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La bulle cassée par P. K. Dick
Fiche de La bulle cassée
Titre : La bulle cassée
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1956
Traduction : I. Delord-Philippe
Editeur : 10/18
Première page de La bulle cassée
« Les établissements Looney Luke sont florissants. L’été est là, et Luke est tout disposé, on ne peut plus disposé, à faire affaire avec vous dans ses trois grands garages, tous bourrés d’automobiles. Encore des automobiles, toujours plus d’automobiles… Vous êtes-vous demandé combien peut valoir votre vieille voiture ? Peut-être deux fois plus qu’une Plymouth flambant neuve, une berline Chevrolet à quatre portes ou un break Ford Ranch de luxe personnalisé. Luke fait des affaires sur une grande échelle ces temps-ci, à l’achat comme à la vente. Luke voit grand. Luke est grand !
Avant l’arrivée de Luke, on ne pouvait pas parler de ville. Aujourd’hui, c’est une grande métropole dédiée à l’automobile. Aujourd’hui, tout le monde conduit une DeSoto toute neuve, équipée de vitres et de sièges à commande électrique. Venez voir Luke ! Avant d’émigrer ici, sous le ciel ensoleillé de notre bonne vieille Californie, Luke est né en Oklahoma. Luke est arrivé chez nous en 1946, après notre victoire sur les Japonais. Écoutez son camion sonorisé qui sillonne les rues en montagnes russes. »
Extrait de : P. K. Dick. « La bulle cassée. »
La brèche dans l’espace par P. K. Dick
Fiche de La brèche dans l’espace
Titre : La brèche dans l’espace
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1966
Traduction : D. Defert, C. Meistermann
Editeur : Le livre de poche
Première page de La brèche dans l’espace
« Le jeune couple, les cheveux noirs, la peau sombre, des Mexicains ou des Portoricains probablement, se tenait, nerveux, devant le comptoir de Herb Lackmore, et le mari déclara presque à voix basse :
— Monsieur, on veut être congelés. On veut devenir des cryos.
Lackmore se leva de son bureau, s’avança jusqu’au comptoir et, bien qu’il n’aimât point les Cols – chaque mois, ils semblaient être plus nombreux à venir à son bureau d’Oakland du ministère de la Sécurité Sociale Spéciale –, il répondit sur un ton aimable destiné à les rassurer :
— Vous avez mûrement réfléchi à la question, les enfants ? C’est une grave décision. Vous risquez d’être mis sur la touche pendant une centaine d’années, disons. Êtes-vous allés au moins demander conseil à un professionnel en la matière ?
Le garçon jeta un coup d’œil vers sa femme, puis déglutit avant de répondre dans un murmure : »
Extrait de : P. K. Dick. « La brèche dans l’espace. »
L’oeil dans le ciel par P. K. Dick
Fiche de L’oeil dans le ciel
Titre : L’oeil dans le ciel
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1957
Traduction : G. Klein
Editeur : J’ai lu
Première page de L’oeil dans le ciel
« Le déflecteur du faisceau protonique du bévatron de Belmont trahit ses inventeurs le 2 octobre 1959, à 4 heures de l’après-midi. Ce qui se produisit, ensuite, ne dura qu’un instant. N’étant plus convenablement réfléchi, et ne se trouvant donc plus contrôlé, l’arc de six milliards de volts jaillit vers le plafond de la salle, brûlant tout sur son passage, et notamment une plateforme d’observation qui surmontait le puissant aimant torique. Huit personnes se trouvaient à ce moment-là sur la plate-forme ; un groupe de visiteurs et leur guide. Lorsque la plate-forme s’effondra, les huit personnes tombèrent sur le sol de la salle du bévatron et y restèrent, blessées ou plongées dans le coma, jusqu’à ce que le champ magnétique ait été interrompu et les radiations dures partiellement absorbées.
Sur les huit, quatre réclamaient une hospitalisation. Deux autres, moins gravement brûlées, restèrent sur place pour un examen approfondi. Les deux dernières, enfin, furent examinées, soignées et purent rentrer chez elles. Les journaux locaux, à San Francisco et Oakland, rapportèrent l’accident. Des avocats commencèrent à entamer des actions pour le compte des victimes. »
Extrait de : P. K. Dick. « L’oeil dans le ciel. »
L’homme variable par P. K. Dick
Fiche de L’homme variable
Titre : L’homme variable
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1957
Traduction : M. Rosenthal
Editeur : Le Masque
Sommaire de L’homme variable
- L’homme variable
- Deuxième variété
- Rapport minoritaire
Première page de L’homme variable
« Reinhart, préfet de Sécurité, gravit d’un pas rapide les marches du perron et pénétra dans le palais du Conseil. Les gardes s’écartèrent avec empressement, et il entra dans l’immense salle qui lui était familière, remplie de gigantesques machines bourdonnantes. Visage maigre intensément attentif, yeux brillants d’émotion, Reinhart fixa l’ordinateur central SRB et lut les chiffres des voyants éclairés.
— Gain net pour le dernier trimestre, remarqua Kaplan, le chef de labo. – Il sourit fièrement, comme s’il en était personnellement responsable. – Pas mal, Préfet.
— Nous les rattrapons, rétorqua Reinhart, mais beaucoup trop lentement. Nous devrons finir par y aller… et sans tarder.
Kaplan était d’humeur loquace. »
Extrait de : P. K. Dick. « L’homme variable. »
L’homme doré par P. K. Dick
Fiche de L’homme doré
Titre : L’homme doré
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1982
Traduction : F.-M. Watkins, M. Demuth, B. Martin, C. Renard, D. Hersant
Editeur : J’ai lu
Sommaire de L’homme doré
- L’homme doré
- Projet Argyronète
- Le constructeur
- La guerre contre les Fnouls
- Quelle chance d’être un Blobel !
- Le roi des elfes
- La dame aux biscuits
- Chaînes d’air, réseau d’éther
- Si Cemoli n’existait pas
- La sortie mène à l’intérieur
Première page de L’homme doré
« — Il fait toujours chaud comme ça ? demanda le voyageur de commerce.
Il s’adressait à tous les clients, installés au comptoir et sur les banquettes avachies, contre le mur. C’était un homme d’âge mûr, corpulent, au sourire aimable, en costume gris fripé, chemise blanche maculée de sueur, nœud papillon ramolli et chapeau de panama.
— Seulement en été, répondit la serveuse.
Personne d’autre ne se manifesta. Deux adolescents à une table, les yeux dans les yeux. Deux ouvriers, manches retroussées, bras velus, devant une soupe aux haricots. Un fermier maigre, au visage buriné. Un vieil homme d’affaires, costume de serge bleue avec gilet et chaîne de montre. Un chauffeur de taxi à figure de rat, devant un café. Une femme lasse, venue poser un instant ses cabas.
Le représentant tira de sa poche un paquet de cigarettes, en alluma une. Il jeta un regard curieux dans le café miteux, s’accouda au comptoir et demanda à son voisin : »
Extrait de : P. K. Dick. « L’homme doré. »
L’homme dont toutes les dents étaient exactement semblables par P. K. Dick
Fiche de L’homme dont toutes les dents étaient exactement semblables
Titre : L’homme dont toutes les dents étaient exactement semblables
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1984
Traduction : J.-P. Gratias
Editeur : Joelle Losfeld
Première page de L’homme dont toutes les dents étaient exactement semblables
« Écartant à coups de pied cailloux et feuilles mortes, le réparateur de la Compagnie des eaux de Marin Ouest dégagea la canalisation, découvrant la fuite par la même occasion. C’était un camion du comté qui, en effectuant une marche arrière, avait brisé le tuyau sous son poids. La semaine précédente, le véhicule avait amené chaque jour une équipe chargée d’élaguer les cyprès tout le long de la route. Les cantonniers s’étaient chargés eux-mêmes d’avertir la compagnie des eaux. Ils avaient téléphoné au siège central, à Carquinez, depuis la caserne des pompiers.
Bien que cet incident l’ait obligé à faire un trajet d’une trentaine de kilomètres, le réparateur n’en tenait pas rigueur au chauffeur du camion. Les conduites d’eau étaient anciennes, fragiles. »
Extrait de : P. K. Dick. « L’homme dont toutes les dents étaient exactement semblables. »
Humpty Dumpty à Oakland par P. K. Dick
Fiche d’Humpty Dumpty à Oakland
Titre : Humpty Dumpty à Oakland
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1986
Traduction : J.-P. Naudon
Editeur : Joelle Losfeld
Première page d’Humpty Dumpty à Oakland
« Au volant de sa Pontiac, Jim Fergesson abaissa sa vitre et, s’accoudant à la portière, respira à pleins poumons l’air estival du petit matin. Le soleil illuminait les vitrines des magasins et la chaussée, tandis qu’il remontait San Pablo Avenue à petite allure. Tout était frais, pimpant et propre. La balayeuse municipale était passée dans la nuit ; on ne payait pas des impôts pour rien.
Il se gara le long du trottoir, coupa le moteur, resta assis un moment et alluma un cigare. Quelques autos vinrent se ranger alentour, d’autres circulaient. Les façades et la chaussée renvoyaient dans l’air calme en échos métalliques les premiers bruits de l’activité humaine. « Joli ciel, pensa-t-il, mais ça ne va pas durer, ça nous promet de la brume pour tout à l’heure. » Il regarda sa montre. Huit heures et demie : il sortit de sa voiture, claqua la portière et descendit la rue. À sa gauche, des com- »
Extrait de : P. K. Dick. « Humpty Dumpty à Oakland. »
L’homme, l’androïde et la machine par P. K. Dick
Fiche de L’homme, l’androïde et la machine
Titre : L’homme, l’androïde et la machine
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1976
Traduction :
Editeur :
Première page de L’homme, l’androïde et la machine
« À l’intérieur de notre univers on trouve certaines choses terribles et glacées, auxquelles j’ai donné le nom de « machines ». Leur comportement m’effraie, surtout lorsqu’il imite si parfaitement un comportement humain que j’en arrive à avoir la désagréable impression que ces choses tentent de se faire passer pour des humains, sans en être pourtant. Je les appelle alors « androïdes », un terme que j’utilise dans un sens qui m’est propre. Pour moi, un « androïde » n’est pas une tentative réelle de création en laboratoire d’un être humain (comme dans l’excellent film télé : The Questor Tapes). Non, c’est simplement une chose qui a été fabriquée spécialement pour nous tromper cruellement, en nous donnant l’illusion que cette chose est des nôtres. »
Extrait de : P. K. Dick. « Hommes, androïdes et machines. »
Glissement de temps sur Mars par P. K. Dick
Fiche de Glissement de temps sur Mars
Titre : Glissement de temps sur Mars
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1964
Traduction : H.-L. Planchat
Editeur : Pocket
Première page de Glissement de temps sur Mars
« Des profondeurs du sommeil provoqué par le phénobarbital, Silvia Bohlen entendit quelque chose qui l’appelait. La voix aiguë dissipa les limbes dans lesquelles elle avait sombré, détruisant ainsi son parfait état de non-être.
— M’man.
De l’extérieur, son fils l’appela une fois de plus.
Se redressant, elle prit le verre posé près du lit pour avaler une gorgée d’eau ; puis elle appuya ses pieds nus sur le sol et se leva péniblement. D’après la pendule, il était neuf heures et demie. Elle ramassa son peignoir et marcha jusqu’à la fenêtre.
Je ne dois plus en prendre, pensa-t-elle. Mieux vaut encore se laisser gagner par la schizophrénie et rejoindre le reste du monde. Silvia releva le store ; la lumière du soleil, avec son familier reflet rougeâtre et poussiéreux, l’aveugla aussitôt ; elle leva une main pour se protéger, en demandant :
— Qu’y a-t-il, David ?
— M’man, le canalier est là ! »
Extrait de : P. K. Dick. « Glissement de temps sur mars. »
En attendant l’année dernière par P. K. Dick
Fiche d’En attendant l’année dernière
Titre : En attendant l’année dernière
Auteur : P. K. Dick
Date de parution : 1966
Traduction : M. Deutsch
Editeur : Le livre de poche
Première page d’En attendant l’année dernière
« De l’édifice familier en forme d’aptéryx, s’irradia et comme à l’accoutumée une luminescence grise et vaporeuse. Éric Sweetscent replia son mobilo et réussit à le ranger dans le box minuscule qui lui était affecté. Huit heures du matin, songeait-il avec accablement. Déjà, son patron Virgil L. Ackerman avait ouvert les bureaux de la F.C.T. Penser que c’était à huit heures du matin que le cerveau de cet homme fonctionnait avec le plus de lucidité ! Voilà qui est en contradiction formelle avec les commandements clairement exprimé par Dieu, songeait le docteur Sweetscent. Le joli monde qu’ils nous fabriquent là ! La guerre excuse tous les égarements humains, y compris ceux du vieux.
Il se dirigea vers le couloir roulant et s’arrêta net en s’entendant héler : « Hé ! Mr. Sweetscent, un instant, s’il vous plaît ! » Le timbre nasillard – profondément antipathique – était celui d’un rob. Éric s’immobilisa à contrecœur et la chose arriva à sa hauteur, balançant bras et jambes. »
Extrait de : P. K. Dick. « En attendant l’année dernière. »