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Le rat de la Conciergerie par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Le rat de la Conciergerie

Titre : Le rat de la Conciergerie (Tome 2 sur 6 – Hyacinthe et Narcisse)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1998
Editeur : L’Atalante

Première page de Le rat de la Conciergerie

« Malgré le froid et la neige de cet hiver mémorable de 1830, le vieux Gaston Lamercie se fit transporter en fiacre jusqu’à la Salpêtrière où son vieil ami Horace Kellman se trouvait hospitalisé depuis l’automne pour une vilaine affaire de gangrène qui refusait de guérir. On lui avait coupé les orteils pour commencer, puis le pied gauche, et le mal gagnait toujours les parties hautes de son corps d’octogénaire.

L’ancien clerc d’avoué parcourut non sans frémir les immenses couloirs glacés et puants avant d’atteindre la salle où son vieil ami, désormais couché, partageait avec quarante autres malades les affres de la souffrance.

— Mon brave Gaston, murmura l’alité, te voilà avec ce froid, cette neige… Comment as-tu fait pour venir de Notre-Dame-de-Nazareth jusqu’ici ? Cela représente une belle trotte. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Le Rat de la Conciergerie – Hyacinthe et Narcisse. »

L’homme au fiacre par Georges-Jean Arnaud

Fiche de L’homme au fiacre

Titre : L’homme au fiacre (Tome 1 sur 6 – Hyacinthe et Narcisse)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1998
Editeur : L’Atalante

Première page de L’homme au fiacre

« En cette fin de l’année 1829, une pluie mêlée de neige tombait sur Paris. Marchant en direction des grilles de L’Observatoire, un homme, plié en deux sous le poids d’une grosse caisse attachée à ses épaules, frottait ses mains pincées par le froid tout en se réjouissant sans retenue de ce qui l’attendait un peu plus loin. Une vieille matelassière qui rentrait chez elle en poussant sa machine s’arrêta pour se signer à la vue de l’individu et grommela, à l’abri de son capuchon, quelque chose comme « pauvres
chérubins ».

L’homme à la caisse continua en direction de la porte de Fontainebleau, fit bientôt un détour dans un chemin boueux qui le conduisit à une masure en torchis, consolidée de planches goudronnées jusqu’à hauteur de l’étage. C’était l’estaminet de la mère Bachelin, où, le vendredi soir, on trouvait non seulement de la soupe au lard et du boudin grillé mais le punch offert par la veuve à ses habitués. Lui n’aimait que le vin. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « L’homme au fiacre – Hyacinthe et Narcisse. »

Grouillements par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Grouillements

Titre : Grouillements (Tome 2 sur 2 – Gore)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de Grouillements

« Elle qui avait failli refuser ce poste dans cette petite ville triste ne se reconnaissait plus. C’était avec allégresse qu’elle se levait, se préparait, filait au collège au volant de sa voiture, même les jours où elle n’avait pas cours avec la troisième B. De toute façon elle pouvait l’apercevoir dans la cour, les couloirs, et chaque fois c’était la même émotion qu’en d’autres temps elle aurait jugée stupide. Elle se surprenait à commettre des imprudences, elle, Lisa Monteil, professeur d’histoire et de géographie, vingt-cinq ans, risquant de se faire surprendre en train de fixer un peu trop avidement un bel adolescent de quinze ans, blond, bronzé, élégant dans ses gestes et sa façon nonchalante de regarder autour de lui d’un air blasé.

Tout cela parce que dix ans plus tôt, dans une classe de troisième également, mais à l’autre bout de la France, elle avait connu le sosie de ce garçon et ne l’avait jamais oublié. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Grouillements – Gore. »

Le festin séculaire par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Le festin séculaire

Titre : Le festin séculaire (Tome 1 sur 2 – Gore)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le festin séculaire

« Depuis la veille, des vapeurs blanches, épaisses, montaient du sol défoncé des ruelles, cernant le pâté d’immeubles et, à la nuit, c’était un brouillard opaque qui ensevelissait tout. On disait que les travaux importants de la traversée souterraine de la vieille ville avaient entraîné la rupture des canalisations du chauffage urbain, d’où cette abondance de fumées denses.
Anaïs Hiems contempla sa table de salle à manger avec satisfaction. Tout lui paraissait en harmonie, le linge de table d’un blanc immaculé, les cristaux et l’argenterie. La famille de son nouveau mari possédait de véritables trésors dans des écrins patinés par les siècles.
Elle s’approcha de la fenêtre de droite, mais ne put distinguer la maison d’en face, encore moins ce qui se passait dans la rue. La brume assourdissait la vie extérieure au point de se croire isolée dans une île. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Le festin séculaire – Gore. »

Le fric noir par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Le fric noir

Titre : Le fric noir (Tome 65 sur 76 – Espionnage / Le Commander)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1981
Editeur : French Pulp

Première page de Le fric noir

« Déjà à Foggia elle avait tourné en rond à la sortie de l’autoroute, se heurtant sans arrêt à des barrages de carabiniers ou de parachutistes qui battaient la semelle devant des chevaux de frise ou des herses mobiles. Ils allumaient de petits feux sur le bas-côté neigeux de la chaussée et pendant que deux ou trois parlementaient avec les automobilistes, d’autres, accroupis, se réchauffaient les mains ou faisaient même griller de la nourriture, quelque chose enfilé sur des brochettes improvisées.

La Mamma avait cru bien faire en prenant l’autoroute du soleil qui desservait Bari et Tarente, mais d’autres avaient eu la même idée qu’elle et elle avait aperçu des dizaines de caravanes en route vers les lieux du tremblement de terre, le triangle maudit, la zone détruite entre Naples, Benevento et Potenza. Il y avait aussi des camions, des fourgonnettes, de simples voitures remplies à craquer de couvertures surtout, de vêtements chauds, de nourriture et de médicaments. Des immatriculations de partout, même de Suède et de Pologne. Elle ne savait pas comment ils avaient fait ceux-là avec leur Polski. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Le Fric noir – Espionnage / Le Commander. »

Subversive club par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Subversive club

Titre : Subversive club (Tome 51 sur 76 – Espionnage / Le Commander)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir

Première page de Subversive club

« La Peugeot 604 s’engouffra dans la rampe du parking souterrain après que Maxime Carel eût provoqué l’ouverture de la porte basculante grâce à un appel de phares codé. Une fois dans son box, il prit sa serviette en cuir, sortit de la voiture, vérifia en hâte la fermeture des portières, marcha rapidement vers l’ascenseur. Il réfrénait une envie folle de courir pour se retrouver au plus vite dans son appartement.

À son étage, ne sachant ce qu’il avait fait de ses clés il sonna, récidiva en trouvant que Benedicta mettait une trop grande nonchalance ibérique à accourir.

— Madame est là ?

— Oui, Monsieur.

Leurs amis et relations n’en revenaient pas. Une bonne espagnole qui s’exprimait dans un français parfait. Ils ne savaient s’ils devaient les envier, question service, ou les plaindre question standing. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Subversive Club – Espionnage / Le Commander. »

Smog pour le Commander par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Smog pour le Commander

Titre : Smog pour le Commander (Tome 38 sur 76 – Espionnage / Le Commander)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir

Première page de Smog pour le Commander

« D’habitude, le smog commençait de tamiser la lumière du soleil au début de l’après-midi, lorsque les sept ou huit millions de voitures circulant dans Los Angeles avaient libéré leurs vingt mille tonnes de gaz carbonique. Mais ce jour-là, comme un fait exprès, le terrible brouillard commença très tôt, vers 11 heures, et, à 13 heures, lorsque la gynécologue noire Ella Ganaway fut appelée par sa sœur, le quartier de Watts se trouvait en pleine purée de pois.

— Que veux-tu ? fit-elle à l’appareil. Tu sais bien que je vais commencer mes consultations dans quelques instants.

— Écoute, Ella, il faut que tu viennes.

— De quoi s’agit-il ? Des ennuis de santé ?

Billie, depuis sa conversion au catholicisme, refusait de prendre la pilule anticonceptionnelle ou d’utiliser le moindre contraceptif. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Smog pour le Commander – Espionnage / Le Commander. »

Les fossoyeurs de liberté par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Les fossoyeurs de liberté

Titre : Les fossoyeurs de liberté (Tome 36 sur 76 – Espionnage / Le Commander)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les fossoyeurs de liberté

« L’heure du couvre-feu approchait, mais l’épicerie fine Lascos était encore ouverte, et plusieurs élégantes chiliennes se pressaient près du comptoir ancien en bois ciré. Lascos était un petit bonhomme rond et brun de peau, le crâne chauve, à l’exception d’un curieux toupet sur le haut de la nuque.

Cesca Pepini pénétra silencieusement dans le magasin, regarda autour d’elle avec intérêt. La boutique regorgeait de marchandises rares et chères. Il y avait du foie gras français, dont les boîtes s’amoncelaient presque jusqu’au plafond, des conserves fines, des bouteilles millésimées. Plus loin, les rayons croulaient sous les boîtes de confiserie de tous les pays du monde, depuis les calissons d’Aix, jusqu’aux loukoums turcs, en passant par les spécialités venues de Hong Kong.

Le petit épicier s’affairait pour servir ses dernières clientes, paraissait jouir aux froissements du papier de soie, au crissement des rubans de couleur portant sa raison sociale. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Les fossoyeurs de liberté – Espionnage / Le Commander. »

Le Commander et l’évadé par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Le Commander et l’évadé

Titre : Le Commander et l’évadé (Tome 17 sur 76 – Espionnage / Le Commander)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1969
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le Commander et l’évadé

« Martin Sartino n’attendait pas toujours au même endroit ses victimes. Tantôt il immobilisait son taxi dans les ruelles du centre de Buenos Aires, à proximité des banques, des riches études d’hommes de loi célèbres, ou bien face à quelque maison cossue dont la construction remontait au siècle dernier. En cas d’insuccès, il pouvait pousser quelques centaines de mètres plus loin en direction de la rue Florida. La circulation automobile y était interdite durant la journée et les passants flânaient le long des boutiques de luxe dont bon nombre de joailleries. Le Porteño avait le coup d’œil très sûr et ne se trompait jamais sur l’opulence d’un client ou d’une cliente. Il n’opérait que de façon certaine. Les risques étaient trop grands pour qu’il puisse se permettre de se tromper. Il préférait les femmes aux hommes, encore que ces derniers soient en général plus fournis en argent liquide que les premières. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Le Commander et l’évadé – Espionnage / Le Commander. »

Le Commander prend la piste par Georges-Jean Arnaud

Fiche de Le Commander prend la piste

Titre : Le Commander prend la piste (Tome 16 sur 76 – Espionnage / Le Commander)
Auteur : Georges-Jean Arnaud
Date de parution : 1969
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le Commander prend la piste

« Carl Harvard reposa son mégot gluant dans un cendrier déjà encombré de bouts de tabac immondes, prit une autre cigarette dans le paquet déposé devant lui et l’alluma distraitement. Si distraitement qu’elle s’éteignit bientôt sans qu’il s’en rendît compte. Il continua de mâcher son cylindre de tabac, au grand dégoût de son vis-à-vis. Ce rédacteur cligna de l’œil à l’intention d’une jeune fille assise à sa droite qui ne put retenir son rire. Elle se hâta de baisser la tête lorsque le regard myope de Carl Harvard se posa sur elle :
— Qu’y a-t-il, miss Jane ?
— Rien, monsieur Harvard, rien du tout.
A l’abri d’une carte photographique représentant une partie de la Turquie occidentale, elle tira la langue en direction de son chef de bureau Carl Harvard, que tout le monde appelait Campus par analogie avec le nom de la célèbre université. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Le Commander Prend La Piste – Espionnage / Le Commander. »