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Blanche et le vampire de Paris par Hervé Jubert

Fiche de Blanche et le vampire de Paris
Titre : Blanche et le vampire de Paris (Tome 3 sur 3 – Blanche)
Auteur : Hervé Jubert
Date de parution : 2007
Editeur : Albin Michel
Première page de Blanche et le vampire de Paris
« Le vieillard en manteau long et à la toque en peau de castor s’arrêta au pied de la tour de la Boucherie. Il observa les bourgeoises, les ménagères, les ouvrières et autres demoiselles de Paris. Emmitouflées et pressées. Aux yeux verts, bleus et marron, mais aucun de l’éclat de ceux qu’il cherchait.
L’homme prit la direction des Grands Boulevards. Arrivé à l’Opéra-Comique, il fit demi-tour pour se laisser rejeter sur l’avenue dont le point de fuite était le Louvre. Il salua une promeneuse au chapeau nacarat. En voyant ce Scapin décrépit lui adresser un signe de tête, l’élégante fit la bouche en cul-de-poule.
Le vieillard passa sous le guichet du Louvre, longea les ruines du palais des Tuileries toujours pas déblayées, remonta la Seine en direction de la Samaritaine. Pas la pompe qu’il avait connue enfant, démontée depuis belle lurette, mais le grand magasin.
Il écumait ces terrains de chasse comme le Bon-Marché, la Belle-Jardinière ou les Magasins du Louvre depuis près de deux ans, depuis la fin des événements, depuis que les choses étaient rentrées dans l’ordre. »
Extrait de : H. Jubert. « Blanche et le vampire de Paris. »
Blanche et l’oeil du grand khan par Hervé Jubert
Fiche de Blanche et l’oeil du grand khan
Titre : Blanche et l’oeil du grand khan (Tome 2 sur 3 – Blanche)
Auteur : Hervé Jubert
Date de parution : 2006
Editeur : Albin Michel
Première page de Blanche et l’oeil du grand khan
« La verrière montrait une nuit sans lune. Les cris, les couleurs et les odeurs composaient une fresque perceptible par fragments. Ici, des êtres humains s’apostrophaient violemment. Là, des amis de la ténèbre se cachaient. Ailleurs, des animaux étaient emprisonnés, comme elle, dans des rêves en osier avec des nœuds de paille pour serrures.
– Les Halles, murmura Marie, reconnaissant l’endroit.
Tous les acteurs étaient réunis pour jouer la comédie du ventre de Paris. Les forts avec leurs chapeaux enduits de blanc d’Espagne et leurs colletins en velours d’Utrecht. Les vendeuses en robes et fichus. Les vagabonds en habits d’arlequin. Les îlotiers que leurs capotes transformaient en triangles pendulaires.
Un agent de la maréchaussée la remarqua. Marie se glissa dans un escalier qui menait au sous-sol d’un des pavillons. Ne pas me faire arrêter, pensait-elle. Tout sauf le Dépôt. Cela faisait pourtant belle lurette qu’on ne l’y avait jetée. »
Extrait de : H. Jubert. « Blanche et l’oeil du grand khan. »
Blanche ou la triple contrainte de l’enfer par Hervé Jubert
Fiche de Blanche ou la triple contrainte de l’enfer
Titre : Blanche ou la triple contrainte de l’enfer (Tome 1 sur 3 – Blanche)
Auteur : Hervé Jubert
Date de parution : 2005
Editeur : Albin Michel
Première page de Blanche ou la triple contrainte de l’enfer
« L’homme fut surpris par l’orage alors que deux lieues de bois profonds l’entouraient de toutes parts. La pluie se mit à tomber dru en même temps que le premier éclair qu’il situa du côté de Joinville. Il était trop tard pour faire demi-tour. Et ç’aurait été trop bête, si près du but. Il rabattit le capuchon de sa cape sur sa tête, en serra le nœud, raffermit sa prise sur son bâton de marche et siffla entre ses dents pour appeler le lynx.
L’animal sauta d’un arbre tout proche à ses pieds. Son poil fauve se dressait sous l’effet de l’électricité qui saturait l’atmosphère. Son museau barbouillé de sang indiquait qu’un rongeur inoffensif venait de croiser sa route.
– Au vieux chêne, enjoignit l’homme. Et par le chemin le plus court.
Le lynx ouvrait la marche avec assurance. Iouri le suivait, courbant l’échine à chaque éclair. Heureusement, de grandes zones du bois de Vincennes avaient été arasées et abandonnées aux buissons et à la friche. Un bosquet dessinait une barre plus noire que le ciel droit devant eux. Il suffisait de le traverser pour atteindre le vieux chêne, au bord du lac des Minimes, au cœur de cette forêt où les égorgeurs des barrières hésitaient à se rendre. »
Extrait de : H. Jubert. « Blanche ou la triple contrainte de l’enfer. »