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La trilogie chronolytique par Michel Jeury
Fiche de La trilogie chronolytique
Titre : La trilogie chronolytique
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 2026
Editeur : Robert Laffont
Première page de La trilogie chronolytique
- Le temps incertain
- Les singes du temps
- Soleil chaud poisson des profondeurs
Les mondes furieux par Michel Jeury
Fiche de Les mondes furieux
Titre : Les mondes furieux (Tome 1 sur 3 – Les mondes furieux)
Auteur : Michel Jeury (sorti à l’origine sous le nom d’Albert Higon)
Date de parution : 1988
Editeur : Bragelonne
Première page de Les mondes furieux
« Morgan s’attendait à voir le code noir « refus d’envoi » s’allumer sur la plaque du porteur-spirale. Il reçut au contraire le rassurant signal jaune : service rétabli.
— Yella, ça marche. Vite !
— Où va-t-on ?
Morgan se dispensa de répondre. Où aller, il n’en savait rien. L’essentiel était de quitter le palais du gouvernement avant l’attaque des Sarkars.
Ses amis Sarkars, qui vivaient dans les îles artificielles du Système solaire et qu’on appelait sur Terre les Spaciens. Il était un espion, un agent ennemi. Et Yella, depuis longtemps, l’avait deviné. Mais au lieu de le trahir, elle était devenue son alliée, dans l’espoir de quitter la planète surpeuplée pour aller vivre dans un paradis de l’espace.
Depuis quelques heures, la guerre menaçait entre l’Union Terrienne et ses colonies du Système solaire d’une part, et la Confédération Libre de l’Espace : Sarkar. Non seulement les représentants de l’Union avaient quitté la table de conférence, mais ils avaient rompu la trêve et attaqué un convoi civil au large de la Lune.
La cabine se referma sur les deux fugitifs. Morgan respira. »
Extrait de : M. Jeury. « Les mondes furieux. »
L’univers-ombre (version étendue) par Michel Jeury
Fiche de L’univers-ombre
Titre : L’univers-ombre (version étendue)
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 2010
Editeur : Bragelonne
Première page de L’univers-ombre
« Une pluie de lumière m’éveilla. Il me sembla un instant que le soleil tout entier se mettait à fondre et coulait autour de moi en un ruisseau mousseux et pétillant. J’étais dans mon lit et le matin m’avait réveillé. Mais quel lit ? Et quel matin ? La lumière qui baignait la chambre m’étonna par une qualité que je n’arrivais pas à définir. Elle était vive et pâle, éclatante et soyeuse, intense et douce à la fois.
Je regardai avec curiosité ma chambre au plafond peint et le décor luxuriant de l’autre côté des baies vitrées. Je m’emplis les yeux de lumière, je laissai le ciel bleu se poser sur moi et j’admirai le paysage sans arrière-pensée. Ma tête était encore vide. Les pensées viendraient plus tard, je le savais, en avant, en arrière, avec la ronde infernale de la peur et de l’espoir.
Lentement, un souvenir naquit dans ma mémoire, grossit et devint plus brillant que mille soleils : Syris. Je me rappelai Syris. Je revis avec une précision bouleversante son visage long et mince, ses grands yeux verts, rêveurs et doux, ses cheveux d’un blond presque roux qui dansaient sur ses épaules quand elle marchait de ce pas balancé dont le rythme me souleva une seconde. Syris… Où était Syris ?
Qui était Syris ? »
Extrait de : M. Jeury. « L’Univers-ombre (version étendue). »
Quand le temps soufflera par Michel Jeury
Fiche de Quand le temps soufflera
Titre : Quand le temps soufflera
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de Quand le temps soufflera
« La mer était là : douce, rude, fidèle, éternelle… Pour la première fois depuis son retour du temps-plus, Simon Jallas pouvait regarder le monde sans trop d’angoisse. Il repartirait bientôt, il le savait. Il affronterait de nouveau les vents fous de l’année +10, mais il ne connaîtrait plus la terreur qui l’avait saisi à chacun de ses précédents voyages dans la destinée. Il serait prêt à affronter l’horreur et l’épouvante qui l’attendaient dix années en avant. Il serait prêt, il serait fort.
Les vagues dansaient à quelques pas en murmurant leur indéchiffrable message. La mer lui parlait. La mer savait peut-être. Un frisson d’écume courait sans fin tout au long de la plage. Les oiseaux criaient leur rauque salut. Le vent peignait la surface onduleuse de l’océan et tirait du sable un grésillement d’insecte piégé… Simon ouvrit grand la bouche pour expirer et l’air marin posa une touche salée sur la langue. Sensation naturelle, apaisante. »
Extrait de : M. Jeury. « Quand le temps soufflera. »
Poney-Dragon par Michel Jeury
Fiche de Poney-Dragon
Titre : Poney-Dragon
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1978
Editeur : Bragelonne
Première page de Poney-Dragon
« Ella toucha par hasard les doigts de Vincent. Elle eut un petit rire d’excuse à demi étouffé. Vincent ne rit pas. Il sursauta et regarda sa main, mais il ne la voyait pas. Et il ne voyait pas Ella non plus.
Il se leva, traversa la pièce en accrochant un fauteuil avec la hanche et se mit devant la baie. Un beau soleil de fin d’été brillait sur le Centre Orenbourg Sud-Ouest. Les peupliers qui marquaient la limite du Val de l’Eyre commençaient pourtant à jaunir. Vincent les regardait pour la centième fois, mais il ne les voyait pas vraiment. Il observait, très au-delà des peupliers, un paysage secret, lointain.
— Ella, il faut que je sorte, dit-il d’un air préoccupé.
La jeune femme soupira légèrement. Elle était résignée. Elle avait l’habitude.
— Je voulais te proposer de manger avec moi ce soir… »
Extrait de : M. Jeury. « Poney-Dragon. »
Nounou par Michel Jeury
Fiche de Nounou
Titre : Nounou
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 2002
Editeur : Robert Laffont
Première page de Nounou
« Que de bruit ! Que de bruit !
Depuis ma descente du train, je n’entendais que clameurs, charivaris et tumultes. On s’appelait de-ci, de-là, à grands cris et grands gestes. Les porteurs proposaient leurs services en hurlant tandis que les locomotives crachaient leurs jets de vapeur comme de vieilles vaches leur dernier souffle. Les gens se heurtaient, donnant de l’épaule, agitant les bras, du moins ceux qui le pouvaient, car la plupart étaient chargés de sacs de toile ou de cuir.
Sur l’esplanade devant la gare, les cochers de fiacre, claquant les rênes sur la croupe des chevaux apeurés, se forçaient un passage sous les invectives, hélés par des porteurs ployant sous les malles, les panières d’osier ou des équilibres miraculeux de cartons à chapeau.
Quelqu’un, devant moi, montra l’énorme pendule de la gare de Lyon. J’y lus l’heure sans hésitation : 5 h 30 de l’après-midi.
J’étais partie de chez moi depuis plus de douze heures. Augustin pesait lourd à mon bras, mais je me sentais plus forte que je n’aurais jamais osé l’espérer. Bien que ne sachant où me diriger dans cette folle cohue, je ne m’inquiétais pas trop : j’avais une langue et je parlais assez bien le français. »
Extrait de : M. Jeury. « Nounou. »
May le monde par Michel Jeury
Fiche de May le monde
Titre : May le monde
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 2010
Editeur : Robert Laffont
Première page de May le monde
« Bonjour. Je suis le docteur Philip H. Goldberg, chargé des cours d’égologie et de mondologie à l’université libre de Sister Naya. À ce titre, je vous souhaite la bienvenue, chers étudiants, étudiantes et amis. L’égologie est une science ardue… si c’est une science. Peut-être un mélange de métaphysique et de psychologie, avec un zeste de physique quantique ? La théorie de la variation des probabilités du révérend père Feyman intervient aussi. Bref, une réflexion centrale sur l’univers infini et la condition humaine. Oh, les grands mots ! Je vous promets que nous ne les prononcerons plus dans ce cours. Enfin, le moins possible.
Je suppose que vous n’êtes pas ici pour préparer une thèse d’égologie. Rien qu’en France, il en jaillit chaque année quelques centaines de milliers, d’esprits torturés. Beaucoup sont en fait de simples carnets de méditation. Méditez donc et jetez vos carnets au feu. »
Extrait de : M. Jeury. « May le monde. »
Les yeux géants par Michel Jeury
Fiche de Les yeux géants
Titre : Les yeux géants
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 1980
Editeur : Robert Laffont
Première page de Les yeux géants
« J’ai vu les Yeux géants pour la première fois un soir de l’automne 2010. Un soir d’une douceur incomparable, d’une tristesse ardente et d’un calme de fin des temps.
Je participais à une méditation de groupe avec une dizaine d’amis. Un signe de l’époque : des centaines de millions de personnes dans le monde se livraient à des méditations de groupe presque chaque jour. J’étais consciente de suivre, d’une façon un peu moutonnière, un immense mouvement spirituel qui n’était lié à aucune religion établie. Mais je n’aimais pas penser que ce mouvement avait été déclenché ou, en tout cas, amplifié de façon considérable par l’apparition des Yeux géants.
Ce soir-là, pour moi comme pour beaucoup d’autres, la vérité a éclaté et il est devenu impossible de la refuser : nous vivions, et depuis longtemps, sous la haute surveillance des Étrangers. Les Yeux géants nous regardaient et nous n’étions plus les mêmes. »
Extrait de : M. Jeury. « Les yeux géants. »
Les trois veuves par Michel Jeury
Fiche de Les trois veuves
Titre : Les trois veuves
Auteur : Michel Jeury
Date de parution : 2017
Editeur : Robert Laffont
Première page de Les trois veuves
« Pour la dixième fois en un quart d’heure, Marie bondit sur ses pieds chaussés de bottines à talons. Elle s’est habillée pour sortir et montrer un peu la ville à sa visiteuse. Elle préfère bavarder ou discuter en marchant, elle joue de son ombrelle et de son éventail, ce qui l’aide à réfléchir et lui donne une contenance. Toujours les nerfs qui sautent et se nouent pour un rien, la veuve Jardin !
La Sans-Corset, comme l’appellent les mauvaises langues de Saint-Genis et de plus loin…
Mais ce matin, elle a mis l’instrument de torture, avec le cache-corset par-dessus, sous sa robe d’organdi, peut-être trop élégante vu les circonstances. Bah, on ne perd rien à paraître à son avantage. Elle s’est habillée avec l’intention de sortir en taille, car le temps est doux et ensoleillé ce premier jour de mai, on peut se passer de »
Extrait de : M. Jeury. « Les trois veuves. »