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Le voyageur de l’inconnu par Philip K. Dick
Fiche de Le voyageur de l’inconnu
Titre : Le voyageur de l’inconnu
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1960
Traduction : F. Robinet
Edition : Le Masque
Première page de Le voyageur de l’inconnu
« Les spires lui étaient étrangères ; inconnues, les couleurs. Un instant, la terreur l’envahit au point de l’étouffer. Puis, de nouveau, le calme… Il respira à pleins poumons l’air vif de la nuit et essaya de reprendre le vent.
Il était debout sur le flanc d’un coteau mangé de ronces et de lambrusques. Il était vivant – et tenait toujours à la main sa mallette grise en métal. Il écarta des sarments de vigne sauvage et s’avança prudemment à pas lents. Les étoiles scintillaient dans le firmament. Dieu merci. Des étoiles familières…
Familières ? Non.
Il ferma les yeux et ne les rouvrit que lorsqu’il eut retrouvé ses esprits. Puis, la poignée de sa mallette serrée entre ses doigts, il continua péniblement de descendre le versant en direction des spires illuminées qui semblaient se dresser à un mille environ devant lui.
Où se trouvait-il ? Et pourquoi était-il là ? Quelqu’un l’avait-il amené puis abandonné à cet endroit ? Dans quel but ? »
Extrait de : P. K. Dick. « Le voyageur de l’inconnu. »
Le temps désarticulé par Philip K. Dick
Fiche de Le temps désarticulé
Titre : Le temps désarticulé
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1959
Traduction : P. R. Hupp
Edition : Le livre de poche
Première page de Le temps désarticulé
« VICTOR NIELSON alla chercher derrière, dans la chambre froide, un chariot de pommes de terre nouvelles et l’amena au rayon primeurs. Il commença à garnir le bac presque vide, en inspectant une pomme de terre sur dix pour s’assurer qu’elle n’était pas pourrie ni éraflée ; il en laissa tomber une grosse. En se baissant pour la ramasser, il balaya du regard les caisses, les enregistreuses et les présentoirs de cigares et de sucreries, entr’aperçut la rue par les larges portes de verre. De rares passants déambulaient sur le trottoir ; il saisit un fugitif éclat de soleil sur l’aile d’une Volkswagen qui sortait du parking réservé au magasin.
« Était-ce ma femme ? demanda-t-il à Liz, l’imposante Texane de service à la caisse.
— Pas que je sache », répondit la jeune fille. Elle tapa deux cartons de lait et un paquet de bœuf maigre haché. Le client à l’âge respectable plongea la main dans sa poche intérieure pour sortir son portefeuille. »
Extrait de : P. K. Dick. « Le Temps Désarticulé. »
Le roi des elfes par Philip K. Dick
Fiche de Le roi des elfes
Titre : Le roi des elfes
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1982
Traduction : B. Martin, F.-M. Watkins, D. Hersant, M. Deutsch, H. Collon
Edition : Gallimard
Sommaire de Le roi des elfes
- Le constructeur
- Le roi des elfes
- La dame aux biscuits
- L’homme doré
- Si Benny Cemoli n’existait pas …
- Projet Argyronète
- La guerre contre les Fnouls
- La sortie mène à l’intérieur
- Chaînes d’air, réseau d’éther
Première page de Le constructeur
« E.J. Elwood ! fit Liz, d’un ton inquiet. Tu n’écoutes rien de ce que nous disons. Et tu ne manges rien non plus. Mais enfin, qu’est-ce que tu as ? Parfois, je ne te comprends vraiment pas. »
Ernest Elwood resta un long moment sans réagir. Il continuait de regarder le crépuscule par la fenêtre, comme s’ils n’existaient pas, comme s’il entendait quelque chose qu’ils ne pouvaient percevoir. Finalement il poussa un soupir en se redressant sur sa chaise, peut-être pour dire quelque chose. Mais à ce moment, il heurta du coude sa tasse de café et se tourna pour la retenir en essuyant le café qui s’était répandu sur le côté. « Je te demande pardon, dit-il. Tu disais ?
— Mange, chéri », répondit sa femme. Elle jeta un coup d’œil aux deux garçons pour voir s’ils s’étaient également arrêtés de manger. « Tu sais, je me donne beaucoup de mal pour préparer tes repas. »
Bob, l’aîné, n’avait pas cessé de manger. Il coupait avec soin son foie et son bacon en petits morceaux. Mais évidemment, le petit Toddy avait posé couteau et fourchette en même temps que son père, et restait lui aussi silencieux, les yeux fixés sur son assiette. »
Extrait de : P. K. Dick. « Le roi des elfes. »
Le profanateur par Philip K. Dick
Fiche de Le profanateur
Titre : Le profanateur
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1956
Traduction : P. Lorrain, B. Panloup
Edition : Le livre de poche
Première page de Le profanateur
« À SEPT heures, Allen Purcell, jeune et dynamique président de la plus jeune et de la plus novatrice des Agences de Recherche, perdit une chambre à coucher, mais regagna une cuisine. L’opération se déroulait automatiquement, sous le contrôle d’une bande magnétique imprégnée d’oxyde de fer et scellée dans le mur. Allen n’avait aucun pouvoir sur le processus, mais la substitution n’était pas pour lui déplaire ; il était déjà éveillé et prêt à se lever.
Il fut bientôt sur pied, bâillant, plissant les yeux, et cherchant à tâtons le bouton qui commandait l’éjection de la cuisinière. Comme toujours, l’appareil resta coincé à mi-chemin, moitié dans la pièce, moitié dans le mur. Mais il suffisait de le manipuler d’un doigt ferme. Allen exerça une forte pression sur le bouton et la cuisinière sortit de sa gangue avec un grincement. »
Extrait de : P. K. Dick. « Le profanateur. »
Le prisme du néant par Philip K. Dick
Fiche de Le prisme du néant
Titre : Le prisme du néant
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1974
Traduction : M. Deutsch, I. Delord
Edition : Le Masque
Première page de Le prisme du néant
« Le mardi 11 octobre 1988, le show Jason Taverner fut trop court de trente secondes. Le technicien posté derrière la vitre de plastique de la régie stoppa le générique de fin sur l’écran vidéo, puis fit signe à Jason Taverner qui, déjà, se préparait à quitter le plateau. Il tapota son poignet et montra sa bouche.
— Continuez à nous envoyer vos cartes et vos lettres d’encouragement, les amis, dit mielleusement Jason dans le micro. Et maintenant restez à l’antenne pour Les aventures de Scotty, le chien extraordinaire.
Le technicien sourit, Jason lui rendit son sourire. Après un déclic, l’image et le son furent coupés. Leur programme d’une heure de variétés, qui arrivait en deuxième position à l’indice d’écoute des meilleures émissions télévisées de l’année, était achevé. Tout s’était bien passé.
— Où avons-nous perdu une demi-minute ? demanda Jason à son invitée spéciale de la soirée, Heather Hart.
Cela l’intriguait. Il aimait chronométrer lui-même ses shows.
— Minou, ce n’est pas grave. »
Extrait de : P. K Dick. « Le prisme du néant. »
Le maître du haut château par Philip K. Dick
Fiche de Le maître du haut château
Titre : Le maître du haut château
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1962
Traduction : M. Charrier
Edition : J’ai lu
Première page de Le maître du haut château
« M. Childan avait beau scruter son courrier avec anxiété depuis une semaine, le précieux colis en provenance des Rocheuses n’arrivait pas. Lorsqu’il ouvrit son magasin, le vendredi matin, seules quelques lettres l’attendaient à l’intérieur, devant la porte. Je connais un client qui ne va pas être content, se dit-il.
Il prit une tasse de thé instantané au distributeur mural à cinq cents, s’empara du balai et se mit au travail. Quelques minutes plus tard, la devanture d’American Artistic Handcrafts Inc. était prête : propre comme un sou neuf, la caisse enregistreuse pleine de monnaie, un vase de soucis frais sur le comptoir, une discrète musique de fond, diffusée par la radio. Sur le trottoir, des hommes d’affaires se hâtaient vers leurs bureaux de Montgomery Street. »
Extrait de : P. K. Dick. « Le Maître du Haut Château. »
Le maître du haut château par Philip K. Dick
Fiche de Le maître du haut château
Titre : Le maître du haut château
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1962
Traduction : J. Parsons
Edition : J’ai lu
Première page de Le maître du haut château
« Depuis une semaine, Mr R. Childan guettait avec anxiété l’arrivée du courrier. Mais la précieuse expédition en provenance des États des Montagnes Rocheuses n’était toujours pas là. En ouvrant son magasin, ce vendredi matin, il ne vit sur le sol que quelques lettres tombées par la fente et il pensa : « Il y a un client qui ne va pas être content ! » Au distributeur mural à cinq cents, il se versa une tasse de thé instantané, prit un balai et se mit à faire le ménage. La devanture de l’American Artistic Handcrafts Inc. fut bientôt prête à recevoir les clients ; tout était reluisant de propreté, la caisse enregistreuse avait son tiroir plein de monnaie, il y avait dans un vase un bouquet de soucis fraîchement cueillis, la radio diffusait une musique de fond. Dehors, sur le trottoir, des hommes d’affaires se hâtaient vers leurs bureaux de Montgomery Street. Au loin, un tramway passait ; Childan s’interrompit un instant dans son travail pour le regarder avec satisfaction. Des femmes, dans leurs longues robes de soie aux couleurs vives… Il y eut une sonnerie de téléphone. Il se retourna pour aller répondre. »
Extrait de : P. K. Dick. « Le Maître du Haut Château. »
Le livre d’or par Philip K. Dick
Fiche de Le livre d’or
Titre : Le livre d’or de la science fiction
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1979
Traduction : M. Thaon
Edition : Pocket
Sommaire de Le livre d’or
- Payez l’imprimeur
- La planète impossible
- Définir l’humain
- La petite ville
- Le banlieusard
- Jeu de malchance
- Dans la coque
- Souvenir-écran
- Méfiez-vous les uns des autres
- Rendez-vous hier matin
- Une sinécure
- Au temps de poupée pat
Première page de Payez l’imprimeur
« Cendre, noire et désolée, recouvrant les deux côtés de la route. Monticules inégaux à perte de vue – vagues ruines d’immeubles, de villes, d’une civilisation tout entière. Débris à l’abandon d’une planète corrodée. Particules d’ossements et d’acier transportées par le vent et intimement mélangées au ciment pour former des océans de mortier.
Allen Fergesson bâilla, alluma une Lucky Strike, et se rencoigna, à moitié endormi, dans le siège au cuir brillant de sa Buick ’57.
— Sale vision dépressive, commenta-t-il. Un enfer de monotonie – rien que des détritus mutilés. Ça vous en fout un coup.
— Ne regarde pas, fit d’une voix indifférente la fille assise à côté de lui. »
Extrait de : P. K. Dick. « Le livre d’or de la science fiction. »
Le guérisseur de cathédrales par Philip K. Dick
Fiche de Le guérisseur de cathédrales
Titre : Le guérisseur de cathédrales
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1969
Traduction : M. Thaon
Edition : Pocket
Première page de Le guérisseur de cathédrales
« SON père avait soigné les poteries avant lui. Aussi, guérissait-il les céramiques, n’importe quelle céramique réchappée du passé, le temps d’avant la guerre où les objets n’étaient pas encore tous faits de plastique. Une porcelaine était une chose merveilleuse, et chacune devenait un objet d’amour, un souvenir inoubliable, après qu’elle était repartie de chez lui, guérie. Sa forme, sa texture, son éclat restaient en lui à jamais.
Malheureusement, plus personne n’avait besoin de ses services. Il ne restait que trop peu de pièces en céramique et ceux qui les possédaient prenaient grand soin de ne pas les briser.
Je m’appelle Joe Fernwright, commença-t-il à soliloquer. Je suis le meilleur guérisseur de poteries de la Terre. Moi, Joe Fernwright, je ne suis pas comme les autres hommes.
Dans son atelier, des tas de caisses vides s’empilaient. Des récipients d’acier dans lesquels il retournait les poteries guéries. Mais à l’endroit où arrivaient les colis, il n’y avait pratiquement rien. Son établi était vide depuis sept mois. »
Extrait de : P. K. Dick. « Le guérisseur de cathédrales. »
Le dieu venu du Centaure par Philip K. Dick
Fiche de Le dieu venu du Centaure
Titre : Le dieu venu du Centaure
Auteur : Philip K. Dick
Date de parution : 1964
Traduction : G. Abadia
Edition : J’ai lu
Première page de Le dieu venu du Centaure
« Barney Mayerson s’éveilla avec un exceptionnel mal de tête dans une chambre inconnue d’un immeuble résidentiel inconnu. À côté de lui, les couvertures remontées jusqu’à ses épaules lisses et nues, la bouche délicatement entrouverte pour respirer et la tête auréolée d’une cascade de cheveux d’un blanc cotonneux, dormait une fille qu’il ne connaissait pas.
Je vais être en retard, se dit-il en se laissant glisser du lit, luttant pour se maintenir debout, les yeux fermés pour refouler sa nausée. Si cela se trouvait, il était à plusieurs heures de son lieu de travail. Qui sait même s’il n’avait pas quitté les États-Unis ? Cependant, il était toujours sur la Terre ; la pesanteur qui le faisait tituber était normale et familière.
Et dans la pièce à côté, posée au pied du sofa, se trouvait la valise également familière, celle de son psychiatre le Dr Sourire. »
Extrait de : P. K. Dick. « Le dieu venu du Centaure. »