Ken Grimwood

Présentation de Ken Grimwood :
Kenneth Milton Grimwood, qui vit le jour à l’aube du printemps de l’année 1944 dans la lointaine contrée de l’Alabama, plus précisément en la bourgade de Dothan, compte parmi les plumes les plus attachantes et singulières des littératures de l’imaginaire d’outre-Atlantique. Avant d’embrasser pleinement la noble carrière des lettres, cet esprit curieux, qui avait fait ses humanités au célèbre collège de Bard, s’illustra de longues années durant sur les ondes hertziennes, officiant comme journaliste et directeur de l’information radiophonique dans la bouillonnante métropole de Los Angeles.
S’il se fit d’abord la main avec quelques ouvrages d’excellente facture, usant même à l’occasion du pseudonyme d’Alan Cochran pour s’essayer à d’autres genres, c’est indubitablement avec la parution de son chef-d’œuvre, « Replay », dans la seconde moitié des années quatre-vingt, qu’il s’attira les faveurs d’un vaste public et les prestigieux suffrages de la critique, glanant notamment l’illustre prix World Fantasy. Dans ce récit vertigineux, Ken Grimwood s’empare avec une habileté diabolique d’un vieux rêve de l’humanité : celui de l’éternel retour et de la seconde chance. En narrant les pérégrinations du sieur Jeff Winston, foudroyé par une crise cardiaque à l’âge mûr pour s’éveiller à nouveau dans son corps d’étudiant des années soixante, conservant par devers lui la prescience de l’avenir, l’auteur brosse une fresque bouleversante sur le regret, les caprices du destin et la quête éperdue de sens.
Loin des froides spéculations de la science-fiction technicienne, la prose de ce romancier se distingue par une humanité vibrante. En mêlant habilement les concepts métaphysiques aux interrogations existentielles de nos sociétés modernes, il sut instiller dans ses fictions une inébranlable soif de vivre, comme en témoigne également son ouvrage « Into the Deep », formidable plaidoyer écologique s’intéressant à la sagacité des cétacés.
La destinée, hélas souvent prompte aux ironies tragiques, voulut que ce brillant conteur connût une fin funestement semblable à celle du héros qui fit sa gloire. Ken Grimwood fut en effet prématurément emporté par un mal de cœur, à l’orée de l’été 2003, dans la douceur de Santa Barbara, alors même qu’il s’attelait, dit-on, à rédiger une suite à son grand œuvre. Par la grâce de sa plume poétique et mélancolique, il nous lègue un de ces romans rares qui ne cessent de hanter les mémoires, démontrant avec éclat que le récit d’anticipation possède toute la noblesse requise pour sonder les tourments et les grandeurs de l’âme humaine.
Livres de Ken Grimwood :
Replay (1986)
Pour en savoir plus sur Ken Grimwood :
La page Wikipédia sur K. Grimwood
La page Noosfere sur K. Grimwood
La page isfdb de K. Grimwood