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Le prisme du néant par P. K. Dick
Fiche de Le prisme du néant
Titre : Le prisme du néant
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1974
Traduction : M. Deutsch, I. Delord
Edition : Le Masque
Première page de Le prisme du néant
« Le mardi 11 octobre 1988, le show Jason Taverner fut trop court de trente secondes. Le technicien posté derrière la vitre de plastique de la régie stoppa le générique de fin sur l’écran vidéo, puis fit signe à Jason Taverner qui, déjà, se préparait à quitter le plateau. Il tapota son poignet et montra sa bouche.
— Continuez à nous envoyer vos cartes et vos lettres d’encouragement, les amis, dit mielleusement Jason dans le micro. Et maintenant restez à l’antenne pour Les aventures de Scotty, le chien extraordinaire.
Le technicien sourit, Jason lui rendit son sourire. Après un déclic, l’image et le son furent coupés. Leur programme d’une heure de variétés, qui arrivait en deuxième position à l’indice d’écoute des meilleures émissions télévisées de l’année, était achevé. Tout s’était bien passé.
— Où avons-nous perdu une demi-minute ? demanda Jason à son invitée spéciale de la soirée, Heather Hart.
Cela l’intriguait. Il aimait chronométrer lui-même ses shows.
— Minou, ce n’est pas grave. »
Extrait de : P. K Dick. « Le prisme du néant. »
Le maître du haut château par P. K. Dick
Fiche de Le maître du haut château
Titre : Le maître du haut château
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1962
Traduction : M. Charrier
Edition : J’ai lu
Première page de Le maître du haut château
« M. Childan avait beau scruter son courrier avec anxiété depuis une semaine, le précieux colis en provenance des Rocheuses n’arrivait pas. Lorsqu’il ouvrit son magasin, le vendredi matin, seules quelques lettres l’attendaient à l’intérieur, devant la porte. Je connais un client qui ne va pas être content, se dit-il.
Il prit une tasse de thé instantané au distributeur mural à cinq cents, s’empara du balai et se mit au travail. Quelques minutes plus tard, la devanture d’American Artistic Handcrafts Inc. était prête : propre comme un sou neuf, la caisse enregistreuse pleine de monnaie, un vase de soucis frais sur le comptoir, une discrète musique de fond, diffusée par la radio. Sur le trottoir, des hommes d’affaires se hâtaient vers leurs bureaux de Montgomery Street. »
Extrait de : P. K. Dick. « Le Maître du Haut Château. »
Le maître du haut château par P. K. Dick
Fiche de Le maître du haut château
Titre : Le maître du haut château
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1962
Traduction : J. Parsons
Edition : J’ai lu
Première page de Le maître du haut château
« Depuis une semaine, Mr R. Childan guettait avec anxiété l’arrivée du courrier. Mais la précieuse expédition en provenance des États des Montagnes Rocheuses n’était toujours pas là. En ouvrant son magasin, ce vendredi matin, il ne vit sur le sol que quelques lettres tombées par la fente et il pensa : « Il y a un client qui ne va pas être content ! » Au distributeur mural à cinq cents, il se versa une tasse de thé instantané, prit un balai et se mit à faire le ménage. La devanture de l’American Artistic Handcrafts Inc. fut bientôt prête à recevoir les clients ; tout était reluisant de propreté, la caisse enregistreuse avait son tiroir plein de monnaie, il y avait dans un vase un bouquet de soucis fraîchement cueillis, la radio diffusait une musique de fond. Dehors, sur le trottoir, des hommes d’affaires se hâtaient vers leurs bureaux de Montgomery Street. Au loin, un tramway passait ; Childan s’interrompit un instant dans son travail pour le regarder avec satisfaction. Des femmes, dans leurs longues robes de soie aux couleurs vives… Il y eut une sonnerie de téléphone. Il se retourna pour aller répondre. »
Extrait de : P. K. Dick. « Le Maître du Haut Château. »
Le livre d’or par P. K. Dick
Fiche de Le livre d’or
Titre : Le livre d’or de la science fiction
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1979
Traduction : M. Thaon
Edition : Pocket
Sommaire de Le livre d’or
- Payez l’imprimeur
- La planète impossible
- Définir l’humain
- La petite ville
- Le banlieusard
- Jeu de malchance
- Dans la coque
- Souvenir-écran
- Méfiez-vous les uns des autres
- Rendez-vous hier matin
- Une sinécure
- Au temps de poupée pat
Première page de Payez l’imprimeur
« Cendre, noire et désolée, recouvrant les deux côtés de la route. Monticules inégaux à perte de vue – vagues ruines d’immeubles, de villes, d’une civilisation tout entière. Débris à l’abandon d’une planète corrodée. Particules d’ossements et d’acier transportées par le vent et intimement mélangées au ciment pour former des océans de mortier.
Allen Fergesson bâilla, alluma une Lucky Strike, et se rencoigna, à moitié endormi, dans le siège au cuir brillant de sa Buick ’57.
— Sale vision dépressive, commenta-t-il. Un enfer de monotonie – rien que des détritus mutilés. Ça vous en fout un coup.
— Ne regarde pas, fit d’une voix indifférente la fille assise à côté de lui. »
Extrait de : P. K. Dick. « Le livre d’or de la science fiction. »
Le guérisseur de cathédrales par P. K. Dick
Fiche de Le guérisseur de cathédrales
Titre : Le guérisseur de cathédrales
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1969
Traduction : M. Thaon
Edition : Pocket
Première page de Le guérisseur de cathédrales
« SON père avait soigné les poteries avant lui. Aussi, guérissait-il les céramiques, n’importe quelle céramique réchappée du passé, le temps d’avant la guerre où les objets n’étaient pas encore tous faits de plastique. Une porcelaine était une chose merveilleuse, et chacune devenait un objet d’amour, un souvenir inoubliable, après qu’elle était repartie de chez lui, guérie. Sa forme, sa texture, son éclat restaient en lui à jamais.
Malheureusement, plus personne n’avait besoin de ses services. Il ne restait que trop peu de pièces en céramique et ceux qui les possédaient prenaient grand soin de ne pas les briser.
Je m’appelle Joe Fernwright, commença-t-il à soliloquer. Je suis le meilleur guérisseur de poteries de la Terre. Moi, Joe Fernwright, je ne suis pas comme les autres hommes.
Dans son atelier, des tas de caisses vides s’empilaient. Des récipients d’acier dans lesquels il retournait les poteries guéries. Mais à l’endroit où arrivaient les colis, il n’y avait pratiquement rien. Son établi était vide depuis sept mois. »
Extrait de : P. K. Dick. « Le guérisseur de cathédrales. »
Le dieu venu du Centaure par P. K. Dick
Fiche de Le dieu venu du Centaure
Titre : Le dieu venu du Centaure
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1964
Traduction : G. Abadia
Edition : J’ai lu
Première page de Le dieu venu du Centaure
« Barney Mayerson s’éveilla avec un exceptionnel mal de tête dans une chambre inconnue d’un immeuble résidentiel inconnu. À côté de lui, les couvertures remontées jusqu’à ses épaules lisses et nues, la bouche délicatement entrouverte pour respirer et la tête auréolée d’une cascade de cheveux d’un blanc cotonneux, dormait une fille qu’il ne connaissait pas.
Je vais être en retard, se dit-il en se laissant glisser du lit, luttant pour se maintenir debout, les yeux fermés pour refouler sa nausée. Si cela se trouvait, il était à plusieurs heures de son lieu de travail. Qui sait même s’il n’avait pas quitté les États-Unis ? Cependant, il était toujours sur la Terre ; la pesanteur qui le faisait tituber était normale et familière.
Et dans la pièce à côté, posée au pied du sofa, se trouvait la valise également familière, celle de son psychiatre le Dr Sourire. »
Extrait de : P. K. Dick. « Le dieu venu du Centaure. »
Le bal des schizos par P. K. Dick
Fiche de Le bal des schizos
Titre : Le bal des schizos
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1969
Traduction : A. Mousnier-Lompré
Edition : Presses Pocket
Première page de Le bal des schizos
« Nous avions amélioré nos techniques de vente au début des années soixante-dix. Le principe était de passer une annonce dans un journal local.
Piano droit, plus orgue électronique, reprise en parfait état, SACRIFIÉS. Paiement au comptant ou bon crédit acceptés dans la région, pour éviter retour matériel en Oregon. Contacter Compagnie des pianos Frauenzimmer, M. Rock, Directeur Commercial, Ontario, Oregon.
Nous passions cette annonce depuis des années dans les journaux locaux de toutes les villes, sans exception, de la côte Ouest et même dans le Colorado. Toute l’idée reposait sur une base scientifique et systématique : nous partions des cartes et nous ratissions le territoire de façon qu’aucune agglomération ne nous échappe. Nous avions quatre camions à turbines, un homme par camion, et ils étaient toujours sur la route.
Bref, nous passions l’annonce, disons dans le Journal indépendant de San Rafaël, et très vite les lettres affluaient à notre bureau d’Ontario, en Ore- »
Extrait de : P. K. Dick. « Le bal des schizos. »
La vérité avant-dernière par P. K. Dick
Fiche de La vérité avant-dernière
Titre : La vérité avant-dernière
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1964
Traduction : A. Dorémieux
Editeur : Le livre de poche
Première page de La vérité avant-dernière
« LE brouillard peut aussi venir de l’extérieur ; il peut vous envahir. À la grande fenêtre de sa bibliothèque – assemblage géant de débris de béton qui, jadis, avaient constitué une bretelle d’entrée de l’autoroute de la baie – Joseph Adams réfléchissait en contemplant le brouillard en question : celui du pacifique. Et comme c’était le soir et que les ténèbres tombaient sur le monde, ce brouillard lui faisait aussi peur que l’autre brouillard, celui de l’intérieur, qui n’a pas besoin de vous envahir mais qui se contente de tourner et de s’étirer en vous, en remplissant toutes les parties vides du corps. D’habitude, ce brouillard-là porte le nom de solitude.
« Prépare-moi un verre, dit plaintivement Colleen derrière lui.
— Tu as perdu ton bras ? demanda-t-il. Tu n’es plus capable de presser une rondelle de citron ? » Il se détourna de la fenêtre et de son paysage d’arbres morts, avec au-delà l’étendue de l’océan sous l’horizon, dans l’obscurité de la nuit montante, et se demanda un instant s’il allait lui servir à boire. »
Extrait de : P. K. Dick. « La vérité avant-dernière. »
La trilogie divine par P. K. Dick
Fiche de La trilogie divine
Titre : La trilogie divine
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 2002
Traduction : R. Louit, A. Dorémieux, G. Goullet
Editeur : Denoël
Sommaire de La trilogie divine
- SIVA
- L’invasion divine
- La transmigration de Timothy Archer
Première page de SIVA
« La dépression nerveuse de Horselover Fat commença le jour où Gloria lui téléphona pour savoir s’il avait du Nembutal. Il lui demanda pourquoi elle en voulait et elle répon- dit qu’elle avait l’intention de se tuer. Elle appelait tous les gens qu’elle connaissait. Elle avait déjà trouvé cinquante comprimés, mais il lui en fallait encore trente ou quarante, par mesure de précaution.
Horselover Fat conclut aussitôt que c’était sa manière à elle d’appeler au secours. Fat vivait depuis des années dans l’illusion qu’il pouvait aider les gens. Son psychiatre lui avait dit un jour qu’il irait mieux en arrêtant deux choses : la dope (il en prenait toujours) et essayer d’aider les gens (il continuait à essayer).
Or il n’avait pas de Nembutal. Ni aucun somnifère. Il ne prenait jamais de somnifère, mais des amphés. »
Extrait de : P. K. Dick. « La Trilogie divine. »
La fille aux cheveux noirs par P. K. Dick
Fiche de La fille aux cheveux noirs
Titre : La fille aux cheveux noirs
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1988
Traduction : G. Goullet
Editeur : Gallimard
Première page de La fille aux cheveux noirs
« Cher Will,
Votre lettre m’a véritablement enchanté et réconforté. Oui, nous avons vraiment passé des bons moments ensemble, même s’ils n’ont pas duré. De tous ces derniers mois à Marin County, votre visite est ce dont je me souviens avec le plus de plaisir. Merci infiniment, cher ami. Dieu vous bénisse.
Je vis maintenant au Canada, où je suis venu en avion le 16 février pour donner une conférence à l’Université de Colombie-Britannique et comme invité d’honneur à la deuxième convention de science-fiction à Vancouver. J’y suis resté, en partie parce que je n’avais aucune raison de revenir en Californie – j’ai déjà perdu ma maison – mais aussi parce que cette région est si belle, avec ses montagnes, sa neige, sa baie et ses grands immeubles. Et puis les gens y sont chaleureux, adorables et d’une franchise incroyable : ils vous disent en face ce qu’ils pensent, sans rien garder pour eux, ni le positif ni le négatif. On dirait des enfants, ou plutôt des adultes qui n’ont jamais eu besoin d’être enfants : candides, honnêtes, naïfs. Ils boivent, flirtent, se mettent en colère, manquent totalement de tact et détestent les Américains. Tous me trouvent barjo. Les femmes me trouvent à la fois barjo – ça, j’y suis habitué – et sexy – ça, pas du tout. Mes amis me manquent, surtout Rosie. Vous vous souvenez de Rosie ? »
Extrait de : P. K. Dick. « La fille aux cheveux noirs. »