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L’univers des Géons par Pierre Barbet

Fiche de L’univers des Géons

Titre : L’univers des Géons
Auteur : Pierre Barbet
Date de publication : 1974
Editeur : Fleuve Noir

Première page de L’univers des Géons

« Conrad Toor, arista distingué, géotechn de l’institut de Technologie Eridanien, boucla sa valise : un attaché-case extraplat contenant un lecteur de microfilms, un émetteur-récepteur radio et quelques cassettes d’enregistrements divers.

Il ramassa son costume sale, sa chemise de la veille, ses chaussettes et les jeta dans l’incinérateur.

Cela fait, il consulta sa montre électronique qui indiquait l’heure locale et celle des six planètes de la Fédération, puis hocha la tête désabusé : comme à l’accoutumée, Mona son épouse hebdomadaire était en retard.

Désœuvré, il s’assit dans un fauteuil pneumatique et alluma la vidéo à l’aide de son téléstick.

Devant lui, un cube lumineux se matérialisa. Des couleurs dansèrent un instant, puis les images d’un reportage en direct s’ordonnèrent avec un réalisme saisissant. »

Extrait de : P. Barbet. « L’Univers des Géons. »

Le batard d’Orion par Pierre Barbet

Fiche de Le batard d’Orion

Titre : Le batard d’Orion
Auteur : Pierre Barbet
Date de publication : 1973
Editeur : Fleuve Noir

Première page de Le batard d’Orion

« Dans la grand-salle du palais d’Orio, les torches fuligineuses projetaient sur les murs de granit les ombres vacillantes des trophées qui la garnissaient. Les cornes des amlots décuplées de longueur, les mufles des ordons, les défenses des amouths se tordaient en un lent ballet.

Des troncs entiers de myrtic brûlaient dans l’âtre immense. Un gigantesque conduit de pierre aspirait leur fumée odoriférante. Sur la hotte scintillaient les armes de la constellation d’Orion : une sadrame ailée couronnée d’or sur fond de gueules.

Une foule de nobles aux costumes chamarrés d’or se pressait dans la pièce et, pourtant, un silence presque total régnait, troublé seulement par l’éclatement d’un vaisseau de sève dans les flammes vermeilles de la cheminée. »

Extrait de : P. Barbet. « Le bâtard d’Orion. »

Les bioniques d’Atria par Pierre Barbet

Fiche de Les bioniques d’Atria

Titre : Les bioniques d’Atria
Auteur : Pierre Barbet
Date de publication : 1973
Editeur : Fleuve Noir

Première page de Les bioniques d’Atria

« Rodul frissonna : la bise aigre soufflait du nord, glaciale. Il faudrait bientôt ressortir les chaudes pelisses dorées de borvid pour se protéger du froid.

L’hiver était rude dans la zone subpolaire d’Atria.

Soudain, le gardien de troupeau s’immobilisa : ses longues oreilles pointues percevaient un bruissement ultrasonique.

L’un de ses compatriotes cherchait-il à lui envoyer un message ?

Rodul repoussa vite cette hypothèse : le signal venait des couches élevées de l’atmosphère, beaucoup trop haut, par conséquent, pour qu’un Atrien patrouillant sur un aquil puisse en être responsable.

Alors, de quoi s’agissait-il ? »

Extrait de : P. Barbet. « Les bioniques d’Atria. »

Liane de Noldaz par Pierre Barbet

Fiche de Liane de Noldaz

Titre : Liane de Noldaz
Auteur : Pierre Barbet
Date de publication : 1973
Editeur : Fleuve Noir

Première page de Liane de Noldaz

« Liane errait sans but dans le jardin familial. Elle jouissait pleinement de la caresse chaude du soleil sur ses bras nus, tout en écoutant les oiselets lancer leurs trilles mélodieux dans les feuillages.

Au loin, elle apercevait, au flanc de la côte voisine, ses parents penchés sur la glèbe : de rudes fermiers qui nourrissaient à grand-peine leurs cinq enfants, grâce à un lopin de terre fertile.

Noldaz, on le voit, est une planète tout à fait semblable à l’antique Terre. Seule sa situation, aux antipodes galactiques, l’a longtemps protégée des ingérences de l’Empire Lactéen qui règne sur la quasi-totalité des planètes de la Voie lactée.

Son soleil vieil or illumine un ciel mauve légèrement azuré. La nature accueillante offre ses richesses à des peuples de civilisation encore médiévale. Hélas ! Une guerre interminable ravage Lonk, l’un de ses plus fiers royaumes, au grand dam des pauvres paysans… »

Extrait de : P. Barbet. « Liane de Noldaz. »

La planète enchantée par Pierre Barbet

Fiche de La planète enchantée

Titre : La planète enchantée (Tome 3 sur 9 – Setni enquêteur temporel)
Auteur : Pierre Barbet
Date de publication : 1973
Editeur : Fleuve Noir

Première page de La planète enchantée

« — Nom d’un biclar ! jura Pentoser en laissant choir son verre de croccine du Commandeur. Vise un peu l’écran ! Est-ce une épave ou un astronef qui nous fonce dessus ?

Le capitaine Setni bondit de son siège et consulta l’ordinateur du bord, puis rassuré, il grommela :

— Pas de doute, il s’agit d’une épave : cet engin dérive dans l’espace. Note immédiatement ses coordonnées et mets-nous en rapport avec Kalapol…

Son compagnon s’installa aussitôt devant le poste de téléradio.

— Astronef pollucien Zineb en patrouille secteur Corona Borealis signale rencontre d’un navire non identifié de modèle inconnu. Veuillez faire savoir si un vaisseau de la Confédération galactique se trouve dans les parages. Terminé. »

Extrait de : P. Barbet. « La Planète Enchantée – Setni enquêteur temporel. »

Tremplins d’étoiles par Pierre Barbet

Fiche de Tremplins d’étoiles

Titre : Tremplins d’étoiles
Auteur : Pierre Barbet
Date de publication : 1972
Editeur : Fleuve Noir

Première page de Tremplins d’étoiles

« Ce jour-là, il y avait plusieurs astronefs en escale sur la base de Titan. Tous les astrots s’étaient donné rendez-vous au Cosmos qui faisait salle pleine.

Les filles se trémoussaient sur la piste anti-g, se livrant à un strip-tease lascif au son d’une musique psychédélique. La peinture fluorescente enduisant leurs corps miroitait sous l’éclat des lampes, à ultraviolet.

Près de la piste, un grand gaillard brun sirotait sereinement un « trois lunes ». Sa combinaison de silicone noir portait d’innombrables estafilades témoignant de sa vétusté. Chose étrange, les yeux bleu acier de l’astrot se désintéressaient des artistes, pourtant fort attrayantes et fixaient pensivement les points lumineux dansant une sarabande effrénée au plafond.

Parfois, cependant, ils se dirigeaient rapidement vers un point de la salle, puis replongeaient dans le vague si vite qu’il aurait fallu lui porter une attention soutenue pour s’en apercevoir. »

Extrait de : P. Barbet. « Tremplins d’étoile. »

La planète empoisonnée par Pierre Barbet

Fiche de La planète empoisonnée

Titre : La planète empoisonnée
Auteur : Pierre Barbet
Date de publication : 1972
Editeur : Fleuve Noir

Première page de La planète empoisonnée

« Une longue forme mince aux pieds chaussés de palmes serpentait au sein de l’onde aigue-marine, parmi les algues rubanées. Le galbe du corps élancé, les longs cheveux blonds flottant derrière son dos faisaient irrésistiblement penser à quelque sirène.

Cette merveilleuse créature paraissait inquiète. Elle choisissait d’étroits passages entre les coraux et s’y faufilait, son lance-harpon pointé, se dissimulant du mieux possible parmi les madrépores.

Sans prêter attention aux teintes chatoyantes de la végétation sous-marine, la naïade rasait le fond, l’œil aux aguets derrière son masque.

Soudain, elle s’immobilisa derrière une grosse éponge, scrutant les eaux glauques, le doigt crispé sur la détente de son fusil. Une silhouette grise tournoyait nonchalamment parmi les ballets des poissons multicolores : au-dessus de sa tête effilée, deux rémoras fixés à la peau du monstre par leur ventouse attendaient les reliefs du repas du seigneur de la mer, le requin bleu mangeur d’hommes.

Le squale ne semblait pas avoir aperçu la silhouette tapie derrière la touffe de spongiaires. Cependant, en observant attentivement ses déplacements, il apparaissait nettement qu’il décrivait de larges cercles autour de la plongeuse au corps doré qui restait toujours à l’affût, son arme braquée. »

Extrait de : P. Barbet. « La planète empoisonnée. »

Le transmetteur de Ganymède par Pierre Barbet

Fiche de Le transmetteur de Ganymède

Titre : Le transmetteur de Ganymède
Auteur : Pierre Barbet
Date de publication : 1971
Editeur : Fleuve Noir

Première page de Le transmetteur de Ganymède

« Mic Langio sursauta : son détecteur-poly-fréquences venait de lancer une série de crachements étrangement rythmés. Comme cette symphonie archaïque qu’il aimait tant, la Cinquième de Beethoven…

Machinalement, il releva les coordonnées de l’endroit que survolait son Starshoot, juste à la verticale de ce pic étrange de Ganymède qui ressemble à s’y méprendre au sommet des Apennins lunaires.

Il haussa les épaules. Personne sur cet astre aride. Aucun astronef à proximité. Il avait dû rêver.

Par acquit de conscience, Mic orienta son antenne sélective, droit vers le roc bifide.

— Titi tata…, titi tata…

Cette fois, pas de doute possible, un faisceau hertzien émanait à la verticale de cet endroit, et il fallait passer juste au-dessus pour le recevoir, car il était extrêmement fin, déjà le bruit s’estompait dans les parasites habituels provenant de l’énorme tache rouge de Jupiter si proche. »

Extrait de : P. Barbet. « Le Transmetteur de Ganymède. »

Les insurgés de Laucor par Pierre Barbet

Fiche de Les insurgés de Laucor

Titre : Les insurgés de Laucor
Auteur : Pierre Barbet
Date de publication : 1972
Editeur : Fleuve Noir

Première page de Les insurgés de Laucor

« — Alors, Tysoïs, à quand le départ ?

L’amiral-chef des forces ysnastes, jusqu’alors prosterné devant le grand vizir, releva la tête, mais demeura agenouillé comme l’ordonnait l’étiquette.

— Tout est prêt, vénérable Phurys, mon escadre peut décoller immédiatement.

— Bien, tu n’as pas eu de difficultés pour obtenir cette nouvelle charte ?

— Aucune, maître. Helmont, le Commandeur des Croyants, porte-parole de Zhousta en ce monde, l’a signée sans même la regarder.

— Parfait ! Ce vieux paillard est à moitié gâteux… Je crois qu’il ne tardera pas à rejoindre ses ancêtres malgré les soins que nous lui prodiguons : les implants d’hormones et les séances de dialyse n’ont plus guère d’effet sur lui. Dommage… Il avait au moins l’avantage de se montrer docile. »

Extrait de : P. Barbet. « Les insurgés de Laucor. »

L’Empire du Baphomet par Pierre Barbet

Fiche de L’Empire du Baphomet

Titre : L’Empire du Baphomet (Tome 1 sur 2 – Baphomet)
Auteur : Pierre Barbet
Date de publication : 1972
Editeur : Fleuve Noir

Première page de L’Empire du Baphomet

« Octobre 1118.

Haut dans le ciel azuré de Cathay, un météore laisse derrière lui une longue traînée argentée bien visible sous les rayons du soleil.

La forêt d’Orient, proche de Troyes, est dépouillée de sa parure dorée. Une bise aigre souffle. La nuit tombe. Au loin, on entend le jappement plaintif de chiens flairant une piste.

Soudain, une masse noire débouche comme un boulet des buissons de ronce. C’est un robuste solitaire, un sanglier au long poil dru qui fuit pour sauver sa vie. Il paraît harassé, la bave coule de sa gueule où luisent deux boutoirs acérés, il boite de la patte gauche déchirée par une branche aiguë.

Puis le calme revient. Quelques feuilles attardées tombent en virevoltant.

Alors, un cavalier surgit à toute allure des halliers. Le cheval ruisselle de sueur. Le mors est blanc d’écume. Devant lui, les chiens, exténués, gardent le nez au sol, flairant l’odeur encore fraîche de la
bête.

Ils arrivent de la direction de Beaulieu et filent vers le cœur de la forêt, vers les morges, ces étangs sombres aux eaux pourrissantes emplies de feuilles mortes. »

Extrait de : P. Barbet. « L’Empire du Baphomet. »