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Récits de science-fiction Tome 1 par Joseph-Henri Rosny aîné
Fiche de Récits de science-fiction Tome 1
Titre : Récits de science-fiction Tome 1
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1973
Editeur : Bibebook
Sommaire de Récits de science-fiction Tome 1
- Un autre monde
- Les navigateurs de l’infini
- Le jardin de Mary
- Dans le monde des variants
Première page de Un autre monde
« Je suis natif de la Gueldre. Notre patrimoine se réduit à quelques acres de bruyère et d’eau jaune. Des pins croissent sur la bordure, qui frémissent avec un bruit de métal. La ferme n’a plus que de rares chambres habitables et meurt pierre à pierre dans la solitude. Nous sommes d’une vieille famille de pasteurs, jadis nombreuse, maintenant réduite à mes parents, ma sœur et moi-même.
Ma destinée, assez lugubre au début, est devenue la plus belle que je connaisse : j’ai rencontré Celui qui m’a compris ; il enseignera ce que je suis seul à savoir parmi les hommes. Mais longtemps j’ai souffert, j’ai désespéré, en proie au doute, à la solitude d’âme, qui finit par ronger jusqu’aux certitudes absolues.
Je vins au monde avec une organisation unique. Dès l’abord, je fus un objet d’étonnement. Non que je parusse mal conformé : j’étais, m’a-t-on dit, plus gracieux de corps et de visage qu’on ne l’est d’habitude en naissant. Mais j’avais le teint le plus extraordinaire, une espèce de violet pâle – très pâle, mais très net. »
Extrait de : J.-H. Rosny aîné. « Récits de science-fiction Tome 1. »
Un autre monde par Joseph-Henri Rosny aîné
Fiche de Un autre monde
Titre : Un autre monde
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1895
Editeur : La revue de Paris
Première page de Un autre monde
« Je suis natif de la Gueldre. Notre patrimoine se réduit à quelques acres de bruyère et d’eau jaune. Des pins croissent sur la bordure, qui frémissent avec un bruit de métal. La ferme n’a plus que de rares chambres habitables et meurt pierre à pierre dans la solitude. Nous sommes d’une vieille famille de pasteurs, jadis nombreuse, maintenant réduite à mes parents, ma sœur et moi-même.
Ma destinée, assez lugubre au début, est devenue la plus belle que je connaisse : j’ai rencontré Celui qui m’a compris ; il enseignera ce que je suis seul à savoir parmi les hommes. Mais longtemps j’ai souffert, j’ai désespéré, en proie au doute, à la solitude d’âme, qui finit par ronger jusqu’aux certitudes absolues.
Je vins au monde avec une organisation unique. Dès l’abord, je fus un objet d’étonnement. Non que je parusse mal conformé : j’étais, m’a-t-on dit, plus gracieux de corps et de visage qu’on ne l’est d’habitude en naissant. Mais j’avais le teint le plus extraordinaire, une espèce de violet pâle, très pâle, mais très net. À la lueur des lampes, surtout des lampes à huile, cette nuance pâlissait encore, devenait d’un blanc étrange, comme d’un lis immergé sous l’eau. »
Extrait de : J.-H. Rosny aîné. « Un autre monde. »
Tabubu par Joseph-Henri Rosny aîné
Fiche de Tabubu
Titre : Tabubu
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1893
Editeur : E. Dentu
Première page de Tabubu
« … La reine, ma mère, disait au roi :
« — C’est toi qui m’as fait tort, si je n’ai point d’enfants après les deux premiers. N’est-ce donc point une chose juste d’unir maintenant un enfant avec l’autre, le fils avec la fille ? »
« Mais le roi n’accueillit point tout d’abord cette demande, il répondit :
« — Notre fils, Ptahneferka s’unira avec la fille d’un grand chambellan, et, pour notre fille Ahura, je la ferai épouser par le fils d’un autre grand chambellan. Il n’en manque sûrement point de notre parenté ! »
« Ainsi répondit le roi mon père à la reine, et le jour arriva où devait se donner le divertissement pour mon mariage. Les serviteurs vinrent à moi et me conduisirent à la fête. J’étais belle suprêmement, et comme transformée depuis la veille. »
Extrait de : J.-H. Rosny aîné. « Tabubu. »
Les profondeurs de Kyamo par Joseph-Henri Rosny aîné
Fiche de Les profondeurs de Kyamo
Titre : Les profondeurs de Kyamo
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1896
Editeur : Plon
Sommaire de Les profondeurs de Kyamo
- Les profondeurs de Kyamo
- La contrée prodigieuse des cavernes
- Le champion
- Le combat
- L’exécution
- Dans l’ombre
- Le sacrifice
- L’enfant
- La mine d’or
- Le monstre
- La charité amoureuse
- Le rendez-vous
- La juste adultère
- La veuve
- La part du feu
- La confidence
- L’oiseau des bagnes
- Dans la montagne
- Le végétarien
- Un baiser
- Le barbe-bleue du divorce
- Le mal du bonheur
- La tentation
- Lydia
Première page de Les profondeurs de Kyamo
« C’était le soir, au village nègre d’Ouan-Mahléi, proche, à l’Orient, de la forêt Kyamo, une des plus vastes du Continent mystérieux.
Au firmament, la lune, écornée par le décours, flottait entre des nuages à peine visibles, nuages longs, frêles, en forme d’esquifs, qui tous partaient, se perdaient lentement vers un même horizon. La plaine se prolongeait en ondes légères, avec des palmiers sur les hauteurs ; par ce mois de floraisons, la confidence des parfums, suave dans les chuchotis de la brise, semblait le verbe profond et pénétrant des plantes, l’hymne de leur amour, de leur ardeur à croître et se multiplier.
Le vent se levait, se taisait alternativement. Il était triste et doux comme le ciel sous sa couverture mince de nues. Il soulevait, dans un rythme de mouvement et de musique, pour l’œil et pour l’oreille, les herbes longues, les feuillages dentelés. Des insectes vibraient ; on entendait par intervalles le rugissement d’un lion, et, plus lointain, le rugissement d’un autre lion, puis des cris, des abois, des rumeurs imprécises. Tout cela, comme la brise, s’interrompait en de magnifiques silences.
»
Extrait de : J.-H. Rosny aîné. « Les profondeurs de Kyamo. »
Les navigateurs de l’infini par Joseph-Henri Rosny aîné

Fiche de Les navigateurs de l’infini
Titre : Les navigateurs de l’infini
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1925
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Première page de Les navigateurs de l’infini
« Tout est prêt. Les cloisons du Stellarium, en argine sublimé, d’une transparence parfaite, ont une résistance et une élasticité qui, naguère, eussent paru irréalisables et qui le rendent pratiquement indestructible.
Un champ pseudo-gravitif, à l’intérieur de l’appareil, assurera un équilibre stable aux êtres et aux objets.
Nous disposons d’abris dont la contenance totale atteint trois cents mètres cubes ; notre chargement d’hydralium doit suffire à nous approvisionner d’oxygène pendant trois cents jours ; nos armures hermétiques d’argine nous permettront de circuler dans Mars à la pression terrestre, notre respiration étant assurée par des transformateurs directs ou pneumatiques. D’ailleurs, les appareils Siverol nous dispenseraient de respirer pendant plusieurs heures, par leur action globulaire et par l’anesthésie des poumons.
Enfin, notre provision de vivres comprimés, auxquels nous pouvons rendre à volonté leur volume primitif, est assurée pour neuf mois. »
Extrait de : J.H Rosny aîné. « Les Navigateurs de l’Infini. »
Le termite par Joseph-Henri Rosny aîné
Fiche de Le termite
Titre : Le termite
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1889
Editeur : Albert Savine
Première page de Le termite
« Noël Servaise allait s’endormir ; déjà survenait la charmante torpeur avant-coureuse, sourire de toute la chair. Une odeur fameuse le pénétra comme une menace d’incendie. C’étaient des senteurs de cigares, ramenées par la position de la tête, senteurs où filtrait une essence fine comme une stellaire dans une forêt :
— L’héliotrope de Mme Chavailles !
Fermant bien fort les yeux, il crut rejoindre le sommeil. Mais le mauvais pli naquit, le chiffonnage imperceptible qui suffit à gâter une nuit de nerveux. Le monde intellectuel trembla dans Servaise. Il revécut le délice du thé, des femmes et des lampes harmonieuses. Il revit Mme Chavailles croquer des crevettes roses ; les cailles, la sole fraîche, les vins subtils reparurent dans le babil d’un préfet sur le mouchardage politique ; la voix de Myron s’éleva pour dire la « Bataille des hêtres et des bouleaux » aux forêts de Scandinavie :
— Myron a toujours l’air d’avoir préparé sa conférence ! »
Extrait de : J.-H. Rosny aîné. « Le Termite. »
Le coffre-fort par Joseph-Henri Rosny aîné
Fiche de Le coffre-fort
Titre : Le coffre-fort
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1914
Editeur :
Sommaire de Le coffre-fort
- Le coffre-fort
- La maraudeuse
- Le quinquet
- L’étrange dévouement
- Le mage rustique
- Le mitron
- L’entôleuse
- La grande bringue
- L’arracheuse d’amour
- La première maîtresse
- L’ivrognesse
- L’obstacle
- Le Terre-Neuve
- Wagner
- Pour un baiser
- Résignation
- L’amende
- La chance
- Le larcin
- La haine de soi
- La petite cousine
- Transposition
- Le mauvais oeil
- L’effarant scrupule
Première page de Le coffre-fort
« Jacques vit Louise sur la terrasse. La brise enveloppait la jeune fille et lui donnait une vie plus fluide, une vie de nuage et de fontaine. Sa robe blanche déferlait ; les cheveux de poix, à chaque coup de vent, jetaient une lueur violette. C’était une image berbère, presque sauvage, d’une grâce désordonnée et tout à fait passionnante, avec les yeux d’une fille d’Irlande, deux flammes d’aigue-marine, qui bleuissaient dans les pénombres. Jacques Vérane l’aimait. Il la connaissait âpre, violente, et d’une fidélité sans bornes, plutôt capable d’un crime que d’une trahison. Elle gardait son mystère, mystère de vierge aventureuse qui se méfie de d’amour, des circonstances et des hommes.
Elle le regarda avec anxiété ; il admirait ce teint d’Estramadure, magnifiquement pâle, ces lèvres lumineuses, et défaillait de tendresse. Elle lui tendit la main, cette petite main avait la fièvre :
— Il est inquiet… il a besoin de vous ! dit-elle d’une voix trouble. »
Extrait de : J.-H. Rosny aîné. « Le Coffre-fort. »
La vague rouge par Joseph-Henri Rosny aîné
Fiche de La vague rouge
Titre : La vague rouge
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1909
Editeur : Plon
Première page de La vague rouge
« C’était vers le crépuscule, en avril. Le soleil croulait sur la banlieue sinistre. Déjà rouge, il ouvrait une gueule de fournaise à la cime d’un peuplier, entre deux cheminées d’usine, hautes comme des clochers.
Un homme s’arrêta sur la route, près de Gentilly. Il considéra le paysage misérable et puissant, les fumées vénéneuses, l’occident frais et jeune comme aux temps de la Gaule celtique. Malgré les toits, les fourneaux, les cheminées, les dures fabriques, malgré les tramways, les automobiles et les locomotives, c’était, comme pour les premiers êtres, le mariage de la terre et du soleil, toute force puisée dans cet immense feu de l’espace : la forêt vierge et les grandes industries ne sont pas des choses opposées, ce sont des choses analogues.
L’homme, levant la trique qu’il tenait au poing, grommela :
— Il faut en finir avec la houille !
Une poudre crayeuse blanchissait ses bottines et grisaillait les grandes ailes de son chapeau. »
Extrait de : J.-H. Rosny aîné. « La Vague rouge. »
La tentatrice par Joseph-Henri Rosny aîné
Fiche de La tentatrice
Titre : La tentatrice
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1897
Editeur : BeQ
Première page de La tentatrice
« Je suis naturellement honnête homme. Il est vrai que j’y ai peu de mérite, si l’on me compare à ces gens héroïques tout le temps occupés à vaincre leurs tentations, et dont les désirs s’exaspèrent d’autant plus qu’ils sont illégitimes. Un objet n’excite pas mon envie parce qu’il m’est défendu ; – et tout au contraire, j’éprouve plutôt un dégoût pour ce que je sais ne pouvoir obtenir sans abus de confiance ou sans équivoque. Cette disposition m’a permis de goûter franchement les joies qui viennent s’offrir chaque jour aux hommes, et qu’ils se refusent le plus souvent, parce que les joies illicites leur ferment le chemin.
Pourquoi faut-il, avec cette garantie de bonheur, qu’il m’arrive justement une épreuve où ma propre volonté n’a été pour rien, pourquoi faut-il que je souffre d’une volonté étrangère, à laquelle je ne puis céder sans recourir au mensonge et à l’hypocrisie ou à l’ingratitude ? Encore me serait-il facile d’échapper en me sacrifiant, – mais je ne puis le faire qu’en rendant malheureuse celle qui me domine, en chagrinant mon bienfaiteur et en ôtant la sécurité à ma pauvre mère. »
Extrait de : J.-H. Rosny aîné. « La tentatrice. »
La mort de la Terre par Joseph-Henri Rosny aîné
Fiche de La mort de la Terre
Titre : La mort de la Terre
Auteur : Joseph-Henri Rosny aîné
Date de parution : 1912
Editeur : Plon
Sommaire de La mort de la Terre
- La mort de la Terre
- Contes
- Le hanneton
- La mère
- La petite aventure
- Mon ennemi
- En Angleterre
- Le dormeur
- Dans le néant
- La bataille
- Le condamné à mort
- Histoires de bêtes
- Un soir
- L’alligator
- L’oncle Antoine
- Au fond des bois
- Le sauveteur
- Le clou
- La plus belle mort
- Le mage rustique
- Le vieux biffin
- La boucherie des lions
- Les pommes de terre sous la cendre
- Le dormeur
- Le quinquet
- La bonne blague
- La jeune saltimbanque
- L’avare
- La fille du menuisier
- La marchande de fleurs
- Après le naufrage
- Le sauvetage de Népomucène
- Le lion et le taureau
- Des ailes !
Première page de La mort de la Terre
« L’affreux vent du Nord s’était tu. Sa voix mauvaise, depuis quinze jours, remplissait l’oasis de crainte et de tristesse. Il avait fallu dresser les brise-ouragan et les serres de silice élastique. Enfin, l’oasis commençait à tiédir.
Targ, le veilleur du Grand Planétaire, ressentit une de ces joies subites qui illuminèrent la vie des hommes, aux temps divins de l’Eau. Que les plantes étaient belles encore ! Elles reportaient Targ à l’amont des âges, alors que des océans couvraient les trois quarts du monde, que l’homme croissait parmi des sources, des rivières, des fleuves, des lacs, des marécages. Quelle fraîcheur animait les générations innombrables des végétaux et des bêtes ! La vie pullulait jusqu’au plus profond des mers. Il y avait des prairies et des sylves d’algues comme des forêts d’arbres et des savanes d’herbes. Un avenir immense s’ouvrait devant les créatures ; l’homme pressentait à peine les lointains descendants qui trembleraient en attendant la fin du monde. Imagina-t-il jamais que l’agonie durerait plus de cent millénaires ? »
Extrait de : J.-H. Rosny aîné. « La Mort de la Terre. »