Jacques Spitz

Présentation de Jacques Spitz :

Jacques Spitz, né en l’an 1896 à Nemours et rappelé à Dieu en 1963, demeure l’une des figures les plus singulières et, hélas, les plus injustement délaissées de la littérature d’anticipation française. À l’heure où notre jeunesse se passionne pour les fusées et les fulgurances venues d’outre-Atlantique, il convient de réhabiliter ce maître de l’ironie mordante, dont le génie n’eut d’égal que le profond pessimisme.

Ingénieur de formation, Jacques Spitz fait ses premières armes dans les lettres au cours des années vingt, livrant quelques romans d’analyse psychologique qui lui valent l’estime des milieux mondains. Toutefois, c’est au milieu de la décennie suivante qu’il embrasse sa véritable vocation, délaissant les intrigues de boudoir pour se tourner vers le fantastique et la conjecture scientifique.

En 1935, il frappe les esprits avec « L’Agonie du globe », récit spectaculaire et grinçant d’une catastrophe cosmique qui voit notre planète se scinder en deux moitiés. Fort de ce succès, il offre aux presses de la N.R.F. son véritable chef-d’œuvre, « La Guerre des mouches », publié en 1938. Dans cette allégorie terrifiante — qui n’est pas sans évoquer les angoisses d’une Europe alors au bord du gouffre —, l’humanité orgueilleuse se voit supplantée par des nuées d’insectes devenus intelligents. Le cynisme le plus absolu y le dispute à un humour macabre, marques de fabrique de cet habile prosateur.

Les tragédies de la Seconde Guerre mondiale ne feront qu’assombrir la misanthropie de l’auteur. Avec « L’Œil du purgatoire », ouvrage vertigineux paru à la Libération en 1945, Jacques Spitz explore les tréfonds de l’angoisse temporelle. Il y narre le calvaire d’un homme frappé d’une affliction singulière, dont la rétine perçoit ses contemporains avec plusieurs années d’avance, le condamnant à ne voir autour de lui que vieillissement et décomposition.

Retiré peu à peu de la scène littéraire, fuyant la notoriété avec une farouche constance, Jacques Spitz s’est éteint dans un anonymat immérité. Pourtant, pour le lecteur averti qui arpente aujourd’hui les rayons de nos bibliothèques, son œuvre constitue le chaînon indispensable entre les visions d’un H. G. Wells et les interrogations de la science-fiction d’aujourd’hui. Face aux chimères du progrès technique, son regard désabusé sur la nature humaine résonne avec une singulière acuité en notre époque troublée.

Livres de Jacques Spitz :

Joyeuses apocalypses
L’agonie du globe
L’expérience du docteur Mops
L’homme élastique
L’oeil du purgatoire
La forêt des sept pies
La guerre des mouches
La parcelle Z
Les évadés de l’an 4000
Les signaux du soleil

Pour en savoir plus sur Jacques Spitz :

La page Wikipédia sur J. Spitz
La page Noosfere sur J. Spitz
La page isfdb de J. Spitz

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