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Un singe qui mord la nuque par Phil Laramie

Fiche de Un singe qui mord la nuque

Titre : Un singe qui mord la nuque
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir

Première page de Un singe qui mord la nuque

« Quand la jeune femme quitta la place Kemal-Attaturk, Laramie repéra le vendeur de journaux qui lui servait de garde-corps. Le minable oubliait d’offrir ses feuilles imprimées et avançait sans la quitter des yeux. Il avait ce regard de poisson mort, lent et froid, que toute la pègre du Moyen-Orient se sent obligée d’afficher pour mieux s’identifier aux gangsters « made in U.S.A. » On devinait le revolver sous l’aisselle.
Phil Laramie laissa s’éterniser le round d’observation. « Renifle longuement ta pitance et celle-ci sera déjà à demi digérée », préconise Shouân-Li. Ils déambulèrent au long de l’avenue de la Liberté qui conduit tout droit aux vieux quartiers d’Istamboul. La femme avait un but défini ; aucune vitrine ne l’arrêtait. Elle cogna de l’épaule un vieux promeneur qui portait encore le fez, mais oublia de s’excuser. Simplement, elle resserra le bras droit sur son ventre dans un geste machinal de protection. »

Extrait de : P. Laramie. « Un singe qui mord la nuque. »

Tam-tam pour Hélène par Phil Laramie

Fiche de Tam-tam pour Hélène

Titre : Tam-tam pour Hélène
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1966
Editeur : Fleuve noir

Première page de Tam-tam pour Hélène

« La « Boucherie dijonnaise » à Paris ? Vous connaissez ? Dix-sept locataires se partagent l’immeuble au-dessus du magasin ; parmi eux, Mme Gardien.
Mme Gardien : un tricot et un téléphone… Elle dispose aussi d’une porte secrète qui ouvre sur l’immeuble voisin, dans la salle d’archives d’une firme d’import-export : la centrale de renseignements de Phil Laramie.
L’agence d’import-export lui appartient comme le centre de documentation mais l’aventurier blond n’y pénètre jamais. Deux de ses « étoiles » y assurent le secrétariat et Phil n’expose pas ses étoiles. Les gangs de la drogue, quand ils se sentent menacés, s’attaquent de préférence aux filles et leur font des trucs qui vous tordent le cœur. Les filles ont quelque chose de sacré pour Phil ; elles sont toute la beauté et toute la joie du monde. Il se confie à leur réseau, mais combat seul. »

Extrait de : P. Laramie. « Tam-tam pour Hélène. »

Les filles d’Hong-Kong par Phil Laramie

Fiche de Les filles d’Hong-Kong

Titre : Les filles d’Hong-Kong
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les filles d’Hong-Kong

« La jeune femme croisa Phil Laramie sur le trottoir de Queen Road, l’artère principale de Hong-Kong.
Phil songea qu’une fille rencontrée dans la rue émeut chaque homme selon ses glandes. « Même Vénus au corps parfait, disait Shaun Donell, tu ne pourrais pas la baratiner si elle avait une gueule de grenouille. » Shaun scrutait le visage sous le cadre de cheveux et, après seulement, s’intéressait au reste. D’autres, au contraire, démarrent du pied, cueillant la cheville souple, le galbe du mollet. Ceux-là font un malheur quand la haute couture parle d’allonger les jupes. (Étonnant que le taux de mortalité soit si peu élevé chez les grands couturiers !)
Les yeux de Danny Lecoq, eux, se braquaient immédiatement vers l’essentiel, ce bondissement féminin de la poitrine qui éveille en toute âme bien née la suavité des poèmes hindous et le brasier des désirs coupables. Certains psychiatres prétendent bassement qu’il s’agit là d’un reliquat de l’enfance, d’une nostalgie inconsciente du sein de maman. »

Extrait de : P. Laramie. « Les filles d’Hong-Kong. »

Ce soir à Tampico par Phil Laramie

Fiche de Ce soir à Tampico

Titre : Ce soir à Tampico
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir

Première page de Ce soir à Tampico

« La nuit vient très vite à Mexico. Plaza del Zocalo, le soleil enveloppait d’une même buée rose la cathédrale et les ruines du grand téocalli aztèque. Les néons s’allumaient aux façades des cabarets et des boîtes de nuit près de la plaza Garibaldi.
Le gang des Corses se réjouissait discrètement parce que trois kilos d’héroïne venaient de passer la frontière des U.S.A. et avaient été livrés aux délégués de la « fraternité sicilienne »(1) de New York. De plus, on attendait de Marseille un colis de deux cents kilos de schnouf. L’envoi le plus important qui se soit jamais vu.
Soir sur Mexico. La vaste rumeur des klaxons trouvait dans la fraîcheur une raison supplémentaire de défier les panneaux municipaux qui recommandent : Ne conduis pas avec ton klaxon. Leur clameur était assez forte pour couvrir le léger bruit de la fille qui, au neuvième étage d’un hôtel, fouillait le portefeuille de Phil Laramie. »

Extrait de : P. Laramie. « Ce soir à Tampico. »

Le grand hurlement par Phil Laramie

Fiche de Le grand hurlement

Titre : Le grand hurlement (tome 4 sur 4 – Les Akantor)
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le grand hurlement

« Brune, jolie, vêtue le plus souvent d’un tailleur classique, Brigitte Martinez était la très compétente, secrétaire générale de la Transtemporelle Walshraun Inc. Intelligente et vive, elle avait la mémoire d’un microprocesseur et la lucidité, un rien cynique, d’une libre jeune femme new-yorkaise. De par sa fonction, elle disposait de deux ordinateurs, d’un projecteur d’archives capable de photocopier à la demande n’importe quel extrait choisi et d’un interphone personnel la reliant au président-directeur général. Deux autres appareils transmettaient ses ordres au pool des secrétaires. Surtout, elle était la seule à manier le prodigieux écran transtemporel qui remontait le temps jusqu’aux âges du monde les plus reculés. Brigitte Martinez était un rouage essentiel de l’énorme société maniant les industries de pointe.

Toute cette technologie hautement sophistiquée ne l’empêcha pas de ressentir un choc absurdement émotionnel lorsque entra dans son bureau l’ingénieur noir qu’elle avait convoqué : Yatenga Wilson. Brusquement, l’air lui
manqua. »

Extrait de : P. Laramie. « Le grand hurlement – Les Akantor. »

Les squales de la cité engloutie par Phil Laramie

Fiche de Les squales de la cité engloutie

Titre : Les squales de la cité engloutie (tome 3 sur 4 – Les Akantor)
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les squales de la cité engloutie

« Les pirogues guerrières s’éloignèrent sur le fleuve. Allongé au fond de sa plate, dissimulé dans les roseaux, Gopal le pêcheur risqua un œil vers l’île du Sacrifice. Il savait que s’il approchait de ce corps de femme jeté aux gavials, il mourrait dans les minutes suivantes.

L’homme repéra trois paires de gros yeux troubles qui semblaient progresser seuls au ras de l’eau. Le propre du gavial, outre ses mâchoires étroites mais démesurément allongées, est de posséder des globes oculaires très saillants, comme des bulles glauques, au-dessus du crâne. Si bien que, leur terrible corps écailleux glissant juste sous la surface du fleuve, seules les deux boules vertes à capuchon semblent fendre le flot. Ils se rapprochaient. Pas pressés. La certitude sereine de l’enfant qui va croquer l’amande tenue en sa menotte.

Entre les roseaux, Gopal détailla la victime. Elle ne bougeait plus, étalée et un peu déjetée dans la pose où les guerrières de la reine, les Pieuvres Pourpres, l’avaient basculée. »

Extrait de : P. Laramie. « Les squales de la cité engloutie – Les Akantor. »

La folle ruée des Akantor par Phil Laramie

Fiche de La folle ruée des Akantor

Titre : La folle ruée des Akantor (tome 2 sur 4 – Les Akantor)
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de La folle ruée des Akantor

« — De toute façon, nous n’avons aucune chance, jugea Lamir.

Il ne contestait plus, perdait même sa hargne habituelle. Son long corps osseux se redressait lentement tandis qu’il épiait les adversaires. Les gardes piranes appointés par le maître des esclaves approchaient d’un pas lent, tous ensemble, inclinant leurs lances vers eux. Baztir se durcit encore, étreignant la nouvelle claybil qu’il s’était fait forger, une énorme épée à lame longue de plus de trois coudées et large d’une paume, avec une poignée faite pour l’étreinte à deux mains. L’arme ancestrale du clan Giour. Dans leur dos, huit cavaliers obstruaient la rue, muraille de poitrails chevalins et d’armes, les Gardes Noirs. Les lances baissées, devant, progressaient pas à pas, les pointes se concentrant sur eux, mortelles. Impossible même d’atteindre les hommes derrière le hérissement serré des piques : ils venaient…

Le fils aîné des Akantor fit coulisser une étrange sarbacane de métal et ouvrit son carquois de fléchettes. Il mit genou à terre pour assurer son tir. Le premier trait partit avec un étrange sifflement. Là-bas, un porteur de lance sursauta avec un cri bref, la fléchette plantée dans sa joue. »

Extrait de : P. Laramie. « La folle ruée des Akantor – Les Akantor. »

Le viol du dieu Ptah par Phil Laramie

Fiche de Le viol du dieu Ptah

Titre : Le viol du dieu Ptah (tome 1 sur 4 – Les Akantor)
Auteur : Phil Laramie
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le viol du dieu Ptah

« — La figure écrasée par un poing ! murmura Baztir à mi-voix sans même se rendre compte qu’il parlait. Un poing géant qui vous casse la gueule.

Des fumées traînaient en queues d’incendie au long des ruines noires. La semaine dernière, c’était le plus riant et le plus actif des petits ports côtiers de la mer de Râ. Elina sanglotait près de lui à petits hoquets doux et désespérés. Machinalement, il mit le bras autour des épaules de sa jeune sœur… Consolation ?… Protection ? La surprise et l’horreur étaient trop brutales au débouché de la forêt dominant le désastre ; la famille restait figée. Leur bourgade aux terrasses sonores et aux palmiers lents dans la brise de mer, avec son exubérance colorée des buissons de flamboyants et de mimosas, n’était plus que ruines flambées, felouques crevées dans la rade et cadavres flottant sur l’eau.

Kosh le père observa d’une voix unie mais basse, très basse :

— Les bêtes amphibies, les vomareshs, étaient de la ruée. Elles seules ont pu détruire la tour du signal et le temple de Wado de cette façon. »

Extrait de : P. Laramie. « Le viol du dieu Ptah – Les Akantor. »

Phil Laramie

Présentation de Phil Laramie :

Sous ce pseudonyme, Phil Laramie, aux consonances fort américaines se dissimule en vérité un authentique artisan de nos lettres francophones, de nationalité belge, j’ai nommé Xavier Snoeck. Né à Saint-Gilles, dans la banlieue bruxelloise, en l’an 1920 (et que Dieu ait son âme, puisqu’il nous a quittés en 1990), ce polygraphe d’une redoutable efficacité a d’abord fourbi ses armes dans l’illustré pour la jeunesse. Les plus sagaces se souviendront sans doute de ses scénarios pour le journal Spirou, où il s’est illustré en reprenant la destinée du fameux feuilleton L’Aile rouge sous un autre nom de plume, Yves Legros.

Mais revenons-en à Phil Laramie. C’est sous ce masque que Xavier Snoeck a prêté son indéniable talent de conteur aux mythiques éditions du Fleuve Noir. Durant les années 1960, au sein de la collection « L’Aventurier », il nous a livré des récits nerveux, mâtinés de polar et de frissons sous les tropiques, dont les titres seuls suffisent à éveiller l’imagination : Un singe qui mord la nuque, Ce soir à Tampico (tous deux parus en 1965), ou encore Les Filles d’Hong-Kong et Tam-tam pour Hélène (1966). L’on y retrouve cette mécanique si propre à la littérature de kiosque : de l’action trépidante, un soupçon de péril exotique et une intrigue qui ne laisse nul répit au lecteur.

Toutefois, l’amateur de récits conjecturaux que vous êtes saura certainement que le nom de Phil Laramie a connu un retour fort remarqué à la fin des années 1980, cette fois-ci dans la reine des collections de science-fiction : l’illustre « Fleuve Noir Anticipation ». Il y signa alors le cycle des Akantor, une série de romans spatiaux au ton vif et enlevé, débutée avec Le Viol du dieu Ptah (1986), suivi de La Folle Ruée des Akantor (1987), puis Les Squales de la cité engloutie et Le Grand Hurlement. À travers ces épopées stellaires, l’auteur démontra qu’il n’avait rien perdu de sa verdeur ni de son sens inné du divertissement populaire.

Phil Laramie appartient à cette race de romanciers discrets mais ô combien essentiels, ces forçats de la machine à écrire qui ont su, page après page, nourrir nos rêves et enflammer nos imaginaires pour le prix de quelques francs.

Livres de Phil Laramie :

Les Akantor :

Ce soir à Tampico (1965)
Les filles d’Hong-Kong (1965)
Tam-tam pour Hélène (1966)
Un singe qui mord la nuque (1965)

Pour en savoir plus sur Phil Laramie :

La page Wikipédia sur P. Laramie
La page Noosfere sur P. Laramie
La page isfdb de P. Laramie