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Jean-Michel Dagory

Présentation de Jean-Michel Dagory :
Né au sortir du dernier grand conflit mondial, le 24 avril 1946, Jean-Michel Dagory présenta d’abord toutes les dispositions pour embrasser une carrière des plus classiques. Passé par les bancs prestigieux de l’École des Hautes Études Commerciales (HEC), il fit ses premières armes dans le lancement de produits, un univers fort éloigné des muses. Fort heureusement pour notre édification, l’homme ne tarda point à rompre les amarres avec ce milieu prosaïque pour s’abandonner au théâtre de rue, au mime et à l’animation, fondant notamment le Théâtre du Bilboquet.
Mais c’est assurément dans l’exercice exigeant de la littérature que ce tempérament bouillonnant trouve sa plus belle expression. Si Jean-Michel Dagory s’est illustré dans le roman noir, inaugurant sa carrière de romancier en 1982 par le biais de son ouvrage « À la recherche du sang perdu », il a su s’élever avec une remarquable acuité vers les sphères vertigineuses de la littérature d’imagination. Les amateurs d’anticipation – et je sais que vous en êtes ! – conservent un souvenir ému de son incursion majeure dans le domaine de la science-fiction avec « Quand souvenirs revenir, nous souffrir et mourir », paru en 1986. Dans cet ouvrage, dont le titre seul résonne comme une funeste complainte, l’écrivain déploie une vision du futur pleine d’aspérités et de mélancolie, prouvant qu’il possède ce « fameux » sens de l’émerveillement et de la prospective propre aux grands faiseurs de mythes modernes.
Cet artisan des mots ne se contente d’ailleurs pas du confort ouaté de son cabinet de travail. Son approche de l’écriture s’apparente parfois à l’authentique performance. L’on se souviendra avec un amusement teinté de respect de cette étonnante gageure, tenue en 1997 : s’enfermer à la vue de tous, durant vingt-quatre heures d’horloge, à l’intérieur d’une bulle de plastique au beau milieu d’une station du métropolitain parisien, avec pour seul dessein d’y accoucher d’un roman, qui prit finalement le titre fort à propos de « Polar sous la ville ».
Notons enfin que l’homme, poussé par son amour de la scène, a souvent prêté ses traits au cinématographe, accomplissant un honnête travail de comédien dans de nombreuses œuvres de notre temps (Le Péril jeune, La Belle Verte…). Néanmoins, c’est bien son encre, et particulièrement celle qui dessine les contours d’avenirs incertains, qui marque le plus durablement les esprits.
Livres de Jean-Michel Dagory :
Quand souvenirs revenir, nous souffrir et mourir
Pour en savoir plus sur Jean-Michel Dagory :
La page Wikipédia sur J.-M. Dagory
La page Noosfere sur J.-M. Dagory
La page isfdb de J.-M. Dagory