Catégorie : Livres
Frère Elthor par Pierre Bordage

Fiche de Frère Elthor
Titre : Frère Elthor (Tome 5 sur 5 – La fraternité du Panca)
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2012
Editeur : L’Atalante
Première page de Frère Elthor
« COMMENT tu t’appelles, mon gars ? »
Le nom d’Elthor s’échappa spontanément des lèvres de Bent. Une moue de réprobation déforma les lèvres rainurées de son vis-à-vis.
« Elthor ? Drôle de cadeau qu’ils t’ont fait, tes parents ! Elthor est le jumeau maléfique d’Elkar. Un vrai salopard ! Personne ne s’aviserait de porter son nom par ici. »
Bent essuya d’un revers de main la sueur qui perlait à son front. La chaleur du cakra lui irradiait tout le flanc gauche. Pourtant, avec la grisaille du ciel et le vent froid soufflant du nord, la température extérieure n’excédait pas les cinq degrés Celsius.
« Je plaisantais, reprit-il avec un sourire. Mon vrai nom est Bent. »
L’autre le considéra quelques secondes avec sévérité avant de marmonner entre ses dents :
« Faut pas plaisanter sur certaines choses, mon gars… »
Extrait de : P. Bordage. « Frère Elthor – La fraternité du Panca. »
Soeur Onden par Pierre Bordage

Fiche de Soeur Onden
Titre : Soeur Onden (Tome 4 sur 5 – La fraternité du Panca)
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2011
Editeur : L’Atalante
Première page de Soeur Onden
« QUELQUES MOIS selon les créatures d’Onden…
Dans quelques mois, l’immense nuée dont Klarel avait perçu la puissance destructrice déferlerait sur la Voie lactée et détruirait toute forme de vie dans les systèmes habités.
La jeune femme séjournait depuis quelques jours chez les parents de Lamir, le soldat de l’armée gouvernementale d’Albad. Leur appartement se nichait dans le cœur du Xatar, l’endroit considéré comme le plus dangereux de Simer, la capitale planétaire. Les arvets, les habitants du quartier, allaient désormais tête nue, convaincus que la rencontre de l’être des prophéties et des nifleuses avait rétabli la paix et rendu superflues les précautions vestimentaires.
« La paix est factice, soupira Lamir. Les quartiers s’enflammeront au premier coup de vent, comme les braises sous la cendre.
— Le guerrier fabuleux des prophéties est venu et a craché ses boules de feu sur les ennemis, protesta sa mère. »
Extrait de : P. Bordage. « Sœur Onden – La fraternité du Panca. »
Frère Kalkin par Pierre Bordage

Fiche de Frère Kalkin
Titre : Frère Kalkin (Tome 3 sur 5 – La fraternité du Panca)
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2010
Editeur : L’Atalante
Première page de Frère Kalkin
« LA LUMIÈRE RASANTE de Tau du Kolpter teintait de mauve les façades blanches et les statues de la
fontaine. Silf s’assit sur le banc de pierre et observa les trois zeptres de pierre alignés face à lui. De la gueule béante des animaux des mythologies faouki s’écoulaient de maigres filets d’eau jaunâtre qui leur donnaient l’air de monstres écumants. La vie avait repris son cours ordinaire dans les rues tortueuses du cœur historique de San Telj. De petits groupes d’anciens rassemblés sous les porches commentaient les dernières nouvelles du front : on parlait d’un armistice entre Faouk et Zidée, les deux planètes jumelles du Kolpter, et du retour prochain des soldats massés à l’orée de la forêt des arbres à son.
Après avoir contacté Silf dans le massif du Mantouk, la Fraternité du Panca ne s’était plus manifestée. Elle lui avait ordonné de reconstituer la chaîne quinte, de partir à la recherche du deuxième frère, mais elle ne lui avait pas fourni les précisions qu’il attendait. Il ne comprenait pas ce silence : Chaque année, chaque instant volés au temps augmenteront les chances de réussite de la chaîne quinte, avait affirmé la Fraternité. »
Extrait de : P. Bordage. « Frère Kalkin – La fraternité du Panca. »
Soeur Ynolde par Pierre Bordage

Fiche de Soeur Ynolde
Titre : Soeur Ynolde (Tome 2 sur 5 – La fraternité du Panca)
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2008
Editeur : L’Atalante
Première page de Soeur Ynolde
« LE MARCHAND plaça sa main ouverte sous le menton d’Ynolde. Une capsule translucide d’un centimètre de longueur et de cinq millimètres de largeur reposait au creux de sa paume.
« C’est vraiment celui-ci qui vous intéresse, madame ? » Ynolde se contempla dans le miroir circulaire posé sur le comptoir : elle y vit le visage d’une vieille femme ridée repoussante. Le leurre ne déformait pas seulement ses traits, mais également le son de sa voix, son odeur, et, si quelqu’un l’effleurait par mégarde, il aurait l’impression de toucher une peau crevassée, des veines saillantes et dures.
« Une belle femme comme vous ! ajouta le marchand avec un sourire enjôleur en refermant sa main et en repliant son bras. En général, quand les femmes m’achètent un masque, c’est pour s’embellir, pour séduire l’homme de leurs pensées. Évidemment, comme les princesses des contes, elles doivent se sauver avant que la batterie ne soit complètement déchargée. Un modèle comme celui-ci vous garantit une autonomie de trois semaines. »
Extrait de : P. Bordage. « Sœur Ynolde – La fraternité du Panca. »
Frère Ewen par Pierre Bordage

Fiche de Frère Ewen
Titre : Frère Ewen (Tome 1 sur 5 – La fraternité du Panca)
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2007
Editeur : L’Atalante
Première page de Frère Ewen
« La Fraternité pancatvique : le voile n’a jamais été levé sur cette organisation qui aurait, selon certains historiens, exercé une influence considérable sur l’histoire récente de la Voie lactée. On ne sait pratiquement rien des frères du Panca, d’autant plus difficiles à cerner que disséminés sur les mondes habités et parfaitement intégrés aux populations. On dit d’eux qu’ils communiquaient d’un bout à l’autre de la Galaxie en utilisant les « fréquences universelles » dont l’existence n’a jamais été démontrée. Deux insignes pour reconnaître un frère du Panca : son arme, le cakra, un disque métallique lançant de terribles cercles de feu, et l’implant vital, une mémoire artificielle insérée dans le cortex qui pouvait, en cas de nécessité, être retirée et transférée dans le corps d’un autre frère. L’implant vital est à relier à la légende de la chaîne quinte, dite aussi pancatvique : l’association des âmnas (principes vitaux) de cinq frères dans le corps d’un seul, une procédure exceptionnelle destinée à contrer une menace planant sur les espèces vivantes. D’aucuns soutiennent que les frères continuent d’œuvrer en toute discrétion sur les planètes habitées de la Voie lactée, mais nos enquêtes, effectuées avec le plus grand sérieux, n’ont jamais réussi à prouver l’existence passée ou présente de la Fraternité. Il nous faudra donc conclure ici que le Panca est selon toute probabilité issu du creuset fécond des
mythologies humaines de la Dissémination. »
Extrait de : P. Bordage. « Frère Ewen – La fraternité du Panca. »
1794 par Pierre Bordage

Fiche de 1794
Titre : 1794 (Tome 3 sur 3 – L’enjomineur)
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2006
Editeur : L’Atalante
Première page de 1794
« Armande se contempla avec effroi dans le miroir grossissant posé sur sa table à fard : les rides s’étaient creusées aux coins de ses yeux, des fils blancs s’étaient piqués dans sa chevelure dorée, sa peau avait perdu de son éclat, ses traits s’étaient affaissés…
La vieillesse s’invitait chez elle bien avant l’heure. Les hommes étaient d’ailleurs de moins en moins nombreux à se presser dans sa loge à la fin des représentations. Ils préféraient la chair fraîche et ferme des deux jeunes comédiennes recrutées au cours de l’été par Gaillard, l’administrateur du théâtre, d’autant que les petites catins ne rechignaient pas à se présenter sur scène largement dévêtues ou drapées dans des voiles transparents – le théâtre patriotique avait beau se réclamer de la vertu révolutionnaire, il n’hésitait pas à flatter les bas instincts des spectateurs, bourgeois massés dans les loges, sans-culottes et Beaux agglutinés au parterre. Il arrivait parfois que plusieurs de ces femmes qu’on appelait les tricoteuses montent sur scène et flanquent une fessée mémorable à une grâce dont le seul tort était d’accaparer l’attention de leurs maris. »
Extrait de : P. Bordage. « L’enjomineur – 1794. »
1793 par Pierre Bordage

Fiche de 1793
Titre : 1793 (Tome 2 sur 3 – L’enjomineur)
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2005
Editeur : J’ai lu
Première page de 1793
« L’âme d’Antoine Schwarz, préposé de police, était aussi grise que le ciel de Paris. La ville semblait à jamais prisonnière d’un hiver lugubre et glacial. À l’heure où la Convention prétendait condamner son roi, le pays tout entier bourdonnait et complotait dans la chaleur enfumée des appartements, maisons, tavernes, salons, officines, académies et cabinets de lecture. Aux dires des agents dépêchés dans les départements, la fièvre antirévolutionnaire gagnait chaque ville, chaque village, chaque campagne.
Schwarz ne s’en étonnait guère : attaché lui-même à la figure du souverain, il comprenait la colère grondante du peuple français. Les intransigeants avaient décidé d’obtenir la tête de Louis Capet, le ci-devant Louis XVI, et ils s’appuyaient sur la Commune de Paris et les redoutables sections pour exercer une formidable pression sur la Gironde et les indécis du Marais. Ni les manœuvres des factions royalistes, ni les interventions des espions et des gouvernements étrangers, ni les plaidoyers des modérés n’avaient réussi à empêcher ou simplement retarder un procès perdu d’avance. »
Extrait de : P. Bordage. « L’enjomineur – 1793. »
1792 par Pierre Bordage

Fiche de 1792
Titre : 1792 (Tome 1 sur 3 – L’enjomineur)
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2004
Editeur : L’Atalante
Première page de 1792
« L’escalier aux marches étroites et glissantes plongeait dans une salle immense. Assaillies par les ténèbres, les flammes de bougies étiraient les ombres des piliers sur les voûtes et les murs.
L’odeur mêlée de salpêtre, d’égout, de moisi, de cire chaude et de tabac avait pris Pélaget à la gorge sitôt qu’il avait franchi la porte dérobée. Tremblant d’excitation et de peur, il gardait la main serrée sur la poignée de la dague glissée dans la poche de son ample manteau de drap. Un pantalon à rayures vertes, un gilet brodé, un chapeau à l’anglaise et des souliers à boucles au cuir craquelé complétaient sa tenue.
Quelques jours plus tôt, le vent avait tourné au nord, chassé la douce humidité d’un automne languissant et déposé un froid mordant dans les rues de Paris. Pélaget se fraya un passage dans l’assemblée, forte à première vue de trois ou quatre cents membres. Des ouvriers, trognes rougeaudes et yeux brillants sous les bonnets et les chapeaux, empestaient l’alcool. Ils avaient sans doute abusé de l’infecte piquette des faubourgs ou des eaux-de-vie coloniales qui coulaient à flots chez les limonadiers du Châtelet et des quais. »
Extrait de : P. Bordage. « L’enjomineur – 1792. »
Ceux qui osent par Pierre Bordage

Fiche de Ceux qui osent
Titre : Ceux qui osent (Tome 3 sur 3 – Jean et Clara)
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2012
Editeur : Flammarion
Première page de Ceux qui osent
« Mon Jean,
Je ne peux plus t’envoyer des nouvelles que par courrier. Le réseau informatique Liberté a été saboté ou détruit par les bombardements, et les spécialistes pensent qu’il ne sera pas rétabli avant des mois. Nous sommes maintenant coupés du reste du monde. J’espère que ma lettre te parviendra, mieux, qu’elle te trouvera en bonne santé.
J’ai parfois l’impression que le destin s’acharne sur nous. Nous pensions enfin trouver le bonheur en arrivant en Arcanecout, le pays de nos rêves, le pays des visions d’Élan Gris, et c’est ce moment qu’ont choisi les autres royaumes pour nous déclarer la guerre. Des rumeurs alarmantes nous sont parvenues des frontières de l’est et du nord. Elles disent que les premiers affrontements entre les armées des royaumes coalisés et nos troupes de l’Arcanecout se sont soldés par d’horribles massacres. Oh, Jean, pourvu que tu puisses lire ces lignes ! Je suis rongée par l’angoisse depuis que nous ne pouvons plus communiquer par le réseau. Ton visage et ta voix me manquent. Je t’imagine dans les Rocheuses enneigées où règne un froid glacial. Comme j’aimerais pouvoir te réchauffer ! Que vois-tu ? Que fais-tu ? Élan Gris est-il toujours à tes côtés ? »
Extrait de : P. Bordage. « Ceux qui osent – Jean et Clara. »
Ceux qui rêvent par Pierre Bordage

Fiche de Ceux qui rêvent
Titre : Ceux qui rêvent (Tome 2 sur 3 – Jean et Clara)
Auteur : Pierre Bordage
Date de parution : 2010
Editeur : Flammarion
Première page de Ceux qui rêvent
« C’est demain l’anniversaire, mon gars. »
Le vieil homme leva sur Jean un regard triste. Les autres étaient partis quelques minutes plus tôt après avoir vérifié qu’aucun gendarme royal ne rôdait dans les ruelles ténébreuses du vieux Paris. La répression s’était accentuée au cours de l’année, les arrestations s’étaient multipliées, les prisons engorgées.
Jean hocha la tête. Un an déjà que la foule, poussée par la faim, avait marché sur Versailles. L’armée royale avait ouvert le feu, laissant plusieurs centaines de milliers de morts dans les rues de la capitale. Depuis le 25 décembre 2008, le Noël de Sang, les autorités maintenaient la population parisienne dans une terreur permanente. Les familles n’avaient pas pu enterrer leurs morts, ensevelis dans de gigantesques fosses communes creusées dans les campagnes environnantes. Pas de sépulture pour ceux qui avaient osé défier le pouvoir royal. Vidé d’une grande partie de sa population, Paris s’était replié sur lui-même et enveloppé dans une résignation morne.
« Y a plus personne qu’est capable de relever la tête, reprit le vieil homme. Encore heureux qu’il reste des gars comme toi. »
Extrait de : P. Bordage. « Ceux qui rêvent – Jean et Clara. »