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Nouvelles mille et une nuits par Robert-Louis Stevenson

Fiche de Nouvelles mille et une nuits

Titre : Nouvelles mille et une nuits
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1882
Traduction :
Edition : BnF

Sommaire de Nouvelles mille et une nuits

  • Le club du suicide
  • Le diamant du rajah

Première page de Le club du suicide

« Lors de son séjour, à Londres, le prince Florizel de Bohême conquit l’affection de toutes les classes de la société par le charme de ses manières, la culture de son esprit et sa générosité. Ce qu’on savait de lui suffisait à révéler un homme supérieur ; encore ne connaissait-on qu’une bien petite partie de ses actes. Malgré son calme apparent dans les circonstances ordinaires de la vie et la philosophie avec laquelle il considérait toutes les choses de. ce monde, le prince de Bohême aimait l’aventure, et ses goûts sous ce rapport ne cadraient guère avec le rang où l’avait placé sa naissance.
De temps en temps, lorsqu’il n’y avait de pièce amusante à voir dans aucun des théâtres de Londres, lorsque la saison n’était favorable ni à la chasse ni à la pêche, ses plaisirs de prédilection, il proposait à son grand écuyer, le colonel Geraldine, une excursion nocturne. Geraldine
était la bravoure même ; il accompagnait volontiers son maître. »

Extrait de : R.-L. Stevenson. « Nouvelles Mille et Une Nuits. »

Le roman du Prince Othon par Robert-Louis Stevenson

Fiche de Le roman du Prince Othon

Titre : Le roman du Prince Othon
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1885
Traduction :
Edition : BnF

Première page de Le roman du Prince Othon

« Vous chercheriez en vain sur la carte d’Europe l’État de Grunewald. Principauté indépendante et membre infinitésimal de l’Empire d’Allemagne, ayant joué pendant quelques siècles son rôle dans les discordes européennes, elle disparut enfin à la maturité des âges et sous la baguette magique de certains diplomates déplumés, comme disparaît un spectre à l’aube. Moins fortunée que la Pologne, elle n’a légué aucun regret à la mémoire des hommes, et jusqu’au souvenir même de ses frontières s’est effacé.

C’était un lambeau de territoire montagneux, couvert d’épaisses forêts. Maints cours d’eau prenaient naissance dans ses vallons, et animaient ses moulins. Elle possédait une ville, Mittwalden, et nombre de hameaux, se reliant entre eux çà et là au-dessus des torrents par un pont couvert, et dont les toits bruns et rouges semblaient grimper les uns sur les autres le long de la montée ardue. »

Extrait de : R.-L. Stevenson. « Le Roman du Prince Othon. »

A la pagaie par Robert-Louis Stevenson

Fiche de A la pagaie

Titre : A la pagaie
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1878
Traduction :
Edition : BnF

Première page de A la pagaie

« Nous produisîmes une grande agitation dans les docks d’Anvers. Un arrimeur et un groupe de portefaix des docks enlevèrent nos deux « canoës » et coururent à l’embarcadère. Derrière eux venait une foule d’enfants, poussant des hourras. La Cigarette partit au milieu d’un clapotis de petites vagues qui se brisaient. L’instant d’après, l’Aréthuse la suivait. Un vapeur descendait le fleuve ; des hommes, sur le tambour, crièrent de rauques avertissements, l’arrimeur et ses portefaix, sur le quai, nous braillaient de prendre garde. Mais, en quelques coups de pagaie, les canoës étaient hors d’atteinte au milieu de l’Escaut, et nous laissions derrière nous tous les vapeurs, et les arrimeurs et les autres vanités du rivage.
Le soleil brillait d’un vif éclat ; la marée faisait gaillardement ses quatre milles à l’heure :
le vent soufflait régulièrement avec, de temps en temps, des rafales. Pour ma part, je n’avais jamais été de ma vie à la voile dans un canoë, et ma première expérience, au beau milieu de ce large fleuve, ne se faisait pas sans me causer quelque appréhension. »

Extrait de : R.-L. Stevenson. « À la pagaie. »

Voyage de fiançailles au XXe siècle par Albert Robida

Fiche de Voyage de fiançailles au XXe siècle

Titre : Voyage de fiançailles au XXe siècle
Auteur : Albert Robida
Date de parution : 1892
Editeur : BnF

Première page de Voyage de fiançailles au XXe siècle

« Vers le commencement de l’année 1954, le jeune Georges Lorris, charmant garçon pourtant, causa d’assez ennuyeuses préoccupations à M. Philoxène Lorris son père, à l’illustre Philox-Lorris, comme on l’appelle par abréviation, — l’une
des plus hautes figures de la grande industrie scientifique, l’inventeur de tant de grandes choses, comme notre précieux téléphonoscope, comme les tubes électriques qui ont remplacé les lignes ferrées d’antan, comme l’aérofléchette, la dernière simplification de la lourde aéronef des commencements de la navigation aérienne, — l’illustre chimiste qui vient de découvrir enfin et se propose de propager par culture et inoculation l’inestimable microbe de la santé, bacille en double, virgule solidement armé pour la lutte, agile et féroce ennemi des autres microbes, — le grand homme qui bouleverse actuellement toutes les vieilles traditions et tous les systèmes militaires, en inaugurant, après l’ère des engins effroyables et des explosifs terrifiants que nous venons de traverser, l’ère de la guerre miasmatique faite par le corps médical offensif, aidé de quelques régiments venant en seconde ligne pour ramasser, les ennemis malades et recueillir le fruit des victoires. »

Extrait de : A. Robida. « Voyage de fiançailles au XXe siècle. »

Mesdames nos aïeules par Albert Robida

Fiche de Mesdames nos aïeules

Titre : Mesdames nos aïeules
Auteur : Albert Robida
Date de parution :
Editeur : BnF

Première page de Mesdames nos aïeules

« Il n’y a de nouveau dans ce monde que ce qui a suffisamment vieilli, a dit, non pas un grand philosophe mais une femme, la couturière de Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon Bonaparte, consul de la République française, lequel pensait de même, puisqu’il ressuscita l’Empire de Rome.
Et conformément à cet axiome profond, la couturière de Joséphine montait ou plutôt descendait chercher très loin dans le passé, chez mesdames les Grecques et les Romaines, les nouveautés élégantes vieilles de deux mille années, destinées à tourner la tête des salons et promenades de Paris, à charmer les Parisiennes et aussi les Parisiens, et à faire le tour du monde enfin, tout comme les pompons, les baïonnettes et les drapeaux des voltigeurs français de la même époque, qui furent des touristes forcenés. »

Extrait de : A. Robida. « Mesdames nos aïeules. »

La part du hasard par Albert Robida

Fiche de La part du hasard

Titre : La part du hasard
Auteur : Albert Robida
Date de parution : 1888
Editeur : BnF

Première page de La part du hasard

« D’une voiture arrêtée sous un bec de gaz de la rue Bonaparte, Eugène Gardel venait de descendre, Ses hautes guêtes bouclées jusqu’aux genoux, son chapeau de feutre à larges ailes, le havresac tenu par un bras passé dans les courroies et l’immense parapluie à pique, décoloré et fané par beaucoup de soleils et beaucoup de pluies, de bourrasques et de temps gris, indiquaient suffisamment un peintre et un paysagiste.
Il aidait déjà le cocher à, faire glisser de l’impériale du fiacre une grande caisse de peintre, en simple sapin, assez vaste pour contenir les effets son propriétaire et ses couvres. La caisse était, lourde ; ou bien Gardel possédait une considérable
garde-robe, ou il avait beaucoup travaillé ; le cocher qui l’aidait à la hisser jusqu’à son quatrième étage, le dernier de la maison, grenier à part, murmura dès le premier palier, grommela au second ; grogna au troisième et jura au quatrième, en arrivant écarlate et essoufflé à la porte de son voyageur. »

Extrait de : A. Robida. « La Part du hasard. »

Notes d’un voyage dans l’ouest de la France par Prosper Mérimée

Fiche de Notes d’un voyage dans l’ouest de la France

Titre : Notes d’un voyage dans l’ouest de la France
Auteur : Prosper Mérimée
Date de parution : 1836
Editeur : BnF

Première page de Notes d’un voyage dans l’ouest de la France

« La cathédrale de Chartres est trop connue par de bonnes monographies pour que j’essaie d’en donner une description nouvelle. Dans ma précédente tournée, j’ai eu l’honneur de vous adresser un rapport sur la situation de ce magnifique monument ; je vous ai particulièrement signalé la nécessité de réparer les toitures et les balustrades des galeries extérieures. Depuis, des accidens graves se sont manifestés1, et en quelques endroits les voûtes mêmes ont paru compromises. Sachant combien serait coûteuse la réparation complète d’un édifice aussi vaste, je ne demandais que les moyens d’arrêter les progrès de la destruction. Si, comme je le suppose, le département de l’intérieur ne pouvait prendre à sa charge toute la dépense nécessaire, je vous prierai de nouveau de vouloir bien appeler sur l’urgence des réparations toute la sollicitude de votre collègue M. le ministre des cultes.
Les dates de la construction de Notre-Dame de Chartres sont imparfaitement connues, et ce qu’on possède de renseignemens historiques semblent en contradiction avec les caractères architectoniques du monument. »

Extrait de : P. Mérimée. « Notes d’un voyage dans l’ouest de la France. »

Notes d’un voyage en Auvergne par Prosper Mérimée

Fiche de Notes d’un voyage en Auvergne

Titre : Notes d’un voyage en Auvergne
Auteur : Prosper Mérimée
Date de parution : 1838
Editeur : BnF

Première page de Notes d’un voyage en Auvergne

« Il ne paraît pas douteux que la ville actuelle de Bourges n’occupe l’emplacement de l’antique Avaricum ; on ne doit point s’attendre pourtant à retrouver aujourd’hui des monuments de la cité des Bituriges. Si l’armée de César avait laissé quelque chose à détruire, la civilisation romaine, encore plus puissante, aurait bientôt promené son niveau sur ces vestiges d’un temps de liberté. L’inscription suivante prouve que, dès le premier siècle de notre ère, Avaricum était devenu une ville romaine.

On voit dans les caves de plusieurs maisons de Bourges quantité de blocs de pierre sculptés, employés dans des constructions plus ou moins modernes. Parmi ces débris, quelques fragments d’une frise couverte d’armures, et des bas-reliefs mutilés paraissent avoir fait partie d’un arc de triomphe ; enfin une certaine étendue des murs de l’enceinte actuelle atteste encore une origine romaine. »

Extrait de : P. Mérimée. « Notes d’un voyage en Auvergne. »

Notes d’un voyage en Corse par Prosper Mérimée

Fiche de Notes d’un voyage en Corse

Titre : Notes d’un voyage en Corse
Auteur : Prosper Mérimée
Date de parution : 1841
Editeur : BnF

Première page de Notes d’un voyage en Corse

« Je n’hésite point à rapporter à une époque antérieure à l’établissement des Romains dans là Corse quelques monuments d’origine inconnue, et absolumeut analogues à ceux qu’en France ou en Angleterre on nommerait druidiques ou celtiques. Si, dans notre pays, on est embarrassé pour assigner une date à leur construction, à plus forte raison l’incertitude redouble lorsqu’on les rencontre dans une île assez éloignée du continent celtique, et qui n’a eu que fort tard des relations connues avec des peuples du Nord.

Déjà M. Mathieu, capitaine d’artillerie, avait signalé un dolmen dans la vallée du Taravo ; mais l’existence d’un semblable monument, en Corse, avait quelque chose de si improbable à mes yeux que je balançais à entreprendre une excursion pour m’en assurer. »

Extrait de : P. Mérimée. « Notes d’un voyage en Corse. »

La chambre bleue par Prosper Mérimée

Fiche de La chambre bleue

Titre : La chambre bleue
Auteur : Prosper Mérimée
Date de parution : 1871
Editeur : BnF

Première page de La chambre bleue

« Un jeune homme se promenait d’un air agité dans le vestibule d’un chemin de fer. Il avait des lunettes bleues, et quoiqu’il ne fût pas enrhumé, il portait sans cesse son mouchoir à son nez. De la main gauche il tenait un petit sac noir qui contenait, comme je l’ai appris plus tard, une robe de chambre de soie et un pantalon turc.

De temps en temps il allait à la porte d’entrée, regardait dans la rue, puis tirait sa montre et consultait le cadran de la gare. Le train ne partait que dans une heure, mais il y a des gens qui craignent toujours d’être en retard. Ce train n’était pas de ceux que prennent les gens pressés : peu de voitures de première classe. L’heure n’était pas celle qui permet aux agents de change de partir après les affaires terminées, pour dîner dans leur maison de campagne. »

Extrait de : P. Mérimée. « La chambre bleue. »