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Les neuf cercles du crime par Robert Bloch

Fiche de Les neuf cercles du crime

Titre : Les neuf cercles du crime
Auteur : Robert Bloch
Date de parution : 2000
Traduction : B. Martin, G. de Chergé, P. Alpérine, A. Rosenblum, N. et P. Darcis, L. Lemoine
Editeur : Manitoba

Sommaire de Les neuf cercles du crime

  • Un meurtre fort insolite
  • Enoch
  • Une maison accueillante
  • L’âge tendre
  • Le bracelet vivant
  • L’homme qui avait une manie
  • J’embrasse ton ombre
  • Regarde comme elles courent
  • L’homme aux doigts d’or

Première page d’Un meurtre fort insolite

« Seuls les morts connaissent Brooklyn.
C’est Thomas Wolfe qui a dit cela ; maintenant qu’il est mort, il doit savoir à quoi s’en tenir.
Londres, bien sûr, c’est une autre histoire.
Du moins, c’est ainsi qu’Hilary Kane considérait la capitale. Peut-être pas exactement comme une histoire ; plutôt comme un roman démodé, follement picaresque, dans lequel chaque rue représentait un chapitre gorgé de personnages et d’épisodes lui appartenant en propre. Chaque pâté de maisons représentait une page, chaque immeuble un paragraphe replié sur lui-même au sein de l’intrigue embrouillée : telle était l’idée qu’Hilary Kane se faisait de la ville, et il la connaissait bien.
Au fil des années, il l’avait parcourue en tous sens, lisant la ville phrase par phrase, jusqu’à ce que chaque ligne lui fût devenue familière ; il avait appris Londres par cœur. »

Extrait de : R. Bloch. « Les neuf cercles du crime. »

Les cadavres ne meurent jamais par Robert Bloch

Fiche de Les cadavres ne meurent jamais

Titre : Les cadavres ne meurent jamais
Auteur : Robert Bloch
Date de parution : 1986
Traduction : J.-P. Gratias, F. Truchaud
Editeur : Clancier-Guénaud

Sommaire de Les cadavres ne meurent jamais

  • Les cinq cartes de la mort
  • Une question d’identité
  • La mare sans fond
  • Le sceau du satyre
  • Les cadavres ne meurent jamais

Première page de Les cinq cartes de la mort

« La véritable horreur provenait du fait qu’Harry Clinton était un jeune étudiant tout à fait ordinaire. Il arborait une veste de daim minable, dont l’aisselle gauche était usée par le frottement des manuels qu’il portait sous son bras. Il avait l’habitude de siffloter les dernières chansons à la mode et possédait la plupart des derniers enregistrements phonographiques « swings ». Il conduisait une voiture quelconque, et était préoccupé par le prix de l’essence. Il faisait partie de la seconde équipe de basket-ball, il aimait mettre du ketchup sur ses hamburgers, il… oh, ma foi, c’était un étudiant ordinaire, ressemblant à des milliers d’autres. Et pourtant il connaissait la Peur grimaçante.
Harry Clinton suivait les cours de Western Tech depuis deux ans, lorsque le professeur Baim commença ses expériences. Comme les autres étudiants  »

Extrait de : R. Bloch. « Les cadavres ne meurent jamais. »

Le temps mort par Robert Bloch

Fiche de Le temps mort

Titre : Le temps mort
Auteur : Robert Bloch
Date de parution : 1961
Traduction : C. Meaux
Editeur : NEO

Première page de Le temps mort

« Larry attendait la mesure d’entrée du piano.
Son smoking de location commençait à se mouiller légèrement aux aisselles. Tandis qu’il fixait la piste de danse, ses mains quittèrent le clavier maculé du vieux piano buffet et lissèrent d’un geste nerveux les boucles noires de ses cheveux. Il réalisa soudain qu’il devait avoir l’air sinistre et se força à sourire.
Au fait, pourquoi s’inquiéter ? La piste de danse était à dix pas au moins, plongée dans la pénombre ; et personne ne pouvait distinguer ses traits. Personne ne pouvait s’apercevoir du malaise qu’il éprouvait en se demandant si ses poignets engourdis tiendraient le coup la soirée entière. Grâce à quelques vieux trucs, il espérait parvenir à dissimuler le fait qu’il n’avait plus touché un clavier depuis un bon bout de temps.
Larry s’arrêta à cette pensée. Au fond, personne ne s’en apercevrait parce que tous s’en foutaient  »

Extrait de : R. Bloch. « Le temps mort. »

Le démon noir par Robert Bloch

Fiche de Le démon noir

Titre : Le démon noir
Auteur : Robert Bloch
Date de parution : 1983
Traduction : F. Truchaud, G. de Chergé, J.-P. Gratias, H. Fagne
Editeur : Clancier-Guénaud

Sommaire de Le démon noir

  • Le secret de la tombe
  • L’expérience de James Allington
  • Le dieu sans visage
  • Le démon noir
  • La créature de l’horreur
  • Le secret de Sebek
  • Le sanctuaire du pharaon noir
  • Les serviteurs de Satan
  • Le dieu des abysses

Première page de Le secret de la tombe

« Le vent mugissait étrangement au-dessus d’une tombe, au cœur de la nuit. La lune, telle une chauve-souris d’or, luisait sur les sépultures anciennes et son œil funeste de nyctalope lorgnait à travers le brouillard blafard. Des terreurs désincarnées étaient peut-être tapies parmi les sépulcres voilés par les cèdres ou se glissaient, invisibles, parmi les cénotaphes recouverts par les ombres. Car cette terre n’était pas consacrée. Mais les tombes abritent souvent d’étranges secrets et il y a des mystères plus noirs que la nuit et plus lépreux que la lune.
J’étais venu à la recherche d’un tel secret, seul et à l’insu de tous, avançant dans la nuit vers le caveau de mes ancêtres. Sorciers et magiciens dans les temps anciens, ils avaient été enterrés en conséquence, à l’écart du lieu de repos des autres hommes, ici dans ce mausolée tombant en ruines, en un lieu oublié, seulement entouré par les tombes de ceux qui avaient été leurs serviteurs. Mais tous ne gisaient sans doute pas là, car il y a ceux qui ne meurent pas. »

Extrait de : R. Bloch. « Le démon noir. »

Le crépuscule des stars par Robert Bloch

Fiche de Le crépuscule des stars

Titre : Le crépuscule des stars
Auteur : Robert Bloch
Date de parution : 1968
Traduction : J.-P. Gratias
Editeur : Payot et Rivages

Première page de Le crépuscule des stars

« Peu avant neuf heures, le matin du 1er décembre 1922, je descendis du tramway et pénétrai dans l’ombre parfumée des poivriers qui bordent Hollywood Boulevard.

Le premier car de touristes de la journée débouchait du carrefour de Sunset et j’entendis la voix du guide, amplifiée par le mégaphone.

« Et maintenant, messieurs dames, ici à votre gauche, nous passons devant l’entrée des Studios Coronet qui ont rendu célèbres des vedettes telles que Maybelle Manners, Emerson Craig, Dude Williams, Karl Druse… »

Et Tommy Post.

Il ne prit pas la peine d’ajouter mon nom, mais j’étais là, adressant un large sourire aux occupants de l’autocar qui me regardaient sans me voir, les yeux braqués sur l’entrée des studios. »

Extrait de : R. Bloch. « Le crépuscule des stars. »

Le boucher de Chicago par Robert Bloch

Fiche de Le boucher de Chicago

Titre : Le boucher de Chicago
Auteur : Robert Bloch
Date de parution : 1974
Traduction : J. Fillion
Editeur : 10/18

Première page de Le boucher de Chicago

« Le château se dressait dans l’ombre.
Tandis que le fiacre s’éloignait en cahotant sur les pavés, Millie leva les yeux vers les hautes tours. Le château lui rendit son regard. De la tour la plus élevée, deux yeux la fixèrent avec mépris.
— Bah, dit Millie dans un murmure, après tout, ce ne sont jamais que des lumières !
C’était parfaitement exact – le premier imbécile venu s’en serait rendu compte – et cela ne méritait pas de faire tout haut cette constatation. Cependant, comme le claquement des sabots des chevaux s’évanouissait dans la nuit, Millie trouva rassurant le son de sa propre voix.
Elle ne s’était pas attendue à ce que la rue fût si obscure et déserte, et n’avait pas un instant ima- »

Extrait de : R. Bloch. « Le boucher de Chicago. »

La proie de l’araignée par Robert Bloch

Fiche de La proie de l’araignée

Titre : La proie de l’araignée
Auteur : Robert Bloch
Date de parution : 1954
Traduction : S. Gleize
Editeur : Gallimard

Première page de La proie de l’araignée

« La porte était de bois blond, parfaitement encaustiquée. S’y inscrivait en lettres anguleuses :

LARRY RICKERT
ET
ASSOCIÉS

D’un coup sec, je redressai le bord de mon chapeau, tournai la poignée, et pénétrai dans le bureau. Un carillon tinta en fond musical.
Les murs de la petite entrée étaient des cubes de verre. Des lampadaires diffusaient une lumière douce, discrète. Sur une table basse, les revues habituelles, Variety, Billboard. Deux fauteuils et un sofa, dont les coussins avaient été rembourrés de manière si efficace qu’on n’osait plus s’y asseoir, complétaient l’ensemble. À donner la nausée. J’avançai jusqu’au guichet fiché dans la cloison face à moi ; la queue de cheval d’une réceptionniste dansait derrière la vitre. »

Extrait de : R. Bloch. « La proie de l’araignée. »

La nuit de l’éventreur par Robert Bloch

Fiche de La nuit de l’éventreur

Titre : La nuit de l’éventreur
Auteur : Robert Bloch
Date de parution : 1988
Traduction : F. Truchaud
Editeur : Clancier-Guénaud

Première page de La nuit de l’éventreur

« La nuit du 5 août 1888, Eva Sloane sortit du music-hall Paragon et se retrouva en Enfer.
L’Enfer est fuligineux.
C’est ce que Shakespeare avait écrit, voici bien longtemps, mais il aurait pu utiliser les mêmes mots pour décrire Londres.
Sous le voile de fumée noir recouvrant la ville, la lueur des becs de gaz vacillait et flamboyait, tandis que les âmes perdues s’éloignaient lentement dans les rues ténébreuses de l’Inferno.
Des démons demeuraient ici… des terrassiers ivres entrant en titubant dans des assommoirs, des déchards tapis devant des taules sordides, des rupins nippés façon bourgeois rôdant dans les ruelles, à la recherche d’accrocheuses.
Eva se demanda ce que Papa dirait si elle lui racontait tout cela. Un respectable pasteur de campagne ne savait certainement pas qu’un « assommoir » était une brasserie, que des « déchards » étaient des hommes sans travail et sans argent, que  »

Extrait de : R. Bloch. « La Nuit de l’Éventreur. »

La crypte de l’horreur par Robert Bloch

Fiche de La crypte de l’horreur

Titre : La crypte de l’horreur
Auteur : Robert Bloch
Date de parution : 1987
Traduction : S. Bourgoin
Editeur : Clancier-Guénaud

Sommaire de La crypte de l’horreur

  • Le totem maudit
  • La crypte de l’horreur
  • Le squelette vivant
  • La malédiction de la maison
  • Le corps et l’esprit
  • Le diable et ses pompes
  • Tête à tête
  • A dire vrai …
  • Le savant fou
  • La réception

Première page de Le totem maudit

« Arthur Shurm appartenait à cette vaste congrégation des insignifiants qui comprend les conducteurs d’autobus, les serveurs de restaurants, les liftiers, les ouvreurs de cinéma, les portiers d’hôtel et autres serviteurs qui portent l’uniforme de leur profession. Personne ne semble jamais remarquer leur visage ; leur costume témoigne de leur capacité officielle, et le corps qui se trouve à l’intérieur ne laisse jamais la moindre trace dans nos mémoires.
Arthur Shurm était l’un d’eux. Pour être exact, il était gardien de musée. Il n’y a guère de métier aussi peu susceptible de mettre quelqu’un en valeur que celui-ci. Parfois, on peut remarquer un serveur quand il crie sa commande : « Deux œufs sur le plat et un café. » Il est possible de noter le manège d’un portier à la recherche d’un pourboire, ou la servitude pleine de noblesse d’un ouvreur quand il tra- »

Extrait de : R. Bloch. « La crypte de l’horreur. »

La boîte à maléfices par Robert Bloch

Fiche de La boîte à maléfices

Titre : La boîte à maléfices
Auteur : Robert Bloch
Date de parution : 1981
Traduction : M. Cazenave, J.-M. Dessaux, B. Martin, J. et M. Perrin, A. Rosenblum, J. Chambon
Editeur : Casterman

Sommaire de La boîte à maléfices

  • Monsieur Steinway
  • Console-moi, mon robot
  • Maudit sois-tu, docteur Fell
  • On se trompe peut-être
  • J’embrasse ton ombre …
  • Eve au pays des merveilles
  • La belle endormie
  • Le coin des gorges chaudes
  • Le monde de l’écran
  • Chez le dingue
  • Dans les siècles des siècles, ainsi soit-il
  • La maladie des entêtés

Première page de Monsieur Steinway

« La première fois où j’ai vu Léo, j’ai cru qu’il était mort.
Ses cheveux étaient si noirs et sa peau si blanche – je n’avais jamais vu des mains aussi pâles, aussi fines ; elles reposaient, croisées sur sa poitrine, dissimulant le rythme de sa respiration. Il émanait de lui quelque chose de presque repoussant ; il était mince, immobile, et son visage reflétait un tel néant ! On aurait dit un masque mortuaire réalisé un peu trop tard, après que le dernier signe de la personnalité vivante se soit à jamais enfui. J’ai regardé Léo, j’ai frissonné un peu, et j’ai commencé à m’éloigner.
Alors il a ouvert les yeux, et je suis tombée amoureuse.
Il s’est assis, a fait basculer ses jambes par-dessus l’énorme divan, m’a souri et s’est levé. J’imagine du moins qu’il a fait tout ça. Tout ce que j’ai vraiment remarqué, c’est le brun foncé de ses pupilles, et le désir ardent, riche, qu’elles déversaient en moi, le désir qui se déversait dans mon cœur et y trouvait un point d’ancrage. »

Extrait de : R. Bloch. « La Boite à maléfices. »