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Le tambour d’angoisse par B. R. Bruss

Fiche de Le tambour d’angoisse

Titre : Le tambour d’angoisse
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1973
Editeur : Néo

Première page de Le tambour d’angoisse

« — John Belfry ?
— Mort.
— James Higgins ?
— Mort.
— Théobald Malcolm ?
— Mort.
— Mary Summer ?
— Morte.
Je répondais d’une voix éteinte, et cela devait ressembler à une litanie. J’étais au bord de l’évanouissement, mais je voyais le visage de David Clisson se crisper un peu plus chaque fois que je laissais tomber le petit mot terrible, toujours le même.
Clisson était assis derrière sa table. Dans le baraquement qui lui servait de bureau, tout était propre et net. Par une fenêtre, on apercevait une étendue morne et à demi désertique. Au premier plan, de gros camions montés sur chenilles. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Le Tambour d’Angoisse. »

Le soleil s’éteint par B. R. Bruss

Fiche de Le soleil s’éteint

Titre : Le soleil s’éteint
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le soleil s’éteint

« Vénus… Poste 110-8 B-30… Vénus… M’entendez-vous ?… Répondez, je vous prie…

Rien… Rien d’autre qu’un faible grésillement dans les écouteurs.

Elf Blend secoua la tête, d’un air désespéré. Il resta encore un moment, le casque d’écoute sur la tête. Il s’efforça de ne plus penser à rien, de devenir aussi impersonnel, aussi monotone, aussi dépourvu de signification que le petit bourdonnement qui pénétrait dans ses oreilles. Il répéta machinalement :

Vénus, répondez… Rien, toujours rien.

Il interrompit le contact et enleva son casque d’un geste presque coléreux, puis le posa devant lui sur la table.

Il resta un instant immobile, en proie à des pensées de plus en plus lourdes, de plus en plus insupportables. Machinalement, il regarda sa montre. »

Extrait de : BR Bruss. « Le soleil s’eteint. »

Le mystère des sups par B. R. Bruss

Fiche de Le mystère des sups

Titre : Le mystère des sups
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1967
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le mystère des sups

« Surno Maaler était un jeune homme de vingt-quatre ans, assez grand, très brun, plutôt maigre, mais néanmoins musclé. Son visage exprimait à la fois l’énergie, l’intelligence et une certaine mélancolie. Il avait de magnifiques yeux noirs.

Il achevait ses études à l’École d’Aéronautique de Souand, une grande ville située non loin de l’endroit où s’élevait autrefois Genève, et près du lac qui avait porté ce même nom. Il venait de regagner la maison familiale, après une longue journée de travail dans un laboratoire.

Près de lui, sur le divan où il était assis, se tenait sa sœur, Gola. Elle avait vingt-trois ans. Elle lui ressemblait beaucoup : mêmes cheveux et mêmes yeux noirs, même expression d’intelligence et de mélancolie. C’était une fille très belle et qui portait avec élégance le classique costume des élèves des grandes écoles : une combinaison de tissu synthétique de couleur bleue, avec des parements jaunes. »

Extrait de : BR Bruss. « Le Mystère des Sups. »

Le mur de la lumière par B. R. Bruss

Fiche de Le mur de la lumière

Titre : Le mur de la lumière
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1962
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le mur de la lumière

« L’homme marchait sur une sorte de mousse rouge, de mousse écarlate, très élastique et qui tapissait le sol à perte de vue. Il marchait depuis une heure, et il commençait à se dire :

« C’est stupide… Je ne sais pas où je suis… Je ne sais pas où je vais… Je ne sais pas ce que je trouverai… »

Il s’arrêta et regarda autour de lui. Partout les mêmes espaces, recouverts de ces étranges végétaux rouges. Sur la gauche, mais assez loin, quelque chose qui ressemblait à une chaîne de montagnes, à une succession de collines arrondies, rouges elles aussi. Devant lui, plus près – à deux kilomètres, peut-être – une forêt, en tout cas une masse de végétaux beaucoup plus hauts et d’un rouge plus sombre que la mousse. Sur la droite, d’autres collines, très loin, celles-là. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Le mur de la lumère. »

Le mort qu’il faut tuer par B. R. Bruss

Fiche de Le mort qu’il faut tuer

Titre : Le mort qu’il faut tuer
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le mort qu’il faut tuer

« J’étais, en cette fin d’après-midi, dans mon cabinet médical. Le dernier client venait de partir. La sonnerie du téléphone retentit.
Je pensai que c’était Lucie, ma fiancée. Quand elle voulait m’inviter à dîner chez ses parents, elle m’appelait toujours vers cette heure-là. Je décrochai.
— Docteur Blaine ?
— C’est moi.
J’avais reconnu aussitôt la voix du professeur. Une voix assez sèche, et pourtant plutôt musicale, une voix distante, un peu hautaine, et pourtant affable.
— Vous n’êtes pas souffrant, professeur ? demandai-je.
— Nullement. Je vais me tuer dans deux minutes. Je tenais à en aviser quelqu’un. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Le mort qu’il faut tuer. »

Le grand Kirn par B. R. Bruss

Fiche de Le grand Kirn

Titre : Le grand Kirn
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1958
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le grand Kirn

« Si je n’ai pas apporté plus tôt mon témoignage écrit – alors que pourtant, de tous côtés, on me pressait de le faire – sur les événements singuliers et dramatiques dont notre planète a été le théâtre en 1996 et 1997, c’est parce que depuis trois ans, à la suite du terrible choc nerveux que j’avais subi, je me trouvais hors d’état de tenir une plume et de rassembler mes idées.

Complètement guéri aujourd’hui, je considère qu’il est de mon devoir d’apporter ma contribution à l’histoire d’une période dont bien des aspects demeurent encore obscurs pour le grand public.

À la vérité, je n’apprendrai rien d’essentiel à personne. Les faits, dans leur ensemble, sont archiconnus. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Le grand Kirn. »

Le grand feu par B. R. Bruss

Fiche de Le grand feu

Titre : Le grand feu
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1964
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le grand feu

« – J’ai faim, dit Fristliss.
Sa mère ne répondit pas. Elle était en train de regarder par-dessus le rebord de l’espèce de balcon. Mais ce qu’elle voyait ne l’intéressait guère. Il y avait si longtemps qu’elle contemplait ainsi le paysage, qu’elle finissait par ne plus le voir.
– J’ai faim, répéta Fristliss.
– Patiente encore un peu.
Elle eut un mouvement d’humeur, un petit geste d’irritation qui fit craquer ses jointures.
– Ça fait au moins deux ans que je n’ai pas mangé, dit Fristliss. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Le grand feu. »

Le cri des Durups par B. R. Bruss

Fiche de Le cri des Durups

Titre : Le cri des Durups
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1962
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le cri des Durups

« Brasdin passa sa tête dans l’entrebâillement de la porte. Assis devant une petite table, dans la minuscule cabine qui servait à la fois de salon, de salle à manger et de fumoir, Joe Koel, le commandant du Pluhuc et Rad Bissis, son second, buvaient du tila tout en mangeant des espèces d’amandes grillées.

— Quoi ? demanda Joe. Qu’est-ce que tu veux ?

— Je ne vous dérange pas ? fit Dob Brasdin, qui était timide et redoutait les colères de Koel.

— Est-ce qu’on dérange les gens quand ils sont en train de boire du tila ? En veux-tu un verre ? Alors, qu’est-ce qui se passe ?

— J’en veux bien un verre, capitaine, dit Brasdin. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Le cri des Durups. »

Le bourg envoûté par B. R. Bruss

Fiche de Le bourg envoûté

Titre : Le bourg envoûté
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1964
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le bourg envoûté

« Je crois aux forces occultes. Je crois à la prédestination. Je crois que certains êtres sont marqués d’avance pour être mêlés à des événements étranges, et que certains lieux le sont aussi, où fatalement ces événements se déroulent.
Je crois que tout autre que moi qui serait allé cette année-là à Guilclan, qui y aurait fait le même séjour et fréquenté les mêmes gens, n’aurait pourtant pas vu sa vie bouleversée de fond en comble comme le fut la mienne.
Il y a de cela bien longtemps…
Je m’appelle Jack Deans. Mon nom n’est peut-être pas inconnu de ceux qui, il y a une quarantaine d’années, se montraient amateurs de littérature dite « fantastique ». Ce genre d’écrits a toujours eu une certaine vogue en Grande-Bretagne. »

Extrait de : B. R. Bruss. « Le bourg envouté. »

La planète introuvable par B. R. Bruss

Fiche de La planète introuvable

Titre : La planète introuvable
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1968
Editeur : Fleuve noir

Première page de La planète introuvable

« Fred Boger, sous-directeur du Centre d’Ethnologie spatiale – un des organismes rattachés à l’institut galactique des Sciences – était un homme de quarante ans, petit, chauve, peu impressionnant, mais à l’œil singulièrement éveillé.

Il examinait à là loupe une bizarre statuette lorsque sa secrétaire, une grande rousse fortement charpentée, entra dans son bureau. Elle avait sous le bras un volumineux dossier et tenait à la main gauche un de ces gros coffrets bleus dans lesquels on portait d’un service à un autre les documents audio-visuels : enregistrements, photos, microfilms, voire des objets de petite dimension. Elle posa le tout sur la grande table devant Fred Boger qui lui demanda :

— Qu’est-ce que c’est que tout ça ?

— Affaire de la planète 1544 de B 60.

— Un dossier aussi volumineux pour une seule affaire ?

— Oui, monsieur. Il nous a été envoyé par le directeur local de nos services du secteur galactique XIV. »

Extrait de : B. R. Bruss. « La planète introuvable. »