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Monstres et monstruosités par Patrice Duvic

Fiche de Monstres et monstruosités
Titre : Monstres et monstruosités
Auteur : Patrice Duvic
Date de parution : 1973
Editeur : Albin Michel
Sommaire de Monstres et monstruosités
- Les monstres et la mythologie
- Les monstres et la tératologie
- Les monstres qui montrent
- Les monstres que l’on montre
- Les monstruosités artificielles
- Créer la vie, créer les monstres
- Transmutation des espèces et tératogenèse ou : Désespérer de cette transmutation comme de l’autre ?
Première page de Les monstres et la mythologie
« La famine sévissait chez les esprits. Les morts décidèrent donc de quitter le pays de Souraïba, à l’ouest, pour aller chercher des noix de coco sur les îles que peuplaient les vivants. Lorsque le bateau arriva à son but, ils tentèrent de débarquer. Mais le dieu du feu, déterminé à chasser les intrus, leur lança des bouts de bois enflammés. Les morts les attrapèrent entre leurs dents et réussirent finalement à prendre pied sur le rivage.
C’est ainsi que les indigènes de la Nouvelle-Guinée du sud racontèrent l’arrivée des premiers vapeurs néerlandais et voulurent expliquer les cigares que les Blancs avaient à la bouche quand ils mirent pied à terre.
Par la suite, les indigènes comprirent que les Hollandais étaient bien vivants, malgré la pâleur de leur teint. Des vivants ayant des idées incompréhensibles, utilisant des objets étranges, possédant des richesses fabuleuses, mais néanmoins des vivants. »
Extrait de : P. Duvic. « Monstres et monstruosités. »
Holly par S. King

Fiche de Holly
Titre : Holly
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2023
Traduction : J. Esch
Editeur : Albin Michel
Première page de Holly
« C’est une vieille ville qui n’est plus au mieux de sa forme, à l’image du lac au bord duquel elle a été construite, mais il reste quelques quartiers bien conservés. Les habitants de longue date seraient sans doute d’accord pour dire que Sugar Heights est le plus joli d’entre eux, et que la plus jolie rue est Ridge Road, qui sinue en pente douce de Bell College, l’université de lettres et de sciences, à Deerfield Park, trois kilomètres plus bas. En chemin, Ridge Road longe beaucoup de demeures cossues, dont certaines appartiennent à des professeurs d’université et à quelques notables locaux : médecins, avocats, banquiers et cadres supérieurs en haut de l’échelle. La plupart de ces maisons sont de style victorien, avec des bow-windows, des façades impeccablement peintes et beaucoup de moulures tarabiscotées.
Le parc où s’achève Ridge Road n’est pas aussi grand que celui qui s’étale en plein milieu de Manhattan, mais presque. Deerfield est la fierté de la ville, et une armée de jardiniers se chargent de lui conserver son aspect merveilleux. »
Extrait de : S. King. « Holly. »
Les temps ultramodernes par Laurent Genefort
Fiche de Les temps ultramodernes
Titre : Les temps ultramodernes (Tome 1 sur 2 – Les temps ultramodernes)
Auteur : Laurent Genefort
Date de parution : 2022
Editeur : Albin Michel
Première page de Les temps ultramodernes
« Dans la poche de son manteau, la lettre de convocation était froissée à force d’être serrée. Renée la posa sur sa jupe, pour la lisser avec application. Sur la banquette en face d’elle, un rire étouffé lui fit lever la tête. Les quatre heures du trajet ferroviaire lui avaient permis d’étudier à loisir les passagers du compartiment. Face à elle et flanquée de deux marmots boudeurs, une matrone somnolait, le menton enfoncé dans son fichu. Assis à côté, un homme à petite moustache cirée, comme tracée au fusain, était plongé dans la lecture d’un numéro du Temps daté de la veille : le 19 novembre 1924. Son voisin de gauche, un commis voyageur d’une cinquantaine d’années, aurait pu payer double tarif tant il occupait de place. Entre ses joues couperosées, sa bouche évoquait l’embouchure évasée d’un cor de chasse. Le dernier voyageur à sa droite, avec son allure efflanquée et son air d’adolescent rêveur, semblait le négatif de son épais voisin, sans cesse à l’affût d’une saillie à caser. Celui-là aurait éclaté d’un rire gaillard au lieu d’émettre un gloussement discret.
Renée faillit demander au jeune homme ce que son geste avait de si amusant. »
Extrait de : L. Genefort. « Les temps ultramodernes. »
Les incandescents par Fred Hoyle et Geoffrey Hoyle

Fiche de Les incandescents
Titre : Les incandescents
Auteur : Fred Hoyle et Geoffrey Hoyle
Date de parution : 1977
Traduction : R. Latour
Editeur : Albin Michel
Première page de Les incandescents
« Le tourbillon des découvertes depuis l’Âge des Ténèbres a pénétré jusque dans le monde slave.
Tels furent les mots par lesquels tout commença. Prononcés par le professeur Ortov, de l’Université de Moscou.
« Le tourbillon des découvertes depuis l’Âge des Ténèbres… » Pas du tout le genre de phrases qui pourraient vous échapper un jour dans un moment de distraction. Ortov savait ce qu’il disait, mais il ignorait à qui il le disait. C’était un signal codé à l’un des deux cents élèves qui suivaient son cours sur les concepts artistiques de Byzance.
Ce cours avait lieu à huit heures du matin en un mois de janvier particulièrement froid et sombre au vingt-septième étage du bâtiment de l’Université, ancien mausolée qui datait de la période stalinienne avant que le régime d’oppression en Russie eût réellement assis son pouvoir sur le peuple. »
Extrait de : F. Hoyle et G. Hoyle. « Les incandescents. »
Les hommes-molécules par Fred Hoyle et Geoffrey Hoyle
Fiche de Les hommes-molécules
Titre : Les hommes-molécules
Auteur : Fred Hoyle et Geoffrey Hoyle
Date de parution : 1971
Traduction : R. Latour
Editeur : Albin Michel
Sommaire de Les hommes-molécules
- Les hommes-molécules
- Le monstre du Loch ness
Première page de Les hommes-molécules
« J’attendais avec impatience que les bagages consentissent à émerger d’une sorte de four crématoire à l’envers. Ce système en vigueur sur l’aéroport afin d’économiser de la main-d’œuvre n’était heureusement que semi-automatique. J’en avais vu un, entièrement automatique, donc une merveille de la technologie, qui arrachait les étiquettes des bagages sortants et accumulait les valises entrantes dans des recoins aussi mystérieux qu’introuvables.
La profession que j’exerce présente deux aspects. En surface, je suis professeur à Cambridge. Sous cette surface, je suis, si l’on veut, un espion industriel – espionnage qui n’a rien à voir avec la politique ou les militaires. Mes deux activités se conjuguent étrangement bien, l’aspect respectable étant le complément naturel du pas-tellement-respectable. À Cambridge, je travaille sur des problèmes hautement académiques, ce qui me donne accès à toutes les sociétés de produits chimiques du monde entier. »
Extrait de : F. Hoyle et G. Hoyle. « Les Hommes-molécules. »
Quand reviendra l’oiseau-nuage par Bernard Villaret
Fiche de Quand reviendra l’oiseau-nuage
Titre : Quand reviendra l’oiseau-nuage
Auteur : Bernard Villaret
Date de parution : 1983
Editeur : Albin Michel
Première page de Quand reviendra l’oiseau-nuage
« En terminant ma tournée médicale dans les deux villages, j’ai appris ce matin, par le père Hellas, qu’il y aurait au crépuscule une « Séance missionnaire ».
Hellas est une personnalité de la « Réserve » ; ce maître Jacques est à la fois sabotier, garde-champêtre chargé d’annoncer les nouvelles au son du tambour et préposé à l’entretien des Solaires. Chez lui, la nature, économe de chair, n’a pas rechigné sur les os. Ce que l’on remarque d’abord, c’est son squelette qui transparaît de partout, prêt à crever la peau. Hellas est maigre à faire peur aux enfants, mais encore solide puisqu’il mène sa triple tâche à la satisfaction générale. Il est toujours vêtu d’un long manteau grisâtre qui lui vient de son grand-père, probablement plus grand que lui. Ce manteau lui tombe jusqu’aux pieds et semble marcher tout seul, tant le corps est sec, quasi inexistant. »
Extrait de : B. Villaret. « Quand reviendra l’oiseau-nuage. »
Le long détour par Arthur Bertram Chandler

Fiche de Le long détour
Titre : Le long détour
Auteur : Arthur Bertram Chandler
Date de parution : 1976
Traduction : F. M. Watkins
Editeur : Albin Michel
Première page de Le long détour
« Trajectoire, commandant ? » demanda vivement Carnaby.
Le commodore Grimes considéra son navigateur avec fort peu d’enthousiasme. Le jeune homme maigre, la mine éveillée sous les cheveux blond presque blancs, ses longs doigts posés sur le clavier de l’ordinateur du poste de commande, avait son expression alerte et empressée qui irritait toujours l’officier. Grimes se détourna lentement et contempla par les viseurs la sphère opalescente qui était, qui ne pouvait être que la planète de Kinsolving et au-delà de ce monde le lointain ellipsoïde de luminosité pâle de la Lentille Galactique. Rien ne pressait, pensa-t-il, inutile de prendre une décision immédiate. Il avait de nouveau son vaisseau, ses propres hommes autour de lui et le reste n’avait guère d’importance.
« Nous devons aller quelque part, dit sèchement Sonya.
— Ou quelque quand », murmura Grimes, plus pour lui que pour elle bien qu’il la regardât en parlant. »
Extrait de : A. B. Chandler. « Le long détour. »
Le mort-vivant par Marc Donat

Fiche de Le mort-vivant
Titre : Le mort-vivant
Auteur : Marc Donat
Date de parution : 1910
Editeur : Albin Michel
Sommaire de Le mort-vivant
- Le mort-vivant
- Ses cheveux
- La femme au chien
Première page de Le mort vivant
« — Alors, mon cher maître ?… demanda anxieusement le docteur Doyn à l’illustre professeur Lancast.
— Alors, mon cher confrère, le cas de votre malheureux ami, Henderson Jeffrys, est extrêmement grave, je ne vous apprends rien en vous le disant.
— Désespéré ?
— Aucun organe essentiel n’est atteint, mais, dans ces atrophies musculaires progressives, quand la paralysie envahit les muscles du tronc jusqu’au diaphragme, le malade succombe asphyxié. Il se peut aussi que rien de tout cela ne se produise et que son état s’améliore. Enfin, je vous le répète, continuez de lui prodiguer vos bons soins et gardez de l’espoir.
— Le traitement ?
— Celui dont vous m’avez parlé : vésicatoires volants autour de l’épaule et du thorax, pointes de feu, cautérisation transcurrente, douches d’eau chaude… Ce M. Henderson Jeffrys est un savant, n’est-ce pas ? »
Extrait de : M. Donat. « Le mort vivant. »

