surplombant d’une infinité d’années-lumière un abîme sans fond, il se trouvait être la cible d’un jeu de massacre où des balles grandes comme la lune tombaient dru comme la grêle, entaillées par une bouche accusatrice, annonciatrice de catastrophes – et parfois la bouche s’ouvrait pour dessiner les traits d’un Jéhovah vengeur, répandant sa malédiction sur lui et toute sa descendance. »

Extrait de : J. Brunner. « La planète Folie. »

La conquête du chaos par J. Brunner

Fiche de La conquête du chaos

Titre : La conquête du chaos
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1964
Traduction : F. Howe
Editeur : Marabout

Première page de La conquête du chaos

« Le Pays Stérile s’étendait à la surface du monde comme un ulcère, presque rond, d’environ cinq cents kilomètres de circonférence. Il était là depuis si longtemps qu’on avait fini par l’accepter ; il était là, c’était un fait et il existait.
À plusieurs jours de voyage de ses limites, la campagne était autrefois aussi vide que le Pays Stérile lui-même, mis à part l’herbe et les arbres qui ne poussaient pas dans le Pays Stérile.
Cependant, au cours des générations, les gens avaient reculé, poussés par la pression de la population, par de légères différences de climat, par la migration du gibier ou par simple esprit de contradiction, jusqu’à établir une douzaine de villages presque sur la ligne de démarcation. Il fallait y combattre les choses qui, de temps en temps, s’écar »

Extrait de : J. Brunner. « La conquête du chaos. »

L’homme total par J. Brunner

Fiche de L’homme total

Titre : L’homme total
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1964
Traduction : M. Manchette
Editeur : Presses de la cité

Première page de L’homme total

« MOLEM

Après l’accouchement ils la mirent dans un lit, la grosse femme ravagée par le tourment et la faim, au point que ce n’était pas seulement sur son ventre vidé que sa peau pendait comme un vieux vêtement. En dépit d’une large ceinture pelvienne, elle avait eu un accouchement difficile ; le médecin au visage fatigué l’avait jugée un peu plus mal en point que les autres qui se disputaient les places à l’hôpital, aussi lui avait-on attribué un lit. Elle ne manifesta aucune reconnaissance. Et elle n’aurait pas montré d’amertume si on l’avait traitée comme la plupart des femmes qui étaient passées par la salle de travail ce jour-là, et si on l’avait mise dans un fauteuil pour se reposer deux heures pendant qu’on nettoyait le sol avec une solution de soude caustique, par manque de désinfectant, et qu’on brûlait le papier kraft de la table de travail avant d’en mettre un propre, par manque de linge. »

Extrait de : J. Brunner. « L’homme total. »

L’ère des miracles par J. Brunner

Fiche de L’ère des miracles

Titre : L’ère des miracles
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1977
Traduction : F. Serph
Editeur : Albin Michel

Première page de L’ère des miracles

« Poignardé d’images comme une poupée de cire le serait d’aiguilles.
Pendant l’été, la nourriture était abondante. Le renard évitait les endroits où son monde était envahi : les bruits mystérieux, les odeurs de fumée, les bipèdes glapissants. L’été prit fin. La boue lui succéda quelque temps. La pluie trempa sa fourrure et le vent devint coupant. Aux gelées, la terre durcit et il y eut une succession de grondements nauséabonds et d’éclairs. Le renard s’éloigna, cherchant refuge dans les hautes herbes et les buissons. Les herbes jaunirent et séchèrent, les buissons dénudés se découpèrent aussi nettement qu’une gravure sur le ciel.
La neige amena la disette.
Le renard se résigna à la chose nouvelle qui avait pris place dans son monde. Ce n’était pas un changement qu’il pût comprendre, mais il ne pouvait pas non plus le contrôler. Ses pas s’imprimèrent dans la neige, brisant la mince pellicule de givre (bien que le manque de nourriture l’amaigrit de jour en jour), et l’amenèrent jusqu’à la frontière où il s’arrêta — non pas pour réfléchir, mais parce que l’équilibre délicat de ses poussées instinctives oscillait entre la faim ici et l’inconnu là-bas. »

Extrait de : J. Brunner. « L’ère des miracles. »