Catégorie : Livres

 

Les disparus du club Chronos par David Maine

Fiche de Les disparus du club Chronos

Titre : Les disparus du club Chronos
Auteur : David Maine
Date de publication : 1972
Editeur : Albin Michel

Première page de Les disparus du club Chronos

« L’astronef piquait paresseusement vers la face nocturne de Sigma 3 du Dragon. À son bord, un grand gaillard s’étira et brancha la radio. Il sembla surpris de n’entendre que le grésillement des parasites de l’espace. Le pilote fronça les sourcils et se pencha sur l’écran relié aux viseurs infrarouges.
« Sacrénom ! jura-t-il. Qu’est-ce qui se passe ? Il n’y a plus personne… »
Des images enchanteresses défilaient sur le stéréo placé sur le luxueux bureau de Ludwig Hermann, le directeur universellement connu du club Chronos.
La voix suave d’une speakerine commentait les vues présentées :
« Plus de soucis pour vos vacances ! Quittez vos cités tentaculaires. Reposez vos esprits survoltés. Le club Chronos offre à chacun le dépaysement total : espace, lumière. Grâce à lui, vous connaîtrez la douceur de vivre en compagnie de nos gentils organisateurs, de nos charmantes hôtesses. Chaque jour, une fête nouvelle vous attend. Vivez depuis le matin jusqu’au soir dans l’ivresse des lointains horizons inondés de clarté. »

Extrait de : D. Maine. « Les disparus du club Chronos. »

Invasion cosmique par David Maine

Fiche de Invasion cosmique

Titre : Invasion cosmique
Auteur : David Maine
Date de publication : 1982
Editeur : Albin Michel

Première page de Invasion cosmique

« — Doug ! amène-toi, viens jeter un coup d’œil sur cette photo…
Le directeur des projets Pionnier s’approcha du décodeur qui matérialisait sur une photographie les signaux envoyés par la sonde orbitant au large de Jupiter.
— Tu as découvert un nouvel anneau mon vieux Ben ?
— Non : regarde ce point sombre…
— Tiens, un satellite inconnu… Bigre ! Quel drôle de cigare : jamais rien vu de semblable. As-tu comparé avec les autres clichés ?
— Oui : cette tache existait déjà, seulement elle était si minuscule que personne n’y avait prêté attention…
— Tu voudrais dire qu’elle s’est déplacée ?
— Aucun doute là-dessus, reste à déterminer son orbite…
— Je vais lancer les calculatrices là-dessus.
— Bien, de mon côté, j’essaie de braquer une caméra du bord sur ce secteur en employant le plus fort grossissement.
— Je te retrouve à la cafétéria : tu me donneras des tuyaux sur ce truc… »

Extrait de : D. Maine. « Invasion cosmique. »

Guérillero galactique par David Maine

Fiche de Guérillero galactique

Titre : Guérillero galactique
Auteur : David Maine
Date de publication : 1976
Editeur : Albin Michel

Première page de Guérillero galactique

« L’astro-cargo se posa délicatement sur la piste vitrifiée, près de l’astrogare de Zarnoï.

Minguéra s’étira comme un chat : l’interminable traversée s’achevait. Depuis trois semaines, l’astronef qui l’amenait de Novopol, capitale de l’Empire, louvoyait entre les étoiles. Dans les Confins, les lignes de communication étaient peu sûres, il fallait utiliser des voies détournées pour parvenir sain et sauf à destination.

Enfin, le jeune médecin allait pouvoir mettre en pratique le savoir accumulé pendant ses années d’études pour le plus grand bien des colons de Zarnoï.

Curieux, il jeta un coup d’œil à travers un hublot afin de se faire une idée de l’endroit où il allait vivre désormais. Souvent la première impression était la bonne…

Minguéra eut une moue désabusée : le paysage n’avait rien d’attrayant. L’ensemble dégageait-une morne impression de pauvreté. »

Extrait de : D. Maine. « Guerillero galactique. »

Voyage en Espagne par Théophile Gautier

Fiche de Voyage en Espagne

Titre : Voyage en Espagne
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1881
Editeur : BnF

Première page de Voyage en Espagne

« Il y a quelques semaines (avril 1840), j’avais laissé tomber négligemment cette phrase : « J’irais volontiers en Espagne ! » Au bout de cinq ou six jours, mes amis avaient ôté le prudent conditionnel dont j’avais mitigé mon désir et répétaient à qui voulait l’entendre que j’allais faire un voyage en Espagne. À cette formule positive succéda l’interrogation : « Quand partez-vous ? » Je répondis, sans savoir à quoi je m’engageais : « Dans huit jours. » Les huit jours passés, les gens manifestaient un vif étonnement de me voir encore à Paris. « Je vous croyais à Madrid, disait l’un. – Êtes-vous revenu ? » demandait l’autre. Je compris alors que je devais à mes amis une absence de plusieurs mois, et qu’il fallait acquitter cette dette au plus vite, sous peine d’être harcelé sans répit par ces créanciers officieux ; le foyer des théâtres, les divers asphaltes et bitumes élastiques des boulevards m’étaient interdits jusqu’à nouvel ordre : tout ce que je pus obtenir fut un délai de trois ou quatre jours, et le 5 mai je commençai à débarrasser ma patrie de ma présence importune, en grimpant dans la voiture de Bordeaux. »

Extrait de : T. Gautier. « Voyage en Espagne. »

Tableaux de siège par Théophile Gautier

Fiche de Tableaux de siège

Titre : Tableaux de siège
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1871
Editeur : BnF

Première page de Tableaux de siège

« UNE NOUVELLE MADONE
LA STATUE DE STRASBOURG
Septembre 1870.
Quand on traverse la place de la Concorde, qu’animent les évolutions et le passage des troupes, l’œil est attiré par un groupe qui se renouvelle sans cesse aux pieds de la statue représentant la ville de Strasbourg. Majestueusement, du haut de son socle, comme du haut d’un autel, elle domine la foule prosternée ; une nouvelle dévotion s’est fondée, et celle-là n’aura pas de dissident ; la sainte statue est parée comme une Madone, et jamais la ferveur catholique n’a couvert de plus d’ornements une image sacrée. Ce ne sont pas, il est vrai, des robes ramagées de perles, des auréoles constellées de diamants, des manteaux dè brocart d’or brodés de rubis et de saphirs comme en porte la Vierge de Tolède, mais des drapeaux tricolores lui composent une sorte de tunique guerrière qui semble rayée par les filets d’un sang pur. »

Extrait de : T. Gautier. « Tableaux de siège. »

Spirite par Théophile Gautier

Fiche de Spirite

Titre : Spirite
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1866
Editeur : BnF

Première page de Spirite

« Guy de Malivert était étendu, assis presque sur les épaules, dans un excellent fauteuil près de sa cheminée, où flambait un bon feu. Il semblait avoir pris ses dispositions pour passer chez lui une de ces soirées tranquilles dont la fatigue des joies mondaines fait parfois un plaisir et une nécessité aux jeunes gens à la mode. Un saute-en-barque de velours noir agrémenté de soutaches en soie de même couleur, une chemise de foulard, un pantalon à pied de flanelle rouge, de larges pantoufles du Maroc où dansait son pied nerveux et cambré, composaient son costume, dont la confortabilité n’excluait pas l’élégance. Le corps débarrassé de toute pression incommode, à l’aise dans ces vêtements moelleux et souples, Guy de Malivert, qui avait fait à la maison un dîner d’une simplicité savante, égayé de deux ou trois verres d’un grand vin de Bordeaux retour de l’Inde, éprouvait cette sorte de béatitude physique, résultat de l’accord parfait des organes. Il était heureux sans qu’il lui fût arrivé aucun bonheur. »

Extrait de : T. Gautier. « Spirite. »

Souvenirs de théâtre, d’art et de critique par Théophile Gautier

Fiche de Souvenirs de théâtre, d’art et de critique

Titre : Souvenirs de théâtre, d’art et de critique
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1904
Editeur : BnF

Première page de Souvenirs de théâtre, d’art et de critique

« STATISTIQUE INDUSTRIELLE DU DÉPARTEMENT DE L’AIN
Ce département comprend les pays de Bresse, Bugey, Valromey, Gex et la principauté de Dombes. Au temps des Romains, ces différentes provinces faisaient partie de la première Lyonnaise ; plus tard elles furent enclavées dans le royaume de Bourgogne. Sa superficie est de cinq cent quatre-vingt-quatre mille huit cent vingt-deux arpents métriques ; sa population est de trois cent quarante-six mille vingt-six âmes. Le Jura lui sert de borne à l’endroit du nord ; à l’est, la Suisse et la Savoie dressent leurs pics neigeux et leurs glaciers éternels. Le Rhône, sorti tout grondant du lac de Genève, court au sud, le baigne par un côté et le sépare de l’Isère. Il s’épaule à l’ouest sur les départements du Rhône et de Saône-et-Loire. Il touche par trois faces à la France et par une à l’étranger ; il n’a qu’à tendre la main par-dessus
la frontière pour prendre et donner. »

Extrait de : T. Gautier. « Souvenirs de théâtre, d’art et de critique. »

Salon de 1847 par Théophile Gautier

Fiche de Salon de 1847

Titre : Salon de 1847
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1847
Editeur : BnF

Première page de Salon de 1847

« Cette année, l’on a mis à la porte complétement ou en partie R. Lehmann, Chasseriau, Champmartin, Galimard, Alexandre Hesse, Gigoux, Corot, Odier, Guignet, Boissard, Vidal, Penguilly-L’Haridon, Desgoffe, Haffner, Oscar Gué, Beaumé, Pirigret, et bien d’autres dont nous ne citons pas les noms, de peur de donner à notre article l’air d’un martyrologe. Les sculpteurs n’ont pas été mieux traités ; ils comptent parmi leurs blessés Ottin, Dantan, Gayrard, Mène, Elschoet, Maindron.
On ne fera croire à personne que les ouvrages envoyés par ces artistes recommandables sous tant de rapports, et parfaitement connus du public, n’étaient pas dignes d’être mis sous les yeux.
Sans parler des artistes refusés, il manque au salon beaucoup de maîtres. M. Ingres, qui prend les louanges les plus vives pour des critiques, ne veut pas affronter le grand jour du Louvre ; Delaroche n’expose plus ; Ary Scheffer, Gleyre, Schnetz, Amaury Duval, Decamps, Cabat, Aligny, Jules Dupré, Meissonier, se sont abstenus. Eh bien ! malgré toutes ces absences, volontaires ou forcées, la jeune école française a dans les veines un sang si vivace et d’une pourpre si riche que les vides ne se sentent pas. »

Extrait de : T. Gautier. « Salon de 1847. »

Romans et contes par Théophile Gautier

Fiche de Romans et contes

Titre : Romans et contes
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1897
Editeur : BnF

Sommaire de Romans et contes

  • Avatar
  • Jettatura
  • Arria Marcella – Souvenir de Pompeï
  • La mille et deuxième nuit
  • Le pavillon sur l’eau
  • L’enfant aux souliers de pain
  • Le chevalier double
  • Le pied de momie
  • La pipe d’opium
  • Le club des haschischins

Première page d’Avatar

« Personne ne pouvait rien comprendre à la maladie qui minait lentement Octave de Saville. Il ne gardait pas le lit et menait son train de vie ordinaire ; jamais une plainte ne sortait de ses lèvres, et cependant il dépérissait à vue d’œil. Interrogé par les médecins que le forçait à consulter la sollicitude de ses parents et de ses amis, il n’accusait aucune souffrance précise, et la science ne découvrait en lui nul symptôme alarmant : sa poitrine auscultée rendait un son favorable, et à peine si l’oreille appliquée sur son cœur y surprenait quelque battement trop lent ou trop précipité ; il ne toussait pas, n’avait pas la fièvre, mais la vie se retirait de lui et fuyait par une de ces fentes invisibles dont l’homme est plein, au dire de Térence.

Quelquefois une bizarre syncope le faisait pâlir et froidir comme un marbre. Pendant une ou deux minutes on eût pu le croire mort ; puis le balancier, arrêté par un doigt mystérieux, n’étant plus retenu, reprenait son mouvement, et Octave paraissait se réveiller d’un songe. »

Extrait de : T. Gautier. « Romans et contes. »

Portraits et souvenirs littéraires par Théophile Gautier

Fiche de Portraits et souvenirs littéraires

Titre : Portraits et souvenirs littéraires
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1875
Editeur : BnF

Sommaire de Portraits et souvenirs littéraires

  • Gérard de Nerval
  • Madame Émile de Girardin
  • Henri Heine
  • Charles Baudelaire
  • Achim d’Arnim

Première page de Gérard de Nerval

« Les morts vont vite par le frais ! » dit Bürger dans sa ballade de Lenore, si bien traduite par Gérard de Nerval ; mais ils ne vont pas tellement vite, les morts aimés, qu’on ne se souvienne longtemps de leur passage à l’horizon, où, sur la lune large et ronde, se dessinait fantastiquement leur fugitive silhouette noire.

Voilà bientôt douze ans que, par un triste matin de janvier, se répandit dans Paris la sinistre nouvelle. Aux premières lueurs d’une aube grise et froide, un corps avait été trouvé, rue de la Vieille-Lanterne, pendu aux barreaux d’un soupirail, devant la grille d’un égout, sur les marches d’un escalier où sautillait lugubrement un corbeau familier qui semblait croasser, comme le corbeau d’Edgar Poe : Never, oh ! never more ! Ce corps, c’était celui de Gérard de Nerval, notre ami d’enfance et de collège, notre collaborateur à la Presse et le compagnon fidèle de nos bons et surtout de nos mauvais jours, qu’il nous fallut, éperdu, les yeux troublés de larmes, aller reconnaître sur la dalle visqueuse dans l’arrière-chambre de la Morgue. Nous étions aussi pâles que le cadavre, et, au simple souvenir de cette entrevue funèbre, le frisson nous court encore sur la peau. »

Extrait de : T. Gautier. « Portraits et souvenirs littéraires. »