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Le voleur des steppes par Joël Champetier

Fiche de Le voleur des steppes

Titre : Le voleur des steppes (Tome 2 sur 3 – L’univers de Contremont)
Auteur : Joël Champetier
Date de parution : 2007
Editeur : Editions A Lire

Première page de Le voleur des steppes

« Personne n’aurait su dire depuis combien de temps l’homme dans la cage avait ouvert les yeux. Allongé sur le flanc, immobile, les jambes repliées, il contemplait une plaine sauvage, étendue jusqu’à l’infini. Un désert de rocaille piqueté de rares buissons.

La nuit tombait.

Le ciel violet devint noir, sauf à l’horizon où une lueur inconstante traçait le contour de nuages.

Un orage approchait.

Des éclairs s’abattirent bientôt sur la terre de roche, le craquement de chaque décharge un peu plus assourdissant que le précédent.

L’homme, qui avait des yeux pour voir, et des oreilles pour entendre, et une poitrine pour sentir la main du tonnerre s’y appuyer à chaque coup, ne s’éveilla pleinement à la conscience que lorsque les premières gouttes de pluie lui éclatèrent au visage. »

Extrait de : J. Champetier. « Le voleur des steppes – L’univers de Contremont. »

Les sources de la magie par Joël Champetier

Fiche de Les sources de la magie

Titre : Les sources de la magie (Tome 1 sur 3 – L’univers de Contremont)
Auteur : Joël Champetier
Date de parution : 2002
Editeur : Editions A Lire

Première page de Les sources de la magie

« Maître Ian Corybantier se réveilla aux premières lueurs de l’aube, ce qui était presque un exploit en cette matinée du solstice d’été. Il s’extirpa du fauteuil dans lequel le sommeil l’avait surpris pendant qu’il lisait. Une mauvaise habitude, comme en témoignait la douleur à ses hanches et à son dos. Il avait beau refuser d’admettre qu’il n’était plus un jouvenceau, son corps se chargeait de lui rappeler cette vérité incontournable.
En boitant un peu, maître Corybantier s’approcha de l’une des étroites fenêtres de la bibliothèque. La nuit la plus courte de l’année n’avait fait que passer. Comme prévu, le ciel était clair et dégagé. Ian n’était pas le plus grand connaisseur du firmament et des météores, mais prédire le temps du lendemain en observant les formations nuageuses du soir n’exigeait qu’un minimum de sens de l’observation et de mémoire. Rien à voir avec la maîtrise des forces surnaturelles. »

Extrait de : J. Champetier. « Les Sources de la magie – L’univers de Contremont. »

Le secret des Sylvaneaux par Joël Champetier

Fiche de Le secret des Sylvaneaux

Titre : Le secret des Sylvaneaux (Tome 4 sur 4 – Contremont)
Auteur : Joël Champetier
Date de parution : 1994
Editeur : Editions Paulines

Première page de Le secret des Sylvaneaux

« Prise dans les filets d’un cauchemar, Fafaro revivait le naufrage de la Brigaille. La cabine tournait et tanguait, l’eau qui jaillissait des hublots la frappait au visage. La jeune femme essayait de nager, mais la substance du rêve engourdissait tous ses membres. Étourdie, elle ne savait plus distinguer le haut du bas. Sa robe s’était entortillée autour de sa tête. Elle sombrait, incapable de respirer…
Fafaro se réveilla en sursaut, repoussant la masse chaude et poilue qui lui collait au visage. Contre le ciel blafard de l’aurore, une silhouette à quatre pattes s’éloigna à contrecœur. Fafaro murmura quelques jurons bien sentis : cet idiot de kchün cherchait-il donc à l’étouffer ? Elle cessa de maugréer puis releva sa couverture sous son menton et essaya de se rendormir. Peine perdue : non seulement la lumière de l’aube envahissait-elle maintenant le ciel, mais surtout, la fraîcheur du matin avait glissé son doigt insidieux sous la couverture. »

Extrait de : J. Champetier. « Le Secret des Sylvaneaux – Contremont. »

Le voyage de la sylvanelle par Joël Champetier

Fiche de Le voyage de la sylvanelle

Titre : Le voyage de la sylvanelle (Tome 3 sur 4 – Contremont)
Auteur : Joël Champetier
Date de parution : 1993
Editeur : Editions Paulines

Première page de Le voyage de la sylvanelle

« Ce matin-là, les couloirs du château de Contremont résonnaient d’appels impatients.
— Votre Altesse ? Êtes-vous ici ? Répondez-moi, je vous prie ! Y a-t-il quelqu’un qui a vu la princesse Melsi ?
Ces appels provenaient de dame Zirnon, la préceptrice de Melsi, qui traversait en coup de vent les nouveaux couloirs de la tour royale. Par réflexe, la préceptrice avait dirigé ses pas en direction de l’escalier des serviteurs, puis elle se rappela que cet escalier avait été démoli pour faire place à une cuisine. Elle rebroussa chemin, poussant un soupir d’exaspération. Deux ans plus tôt, le siège contre le géant Barrad et la bataille qui s’était ensuivie avaient causé tant de dégâts que les architectes du royaume en avaient profité pour refaire l’aménagement intérieur de la tour royale. La princesse Melsi, par exemple, possédait maintenant ses propres appartements avec vue sur le fleuve Pibole – et c’est là que dame Zirnon se dirigeait. Elle pénétra sans même frapper dans une petite antichambre tapissée de tissu bleu. »

Extrait de : J. Champetier. « Le voyage de la sylvanelle – Contremont. »

La prisonnière de Barrad par Joël Champetier

Fiche de La prisonnière de Barrad

Titre : La prisonnière de Barrad (Tome 2 sur 4 – Contremont)
Auteur : Joël Champetier
Date de parution : 1991
Editeur : Editions Paulines

Première page de La prisonnière de Barrad

« Dans une sombre pièce des fondations du château de Contremont, le roi Japier reprit conscience. À son chevet veillaient Ferodelis, le lieutenant Carazo, ainsi que trois médecins. Tous regardaient leur roi, leur visage grave modelé par la lueur des lampes à huile.
Japier voulut demander « Que s’est-il passé ? » mais déjà les souvenirs affluaient à son esprit. Ferodelis, le chef des armées de Contremont, avait voulu débarrasser le royaume du géant Barrad, un des derniers représentants de l’antique race des aggs. Or la campagne militaire avait été un échec. Ferodelis et ses soldats n’avaient réussi qu’à blesser Barrad et à le rendre furieux. Pour se venger, Barrad avait pris d’assaut Contremont et avait séquestré Japier dans une tour de son propre château. Les exigences de Barrad pour le libérer étaient inouïes : il voulait dévorer un sylvaneau, membre d’une race ancienne que l’on croyait disparue. En échange, il aurait libéré le roi et aurait disparu à jamais de Contremont.
— Toujours pas de nouvelles de Sirokin ? demanda Japier d’une voix faible. »

Extrait de : J. Champetier. « La prisonnière de Barrad – Contremont. »

La requête de Barrad par Joël Champetier

Fiche de La requête de Barrad

Titre : La requête de Barrad (Tome 1 sur 4 – Contremont)
Auteur : Joël Champetier
Date de parution : 1991
Editeur : Editions Paulines

Première page de La requête de Barrad

« Sur un promontoire surplombant les eaux vertes du lac Emblic, sur la rive est du fleuve Pibole, se dressait l’antique ville de Contremont. La ville s’était formée autour du château de Contremont, encore plus ancien. Ce château était habité par un roi, nommé Japier, que les habitants de Contremont appelaient « le bon roi triste ». Bon, car le roi Japier était sage et comprenait le cœur des hommes. Triste, car la reine Anne, tant aimée du roi et du peuple, avait perdu la vie en tombant de cheval, quatre ans plus tôt.
Jusqu’à ce jour funeste, Japier avait été un roi avenant, prompt au rire et lent à la colère. Noble et digne, il ne méprisait pourtant pas ses sujets : Japier aimait se joindre à la population à l’occasion des banquets, des fêtes de moisson et des nombreuses chasses royales qui s’échelonnaient tout au long de l’année. Mais à la mort de sa reine, quelque chose se brisa en Japier. Il se désintéressa de son royaume et se retira de toute vie publique. Il s’enferma dans son château, avec pour seule compagnie ses proches serviteurs et l’unique enfant que la reine lui ait donné, la princesse Melsi. »

Extrait de : J. Champetier. « La Requête de Barrad – Contremont. »

Joël Champetier

Présentation de Joël Champetier :

Né le 30 novembre 1957 dans les rudes et majestueuses contrées de l’Abitibi, au sein de la pittoresque bourgade de La Corne, Joël Champetier demeure l’une des figures tutélaires de la littérature d’évasion au sein de la Belle Province. Ayant tragiquement quitté ce monde le 30 mai 2015, cet homme de lettres québécois s’est imposé comme un véritable orfèvre du fantastique, de l’anticipation et du merveilleux, insufflant aux lettres nord-américaines de langue française une vitalité et une ambition formidables.

De l’alambic à la plume

Avant de se consacrer tout entier aux vertiges de la création littéraire, le jeune Joël Champetier emprunte d’abord les chemins austères des sciences, exerçant la profession de chimiste et se spécialisant dans les domaines de l’électrochimie. Mais l’esprit de ce rêveur mélancolique, hanté par les vastes étendues boréales de son enfance et nourri d’intenses lectures solitaires, aspire à d’autres horizons. C’est ainsi qu’à l’aube de notre présente décennie, il délaisse les cornues pour embrasser la vocation d’écrivain. En 1981, il confie sa toute première nouvelle, sobrement intitulée « Le Chemin des fleurs », aux bonnes grâces de la revue Solaris, marquant ainsi son entrée triomphale en littérature.

Une fresque ténébreuse et poétique

L’œuvre romanesque de Joël Champetier se distingue par une étonnante polyphonie, l’auteur naviguant avec une aisance tout à fait remarquable entre le conte d’apprentissage pour la jeunesse et les récits d’épouvante ou de pure science-fiction destinés aux adultes. En 1991, il livre au public La Taupe et le Dragon, un roman d’anticipation d’une grande rigueur intellectuelle qui connaîtra d’ailleurs l’honneur d’une traduction outre-frontière, sous les presses américaines, prouvant au monde anglo-saxon la redoutable valeur de l’imaginaire francophone.

Toutefois, c’est assurément dans le registre du fantastique que sa prose ensorcelante atteint ses plus hauts sommets. Par la publication de La Mémoire du lac (qui lui vaut le prestigieux Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois) puis du troublant La Peau blanche — dont la noirceur fascinera le public jusqu’à connaître les honneurs du cinématographe —, l’écrivain tisse des toiles narratives redoutables, mâtinées d’une angoisse sourde et d’une psychologie d’une indéniable finesse.

Le paladin des lettres de l’imaginaire

L’on ne saurait décemment évoquer l’apport de Joël Champetier sans souligner son indéfectible dévouement à la communauté des auteurs de son pays. Conscient des affres du métier et soucieux de fédérer les talents de demain, il s’engage ardemment dans l’organisation du congrès Boréal, grand messe annuelle de la création chimérique au Québec. Mais c’est avant tout son labeur harassant au sein de la célèbre revue Solaris qui force l’admiration des esthètes. D’abord simple membre du comité de rédaction, il en devient bien vite le directeur littéraire puis le grand timonier, charge qu’il honorera jusqu’à son dernier souffle.

Tel un veilleur dans la nuit de l’édition, il a ainsi couvé des générations entières de jeunes nouvellistes, aiguisant leurs plumes et défendant, avec une ferveur inébranlable, la noblesse des littératures de l’étrange. Par la justesse de son verbe, l’acuité de ses visions et sa profonde humilité, Joël Champetier s’est érigé en maître incontesté du frisson, prouvant avec éclat que le Québec recelait, sous ses froids frimas, des conteurs d’une envergure véritablement universelle.

Livres de Joël Champetier :

Contremont :

L’univers de Contremont :

L’aile du papillon (1999)
La mémoire du lac (2001)
La mer au fond du monde (1990)
La peau blanche (2004)
La taupe et le dragon (1999)
Le jour-de-trop (1993)
Le prince Japier (1995)
Le voile de lumière (2011)
Tous mes univers (2020)

Pour en savoir plus sur Joël Champetier :

La page Wikipédia sur J. Champetier
La page Noosfere sur J. Champetier
La page isfdb de J. Champetier