Catégorie : Livres
Le roi écorché par Mark Lawrence

Fiche de Le roi écorché
Titre : Le roi écorché (tome 2 sur 4 – L’Empire brisé)
Auteur : Mark Lawrence
Date de parution : 2012
Traduction : C. Kreutzberger
Editeur : Bragelonne
Première page de Le roi écorché
« Je trouvai ces pages éparpillées sur les cailloux, taquinées par un vent intermittent. Certaines étaient trop calcinées pour révéler les mots qu’elles portaient, d’autres s’effritèrent entre mes mains. Cela ne m’empêcha pas de me lancer à leur poursuite, comme si c’était mon histoire qu’elles contaient et non la sienne.
Celle de Katherine, ma tante Katherine, la sœur de ma belle-mère ; Katherine que je n’ai pas cessé de désirer pendant quatre ans. Katherine, qui emprunte dans mes songes d’étranges sentiers. Quelques dizaines de pages abîmées ne pesant presque rien, sur lesquelles glissent des flocons trop froids pour s’y accrocher.
Je m’assis parmi les vestiges de mon château, drapés de corolles de fumée, sans me soucier des cadavres entassés qui puaient la mort. Les montagnes s’élevant de toutes parts nous rendaient minuscules, changeaient en jouets La Hantise et les engins de siège, abandonnés çà et là maintenant qu’ils n’avaient plus leur utilité. Et sous un vent qui me glaçait jusqu’aux os, avec la fumée qui me piquait les yeux, je découvris ses souvenirs par le biais de la lecture. »
Extrait de : M. Lawrence. « Le roi Ecorché – L’Empire brisé. »
Le prince écorché par Mark Lawrence

Fiche de Le prince écorché
Titre : Le prince écorché (tome 1 sur 4 – L’Empire brisé)
Auteur : Mark Lawrence
Date de parution : 2011
Traduction : C. Kreutzberger
Editeur : Bragelonne
Première page de Le prince écorché
« Les corbeaux ! Toujours les corbeaux. Ils se posèrent sur les pignons de l’église avant même que les blessés soient devenus les morts. Avant même que Ric ait fini de séparer les doigts des mains et les bagues des doigts. Je m’adossai contre le poteau du gibet et adressai un signe de tête aux oiseaux dont une dizaine, l’œil avisé, aux aguets, formaient une ligne noire.
La place publique coulait rouge. Du sang dans les caniveaux, du sang sur les dalles, du sang dans la fontaine. Les cadavres prenaient la pose en bons cadavres qu’ils étaient. Certains, comiques, tendaient leurs phalanges amputées vers le ciel ; d’autres, paisibles, se recroquevillaient sur leurs blessures. Des mouches s’élevaient au-dessus des blessés qui se débattaient. Dans un sens et dans l’autre, certains aveugles, certains sournois ; tous trahis par leur bourdonnant entourage.
— De l’eau ! De l’eau !
C’est toujours de l’eau, avec les mourants. Étrange… Moi, c’est tuer qui me donne soif. »
Extrait de : M. Lawrence. « L’Empire Brisé – Le Prince Écorché. »
Un monde pour Clara par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Un monde pour Clara
Titre : Un monde pour Clara
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2013
Editeur : Hachette / Black moon
Première page de Un monde pour Clara
« — Nucléaire suicidaire !
Le cri monta dans l’air déjà chaud de ce matin de mai, pour aller se perdre entre les murs du Louvre et du Palais-Royal. Au-delà des têtes de ceux qui l’entouraient, pour la plupart bien plus grands qu’elle, Diane devinait les regards anxieux des citoyens « respectables » qui se ratatinaient entre les colonnes et les vitrines des antiquaires. À leur expression pincée, on sentait bien que la foule qui défilait devant eux, scandant des slogans et agitant des drapeaux verts comme elle serait partie en guerre, n’avait rien pour leur plaire.
Pourtant, les touristes qui venaient visiter la « Ville Lumière » devaient savoir que Paris avait le sang chaud et une longue tradition de soulèvements populaires. Gavroche et sa ritournelle étaient connus dans le monde entier. Une manifestation à Paris, ça faisait partie du programme touristique, non ? Elle eut envie de rire alors que, juste à côté d’elle, montait une voix profonde à faire vibrer jusqu’aux os. »
Extrait de : JL Marcastel. « Un monde pour Clara. »
Un jour une étoile par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Un jour une étoile
Titre : Un jour une étoile
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2019
Editeur : Gulf stream éditeur
Première page de Un jour une étoile
« — Vas-y, macaque ! Vas-y ! C’est tout ce que t’as dans le ventre !
Un revers formidable. L’adversaire de Saïh alla bouler trois mètres en arrière, cul par-dessus tête.
Saïh poussa dans sa direction un rugissement de triomphe et se martela la poitrine en clamant :
— Je suis Saïh de la Blanche Maison ! Le plus grand guerrier de M’martr ! Qui veut me défier ? Qui ?
Il se déchaînait. Saru, qui le fixait, éperdu d’admiration, se dit que jamais son frère n’avait été aussi impressionnant.
D’un an son aîné, Saïh avait toujours été pour lui un modèle, un exemple, et bien plus que son frère, son meilleur ami, toujours là pour le soutenir, le tirer des mauvais pas, le protéger, lui apprendre à se battre, se faire une place dans le clan.
Saïh ne se laissait impressionner par personne, n’avait peur de rien et, comme combattant, ne connaissait pas de rival. Il suffisait qu’il retrousse les lèvres et montre les dents, ça dissuadait généralement ses adversaires… Ceux qui passaient outre l’avertissement… Eh bien ! Ils en étaient quittes pour quelques ecchymoses, dans le meilleur des cas. Saïh ne tuait jamais. On ne se tuait pas dans le groupe, mais certains étaient repartis avec un bras ou une jambe cassée. »
Extrait de : JL Marcastel. « Un Jour, une étoile. »
Tellucidar (partie 2) par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Tellucidar (partie 2)
Titre : Tellucidar (partie 2)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2017
Editeur : Scrineo
Première page de Tellucidar (partie 2)
« Depuis combien de temps marchaient-ils dans cette moiteur étouffante alourdie de mille senteurs, végétales pour la plupart, grasses, entêtantes… Lucas l’ignorait.
La batterie de son portable avait rendu l’âme depuis longtemps, et de toute manière, il lui aurait été ici de piètre utilité. Comment un portable aurait-il pu capter quoi que ce soit alors que quelques dizaines de kilomètres de roche et de magma le séparaient de la surface de la Terre ? Ici, dans ce monde ignoré de tous ou presque, ce monde dans lequel il venait d’arriver de haute lutte… Tellucidar.
Tellucidar, le monde intérieur, dont, il y a deux jours encore, il ignorait totalement l’existence.
Il avait fallu qu’une foreuse gigantesque en forme d’insecte fouisseur vienne défoncer le gazon du stade et que s’en extirpe une jeune fille aux cheveux blancs, à la peau cuivrée, aux yeux violets et aux tatouages déroutants, habillée comme une princesse aztèque, accompagnée par une créature à mi-chemin de l’homme et du dinosaure, pour que sa vie bascule. »
Extrait de : JL Marcastel. « Tellucidar -Tome 2. »
Tellucidar (partie 1) par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Tellucidar (partie 1)
Titre : Tellucidar (partie 1)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2016
Editeur : Scrineo
Première page de Tellucidar (partie 1)
« Je m’appelle Simon Aleyrac, et je suis un homme mort.
C’est un peu direct, comme entrée en matière, mais j’aime bien les formules percutantes, une déformation professionnelle sûrement, et mon temps est compté.
Je suis journaliste… Oh ! ne vous emballez pas. Rien de sensationnel. Pas de ceux qui écrivent la une des magazines et interviewent les stars. Non, moi c’est plutôt le genre à hanter les musées, les sites de fouilles, les instituts de recherche, les bibliothèques, à passer des heures à taper sur mon clavier…
Je suis journaliste scientifique, spécialisé dans tout ce qui touche à la géologie, la paléontologie. Les cailloux, comme disait mon ex-femme qui me reprochait de leur accorder plus d’importance qu’à elle.
J’ai écrit pas mal d’articles dans des journaux scientifiques très reconnus, grand public ou plus pointus, ainsi que d’autres, plus généralistes. Dès qu’il y a un papier à pondre sur la découverte d’un nouveau fossile, sur un volcan qui entre en éruption, c’est moi qu’on appelle… Seulement, qui connaît le nom des journalistes scientifiques ? Citez-m’en au moins un ? Vous voyez ! Vous ne pouvez pas… Les lecteurs se foutent de savoir qui a écrit l’article du moment qu’il est bon. »
Extrait de : JL Marcastel. « Tellucidar. »
Le retour de la bête par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Le retour de la bête
Titre : Le retour de la bête
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2018
Editeur : Gulf stream éditeur
Première page de Le retour de la bête
« — Papi, qu’est-ce qu’il t’arrive ?
C’est la voix de Laureline, ma petite fille. C’est un drôle de prénom. Moi, j’avais suggéré à ses parents Suzanne ou Marie, mais ils m’ont dit que c’était celui d’une héroïne de bande dessinée qu’ils aimaient bien, alors… Après tout, ça lui va bien.
Elle m’a attrapé la main, je sens ses doigts menus qui serrent les miens. Elle lève vers moi ses grands yeux couleur de noisette sous sa longue frange aux reflets roux.
J’aimerais lui répondre, mais je ne peux pas, planté là, devant cette vitrine du pavillon de paléontologie du Muséum d’histoire naturelle, incapable de détacher les yeux de ce qui me fait face, cette chose qui me regarde de l’autre côté du verre épais constellé de petites empreintes laissées par autant d’écoliers curieux… cette chose qui me regarde depuis une autre époque… depuis exactement soixante-treize ans… et l’hiver 1942. »
Extrait de : JL Marcastel. « Le Retour de la Bête. »
Le dernier hiver par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Le dernier hiver
Titre : Le dernier hiver
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2011
Editeur : Hachette / Black moon
Première page de Le dernier hiver
« Je ne sais pour qui j’écris ces mots : personne ne les lira. Peut-être ne puis-je tout simplement pas m’arrêter. Une manière comme une autre de tenir le coup, de résister à l’Hiver.
Voyons… par où commencer ?
La fin du monde, le monde d’avant, celui du Jour…
Personne ici ne sait exactement comment c’est arrivé.
Certains affirment que toutes les saletés qu’on a rejetées dans l’atmosphère ont fini par obscurcir le ciel, que les courants marins se sont modifiés et que le climat s’est détraqué. Pour d’autres, le seul responsable, c’est ce « nouveau corps astral » venu d’on ne sait où, ce « voile de poussière cosmique » – les restes d’une planète pulvérisée peut-être – qui s’est interposé entre le Soleil et la Terre…
Moi, je ne sais pas. Quelle importance, après tout ? On n’y peut rien ou c’est trop tard.
Je n’avais que dix ans quand c’est arrivé, mais je m’en souviens encore, comme si c’était hier. »
Extrait de : JL Marcastel. « Le dernier hiver. »
Frankia (partie 3) par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Frankia (partie 3)
Titre : Frankia (partie 3)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2009
Editeur : Mnémos
Première page de Frankia (partie 3)
« Protocole de largage dans 5 minutes ! 5 minutes ! »
Relayée par les cornets d’amplification du vaisseau, la voix du contrôleur résonna, froide et claire, contre les murs de métal de la gigantesque soute.
Le lieutenant James Duval sentit une raideur d’appréhension se concentrer dans sa nuque. Il la chassa aussitôt, comme il se serait débarrassé d’un insecte, d’un simple mouvement de tête.
Ce n’était pourtant pas chose facile, dans le corset de fer riveté qui lui enserrait le cou, le reliant au grand corps de métal et d’acier de son Warcrusher. La lourde et puissante machine l’environnait, armure surdimensionnée de quatre mètres de haut, toute de bielles, d’engrenages complexes et de cuirasse blindée, lui lançant à pleines narines ses odeurs d’huile et de fluide de refroidissement.
Seul son crâne émergeait encore de la grande structure à forme anthropoïde, entre les deux canons lance-foudre qui hérissaient ses épaules, énormes et menaçants, prêts à vomir leurs salves de mort crépitante sur les armées de l’Uberkaiser. »
Extrait de : JL Marcastel. « Frankia T3. »
Frankia (partie 2) par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Frankia (partie 2)
Titre : Frankia (partie 2)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2009
Editeur : Mnémos
Première page de Frankia (partie 2)
« Dans le sous-bois pris de démence, à en perdre haleine, le cœur pompant à pleine poitrine, Georges courait.
Autour de lui, rebondissant d’un tronc à l’autre, comme autant d’éclats de mort, sifflaient et craquaient les bruits du combat qui se déroulait au bas de cette pente qu’il dévalait sans prudence, dans les feuilles mortes et les racines noueuses.
Mille fois il aurait pu tomber, rouler et se rompre les os en basculant par-dessus un rocher. Il savait, depuis sa plus tendre enfance, combien les gorges pouvaient être cruelles pour ceux qui ne les prenaient pas au sérieux. Elles avaient broyé plus d’un inconscient dans leurs crocs de pierre, et auraient fait ventre de lui comme des autres.
En enfant du pays, qui avait mille fois parcouru les combes et vallées violentes de ce coin de Frankia et leurs chemins secrets, il se serait habituellement montré plus prudent. »
Extrait de : JL Marcastel. « Frankia T2. »