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Le livre d’or par Fritz Leiber
Fiche de Le livre d’or
Titre : Le livre d’or de la science fiction
Auteur : Fritz Leiber
Date de parution : 1982
Traduction : M. Deutsch, C. Tournier, D. Riche, R. Lathière, P. Billon, P. J. Izabelle, Y. Hersant
Editeur : Pocket
Sommaire de Le livre d’or
- Le vaisseau lève l’ancre à minuit
- La maison d’hier
- Le jour du professeur Kometevsky
- Une balle à son nom
- La vieille petite miss Macbeth
- Essayez de changer le passé
- Nos vacances en soucoupe
- Le matin de la damnation
- Créativité pour les chats
- Les lunettes du professeur Dragonet
- Chants secrets
- Les corridors noirs
- La racine carrée du cerveau
- Amérique la belle
- Voyage de nuit
Première page de Le vaisseau lève l’ancre à minuit
« Ceci est l’histoire d’une femme qui était belle. Et d’un monstre.
C’est aussi l’histoire de quatre habitants de la planète Terre – stupides, égoïstes, enfermés dans leur contexte social. Nous quatre : Es qui était plus ou moins une artiste, Gene qui étudiait les atomes – et qui était en révolte contre le monde et contre lui-même –, Louis qui philosophait et Larry – c’est moi – qui essayait d’écrire des livres.
C’était en août – un mois d’août étrange et étouffant – que nous avions fait la connaissance d’Helen. La date est fixée dans ma mémoire car notre petite ville venait de voir sa torpeur de bourgade du Midwest troublée par une série d’accès de panique, ce genre de grandes peurs qui suscitent une vague de faits divers insolites dans les journaux ou qui en sont le produit – il est malaisé de dire où est la cause et où est l’effet. »
Extrait de : F. Leiber. « Le livre d’or. »
Lankhmar – l’intégrale par Fritz Leiber
Fiche de Lankhmar – l’intégrale
Titre : Lankhmar – l’intégrale
Auteur : Fritz Leiber
Date de parution : 2016
Traduction : J. C. Mallé
Editeur : Bragelonne
Sommaire de Lankhmar – l’intégrale
- Épées et démons
- Épées et mort
- Épées et brumes
- Épées et sorciers
- Épées de Lankhmar
- La magie des glaces
Première page d’Épées et démons
« INVITATION AU VOYAGE
Très loin de nos rivages, par-delà les abysses du temps et un océan d’étranges dimensions, rêve l’antique monde de Nehwon, avec ses tours, ses crânes, ses joyaux, ses épées, ses sortilèges et, autour de sa mer Intérieure, une couronne de territoires connus. Au nord, avec ses forêts verdoyantes, l’implacable pays des Huit Cités ; à l’est, les steppes des cavaliers mingols et le désert où cheminent les caravanes parties des opulentes contrées d’Orient et du fleuve Tilth. Au sud, reliés au désert par la terre du Naufrage et défendus, plus loin, par la Grande Digue et les monts de la Faim, se déroulent les champs de céréales de Lankhmar, le plus vieux et le plus puissant royaume de Nehwon. Figure de proue de ses villes fortifiées, Lankhmar l’Impérissable, fabuleuse métropole aux murailles massives et aux ruelles étroites, se niche à l’embouchure sablonneuse du fleuve Hlal, entourée par les champs de blé, le Grand Marais Salant et la mer Intérieure. Grouillant de voleurs, de prêtres tonsurés, de magiciens faméliques et de marchands obèses, elle porte aussi un autre nom : la cité de la Toge Noire. »
Extrait de : F. Leiber. « Lankhmar – L’Intégrale. »
La grande caravane par Fritz Leiber
Fiche de La grande caravane
Titre : La grande caravane
Auteur : Fritz Leiber
Date de parution : 1978
Traduction : C. Jayat
Editeur : Presses de la cité
Sommaire de La grande caravane
- Le jour du docteur Kometevsky
- La grande caravane
- La forêt enchantée
- Lune mortelle
- L’orbite tapis-de-neige
- Le vaisseau lève l’ancre à minuit
Première page de Le jour du docteur Kometevsky
« — Tout est prédit dans ce livre ! Il y est même annoncé que notre siècle verra s’opérer une incroyable permutation des corps célestes.
Céleste Wolver leva les yeux avec mauvaise grâce sur l’ouvrage que son amie Madge Carnap brandissait comme un drapeau. Le titre en avait été gommé par le temps mais il était encore lisible : La Danse des Planètes. Le papier, d’une vilaine couleur brune, révélait que le volume avait été imprimé au XXe siècle. Sa peau décrépite et sèche évoquait celle d’une vieille sorcière. Céleste imagina une femme ridée par le temps, échappée de l’Âge de la Dernière Folie pour venir porter la guerre et la haine au sein d’un monde devenu raisonnable, réprima un frisson et se rapprocha de Théodore, son époux, qui répondait à Madge d’une voix calme :
— N’importe qui peut avoir l’air d’un prophète. »
Extrait de : F. Leiber. « La grande caravane. »
Guerre dans le néant par Fritz Leiber
Fiche de Guerre dans le néant
Titre : Guerre dans le néant
Auteur : Fritz Leiber
Date de parution : 1958
Traduction : E. Gille
Editeur : Le Masque
Première page de Guerre dans le néant
« Je m’appelle Greta Forzane. Vingt-neuf ans et tête folle, voilà qui me décrirait assez bien. Je suis née à Chicago, de parents scandinaves, et j’opère à présent hors de l’espace et du temps – non pas au Ciel ou en Enfer, s’ils existent, mais pas non plus dans le cosmos ou l’univers que vous connaissez.
Je n’ai pas la romantique séduction de l’étoile de cinéma dont je porte le nom, mais j’ai mes petits charmes bien à moi. Heureusement, car j’en ai besoin pour mon travail : je refais quotidiennement une santé, autant physique que mentale, à des Soldats qui reviennent fort mal en point de la plus grande des guerres. La Guerre Modificatrice, celle des voyages dans le temps – dans le privé, d’ailleurs, nous la surnommons le Grand Chassé-Croisé. Nos soldats luttent en modifiant le passé, ou même l’avenir, afin que notre camp puisse, dans un milliard d’années ou davantage, remporter la victoire finale. Ce n’est pas une petite affaire, je vous prie de le croire. »
Extrait de : F. Leiber. « Guerre dans le néant. »
Génies en boîtes par Fritz Leiber
Fiche de Génies en boîtes
Titre : Génies en boîtes
Auteur : Fritz Leiber
Date de parution : 1961
Traduction : B. de Lesseps
Editeur : Opta
Première page de Génies en boîtes
« GASPARD de la Nuit, écrivain journalier, poussait sa peau de chamois le long du socle étincelant de son gloseur imposant ; il avait exactement cette même affectueuse absence avec laquelle, quelque temps plus tard ce matin-là, il caresserait le flanc ondulant et doux d’Héloïse Ibsen, maître écrivain. Il vérifia machinalement les milliers de voyants (tous éteints) et les rangées de cadrans (tous à zéro) sur la façade à deux étages de l’ordinateur. Après quoi il bâilla, tout en se massant la nuque.
Il avait passé son service de nuit à boire du café en terminant « Les bas-fonds de l’espace » et « À chacun sa philosophie ». On ne pouvait rêver pour un auteur d’une nuit de travail plus facile.
Il fourra la peau de chamois dans un tiroir de son bureau fatigué et se jeta un regard critique dans une glace ; il passa les doigts dans ses cheveux bruns et ondulés, noua d’un geste la soie noire flamboyante »
Extrait de : F. Leiber. « Génies en boîtes. »
Demain les loups par Fritz Leiber
Fiche de Demain les loups
Titre : Demain les loups
Auteur : Fritz Leiber
Date de parution : 1966
Traduction : B. Jouenne
Editeur : Pocket
Première page de Demain les loups
« ALLEZ, Gussy, insista Fay d’une voix tranquille, arrête de déambuler comme un ours névrosé et propose-moi quelque chose pour mon équipe d’invention. J’aime bien venir vous voir, toi et Daisy, mais je ne peux pas rester en haut toute la nuit.
— Si ça te rend nerveux d’être en dehors des abris, tu n’as pas besoin de revenir, dit Gusterson en continuant à déambuler. Pourquoi est-ce que votre équipe d’invention ne cherche pas elle-même quoi inventer ? Et toi ? Ah ! là là…
Et ce « ah ! » résumait la condamnation éclatante d’un mode de vie tout entier.
— Mais on cherche, répondit Fay imperturbable, seulement voilà : un point de vue nouveau, ça aide quelquefois.
— Tiens donc ! Fay, tu n’es qu’un pillard ! Je parie que tu as une vingtaine de types comme moi à qui tu pompes des idées à l’œil. »
Extrait de : F. Leiber. « Demain les Loups. »
Ceux des profondeurs par Fritz Leiber
Fiche de Ceux des profondeurs
Titre : Ceux des profondeurs
Auteur : Fritz Leiber
Date de parution : 1976
Traduction : J. Van Herp
Editeur : Mnémos
Première page de Ceux des profondeurs
« LE MANUSCRIT SUIVANT fut trouvé dans un curieux étui en cuivre et en ruolz ; d’une facture fort moderne, mis aux enchères par la police du comté de Los Angeles, Californie, en tant que bien non réclamé après le temps prescrit. Dans cet étui deux petits livres de vers accompagnaient le manuscrit : Azatoth – et autres horreurs de Edward Pickmann Derby, Presses du Sphinx d’Onyx, à Arkham, Massachussetts, et Le tunnelier d’en bas de George Reuter Fischer, presses de Ptolémée, Hollywood, Californie. Le manuscrit avait été rédigé à la plume par le second de ces poètes, à l’exception de deux lettres et d’un télégramme, interfoliés. Le coffret et son contenu étaient sous la garde de la police depuis le 16 mars 1937, après la découverte du corps mutilé de Fischer, près de son habitation en ruines dans »
Extrait de : F. Leiber. « Ceux des profondeurs. »
Ballet de sorcières par Fritz Leiber
Fiche de Ballet de sorcières
Titre : Ballet de sorcières
Auteur : Fritz Leiber
Date de parution : 1943
Traduction : M. Rosenthal
Editeur : Le Masque
Première page de Ballet de sorcières
« Norman Saylor n’était pas homme à aller fouiner dans le boudoir de sa femme. Et c’est en partie pour cette raison-là qu’il le fit. Il était certain que rien ne pouvait entamer la sécurité de son union avec Tansy.
Il n’ignorait évidemment pas le sort de l’épouse trop curieuse de Barbe-Bleue. D’ailleurs, à un moment donné, il s’était sérieusement intéressé aux dessous psychanalytiques de cette étrange histoire de belles dames suspendues. Il n’imaginait toutefois pas que semblable surprise pût attendre un mari, et de plus un mari moderne. Une demi-douzaine de beaux garçons pendus à des crochets derrière cette porte luisante, couleur crème ? Une telle idée l’aurait fait rire, en dépit de ses analyses savantes sur la psychologie féminine et de ses brillantes études sur les analogies entre les superstitions primitives et les névroses modernes. Études qui lui avaient déjà valu une certaine renommée. »
Extrait de : F. Leiber. « Ballet de sorcières. »
Alternatives par Fritz Leiber
Fiche d’Alternatives
Titre : Alternatives
Auteur : Fritz Leiber
Date de parution : 1945
Traduction : O. Sabathé-Ricklin
Editeur : Presses de la cité
Première page d’Alternatives
« LA QUATRIÈME synchromie de Hoderson déployait son dernier mouvement en une frémissante aurore boréale de verts et de bleus, achevant de narrer l’antique légende de l’« Yggdrasil » – cet arbre qui plonge ses racines à la fois dans le ciel, dans l’enfer et dans la terre des géants pétrifiés ; des serpents rongent les racines de l’arbre tandis que les dieux luttent pour le préserver.
Transcrit en ondes lumineuses par le génie de Hoderson et interprété par le plus grand colori-orchestre du monde, le mythe de la terreur fondamentale, du mystère et de la pourriture, tenait encore une fois le public sous son emprise. »
Extrait de : F. Leiber. « Alternatives. »
A l’aube des ténèbres par Fritz Leiber
Fiche d’A l’aube des ténèbres
Titre : A l’aube des ténèbres
Auteur : Fritz Leiber
Date de parution : 1943
Traduction : J. Hérisson
Editeur : J’ai lu
Première page d’A l’aube des ténèbres
« Frère Jarles, prêtre de Premier Cercle Extérieur, novice dans la Hiérarchie, ravala la fureur qui l’étouffait et s’efforça de se composer un masque, non seulement pour la masse des fidèles – chose que l’on enseignait à tous les membres de la Hiérarchie – mais aussi pour les autres prêtres.
Un prêtre qui haïssait la Hiérarchie autant que lui, au cours de ses terrifiants accès de rage, devait avoir perdu l’esprit.
Mais les prêtres ne pouvaient pas perdre l’esprit, pas sans que la Hiérarchie le sût, en tout cas, comme elle savait tout le reste.
Un inadapté, alors ? Mais sa tâche était assignée à un prêtre avec une précision et une lucidité infaillibles ; les moindres aspects de sa personnalité, mesurés avec la minutie d’un sondage atomique. Un prêtre ne pouvait pas haïr son métier. »
Extrait de : F. Leiber. « A l’aube des ténèbres. »