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Les 20 meilleurs romans de science-fiction français

La science-fiction française possède une histoire particulièrement riche. Bien avant l’explosion du genre dans les années 1950, des auteurs comme J.-H. Rosny aîné ou Maurice Renard imaginaient déjà des mondes bouleversés par la science, des civilisations inconnues et des formes de vie extraordinaires.

Depuis, la SF française n’a cessé de se renouveler. Anticipation, dystopie, post-apocalyptique, space opera, cyberpunk, voyage dans le temps ou encore science-fiction sociale : les auteurs français ont exploré pratiquement toutes les facettes du genre.

Mais par quels romans commencer ? Quels sont les livres qui ont marqué la science-fiction française et qui méritent encore d’être lus aujourd’hui ?

Voici une sélection de 20 romans incontournables de la science-fiction française, complétée à la fin par 15 autres titres à découvrir.

À noter : ce classement privilégie les romans français de science-fiction et cherche à représenter différentes époques et différents sous-genres. Lorsqu’un titre appartient à une série, un seul roman a été retenu afin de ne pas multiplier les représentants d’un même univers.


1. La Planète des singes — Pierre Boulle

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation, dystopie, satire sociale

Publié en 1963, La Planète des singes est probablement l’un des romans français de science-fiction les plus connus dans le monde.

Pierre Boulle imagine une civilisation extraterrestre dans laquelle les rapports entre humains et singes sont complètement inversés. L’idée est simple en apparence, mais permet à l’auteur de construire une réflexion particulièrement efficace sur la place de l’être humain, la civilisation et les rapports de domination.

Le roman est également beaucoup plus court et plus subtil que les adaptations cinématographiques auxquelles il a donné naissance. Son intérêt ne repose pas uniquement sur son concept de départ : Pierre Boulle utilise la science-fiction pour interroger notre propre société.

Pourquoi le lire ?
Parce qu’il s’agit d’un grand classique, accessible et relativement court, qui montre parfaitement comment une idée de science-fiction peut devenir une véritable satire de notre monde.


2. La Nuit des temps — René Barjavel

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation, catastrophe, romance

Avec La Nuit des temps, René Barjavel signe l’un des grands classiques de la littérature de science-fiction française.

Des scientifiques découvrent sous la glace de l’Antarctique les traces d’une civilisation disparue depuis des dizaines de milliers d’années. Cette découverte va progressivement révéler l’existence d’un monde technologiquement avancé, mais également les conséquences dramatiques de ses propres choix.

Barjavel mélange ici science-fiction, aventure, histoire d’amour et réflexion sur l’humanité. Le roman possède une dimension spectaculaire, tout en conservant une place importante aux émotions et aux relations humaines.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir l’un des romans qui ont le plus contribué à populariser la science-fiction auprès du grand public français.


3. La Horde du Contrevent — Alain Damasio

Genre : science-fiction
Sous-genre : science-fantasy, littérature spéculative, aventure

Avec La Horde du Contrevent, Alain Damasio propose une œuvre extrêmement originale.

Dans un monde balayé par des vents d’une puissance extraordinaire, une Horde composée de plusieurs individus remonte le continent à contre-courant afin d’en découvrir l’origine.

La particularité du roman ne réside pas seulement dans son univers. Damasio joue également avec la narration, les points de vue et la langue. Chaque membre de la Horde possède sa propre manière de percevoir le monde, ce qui transforme progressivement la lecture en véritable expérience littéraire.

Pourquoi le lire ?
Pour ceux qui recherchent une science-fiction française ambitieuse, expérimentale et profondément différente des classiques anglo-saxons.


4. Ravage — René Barjavel

Genre : science-fiction
Sous-genre : post-apocalyptique, anticipation

Publié en 1943, Ravage est l’un des grands textes fondateurs de l’anticipation française.

Barjavel imagine une société futuriste qui dépend entièrement de la technologie. Lorsque l’électricité disparaît brutalement, toute cette civilisation s’effondre en quelques heures.

Le roman permet ainsi à Barjavel d’interroger la dépendance de l’homme au progrès technologique et la fragilité d’une société qui repose sur des infrastructures qu’elle ne maîtrise plus.

Pourquoi le lire ?
Parce que son idée centrale reste étonnamment actuelle : que se passerait-il si les technologies dont nous dépendons disparaissaient soudainement ?


5. Niourk — Stefan Wul

Genre : science-fiction
Sous-genre : post-apocalyptique, aventure

Avec Niourk, Stefan Wul plonge le lecteur dans une Terre ravagée après la disparition de la civilisation humaine.

Le roman suit un jeune garçon vivant dans une communauté primitive et confronté aux vestiges incompréhensibles de l’ancien monde. Le contraste entre la technologie disparue et le regard naïf du personnage permet à Wul de reconstruire progressivement un univers fascinant.

L’écriture directe et l’efficacité narrative de Stefan Wul expliquent en partie pourquoi Niourk reste l’un des classiques de la SF française.

Pourquoi le lire ?
Pour son mélange d’aventure, de découverte et de post-apocalyptique, mais aussi pour son étonnant travail sur la perception d’un monde disparu.


6. Les Guerriers du silence — Pierre Bordage

Genre : science-fiction
Sous-genre : space opera

Avec Les Guerriers du silence, Pierre Bordage s’impose comme l’un des grands noms du space opera français.

Le roman déploie un univers particulièrement vaste, peuplé de civilisations, de peuples et de puissances politiques qui s’affrontent à l’échelle galactique.

Bordage reprend certains codes du grand space opera tout en leur donnant une identité propre. La politique, la religion, les conflits de pouvoir et les dimensions spirituelles occupent une place importante dans cette fresque.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir une grande fresque spatiale française et mesurer la place qu’a pu prendre le space opera dans la SF francophone.


7. Le Temps incertain — Michel Jeury

Genre : science-fiction
Sous-genre : voyage temporel, SF psychologique

Le Temps incertain est un roman particulièrement représentatif de la science-fiction française des années 1970.

Michel Jeury ne se contente pas d’utiliser le voyage temporel comme un simple mécanisme narratif. Il s’intéresse également à la perception du temps et à ses conséquences sur l’identité et la réalité.

Le roman peut parfois désorienter volontairement le lecteur : le temps y devient une matière instable et difficile à appréhender.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir une SF plus expérimentale, qui privilégie l’expérience et les idées plutôt que la simple aventure.


8. Oms en série — Stefan Wul

Genre : science-fiction
Sous-genre : space opera, dystopie, aventure

Dans Oms en série, Stefan Wul imagine une humanité réduite à une forme de vie dominée par une civilisation extraterrestre.

Le roman permet à l’auteur d’inverser les rapports de domination entre espèces et d’interroger ce qui définit véritablement l’humanité.

Derrière son apparence de récit d’aventure, le livre propose donc une réflexion sur l’esclavage, la liberté et la domination.

Pourquoi le lire ?
Pour son univers original et son efficacité narrative, mais aussi pour la richesse des questions qu’il pose derrière son récit d’aventure.


9. Le Goût de l’immortalité — Catherine Dufour

Genre : science-fiction
Sous-genre : cyberpunk, dystopie

Catherine Dufour propose avec Le Goût de l’immortalité une vision particulièrement sombre du futur.

Technologies, modifications du corps, sociétés profondément inégalitaires et recherche de l’immortalité composent un univers où le progrès scientifique ne signifie absolument pas progrès humain.

Le roman appartient à une SF française plus récente, qui s’intéresse davantage aux conséquences sociales et politiques des technologies qu’à la simple découverte scientifique.

Pourquoi le lire ?
Pour une vision moderne et sombre de la science-fiction, à la croisée du cyberpunk et de la dystopie.


10. Le Déchronologue — Stéphane Beauverger

Genre : science-fiction
Sous-genre : voyage temporel, uchronie, aventure historique

Le Déchronologue est l’un des romans les plus singuliers de la SF française contemporaine.

Stéphane Beauverger mêle piraterie, histoire et manipulation du temps pour construire un récit difficile à classer dans une seule catégorie.

Le roman joue avec la chronologie et oblige le lecteur à reconstruire progressivement les événements. La dimension historique renforce encore l’originalité de cette histoire de voyage dans le temps.

Pourquoi le lire ?
Pour ceux qui aiment les romans de SF qui mélangent plusieurs genres et demandent au lecteur de reconstituer lui-même le puzzle narratif.


11. Les Racines du mal — Maurice G. Dantec

Genre : science-fiction
Sous-genre : cyberpunk, thriller technologique

Avec Les Racines du mal, Maurice G. Dantec mélange thriller, informatique, intelligence artificielle et anticipation.

Le roman explore un futur proche dans lequel les nouvelles technologies modifient profondément les méthodes d’investigation et la compréhension de la criminalité.

Très sombre, parfois violent et résolument technologique, le livre appartient à cette SF française qui se rapproche du thriller tout en développant des préoccupations propres à la science-fiction.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir une rencontre particulièrement efficace entre thriller et cyberpunk.


12. F.A.U.S.T. — Serge Lehman

Genre : science-fiction
Sous-genre : cyberpunk, anticipation politique

Serge Lehman imagine dans F.A.U.S.T. une société future marquée par les transformations technologiques, économiques et politiques.

Le roman appartient à une SF française qui cherche moins à reproduire les modèles classiques du space opera qu’à imaginer les conséquences des évolutions contemporaines.

Lehman développe ainsi une vision complexe du futur, où technologie et pouvoir sont étroitement liés.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir une science-fiction française ambitieuse, politique et tournée vers les transformations de la société.


13. Le Gambit des étoiles — Gérard Klein

Genre : science-fiction
Sous-genre : space opera, aventure spatiale

Le Gambit des étoiles appartient aux grands classiques du space opera français.

Gérard Klein y développe une science-fiction tournée vers l’exploration et l’aventure spatiale, dans la grande tradition des récits qui imaginent l’expansion de l’humanité au-delà de la Terre.

Le roman constitue également une excellente porte d’entrée vers la SF française classique.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir un space opera français d’une époque où l’exploration spatiale constituait encore l’un des grands rêves de la science-fiction.


14. Le Péril bleu — Maurice Renard

Genre : science-fiction
Sous-genre : fantastique scientifique, anticipation

Maurice Renard est l’un des grands précurseurs de la science-fiction française.

Dans Le Péril bleu, l’auteur imagine une menace totalement inconnue qui remet en question les certitudes de l’humanité.

Le roman est particulièrement intéressant pour comprendre l’évolution de la littérature scientifique française avant la constitution de la SF moderne comme genre éditorial.

Pourquoi le lire ?
Pour remonter aux racines de la science-fiction française et découvrir un auteur majeur mais aujourd’hui moins connu du grand public.


15. Les Navigateurs de l’infini — J.-H. Rosny aîné

Genre : science-fiction
Sous-genre : exploration spatiale, anticipation

J.-H. Rosny aîné fait partie des véritables pionniers de la science-fiction.

Avec Les Navigateurs de l’infini, il imagine un voyage vers Mars et la rencontre avec une forme de vie extraterrestre.

Publié plusieurs décennies avant l’âge d’or de la SF, le roman témoigne de l’ancienneté de la tradition française de la littérature scientifique et spéculative.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir l’un des textes qui ont contribué à poser les bases de la science-fiction moderne en France.


16. Le Monde enfin — Jean-Pierre Andrevon

Genre : science-fiction
Sous-genre : post-apocalyptique, anticipation écologique

Dans Le Monde enfin, Jean-Pierre Andrevon imagine une humanité confrontée aux conséquences de son propre modèle de civilisation.

La dimension écologique occupe une place importante dans ce récit post-apocalyptique, qui s’intéresse autant à la survie qu’à la reconstruction d’un monde différent.

Le roman montre également une autre facette de la science-fiction française : celle qui utilise le futur pour réfléchir aux problèmes très concrets du présent.

Pourquoi le lire ?
Pour une approche écologique et sociale du post-apocalyptique.


17. La Terre sauvage — Julia Verlanger

Genre : science-fiction
Sous-genre : post-apocalyptique, dystopie

Julia Verlanger, qui publia notamment sous le pseudonyme de Gilles Thomas, occupe une place importante dans l’histoire populaire de la SF française.

La Terre sauvage décrit une humanité confrontée à un monde profondément transformé et à la disparition progressive de la civilisation telle qu’elle existait auparavant.

Le roman appartient à cette tradition française du post-apocalyptique qui s’intéresse autant aux rapports humains qu’au décor de catastrophe.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir une autrice importante de la SF française et un classique du post-apocalyptique.


18. Arago — Laurent Genefort

Genre : science-fiction
Sous-genre : space opera, exploration spatiale

Laurent Genefort est l’un des auteurs français contemporains qui ont particulièrement développé le space opera.

Avec Arago, il propose un récit d’exploration spatiale dans lequel la découverte de nouveaux mondes permet également de réfléchir aux relations entre différentes civilisations.

Le roman s’inscrit dans une SF française contemporaine qui n’hésite plus à utiliser les dimensions du space opera tout en développant des univers complexes.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir un space opera français moderne et accessible.


19. Le Successeur de pierre — Jean-Michel Truong

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation technologique, SF spéculative

Le Successeur de pierre appartient à une science-fiction davantage centrée sur les idées et les transformations de la société.

Jean-Michel Truong s’intéresse notamment aux conséquences des évolutions technologiques et scientifiques sur l’être humain.

Le roman illustre ainsi une tendance importante de la SF française : utiliser l’anticipation pour examiner les transformations possibles de notre civilisation.

Pourquoi le lire ?
Pour les lecteurs qui apprécient une science-fiction davantage axée sur les idées et la réflexion.


20. La Guerre des mouches — Jacques Spitz

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation, invasion, catastrophe

Jacques Spitz est l’un des auteurs importants de l’anticipation française de l’entre-deux-guerres.

Dans La Guerre des mouches, une menace inattendue transforme radicalement l’équilibre du monde.

Le roman possède cette caractéristique de la SF ancienne : partir d’une hypothèse scientifique ou biologique pour imaginer ses conséquences à l’échelle de la société.

Pourquoi le lire ?
Pour découvrir une autre facette des débuts de la science-fiction française, avant l’âge d’or du genre.


15 autres romans de science-fiction français à découvrir

Les vingt romans précédents ne suffisent évidemment pas à résumer la richesse de la SF française. Voici quinze autres titres présents sur mais-encore.fr qui méritent également votre attention.

Les Furtifs — Alain Damasio

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation, dystopie, SF sociale

Après La Horde du Contrevent, Alain Damasio s’intéresse dans Les Furtifs à une société dans laquelle la technologie transforme profondément les rapports humains et sociaux.

Un roman particulièrement intéressant pour les lecteurs attirés par la SF politique et sociale.


La Zone du Dehors — Alain Damasio

Genre : science-fiction
Sous-genre : dystopie, SF politique

Dans La Zone du Dehors, Damasio imagine une société apparemment parfaite mais dans laquelle le contrôle social et la normalisation occupent une place centrale.

Un roman qui interroge directement notre rapport à la liberté et à la société.


Wang — Pierre Bordage

Genre : science-fiction
Sous-genre : dystopie, anticipation

Wang permet de découvrir une autre facette de Pierre Bordage, cette fois à travers une société profondément inégalitaire.

Le roman mélange aventure, politique et réflexion sociale.


Abzalon — Pierre Bordage

Genre : science-fiction
Sous-genre : space opera, aventure spatiale

Avec Abzalon, Pierre Bordage propose une nouvelle histoire de voyage et de découverte dans un univers de grande ampleur.

Un titre à privilégier pour les lecteurs qui souhaitent poursuivre leur découverte du space opera français.


Sukran — Jean-Pierre Andrevon

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation, SF sociale

Sukran s’inscrit dans la SF engagée de Jean-Pierre Andrevon, où les transformations du futur servent à interroger les problèmes du présent.


Le Travail du furet — Jean-Pierre Andrevon

Genre : science-fiction
Sous-genre : dystopie, anticipation policière

Une société future, une organisation profondément contrôlée et une réflexion sur la violence institutionnelle : Le Travail du furet propose une SF sombre et politique.


Les Futurs Mystères de Paris — Roland C. Wagner

Genre : science-fiction
Sous-genre : polar SF, anticipation

Roland C. Wagner mélange dans cette série science-fiction, enquête et imaginaire parisien.

Le résultat constitue une excellente illustration de la capacité de la SF française à mélanger les genres.


Demain, une oasis — Ayerdhal

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation, thriller politique

Ayerdhal utilise ici la science-fiction pour explorer les conséquences politiques et humaines des crises qui pourraient toucher notre monde.


Parleur ou les Chroniques d’un rêve enclavé — Ayerdhal

Genre : science-fiction
Sous-genre : SF sociale, politique, utopie

Un roman davantage tourné vers les questions de société et de pouvoir, caractéristique de la dimension engagée de l’œuvre d’Ayerdhal.


Les Temps ultramodernes — Laurent Genefort

Genre : science-fiction
Sous-genre : uchronie, rétrofuturisme

Laurent Genefort revisite l’histoire et les imaginaires du futur dans une œuvre qui mélange uchronie et esthétique rétrofuturiste.


Exodes — Jean-Marc Ligny

Genre : science-fiction
Sous-genre : post-apocalyptique, anticipation climatique

Exodes s’intéresse à un monde bouleversé par les changements environnementaux et leurs conséquences sur les sociétés humaines.

Une lecture particulièrement intéressante pour ceux qui recherchent de la climate fiction française.


Le Créateur chimérique — Joëlle Wintrebert

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation, SF féministe

Joëlle Wintrebert fait partie des grandes voix de la SF française contemporaine et utilise ici la science-fiction pour interroger le corps, la société et les rapports de pouvoir.


Kid Jesus — Pierre Pelot

Genre : science-fiction
Sous-genre : anticipation, SF sociale

Pierre Pelot explore dans Kid Jesus une science-fiction davantage centrée sur les individus et les transformations de la société.


Les Galaxiales — Michel Demuth

Genre : science-fiction
Sous-genre : space opera

Les Galaxiales constitue une autre porte d’entrée vers le space opera français classique.

Michel Demuth y développe une vision vaste de l’avenir et de l’expansion humaine dans l’espace.


La Compagnie des glaces — G.-J. Arnaud

Genre : science-fiction
Sous-genre : post-apocalyptique, dystopie, aventure

Avec La Compagnie des glaces, G.-J. Arnaud imagine une Terre transformée par une catastrophe climatique majeure.

L’ampleur de l’univers et son aspect feuilletonnant en ont fait une œuvre particulièrement importante de la SF populaire française.


Comment choisir votre prochain roman de SF française ?

Si vous débutez dans la science-fiction française, inutile de vouloir tout lire dans l’ordre chronologique.

Vous pouvez plutôt choisir votre roman en fonction du type d’histoire que vous aimez.

Vous aimez les mondes post-apocalyptiques ?

Commencez par Ravage, Niourk, Le Monde enfin ou La Terre sauvage.

Vous préférez les voyages dans l’espace ?

Tournez-vous vers Les Guerriers du silence, Le Gambit des étoiles, Arago, Les Galaxiales ou Abzalon.

Vous aimez les dystopies ?

La Planète des singes, Le Travail du furet, La Zone du Dehors et Le Goût de l’immortalité constituent plusieurs approches très différentes du genre.

Vous aimez le cyberpunk et les technologies ?

Essayez Les Racines du mal, F.A.U.S.T. ou Le Goût de l’immortalité.

Vous êtes attiré par les voyages dans le temps ?

Le Temps incertain et Le Déchronologue sont deux excellents choix, même s’ils utilisent le voyage temporel de manière très différente.

Vous voulez découvrir les origines de la SF française ?

Remontez jusqu’à Les Navigateurs de l’infini de J.-H. Rosny aîné et Le Péril bleu de Maurice Renard.


En résumé

La science-fiction française ne se résume pas à quelques grands noms comme René Barjavel ou Pierre Boulle.

Elle possède une histoire particulièrement longue, qui commence avec les précurseurs de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, se développe considérablement après la Seconde Guerre mondiale et continue aujourd’hui avec des auteurs comme Alain Damasio, Laurent Genefort, Catherine Dufour ou Stéphane Beauverger.

Cette diversité se retrouve dans les romans sélectionnés ici : post-apocalyptique, dystopie, space opera, cyberpunk, anticipation, uchronie, voyage temporel, SF politique ou encore science-fiction sociale.

Si vous ne connaissez que quelques classiques, cette sélection constitue donc une bonne manière d’élargir votre horizon.

Et si vous êtes déjà un habitué de la SF française, les quinze titres complémentaires pourront peut-être vous permettre de découvrir quelques œuvres moins évidentes.

Conclusion

La science-fiction française a souvent développé une identité différente de celle de la science-fiction anglo-saxonne. Elle s’est régulièrement intéressée aux conséquences philosophiques, politiques et sociales du progrès scientifique, tout en produisant des récits d’aventure, des dystopies ambitieuses et de grands space operas.

De J.-H. Rosny aîné à Alain Damasio, en passant par Barjavel, Stefan Wul, Pierre Bordage, Michel Jeury, Ayerdhal, Serge Lehman ou Laurent Genefort, plusieurs générations d’écrivains ont imaginé des futurs, des mondes et des sociétés qui continuent de nourrir notre imaginaire.

Cette liste de vingt incontournables et de quinze romans à découvrir ne prétend évidemment pas épuiser le sujet. Elle constitue plutôt une porte d’entrée dans la richesse de la science-fiction française.

Alors, que vous soyez amateur de mondes post-apocalyptiques, de voyages interstellaires, de dystopies, de cyberpunk ou simplement de grandes idées de science-fiction, il y a probablement encore quelques romans français qui n’attendent que vous.

Les signaux du soleil par Jacques Spitz

Fiche de Les signaux du soleil

Titre : Les signaux du soleil
Auteur : Jacques Spitz
Date de parution : 1943
Editeur : Jean Vigneau

Première page de Les signaux du soleil

« — Un observatoire n’est pas nécessairement fait pour observer, répétait le petit père Lobatsky en bourrant sa pipe.

Philippe Bontemps s’en apercevait bien tout seul. Depuis huit jours qu’il avait rejoint l’observatoire accroché au flanc du pic, la tempête de neige faisait rage. Pour préparer une thèse de doctorat sur les taches du soleil, le Pic du Midi lui avait semblé plus favorable que Meudon. Il avait eu tout le loisir de monter ses appareils, mais quant à s’en servir, il n’en était pas question. Le soleil était aussi invisible que dans la nuit polaire.

Seul astronome de la mission qui allait hiverner là cinq mois, il était le seul à se plaindre. Lobatsky, le chef de mission, était météorologue. « Grand avantage, disait-il ; quel que soit le temps, il y a toujours quelque chose à en dire… » C’était un Polonais, naturalisé Français, qui s’était fait un nom dans la météorologie en acceptant les missions dont personne ne voulait. Marié, père de onze enfants, il disait n’avoir trouvé que ce moyen pour avoir la paix : filer pour deux ans au Groenland sur l’inlandsis, ou consentir comme maintenant à passer l’hiver dans une cabane à deux mille huit cent soixante mètres d’altitude, avec un fil téléphonique pour toute liaison avec le monde civilisé. »

Extrait de : J. Spitz. « Les signaux du soleil. »

Les évadés de l’an 4000 par Jacques Spitz

Fiche de Les évadés de l’an 4000

Titre : Les évadés de l’an 4000
Auteur : Jacques Spitz
Date de parution : 1936
Editeur : Gallimard

Première page de Les évadés de l’an 4000

« — Pat ! Par exemple ! j’ai failli ne pas te reconnaître ! Qu’est-ce qui t’est arrivé ?

— Le froid, le soleil… fit Pat.

Il souriait et l’éclat de ses dents accentuait la teinte brique de son visage méconnaissable. Il expliqua :

— Pendant les vacances j’ai suivi les fouilles du Moyen Nord et je n’ai pas couché une fois sous terre.

— Moi, reprit Wassermann blanc comme un navet, j’étais aux stations de repos, sur les bords du nouveau Tanganika. Ah ! mon vieux, vingt-deux degrés toute la journée, on vit en pagnes. La voûte a par endroits trois cents mètres au-dessus du lac. Brise marine, vent, tempête à volonté. Planking, hydroplaneurs sur toutes les plages et les plus jolies filles du sous-sol ! Vois-tu ce que ça représente deux cents kilomètres de nappe d’eau souterraine, avec éclairage artificiel continu ?

— Un lieu dont j’aurais horreur, dit froidement Pat.

— Ça va ! fit Wassermann brusquement calmé par ce manque d’enthousiasme.

Ils suivaient l’allée de sable menant du vestiaire des ascenseurs au grand bâtiment neuf dont le fronton portait : Amphithéâtre Thucydide. D’autres groupes, enveloppés de peaux de phoque, se hâtaient sur le chemin en maugréant. »

Extrait de : J. Spitz. « Les évadés de l’an 4000. »

La parcelle « Z » par Jacques Spitz

Fiche de La parcelle « Z »

Titre : La parcelle « Z »
Auteur : Jacques Spitz
Date de parution : 1942
Editeur : Jean Vigneau

Première page de La parcelle « Z »

« — Monsieur Desmaisons, le patron voudrait vous voir le plus tôt possible, jeta le jeune stagiaire par la porte entrebâillée.
Desmaisons qui feuilletait un cahier d’observations, se leva lentement, ferma l’interrupteur électrique des autoclaves, remit en ordre quelques ballons qui traînaient sur l’évier du laboratoire, puis, sans enlever sa blouse, prit le chemin du bureau patronal.
Pourquoi le vieux le demandait-il ? Ce n’était pas dans sa manière. À l’ordinaire, il venait lui-même dans les laboratoires. Cécile lui aurait-elle déjà parlé ? Pourtant, d’un commun accord, ils avaient estimé préférable que ce fût lui qui annonçât le premier la nouvelle au patron. L’avait-il apprise par une autre voie, ou par des racontars ? Comment alors avait-il réagi ? Pas mal, évidemment, mais enfin on ne sait jamais. »

Extrait de : J. Spitz. « La Parcelle «Z». »

La guerre des mouches par Jacques Spitz

Fiche de La guerre des mouches

Titre : La guerre des mouches
Auteur : Jacques Spitz
Date de parution : 1946
Editeur : Marabout

Première page de La guerre des mouches

« Juste-Évariste Magne, né à Cahors, dans le Lot, troisième fils d’un tonnelier, avait échappé de justesse au ridicule d’être prénommé Charles, comme son père. Il le devait à sa mère, dont le jugement fut peut-être éclairé par l’approche de la mort : elle mourut en effet trois jours après la venue au monde du nouveau-né. L’enfance du jeune Juste, privé de mère, se traîna, comme tant d’autres enfances malheureuses, dans les ruisseaux d’abord, sur les bancs de l’école communale ensuite. Elle se fût peut-être poursuivie sur ceux de la Correctionnelle, si un Frère de la doctrine chrétienne, dont la sœur était voisine de la cabane du père Magne, ne s’était intéressé à juste et ne l’avait fait entrer au petit séminaire. Il s’y montra relativement studieux, mais peu tenté par la vocation ecclésiastique. À vingt ans, après une suite de hasards variés dont le miracle est qu’ils aboutirent, un diplôme de licencié ès sciences de l’université de Montpellier vint terminer cette première période de son existence.

Licencié ès sciences naturelles, Juste-Évariste Magne ne trouva pas plus aisément qu’avant l’obtention de ce titre le moyen de vivre, comme faisaient apparemment tous ceux qui l’entouraient. »

Extrait de : J. Spitz. « La guerre des mouches. »

La forêt des sept-pies par Jacques Spitz

Fiche de La forêt des sept-pies

Titre : La forêt des sept-pies
Auteur : Jacques Spitz
Date de parution : 1946
Editeur : Marechal

Première page de La forêt des sept-pies

« Nous étions tous debout dans la cellule. Lui seul était assis sur son lit de prisonnier. Son visage disait la fatigue, de larges cernes entouraient ses yeux, mais il était très calme. L’exécution devait avoir lieu quelques heures plus tard. Il tenait à la main une vieille enveloppe.

— Voilà ce qu’il ne faut pas oublier, disait-il. J’emporte cette lettre, je la mettrai sur ma poitrine, et ma dernière pensée saura où se réfugier en attendant la mort. N’oubliez pas un viatique de ce genre, si vous deviez, un jour, vous trouver dans la même situation…

Il y avait aussi une autre chose qu’il avait préparée, mais il m’est impossible de m’en souvenir maintenant.

— Enfin, dit tout bas notre camarade Pierre Leblanc, il est insensé qu’on condamne à mort pour des motifs politiques. Ne pourrait-on tenter quelque démarche, agir auprès de quelqu’un ?

Nul ne savait quoi répondre. Une voix dit :

— C’est cette loi sur les complots contre la sûreté de l’État. »

Extrait de : J. Spitz. « La foret des sept pies. »

L’oeil du purgatoire par Jacques Spitz

Fiche de L’oeil du purgatoire

Titre : L’oeil du purgatoire
Auteur : Jacques Spitz
Date de parution : 1945
Editeur : Pocket

Première page de L’oeil du purgatoire

« Décidément la malchance me poursuit. À la série de contrariétés qui m’arrivent, je pourrais même croire que le monde m’est particulièrement hostile. Ce matin encore, l’infect Gugenlaert me refuse la toile que je lui apportais, celle qu’il m’avait presque commandée. Prétexte : ses clients n’aiment que la peinture claire. Je lui en ficherai, moi, de la peinture claire ! Quelle idée se fait-il donc de moi ? Du reste, comme tous les marchands de tableaux, Gugenlaert ne comprend rien à la peinture… Personne ne comprend rien à la peinture, pas même ceux qui la font.

Des coups pareils vous dégoûtent du travail, et de vous-même par-dessus le marché ! Je suis rentré avec ma toile sous le bras. Si lâche que j’ai essayé de la reprendre, de l’éclaircir, de donner ce qu’on attendait de moi. Mais je me suis vite aperçu qu’il était impossible de ressembler à l’image que les autres se font de vous, et de guerre lasse, je suis allé faire un tour. »

Extrait de : J. Spitz. « L’oeil du purgatoire. »

L’homme élastique par Jacques Spitz

Fiche de L’homme élastique

Titre : L’homme élastique
Auteur : Jacques Spitz
Date de parution : 1938
Editeur : Marabout

Première page de L’homme élastique

« 12 mai
 
Je me félicite d’avoir acheté cette propriété en Ardèche. La visite que je viens d’y faire a confirmé mes premières impressions. L’endroit, situé à mi-chemin entre Privas et Aubenas, est aussi désert et désolé que je le souhaitais. Sur un haut plateau, semé de quelques bouquets de sapins et de chênes rabougris, il n’y a là qu’un village d’une cinquantaine d’habitants, Freissenet, dont ma future demeure, appelée Chantambre, est distante d’au moins trois kilomètres. La pierre de ces régions est noire, d’un aspect sévère qui n’est pas pour me déplaire. Les oiseaux semblent y être aussi rares que les humains. Nul ne s’attarde en ces lieux. Pourtant, une bonne route passe non loin de mon portail d’entrée et facilitera le transport du matériel, tout en faisant assez de lacets pour décourager les visiteurs éventuels. À l’ordinaire, les véhicules préfèrent suivre la vallée qui contourne le plateau. Ce décor sauvage semblait attendre un homme de mon genre. »

Extrait de : J. Spitz. « L’Homme élastique. »

L’expérience du docteur Mops par Jacques Spitz

Fiche de L’expérience du docteur Mops

Titre : L’expérience du docteur Mops
Auteur : Jacques Spitz
Date de parution : 1939
Editeur : Gallimard

Première page de L’expérience du docteur Mops

« Si le mois d’avril n’avait pas été si pluvieux cette année-là à Paris, rien ne serait arrivé, ou il serait arrivé autre chose. Mais à quoi bon épiloguer sur le rôle joué par les circonstances accessoires dans les grands événements de la vie ? Maintenant, je ne crois plus aux causes et aux effets, à ces explications laborieuses qu’on forge après coup pour rendre compte de l’enchaînement des événements. Tout se fait n’importe comment, et ce n’est que pour une satisfaction assez vaine de l’esprit qu’on imagine une suite logique dans le cours des choses.

Je venais de rentrer en France pour y passer l’année de mon congé. Il faut avoir séjourné trois années consécutives dans les îles du Pacifique, les Philippines, Timor, Bali, pour bien comprendre ce que peut signifier un retour en France. Retrouver des arbres, des laitages, des nuits fraîches, des sommeils sans moustiquaires, des femmes dont les yeux brillent et semblent enfin signifier quelque chose, de vieilles maisons, de vieux paysages, sans scorpions, sans serpents, sans insectes, et des gens dont on comprend sans effort la langue… Mes quinze premiers jours à Paris furent enchanteurs, car c’est par Paris que, naturellement j’avais commencé. »

Extrait de : J. Spitz. « L’Expérience du Docteur Mops. »

L’agonie du globe par Jacques Spitz

Fiche de L’agonie du globe

Titre : L’agonie du globe
Auteur : Jacques Spitz
Date de parution : 1935
Editeur : Gallimard

Première page de L’agonie du globe

« Il n’existe pas encore de travail définitif qui fasse autorité pour l’histoire de ces dernières années. L’ouvrage que nous présentons aujourd’hui au public n’a pas la prétention de remédier à cette lacune. Il ne veut être qu’un simple exposé des événements, et, comme tel, s’adresse plus particulièrement aux lecteurs qui cherchent la vérité dans les faits plutôt que dans ces réflexions posthumes et ces appréciations à retard dont les historiens de métier gonflent les dossiers de l’Histoire.

L’Histoire, a-t-on dit, est une petite science conjecturale. Encore que par quelque côté nous ayons donné, par notre exemple, de la vraisemblance à cette proposition, nous voudrions rectifier ici le célèbre aphorisme. Il faut une confiance de non-initié pour croire que la Science puisse être autre chose qu’une continuelle conjecture, et qu’elle permette par exemple de prévoir avec certitude l’évolution des choses. À vrai dire, la Science se contente seulement de classer, le plus ingénieusement et le plus clairement possible, les enseignements de l’expérience passée. »

Extrait de : J. Spitz. « L’agonie du globe. »