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Nouvelles d’antan par Jack Finney

Fiche de Nouvelles d’antan
Titre : Nouvelles d’antan (1948-1965)
Auteur : Jack Finney
Date de parution : 2023
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Bélial
Sommaire de Nouvelles d’antan
- La boîte à mots du cousin Len
- Dans un nuage
- Le troisième sous-sol
- Des voisins originaux
- Arrête de faire l’avion avec tes mains !
- J’ai peur
- Le dompteur du tigre
- Il est une marée
- Les dessous de l’information
- Les disparus
- Seconde chance
- Contenu des poches du mort
- Sept jours à vivre
- La lettre d’amour
- Le numismate
- Un printemps à Galesburg
- Une vieille chanson
- Où sont les Cluett
- La magie au déjeuner
- Hé ! Regardez-moi !
- La photo
- Temps d’arrêt
Première page de La boîte à mots du cousin Len
« Le cousin Len avait découvert son étonnante boîte à mots chez un prêteur sur gages. Il hantait volontiers ces boutiques poussiéreuses qui, pour la plupart, se trouvent sur la Deuxième Avenue ; cela le changeait et le soulageait, affirmait-il, des horreurs de la nature qui n’avait pour lui que peu d’attraits. Pour son métier, il devait en effet passer l’essentiel de ses journées au grand air, à réunir le matériel pour Attraits et mystères des bois, la rubrique hebdomadaire qu’il publiait dans le journal local – le pire des métiers, à l’entendre. Même celui de plombier, déclarait-il encore, lui aurait donné plus de satisfactions !
C’est pourquoi il profitait de ses loisirs pour faire le tour des prêteurs sur gages, rapportant de ses recherches tantôt un jeu de vues stéréoscopiques (l’Exposition universelle de Chicago, 1893), tantôt une montre sonnant les heures, ou un cheval en porcelaine à la bouche hérissée de cure-dents colorés. On admirait ces objets, ma femme et moi, habitant chez le cousin Len depuis ma démobilisation dans l’attente de trouver un appartement. »
Extrait de : J. Finney. « Nouvelles d’antan. »
Instanciations par Greg Egan

Fiche de Instanciations
Titre : Instanciations
Auteur : Greg Egan
Date de parution : 2013
Traduction : F. Lustman
Editeur : Bélial
Sommaire de Instanciations
- Figurants virtuels
- Triadique
- Instanciation
Première page de Figurants virtuels
« Si la douleur d’une crampe au mollet droit la tira de son sommeil, c’est la luminosité ambiante qui acheva de l’éveiller. Elle ouvrit les yeux, puis contempla la roche inondée de soleil. L’étendue incurvée de rocaille grise qui la surplombait ne lui semblait pas familière – mais qu’avait-elle espéré trouver à la place ? Une question sans réponse.
Couchée sur une sorte de natte, elle sentait la dureté de la roche sous son corps. Elle déplaça son regard pour mieux englober ce qui l’entourait. Elle se trouvait dans une grotte, à trois ou quatre mètres de son embouchure – assez profond pour ne rien voir d’autre du monde extérieur qu’un pur ciel bleu. Quand elle se releva pour avancer vers l’entrée, la lumière du soleil la surprit en illuminant son visage par en dessous ; elle leva un bras pour se protéger les yeux. »
Extrait de : G. Egan. « Instanciations. »
Féérie pour les ténèbres – l’intégrale par Jérôme Noirez

Fiche de Féérie pour les ténèbres – l’intégrale
Titre : Féérie pour les ténèbres – l’intégrale
Auteur : Jérôme Noirez
Date de parution : 2012
Editeur : Bélial
Sommaire de Féérie pour les ténèbres – l’intégrale
- Féérie pour les ténèbres
- Chat écorché ne craint plus l’eau froide
- Le sacre des orties
- Le carnaval des abîmes
- Nouvelles
Première page de Féérie pour les ténèbres – l’intégrale
« Le crépuscule étend ses rets d’encre et de sang sur Caquehan. Une constellation de lampadaires vient de s’allumer dans un frémissement électrique, et une lumière pâle tombe sur le visage érodé de l’officieur de justice Obicion.
Qu’il déteste cette lumière ! C’est une lumière faite pour les rats… une lumière faite pour des choses pires que les rats, en vérité.
Les pénonages misérables qui entourent la grande plaine aux rebuts disposent depuis peu de ces troncs de béton chapeautés d’une lampe. Certains ont été installés par les services royaux, d’autres ont poussé, simplement, comme poussent les herbes entre les pavés mal dégrossis. »
Extrait de : J. Noirez. « Féérie pour les ténèbres – l’intégrale. »
Le réveil des hommes blancs par Christian Léourier

Fiche de Le réveil des hommes blancs
Titre : Le réveil des hommes blancs
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2013
Editeur : Bélial
Première page de Le réveil des hommes blancs
« D’abord, le rythme sourd d’un ressac. Mon cœur s’est remis à battre. Déchirure des écales. Bruit mat de la chair qui glisse au sol. Le sol : une surface molle et froide sous mon dos. Petit à petit je reprends possession de mon corps. Si mes poumons et ma gorge me le permettaient, je pousserais un long hurlement. Toute naissance est douleur.
Edeg aimait entendre le chant du grain ruisselant du silo vers la remorque du fardier. Ce chargement n’était pas programmé. Dahast, constatant qu’il restait de la place dans les cuves de la chenille, avait consenti un détour pour venir en compléter le niveau. En réalité, il s’était donné ce prétexte pour rendre visite à un vieil ami avant de rejoindre la base. Bien que de caractères différents, les deux hommes s’appréciaient. »
Extrait de : C. Léourier. « Le Réveil Des Hommes Blancs. »
La longue patience de la forêt par Christian Léourier

Fiche de La longue patience de la forêt
Titre : La longue patience de la forêt
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2019
Editeur : Bélial
Première page de La longue patience de la forêt
« Oublie, ça vaut mieux », dit Dalken.
Oublier un rêve ? On peut, au pire, y renoncer. Mais oublier !
« À supposer que quelque chose existe au-delà de la terre des morts… »
À supposer ? Pour lui, c’est une certitude. Ils l’ont dit à Erg. Ils lui ont montré des images de l’autre forêt. Les visages d’autres hommes.
«… personne ne l’a jamais franchie.
– Qu’en sais-tu ? se rebiffe Kred. Erg…
– Ton grand-père était un fou, dont les os ont dû blanchir à quelques lancers d’ici.
– Tu n’en sais rien, s’entête le gamin. Peut-être a-t-il réussi.
– Dans ce cas, pourquoi n’est-il pas revenu nous raconter sa découverte ? S’il avait pu passer dans un sens, il pouvait le faire dans l’autre, non ? »
Extrait de : C. Léourier. « La Longue Patience de la forêt. »
Je vous ai donné toute l’herbe par Christian Léourier

Fiche de Je vous ai donné toute l’herbe
Titre : Je vous ai donné toute l’herbe
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2022
Editeur : Bélial
Première page de Je vous ai donné toute l’herbe
« Même sans le secours du traceur individuel de Dan, l’unité n’aurait éprouvé aucune difficulté à le localiser. Elle le trouva sans surprise le dos calé contre un rocher enluminé par le lichen, les pieds appuyés sur deux pierres émergeant de la mousse, face à la désolation ocre de l’Extérieur. Il ne bougeait pas. On aurait pu croire qu’il dormait pour se reposer de la longue marche qui l’avait mené jusqu’ici. Ce n’était pas le cas : ses yeux demeuraient grands ouverts. Sans doute, le regard perdu dans le vague, ruminait-il une de ses innombrables questions. Depuis sa plus tendre enfance, Dan avait un don pour les spéculations qu’il ne savait pas résoudre. De ce point de vue, l’adolescence n’avait rien arrangé, au contraire.
Pour atteindre les Confins en partant de la Structure, il avait traversé tour à tour le Jardin, puis la futaie, la savane, la prairie et enfin l’épais tapis de mousse verte qui, ceinturant la Zone, constituait l’avant-garde de la conquête. »
Extrait de : C. Léourier. « Je vous ai donné toute herbe. »
Helstrid par Christian Léourier

Fiche de Helstrid
Titre : Helstrid
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 2019
Editeur : Bélial
Première page de Helstrid
« Parfois, Vic s’interrogeait : pourquoi diable avait-il échoué sur Helstrid ? Il reconnaissait sans vergogne avoir, comme tous les volontaires qui s’y étiolaient, succombé à l’appât du gain: cinq années d’activité sur la base, temps terrestre, permettait d’engranger plus qu’il aurait touché dans une vie sur la Terre, à supposer qu’il ait déniché un emploi un tant soit peu durable. Il lui arrivait aussi de s’inventer des mobiles plus nobles : la curiosité, l’appel de l’aventure, l’exaltant sentiment d’appartenir à l’élite qui participait à l’expansion de l’espèce humaine, en somme tout ce ronflant galimatias qui nourrit les campagnes de recrute-ment et les discours
officiels, ce vernis si chatoyant qu’on finissait par y souscrire en toute bonne foi à défaut de lucidité. »
Extrait de : C. Léourier. « Helstrid. »
L’aventure de la cité ultime par Sylvie Denis

Fiche de L’aventure de la cité ultime
Titre : L’aventure de la cité ultime
Auteur : Sylvie Denis
Date de parution : 2012
Editeur : Bélial
Première page de L’aventure de la cité ultime
« Même sans consulter mes notes, je me souviens de cet hiver-là. À la mi-janvier, un froid sibérien s’installa sur Londres avec, semblait-il, l’intention de persister jusqu’à ce qu’ours polaires et loups des steppes viennent prendre leurs quartiers dans nos parcs. N’exerçant pas encore, je restais au coin du feu et me réjouissais de ne pas avoir à suivre Sherlock Holmes dans les rues polies par le verglas et récurées par le vent.
Pensée que je ne tardai pas à regretter.
Depuis deux semaines, Holmes installait chaque matin sa longue silhouette dans son fauteuil, devant la table du petit déjeuner, avalait une bouchée d’œufs au bacon et deux gorgées de café, puis lisait les journaux et les jetait loin de lui avec un soupir exaspéré. »
Extrait de : S. Denis. « L’Aventure de la cité ultime. »
Les escargots se cachent pour mourir par M. Pagel

Fiche de Les escargots se cachent pour mourir
Titre : Les escargots se cachent pour mourir
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 2003
Editeur : Bélial
Première page de Les escargots se cachent pour mourir
« Comme d’habitude, j’étais sous la douche lorsque le téléphone sonna. Je m’aspergeai vivement pour chasser le savon qui me recouvrait et reposai le pommeau au fond du bac. Quand je me redressai, mon crâne frappa avec un bruit harmonieux la tablette de céramique où aurait dû se trouver ma savonnette.
Je posai le pied sur le carrelage humide de la salle de bains en me frottant vigoureusement la tête. Je me rendis alors compte que j’avais oublié de rincer le shampooing. Une brûlure désagréable envahit mes yeux que je fermai illico. Voilà sans doute pourquoi je ne remarquai pas la savonnette tombée par terre, posai le pied dessus, partis en arrière et me retrouvai sur les fesses après avoir exécuté un splendide saut périlleux.
La journée commençait mal. »
Extrait de : M. Pagel. « Les Escargots se cachent pour mourir. »
La maison des soleils par A. Reynolds

Fiche de La maison des soleils
Titre : La maison des soleils (Tome 2 sur 2 – Maison des soleils)
Auteur : A. Reynolds
Date de parution : 2008
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Bélial
Première page de La maison des soleils
« J’ai vu le jour dans une maison d’un million de pièces, bâtie sur un petit monde dépourvu d’air aux confins d’un empire de lumière et de négoce que les adultes appelaient l’Heure d’or, pour une raison qui m’échappait.
J’étais alors une fille, un individu unique du nom d’Abigail Gentian.
Durant les trente années de mon enfance, je n’ai guère vu qu’une fraction de cette vaste demeure pleine de coins et de recoins en constante évolution. Même si j’ai grandi et gagné le droit d’aller où il me plaisait, je ne pense pas en avoir exploré plus d’un centième. J’étais intimidée par les longs couloirs austères de verre miroir, les escaliers en colimaçon issus des caveaux obscurs que même les grandes personnes évitaient, les pièces et les salles réputées — même si les adultes et les domestiques n’en parlaient jamais — hantées ou du moins peu propices à davantage qu’une occupation éphémère. »
Extrait de : A. Reynolds. « La Maison des soleils. »