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Angéline par Michel Jeury

Fiche de Angéline

Titre : Angéline
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 2004
Editeur : Pocket

Première page de Angéline

« Périgord, 1857

Le valet posa ma malle d’osier à l’entrée du vestibule, souffla et s’épongea la figure avec son mouchoir. Sous le soleil, la chaleur était déjà lourde, en cette fin de matinée du mois d’août ; une agréable fraîcheur me saisit dès que je fus à l’abri des murs épais du manoir de Vaillac, la superbe maison des Gardiency.

J’observai un instant les boiseries sombres, l’unique meuble du vestibule, un cabinet de noyer, orné de marqueterie, et un tableau d’un sujet religieux qui semblait représenter la Vierge et sainte Anne… Presque aussitôt, un garçonnet, l’air doux comme une fille, descendit assez posément l’escalier en face de la porte. Il changea soudain d’allure, sauta à pieds joints de l’avant-dernière marche et se précipita à ma rencontre. Il se piqua devant moi, les poings serrés, exprima sa surprise ou Dieu sait quel sentiment en aspirant une longue goulée d’air, la bouche grande ouverte. Il m’interpella sans prendre la peine de dire bonjour.


—Vous êtes Angéline, la demoiselle de compagnie de maman ? Moi, je m’appelle Emmanuel, j’ai onze ans et demi.

Il leva la tête et me regarda dans les yeux.

—Vous ne touchez pas le fumier chez vous ? Alors je peux vous prendre la main … »

Extrait de : M. Jeury. « Angéline. »

Les démons de Jérusalem par Michel Jeury

Fiche de Les démons de Jérusalem

Titre : Les démons de Jérusalem (Tome 3 sur 3 – Les colmateurs)
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1985
Editeur : Milady

Première page de Les démons de Jérusalem

« Un chemin raide, sinueux et mal entretenu quittait la route principale de la Base 101 devant un trio de pins parasols et s’engageait à travers les premiers contreforts de l’Anti-Atlas. Plantes grasses, touffes d’herbe et arbustes dissimulaient traîtreusement les bords du ravin. Les habitués, et Laura Anvers était de ceux-là, connaissaient les pièges que le propriétaire de la villa Hi-Tsami entretenait par pure malveillance : Ils se méfiaient aussi des animaux qui surgissaient par hasard sous les roues de leur voiture après une courbe accentuée ou après n’importe quel endroit dangereux, comme téléguidés par Rakkar soi-même. C’étaient des chèvres bleues à cornes dorées, des moutons nains à soie-laine, des chiens nus peints, des singes caméléons, des geckos, des tortues, des dragons de Komodo… Bref, une ménagerie très sophistiquée et d’origine variée. En grande partie mythique aussi : c’était le jeu de Joe Moose. »

Extrait de : M. Jeury. « Les Colmateurs – Les Démons de Jérusalem. »

Le vol du serpent à Michel Jeury

Fiche de Le vol du serpent

Titre : Le vol du serpent (Tome 2 sur 3 – Les colmateurs)
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1982
Editeur : Milady

Première page de Le vol du serpent

« Le chef de division Herb Drake regardait d’un air indigné Ulysse Rakkar, l’irascible ingénieur planétaire de la Maintenance.

— L’opération de colmatage Assar-Hydrus est donc annulée ?

— Exactement !

— Mais c’est… c’est du sabotage ! Il y a au moins dix brèches. On circule entre ces deux Terres comme du port à la mer !

Ulysse Rakkar ricana longuement.

— Beaucoup mieux que ça. Il n’y a pas besoin de prendre le bateau !

— Je peux demander pourquoi, Ulysse ?

— Pourquoi il n’y a pas besoin de prendre le bateau ?

— Mais non. Pourquoi on ne colmate pas.

— Eh bien, ces foutues brèches sont là depuis des années. Elles attendront quelques années de plus ! »

Extrait de : M. Jeury. « Les Colmateurs – Le Vol du serpent. »

Cette Terre par Michel Jeury

Fiche de Cette Terre

Titre : Cette Terre (Tome 1 sur 3 – Les colmateurs)
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1981
Editeur : Milady

Première page de Cette Terre

« — Un jour, je t’emmènerai sur la Terre de Joe, petit ! disait-il au jeune Rob qui n’avait guère plus de cinq ans.

Son prénom était George, et beaucoup de gens, dont Paul Seidon, le père de Rob, l’appelaient « Jo » ou « Joe ». Rob comprenait donc : « Je t’emmènerai dans mon pays… » Il fallut quelques années supplémentaires à Rob pour soupçonner que le pays de George Chavalange était vraiment une autre Terre. Et aussi qu’il y avait dans le cosmos beaucoup de Terres différentes – des Terres où l’Empire britannique n’existait pas, où la France avait toujours été libre et indépendante, et toutes les variations historiques ou géographiques qu’on pouvait imaginer, et toutes celles qu’on ne pouvait même pas imaginer quand on était un jeune villageois de Falborough, dans le Comté de Trois-Rivières.

À cinq ans, il s’était amusé à transformer le nom de son ami. C’était trop naturel, trop tentant. Chavalange était devenu Chevalange, Cheval-Ange, pour toujours et à jamais. »

Extrait de : M. Jeury. « Les Colmateurs – Cette Terre. »

La soie et la montagne par Michel Jeury

Fiche de La soie et la montagne

Titre : La soie et la montagne (Tome 2 sur 2 – Vallée de la soie)
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1999
Editeur : Robert Laffont

Première page de La soie et la montagne

« Un matin à Fourvière
Lyon, 1849

À l’occasion d’une belle matinée de printemps, Louis-Xavier Favière me proposa une excursion sur la colline de Fourvière, pour parler de mon avenir, me dit-il, tout en admirant le plus beau panorama du monde.
Je n’étais jamais encore allée à Fourvière, cette « colline où l’on prie », en face de la Croix-Rousse, la « colline où l’on tisse » ; on ne priait guère ici, de la chapelle à la cathédrale, que de la façon catholique ; quant au panorama, je me disais : Il ne peut guère différer de celui qu’on distingue du sommet de la Croix-Rousse, que je connais bien. »

Extrait de : M. Jeury. « Vallée de la soie – La soie et la montagne. »

La vallée de la soie par Michel Jeury

Fiche de La vallée de la soie

Titre : La vallée de la soie (Tome 1 sur 2 – Vallée de la soie)
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1998
Editeur : Robert Laffont

Première page de La vallée de la soie

« Au moment où ce siècle de triomphante industrie et de folie humaine va plier bagage, une hâte presque superstitieuse me prend soudain.
Je n’aurai sans doute pas le temps de finir le récit de ma vie avant que sonne l’an 1900. Tant pis, le XXe siècle ne s’ouvre qu’en 1901, m’a-t-on dit, ce qui me donne une pleine année.
Je me lance donc dans cette grande affaire, avec une plume d’acier qu’on n’a pas besoin d’aiguiser. J’ai toujours pensé qu’un travail commencé était à moitié fini : c’est ainsi que j’ai accompli, en bonne partie au moins, et à travers les pires vicissitudes, les espérances de ma jeunesse.
Me voilà prête pour étaler tous mes secrets, le cœur tranquille, d’autant que personne ne me lira de mon vivant. Après ma mort, mes petits-enfants choisiront : brûler mes cahiers ou tenter de déchiffrer l’âme de leur grand-mère ! »

Extrait de : M. Jeury. « Vallée de la soie – La vallée de la soie. »

Les survivants du paradis par Michel Jeury

Fiche de Les survivants du paradis

Titre : Les survivants du paradis (Tome 2 sur 2 – Le dernier paradis)
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les survivants du paradis

« — Honneur à vous, Directeur Hanselao !

— Bonjour, Habas. Nous n’avons pas de temps à perdre. Votre rapport !

— Il s’agit de la zone Auvergne-Orenbourg, Directeur. Là où se trouvait Paradis 5-Edenla, à proximité d’un endroit appelé autrefois Larzac. Nous y avons créé une base. Voici la carte.

— Je vois. Edenla était donc le dernier Paradis de la Terre. Drôle de Paradis, n’est-ce pas ?

— Question de point de vue, Directeur. En tout cas, c’est le nom qu’on donnait à ces territoires sous dôme où les derniers civilisés ont mené pendant des siècles une existence oisive et confortable.

— Avec un climat d’éternel été, des nourritures abondantes et exquises, des robots qui pourvoyaient à tous les besoins et des jeux compliqués pour lutter contre un mortel ennui… En attendant notre retour ! »

Extrait de : M. Jeury. « Le dernier paradis – Les survivants du paradis. »

Le dernier paradis par Michel Jeury

Fiche de Le dernier paradis

Titre : Le dernier paradis (Tome 1 sur 2 – Le dernier paradis)
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le dernier paradis

« Les hommes à la fois sages et aventureux qui ont quitté la Terre aux environs du XXXe siècle, poussés par la mystérieuse fièvre des étoiles, ont avant leur départ préparé longuement la renaissance de la planète et de l’humanité. Car la Terre, surexploitée depuis le début de la société industrielle, ravagée par de nombreuses guerres, exsangue, encrassée et sclérosée, avait besoin d’une longue période de repos, d’une cure de jouvence de deux ou trois millénaires.

Les hommes du XXXe siècle l’ont libérée, n’y laissant qu’un certain nombre de tribus primitives et les Paradis où ils avaient enfermé ceux des leurs qui ne voulaient pas partir vers les étoiles. Là, ceux qui restaient ou leurs descendants devenus quasi immortels, menaient une existence oisive, confortable dans leurs microclimats tièdes. Les robots et les ordinateurs pourvoyaient à tous leurs besoins et s’efforçaient de satisfaire tous leurs désirs… quand ils en avaient encore. »

Extrait de : M. Jeury. « Le dernier paradis – Le dernier paradis. »

La marée d’or par Michel Jeury

Fiche de La marée d’or

Titre : La marée d’or (Tome 4 sur 4 – Goer de la Terre)
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de La marée d’or

« Une grimace de douleur tira la lèvre de Jero, marquée d’une cicatrice rougeâtre que sa barbe épaisse cachait à moitié.

— Que le Sombre lance la foudre sur cette sacrée ziggourat !

— La paix, Jero, fit son compagnon. Ce n’est pas le moment de se faire remarquer par des imprécations.

Jero, fils de Boris Antgordine, trébucha sur une marche et porta la main, à sa cuisse droite. Jomberg Vandrederen, le vieux soldat aux muscles de fer, avança d’un bond pour le soutenir.

— Merci, Jom. Tu ne m’avais pas dit que le nouveau palais, c’est ton père qui l’a voulu, pour la plus grande d’Euro !

— Il ne tenait qu’à toi de venir voir plus tôt. Ce palais, c’est ton père qui l’a voulue, pour la plus grande gloire de la reine Lha.

— Bon, je sais.

— Mais tu aurais dû lui dire que tu étais blessé à la jambe et que tu ne pouvais pas monter cent marches ! »

Extrait de : M. Jeury. « Goer de terre – La marée d’or. »

Vers l’âge d’or par Michel Jeury

Fiche de Vers l’âge d’or

Titre : Vers l’âge d’or (Tome 3 sur 4 – Goer de la Terre)
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de Vers l’âge d’or

« Sur la Terre de la Présence, longtemps après le Moratoire, une nouvelle civilisation était née(1). Puis les Goers étaient revenus de Boam. On les appelait maintenant Boamiens. Ils avaient connu une période de prospérité et de réussite, mais ils avaient finalement échoué dans la mission dont ils se croyaient investis par les Boaras ou Dieu sait qui : créer un avenir glorieux et entraîner l’humanité vers la toute-puissance. Ils étaient redevenus une race persécutée, repliée sur elle-même avec ses coutumes étranges et ses secrets maudits. Ils obéissaient à la loi de Goer – ou Goar – alors que les Terriens adoraient le Seigneur unique de la Terre et des hommes, le Sombre Éclat, qui réunissait en lui l’ombre et la lumière, le bien et le mal, l’espace et le temps… À l’opposition religieuse, une autre s’ajouta : celle de l’idéologie. Les fidèles du Sombre Éclat avaient été séduits d’abord par la doctrine progressiste des Boamiens. Et puis beaucoup avaient pris peur. »

Extrait de : M. Jeury. « Goer de la Terre – Vers l’age d’or. »