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Du Périgord par M. et D. Jeury
Fiche de Du Périgord
Titre : Du Périgord (Contes et Légendes)
Auteur : M. Jeury et D. Jeury
Date de parution : 1998
Editeur : Nathan
Sommaire de Du Périgord
- Les mille et un châteaux
- Le Coulobre
- La belle et le magicien
- La dame blanche
- La queue du diable
- L’ange de la forêt
- La bergère et le Lébérou
- L’ogre et le charbonnier
- Riquette et le cèpe enchanté
- Le sortilège de la Margot
- Le meunier et l’enfer
Première page de Les mille et un châteaux
« Il était une fois un pauvre bûcheron et sa femme, qui habitaient une petite cabane de bois et de terre dans la sombre forêt de la Double. Ils vivaient retirés du monde par amour de la nature. À cette époque, la Double était très marécageuse et hostile à l’homme, elle servait souvent de repaire aux loups et aux brigands.
Mais Fernand et Lucette ne craignaient pas les brigands ; étant bien pauvres, ils n’avaient rien à se faire voler. Quant aux loups, on peut dire qu’ils entretenaient avec eux de bonnes relations de voisinage. Le couple vivait en harmonie avec tous les êtres de la forêt, à l’orée d’une clairière sablonneuse. Le vaillant coupeur de bois partait le matin, en longeant les étangs brumeux et infestés de moustiques. Il ne rentrait que la nuit venue.
Lucette faisait la cueillette des baies sauvages et des racines. Elle aimait chanter avec le vent, rire avec la belette, caresser le renard roux et courir après le faisan, dans le soleil de l’après-midi. Chaque petit habitant de la forêt était un peu son enfant. »
Extrait de : M. et D. Jeury. « Contes et légendes du Périgord. »
Aux yeux la lune par M. Jeury
Fiche de Aux yeux la lune
Titre : Aux yeux la lune
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir
Première page de Aux yeux la lune
« En situant le point de départ de le civilisation moderne au paléolithique supérieur, on peut estimer que l’humanité a mis environ vingt mille ans pour créer SEM, l’ordinateur sémiologique aux pouvoirs quasi divins. Sem donna alors l’immortalité aux hommes, du moins à quelques-uns d’entre eux, qui devinrent pour toujours ses enfants. L’histoire humaine prit fin. Le Temps de Sem commença dans l’uni- — vers de Sem qui comprenait tous les mondes de Sem…
Archives de Sem : SEM (01 : Avant Sem).
Ania enfila son peignoir les yeux baissés. Elle avait peur de regarder par la fenêtre. Le monde de Vieille Terre était-il encore là ? Elle lutta contre un flottement nauséeux.
Sem l’avait prévenue dans la nuit. « L’enfant est conçu depuis vingt-cinq jours. C’est la limite pour le transfert et la réimplantation, qu’on doit opérer à l’insu de la mère porteuse. »
Extrait de : M. Jeury. « Aux yeux la lune. »
Aux étoiles du destin par M. Jeury
Fiche de Aux étoiles du destin
Titre : Aux étoiles du destin
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1984
Editeur : Opta
Première page de Aux étoiles du destin
« LES JELMAUS
J’espère que le récit de mon aventure sera lu un jour par les Terriens.
C’est l’histoire, la double histoire de la découverte de la Terre par les Jelmaus et de la découverte du monde jelmau par un Terrien. C’est également le récit, certes, incomplet, fragmentaire, du plus étrange combat que menèrent jadis les races humaines.
Je m’appelle Jean Baratet. À l’époque où débute ce récit, j’avais vingt-sept ans et j’étais reporter dans un grand quotidien parisien. Le 23 janvier 1960, je me trouvais à bord du quadriréacteur d’Air-France qui assurait la liaison Rome-Paris. Vers neuf heures, nous survolâmes les Alpes que nous cachait une masse de nuages gris, d’une intense opacité. Autour de l’avion, cependant, l’air restait bleu. »
Extrait de : M. Jeury. « Aux étoiles du destin. »
Au cabaret des oiseaux par M. Jeury
Fiche de Au cabaret des oiseaux
Titre : Au cabaret des oiseaux
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 2007
Editeur : Presses de la cité
Première page de Au cabaret des oiseaux
« C’est un matin de juillet, peu avant les grandes vacances. On est en 1929, l’année des tours du monde : celui du Zeppelin, le dirigeable allemand, et celui du marin français Alain Gerbault.
Je m’appelle Many Lagrange et j’ai presque dix ans. J’habite Miraval, une commune boisée du Périgord noir. Maman est morte depuis longtemps, je ne me souviens pas très bien d’elle, quelquefois à peine, quelquefois un peu plus, mais c’est peut-être un rêve. À Pâques, il y a quelques mois, on a conduit au cimetière grand-mère Virginie, qui me racontait tant d’histoires. Mon père, Antoine Lagrange, est très occupé par son métier de cabaretier. C’est ma tante Douce-Aimée qui s’occupe de moi, à sa façon.
Elle a quarante-cinq ans, mais paraît bien plus vieille. »
Extrait de : M. Jeury. « Au cabaret des oiseaux. »
Angéline par M. Jeury
Fiche de Angéline
Titre : Angéline
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 2004
Editeur : Pocket
Première page de Angéline
« Périgord, 1857
Le valet posa ma malle d’osier à l’entrée du vestibule, souffla et s’épongea la figure avec son mouchoir. Sous le soleil, la chaleur était déjà lourde, en cette fin de matinée du mois d’août ; une agréable fraîcheur me saisit dès que je fus à l’abri des murs épais du manoir de Vaillac, la superbe maison des Gardiency.
J’observai un instant les boiseries sombres, l’unique meuble du vestibule, un cabinet de noyer, orné de marqueterie, et un tableau d’un sujet religieux qui semblait représenter la Vierge et sainte Anne… Presque aussitôt, un garçonnet, l’air doux comme une fille, descendit assez posément l’escalier en face de la porte. Il changea soudain d’allure, sauta à pieds joints de l’avant-dernière marche et se précipita à ma rencontre. Il se piqua devant moi, les poings serrés, exprima sa surprise ou Dieu sait quel sentiment en aspirant une longue goulée d’air, la bouche grande ouverte. Il m’interpella sans prendre la peine de dire bonjour.
—Vous êtes Angéline, la demoiselle de compagnie de maman ? Moi, je m’appelle Emmanuel, j’ai onze ans et demi.
Il leva la tête et me regarda dans les yeux.
—Vous ne touchez pas le fumier chez vous ? Alors je peux vous prendre la main … »
Extrait de : M. Jeury. « Angéline. »
Les démons de Jérusalem par M. Jeury
Fiche de Les démons de Jérusalem
Titre : Les démons de Jérusalem (Tome 3 sur 3 – Les colmateurs)
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1985
Editeur : Milady
Première page de Les démons de Jérusalem
« Un chemin raide, sinueux et mal entretenu quittait la route principale de la Base 101 devant un trio de pins parasols et s’engageait à travers les premiers contreforts de l’Anti-Atlas. Plantes grasses, touffes d’herbe et arbustes dissimulaient traîtreusement les bords du ravin. Les habitués, et Laura Anvers était de ceux-là, connaissaient les pièges que le propriétaire de la villa Hi-Tsami entretenait par pure malveillance : Ils se méfiaient aussi des animaux qui surgissaient par hasard sous les roues de leur voiture après une courbe accentuée ou après n’importe quel endroit dangereux, comme téléguidés par Rakkar soi-même. C’étaient des chèvres bleues à cornes dorées, des moutons nains à soie-laine, des chiens nus peints, des singes caméléons, des geckos, des tortues, des dragons de Komodo… Bref, une ménagerie très sophistiquée et d’origine variée. En grande partie mythique aussi : c’était le jeu de Joe Moose. »
Extrait de : M. Jeury. « Les Colmateurs – Les Démons de Jérusalem. »
Le vol du serpent à M. Jeury
Fiche de Le vol du serpent
Titre : Le vol du serpent (Tome 2 sur 3 – Les colmateurs)
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1982
Editeur : Milady
Première page de Le vol du serpent
« Le chef de division Herb Drake regardait d’un air indigné Ulysse Rakkar, l’irascible ingénieur planétaire de la Maintenance.
— L’opération de colmatage Assar-Hydrus est donc annulée ?
— Exactement !
— Mais c’est… c’est du sabotage ! Il y a au moins dix brèches. On circule entre ces deux Terres comme du port à la mer !
Ulysse Rakkar ricana longuement.
— Beaucoup mieux que ça. Il n’y a pas besoin de prendre le bateau !
— Je peux demander pourquoi, Ulysse ?
— Pourquoi il n’y a pas besoin de prendre le bateau ?
— Mais non. Pourquoi on ne colmate pas.
— Eh bien, ces foutues brèches sont là depuis des années. Elles attendront quelques années de plus ! »
Extrait de : M. Jeury. « Les Colmateurs – Le Vol du serpent. »
Cette Terre par M. Jeury
Fiche de Cette Terre
Titre : Cette Terre (Tome 1 sur 3 – Les colmateurs)
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1981
Editeur : Milady
Première page de Cette Terre
« — Un jour, je t’emmènerai sur la Terre de Joe, petit ! disait-il au jeune Rob qui n’avait guère plus de cinq ans.
Son prénom était George, et beaucoup de gens, dont Paul Seidon, le père de Rob, l’appelaient « Jo » ou « Joe ». Rob comprenait donc : « Je t’emmènerai dans mon pays… » Il fallut quelques années supplémentaires à Rob pour soupçonner que le pays de George Chavalange était vraiment une autre Terre. Et aussi qu’il y avait dans le cosmos beaucoup de Terres différentes – des Terres où l’Empire britannique n’existait pas, où la France avait toujours été libre et indépendante, et toutes les variations historiques ou géographiques qu’on pouvait imaginer, et toutes celles qu’on ne pouvait même pas imaginer quand on était un jeune villageois de Falborough, dans le Comté de Trois-Rivières.
À cinq ans, il s’était amusé à transformer le nom de son ami. C’était trop naturel, trop tentant. Chavalange était devenu Chevalange, Cheval-Ange, pour toujours et à jamais. »
Extrait de : M. Jeury. « Les Colmateurs – Cette Terre. »
La soie et la montagne par M. Jeury
Fiche de La soie et la montagne
Titre : La soie et la montagne (Tome 2 sur 2 – Vallée de la soie)
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1999
Editeur : Robert Laffont
Première page de La soie et la montagne
« Un matin à Fourvière
Lyon, 1849
À l’occasion d’une belle matinée de printemps, Louis-Xavier Favière me proposa une excursion sur la colline de Fourvière, pour parler de mon avenir, me dit-il, tout en admirant le plus beau panorama du monde.
Je n’étais jamais encore allée à Fourvière, cette « colline où l’on prie », en face de la Croix-Rousse, la « colline où l’on tisse » ; on ne priait guère ici, de la chapelle à la cathédrale, que de la façon catholique ; quant au panorama, je me disais : Il ne peut guère différer de celui qu’on distingue du sommet de la Croix-Rousse, que je connais bien. »
Extrait de : M. Jeury. « Vallée de la soie – La soie et la montagne. »
La vallée de la soie par M. Jeury
Fiche de La vallée de la soie
Titre : La vallée de la soie (Tome 1 sur 2 – Vallée de la soie)
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1998
Editeur : Robert Laffont
Première page de La vallée de la soie
« Au moment où ce siècle de triomphante industrie et de folie humaine va plier bagage, une hâte presque superstitieuse me prend soudain.
Je n’aurai sans doute pas le temps de finir le récit de ma vie avant que sonne l’an 1900. Tant pis, le XXe siècle ne s’ouvre qu’en 1901, m’a-t-on dit, ce qui me donne une pleine année.
Je me lance donc dans cette grande affaire, avec une plume d’acier qu’on n’a pas besoin d’aiguiser. J’ai toujours pensé qu’un travail commencé était à moitié fini : c’est ainsi que j’ai accompli, en bonne partie au moins, et à travers les pires vicissitudes, les espérances de ma jeunesse.
Me voilà prête pour étaler tous mes secrets, le cœur tranquille, d’autant que personne ne me lira de mon vivant. Après ma mort, mes petits-enfants choisiront : brûler mes cahiers ou tenter de déchiffrer l’âme de leur grand-mère ! »
Extrait de : M. Jeury. « Vallée de la soie – La vallée de la soie. »