Catégorie : Livres
Nord par Thierry Lassalle

Fiche de Nord
Titre : Nord (tome 1 sur 2 – Nord-Sud)
Auteur : Thierry Lassalle
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de Nord
« Thorwald riait fort en caressant distraitement la poitrine de sa favorite du moment, une forte blonde venue de l’Est quelques semaines auparavant avec un convoi de bois et qu’il avait remarquée en se promenant dans la ville. L’homme qui accompagnait la blonde n’avait pas protesté lorsque Thorwald avait fait signe à la fille de le rejoindre – on ne discutait pas les ordres du Souverain du Sud. Pour le prix de son silence, il avait obtenu une place de marmiton au palais – et depuis la blonde partageait tous les instants de Thorwald. On racontait même qu’elle parvenait à faire oublier au vieux souverain toutes les femmes qui l’avaient précédée dans son lit. Cependant, à l’époque, Clark était bien trop jeune pour comprendre toute la signification de ces allusions salaces qu’il saisissait parfois au vol dans les couloirs du palais.
Clark pénétra dans la grande salle ; le silence se fit aussitôt. Même le rire de Thorwald s’apaisa lorsque son fils s’approcha de l’estrade sur laquelle le souverain était installé. D’un coup de pied, Thorwald repoussa la fille qui alla rouler au bas des trois marches de marbre. »
Extrait de : T. Lassalle. « Nord – Nord-Sud. »
La piste du sud par Thierry Lassalle

Fiche de La piste du sud
Titre : La piste du sud (tome 2 sur 2 – Nord-Sud)
Auteur : Thierry Lassalle
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de La piste du sud
« En ce temps-là, régnait sur le désert glacé du pays du Nord la tyrannie de la Société – quelques aventuriers groupés en un gouvernement oppressif, sous la conduite de Cob, le chef de la Garde Noire. Lors d’une expédition armée au-delà de la Zone Interdite marquant la frontière du Nord[1], Cob assassine Thorwald, le souverain du Sud, sous les yeux de son jeune fils Clark qu’il déporte ensuite en compagnie de la majorité de la population du Sud et enferme dans les camps de travail.
Plusieurs années passèrent avant que Clark ne parvienne à reconstituer, bribes après bribes, toute l’histoire de son passé. Il décide alors de venger la mémoire de son père et de tuer Cob avant de rejoindre le pays du Sud. Aidé de Gun et de Ray, deux Insoumis rencontrés après sa fuite du camp où il était retenu prisonnier, il gagne la ville du Nord. Avec la complicité de Leila, la prostituée, il parvient à pénétrer dans le Palais Noir, siège de la Société, où il retrouve Cob. »
Extrait de : T. Lassalle. « La piste du sud – Nord-Sud. »
La bataille des dieux par John Stuntman

Fiche de La bataille des dieux
Titre : La bataille des dieux
Auteur : John Stuntman
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de La bataille des dieux
« La masse colossale du vaisseau intergalactique se stabilisa lentement en orbite autour de la planète. C’était un navire de guerre hérissé de générateurs de rayonnement et de tubes mobiles d’où pouvait jaillir la destruction sous de multiples formes. Une longue antenne apparut à sa base, dirigée vers l’atmosphère bleutée du globe planétaire, semblable à un bras inquisiteur auquel rien ne pouvait échapper.
En des temps plus reculés, d’autres astronefs avaient fait escale autour de cette planète, des humanoïdes venus du lointain cosmos s’étaient intégrés par petits groupes au sein des peuplades primitives afin d’y apporter les ferments de la connaissance et s’y livrer à de délicates expériences. Mais la guerre avait mis un terme à ces expéditions pacifiques et tous les corps expéditionnaires civils lancés dans l’espace avaient été rappelés à leurs bases. Une guerre démesurée dans laquelle s’opposaient deux forces titanesques pour la domination d’un empire regroupant plus d’un millier de galaxies. »
Extrait de : J. Stuntman. « La bataille des dieux. »
Les lanciers de Peshawar par Stephen Michael Stirling

Fiche de Les lanciers de Peshawar
Titre : Les lanciers de Peshawar
Auteur : Stephen Michael Stirling
Date de parution : 2002
Traduction : E. Ochs
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les lanciers de Peshawar
« Le capitaine Athelstane King se rinça la bouche avec l’eau de l’outre accrochée au pommeau de sa selle. Même en octobre, le soleil tapait dans cette partie basse et sans ombre de la province de la Frontière du Nord-Ouest. Et il y avait assez de poussière pour qu’on l’entende crisser entre ses dents. Quand il cracha, sa salive avait la couleur kaki de son uniforme et de l’étoffe de son turban. Elle forma brièvement une tache sombre sur le gravier blanc de la route militaire qui serpentait depuis la passe du Khyber jusqu’à Peshawar.
Je me sens exactement comme ça, se dit-il. Sale, fatigué, à plat. C’était un boulot qu’il fallait faire – quiconque ayant vu un village mis à sac par les tribus des montagnes ne pouvait en douter – mais un boulot sans gloire.
Ce jour-là, les hommes et les bêtes de l’Artillerie de Charasia, qui se pressaient sur la route nationale, rentraient par le même chemin qu’avaient emprunté avant eux des générations de combattants – pour la plupart leurs pères, leurs grands-pères et leurs arrière-grands-pères. »
Extrait de : S. M. Stirling. « Les Lanciers de Peshawar. »
Le cirque des rêves par Erin Morgenstern

Fiche de Le cirque des rêves
Titre : Le cirque des rêves
Auteur : Erin Morgenstern
Date de parution : 2010
Traduction : S. Porte
Editeur : Flammarion
Première page de Le cirque des rêves
« Le cirque arrive sans crier gare.
Aucune annonce ne précède sa venue, aucun avis, aucune affiche sur les poteaux de la ville, aucune mention, aucune publicité dans les journaux locaux. Simplement il est là, quand la veille il n’y était pas.
Les imposants chapiteaux sont rayés de noir et blanc, aucune trace d’or ou de pourpre. Pas la moindre couleur hormis celle des arbres voisins et de l’herbe des champs environnants. Des rayures noires et blanches sur un ciel gris ; d’innombrables chapiteaux de toutes tailles et de toutes formes, enchâssés dans une grille ouvragée en fer forgé qui se dresse au milieu d’un univers terne. Le peu d’espace au sol que l’on distingue de l’extérieur est noir ou blanc, recouvert de peinture, de poudre ou camouflé par un quelconque artifice.
Mais il n’est pas ouvert au public. Pas encore.
En quelques heures, toute la ville est au courant. L’après-midi, la nouvelle a fait le tour de la région. »
Extrait de : E. Morgenstern. « Le cirque des rêves. »
La mer sans étoiles par Erin Morgenstern

Fiche de La mer sans étoiles
Titre : La mer sans étoiles
Auteur : Erin Morgenstern
Date de parution : 2019
Traduction : J. Sibony
Editeur : Sonatine
Première page de La mer sans étoiles
« Il y a un pirate dans la cave.
(Le pirate est une métaphore, mais en même temps une personne.)
(La cave pourrait très bien être un cachot.)
Le pirate a été placé là en raison de nombreux actes de piraterie considérés comme des crimes dignes de châtiment par les non-pirates qui décident de ces choses-là.
Quelqu’un avait dit de jeter la clé, pourtant elle est pendue par un anneau rouillé à un crochet sur le mur adjacent.
(Suffisamment près pour être visible de derrière les barreaux. La liberté à portée de main mais inaccessible, comme un rappel constant au prisonnier. Personne ne se souvient de ça désormais de l’autre côté des barreaux. L’habile stratagème psychologique a été oublié, dissous dans l’habitude et la commodité.)
(Le pirate s’en rend compte mais s’abstient de tout commentaire.)
Le garde est assis sur une chaise près de la porte et lit des romans policiers aux pages jaunies, en se rêvant dans une version fictionnelle et idéalisée de lui-même ; en se demandant si la différence entre les pirates et les voleurs est une question de bateaux et de couvre-chefs. »
Extrait de : E. Morgenstern. « La Mer sans Etoiles. »
Les disparus du Royaume de Faërie par Chris Wooding

Fiche de Les disparus du Royaume de Faërie
Titre : Les disparus du Royaume de Faërie
Auteur : Chris Wooding
Date de parution : 2003
Traduction : P. Loubat-Delranc
Editeur : Gallimard
Première page de Les disparus du Royaume de Faërie
« Il était une fois une jeune fille qui vivait dans un marais, et qui s’appelait Poison.
Elle était pâle et mince, l’air un peu étrange et ses longs cheveux noirs retombaient de part et d’autre de son visage ovale. Elle avait le front haut, le menton étroit, les lèvres minces et le nez, à l’arête à peine un peu trop longue, parfaitement rectiligne. Mais c’étaient ses yeux qui étaient le plus frappant, de grands yeux sombres d’un violet éclatant avec lesquels elle contemplait le monde d’un air morose et intensément dérangeant.
Elle vivait dans le village de Goéland, situé en plein cœur des Marais Noirs. C’était un nom saugrenu car aucun de ses habitants n’avait jamais vu de goélands de sa vie, et encore moins la mer. Sauf le vieil Escadre qui, allez savoir, avait voyagé dans tout le Royaume et vu bien des choses, du moins c’est ce qu’il prétendait ! Le village, bâti sur pilotis, comportait une multitude de plates-formes en bois reliées les unes aux autres. »
Extrait de : C. Wooding. « Les disparus du royaume de Faërie. »
L’armée des masques par Chris Wooding

Fiche de L’armée des masques
Titre : L’armée des masques (tome 3 sur 3 – La croisée des chemins)
Auteur : Chris Wooding
Date de parution : 2005
Traduction : M. Thirioux
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’armée des masques
« Ils apparurent indistinctement dans la fumée, telles des ombres dans les ténèbres qui ondoyaient. Juste avant qu’ils n’attaquent le hall, on aurait dit des démons aux silhouettes démesurées et vaporeuses. Mais ce n’étaient pas des démons. Les démons étaient toujours dehors.
Les quelques défenseurs pitoyables éparpillés ici et là répondirent à l’attaque avec un stoïcisme lugubre. Certains avaient pris place sur le balcon qui faisait le tour de la salle, mais la plupart se trouvaient au rez-de-chaussée, derrière une barricade érigée avec des statues renversées, des plinthes et les quelques petites tables qu’ils avaient pu trouver. Le penchant de Saramyr pour un mobilier minimal n’avait pas joué en leur faveur, cette fois-ci. Mais ils se mirent à couvert comme ils le purent et leurs coups de feu résonnèrent à mesure que les ghauregs s’approchaient d’eux d’un pas lourd. »
Extrait de : C. Wooding. « La croisée des chemins – L’armée des ombres. »
Les soeurs de l’ordre rouge par Chris Wooding

Fiche de Les soeurs de l’ordre rouge
Titre : Les soeurs de l’ordre rouge (tome 2 sur 3 – La croisée des chemins)
Auteur : Chris Wooding
Date de parution : 2004
Traduction : M. Thirioux
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les soeurs de l’ordre rouge
« L’air sirupeux, imprégné de la chaleur de la jungle, bruissait d’insectes.
Saran Ycthys Marul était étendu, immobile, sur un rocher plat de pierre poussiéreuse, protégé du soleil impitoyable par un arbre chapapa en surplomb. Il tenait une longue carabine fine dans les mains, l’œil collé à la mire depuis des heures. Devant lui, une vallée étroite descendait en cascade, un abysse semblable à une entaille de couteau, au sol jonché d’un fouillis de grosses pierres blanches. C’étaient les vestiges d’une rivière, dérivée par les tremblements de terre catastrophiques qui déchiquetaient de temps en temps le vaste continent sauvage d’Okhamba. De chaque côté de l’abîme, la terre s’élevait tel un mur de roche préhistorique, dont les parties supérieures étaient enfouies sous une dense complexité de plantes rampantes, de buissons et d’arbres qui s’accrochaient avec ténacité aux crevasses et autres saillies qu’ils parvenaient à trouver. »
Extrait de : C Wooding. « La croisée des chemins – Les soeurs de l’ordre rouge. »
Les tisserands de Saramyr par Chris Wooding

Fiche de Les tisserands de Saramyr
Titre : Les tisserands de Saramyr (tome 1 sur 3 – La croisée des chemins)
Auteur : Chris Wooding
Date de parution : 2003
Traduction : M. Thirioux
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les tisserands de Saramyr
« Kaiku avait vingt moissons la première fois qu’elle mourut.
Elle ne se rappelait absolument pas comment elle était parvenue en ce lieu. Les souvenirs lui échappaient : l’extase, la sensation de tranquillité qui imprégnait chaque fibre de son corps les avaient rendus insaisissables. Et ces visions. De telles visions l’auraient fait pleurer si elle avait pu. Pour elle, le monde était un chatoiement doré, plusieurs millions de fils infimes qui se bousculaient dans ses yeux, qui s’agitaient, qui ondulaient. Ils l’entraînaient et la taquinaient gentiment, la poussaient tranquillement vers une destination invisible. Une fois, ils se séparèrent pour définir une forme qui glissa entre eux, aperçu lointain d’une chose immense et monstrueuse, telles les baleines qu’elle observait s’éloigner de la côte depuis la maison de vacances de Mishani. Elle tenta de la capturer avec son œil mais elle disparut instantanément, et une seule couture suffit pour refermer la tapisserie. »
Extrait de : C. Wooding. « La croisée des chemins – Les tisserands de Saramyr. »