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Le rideau de brume par André Caroff

Fiche de Le rideau de brume
Titre : Le rideau de brume
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le rideau de brume
« Sur la base de Oxima, capitale de la planète Obicera, reine de la 612e galaxie, le vaisseau cosmique Itanamo décolla doucement Il s’éleva ainsi jusqu’à l’ultime plate-forme de contrôle automatique stabilisée à deux mille biocromètres du sol, subit l’examen sans anicroche et, ayant reçu le feu vert, il franchit l’invisible barrière magnétique, libéra la fantastique puissance de son moteur hyperlumière et se fondit en un clin d’œil dans le, système stellaire.
Au sol, dans la salle de supervision, le superaid Alag Micos suivait personnellement la -trajectoire, de Itanamo sur les écrans télé-radars. Le vaisseau se trouvait déjà à trois millions de biocromètres de Obicera et atteindrait probablement la mystérieuse planète Varne en fin de journée.
Varne demeurait la grande inconnue de la 612e galaxie et on ignorait tout d’elle, sauf qu’elle était sans aucun doute possible la dernière de la centaine de milliard d’étoiles formant le système stellaire entourant Obicera. Au-delà, il y avait évidemment d’autres galaxies, mais, malgré les progrès de la science, les galaxitromes obicerates n’avaient pu percer le secret du néant plus loin que la planète Varne. La 612e galaxie n’étant constituée que de planètes mortes, on espérait simplement que Varne serait habitée, mais rien n’était moins sûr. »
Extrait de : A. Caroff. « Le rideau de brume. »
Le guêpier de Genève par André Caroff
Fiche de Le guêpier de Genève
Titre : Le guêpier de Genève
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1967
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le guêpier de Genève
« Le Trans-Europ-Express Helvetia filait dans la nuit glaciale de mars à sa vitesse de pointe. Le vent sifflait le long de ses flancs métalliques, le froid givrait ses vitres, mais ses passagers, confortablement installés dans les wagons climatisés, baignaient dans la tiédeur.
Dans son compartiment, Otto Begleiter paraissait somnoler. Il occupait le coin situé près de la vitre, dans le sens de la marche du train, n’en avait pratiquement pas bougé depuis Hambourg.
Comme cela, il ressemblait à un gros chat inoffensif. En réalité, personne n’était plus attentif ni plus dangereux que lui.
Otto approchait de la cinquantaine, travaillait depuis de longues années pour le compte de la Central Intelligence Agency et accomplissait actuellement sa trentième mission. Autant dire qu’il connaissait à fond son métier, que rien ne saurait le prendre au dépourvu, même pas l’imprévisible. Pourtant, et malgré la confiance qu’il avait en lui, Otto n’était pas, cette fois-ci, complètement décontracté. »
Extrait de : A. Caroff. « Le guêpier de Genève. »
Le camp du serpent par André Caroff

Fiche de Le camp du serpent
Titre : Le camp du serpent
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1967
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le camp du serpent
« Le capitaine Trask, de la 101e brigade aéroportée, regardait par la fenêtre. Entre celle-ci et la rue, il y avait des barbelés, un filet anti-grenade, des sentinelles supervisées par une équipe de M.P.
Entre deux aréquiers, aux troncs cannelés, minces, supportant péniblement leurs grappes de fruits verts, Trask apercevait un coin de ciel dévoré par la nuit. Une nuit chaude de Saigon, aux senteurs lourdes, toute vibrante de stridulations d’insectes. Au-delà des barbelés, une bicyclette passa. Sa dynamo ronronnait doucement, comme un chaton, et sa lanterne clignotante traçait sur le sol un chemin sinueux comme une trace de reptile. C’était une grosse bicyclette avec des pneus-ballon. Sur la selle, le père pédalait et tenait le guidon. La mère, en tunique et en pantalon de soie, trônait sur le porte-bagages. Souvent, elle penchait la tête pour surveiller les deux marmots placides assis sur le cadre, entre les jambes et les bras du père. »
Extrait de : A. Caroff. « Le camp du serpent. »
Le bagne de Rostos par André Caroff
Fiche de Le bagne de Rostos
Titre : Le bagne de Rostos
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le bagne de Rostos
« Lorsque les gardes les réveillèrent à coups de fouet, Ran Serco fut l’un des premiers à sauter de sa couchette. Si ses comptes étaient justes, il devait être là depuis environ quatre années. Laps de temps largement suffisant pour savoir que toute résistance était inutile au bagne de Rostos.
Les hommes s’habillèrent, se mirent en rangs par deux. Sur quelques couchettes, des formes immobiles gisaient pour l’éternité. Il en était ainsi chaque matin. Les malades trépassaient au cours de la nuit, généralement sans une plainte tant était grande leur faiblesse, et, quand les bagnards rentraient quinze heures plus tard, les équipes spécialisées avaient fait place nette.
On pensait au matin quand on se levait, au soir lorsqu’on se couchait. C’était par habitude, pour donner un nom au temps. En fait, aucun des bagnards n’avait revu la lumière du ciel depuis sa descente dans les mines. Ran Serco pas plus que les autres. Il pensait être prisonnier depuis quatre ans, il supposait travailler pendant une quinzaine d’heures, mais cela n’était qu’estimations approximatives. »
Extrait de : A. Caroff. « Le bagne de Rostos. »
La planète infernale par André Caroff

Fiche de La planète infernale
Titre : La planète infernale
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de La planète infernale
« Le vaisseau évoluait à une distance considérable de Nitos quand les téléradars signalèrent sa présence. Au nuitoscope, les observateurs du mont Dilma tentèrent de l’identifier, obtinrent rapidement la certitude que cette nef cosmique n’appartenait pas à la confédération et, comme toujours en pareil cas, le Conseil Supérieur de Nitos donna l’ordre d’intercepter le bâtiment.
Le vaisseau mystérieux pouvait être en perdition, mais pouvait également appartenir à une flotte pirate ayant jeté son dévolu sur les bâtiments marchands de la Galaxie. En conséquence, la patrouille d’interception décida d’éviter le combat et de capturer l’étranger en établissant sur sa lente trajectoire une barrière négative. Formée d’énergie pure inversée, cette barrière avait la propriété de paralyser toutes les sources d’énergie positive pour un laps de temps variable, au gré de son utilisateur.
Le croiseur inconnu pénétra dans l’indécelable zone génératrice d’inertie et, instantanément, ses propulseurs s’arrêtèrent tandis que son équipage tombait en catalepsie. »
Extrait de : A. Caroff. « La planète infernale. »
La guerre des Nosiars par André Caroff

Fiche de La guerre des Nosiars
Titre : La guerre des Nosiars
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir
Première page de La guerre des Nosiars
« Philippe Brun remarqua l’homme pour trois raisons bien précises, mais de peu d’importance. Un : il était grand, au moins un mètre quatre-vingts. Deux : il était bronzé, bien que l’on fût en novembre. Trois : Philippe avait l’esprit vacant car les clients ne s’écrasaient pas dans son magasin d’articles de sport.
L’homme examina un instant la vitrine, puis s’en alla. Philippe se plongea dans ses comptes. Les affaires n’étaient pas fameuses, juste satisfaisantes pour la saison. De toute façon, la fortune n’était pas pour demain. Philippe alluma une cigarette, grimaça. Dans cette boutique, il se sentait vieillir sur pied. Acheter le fonds avait été un moyen intelligent de placer son argent, mais cette existence trop casanière lui pesait. Ancien coureur automobile, il regrettait l’ambiance des circuits, des ateliers de mécanique, le grondement des moteurs tournant à plein régime.
Il s’était retiré après la mort de Georges Loverchy, son meilleur ami, qui s’était écrasé contre un arbre après avoir tracé une trouée sanglante parmi les spectateurs. Témoin du drame, Philippe avait été profondément choqué. Il acceptait de risquer sa vie, mais refusait de devenir un assassin, même si l’acte était involontaire. Puis, bizarrement, il ne pouvait désormais piloter une voiture autrement qu’à « la papa »… »
Extrait de : A. Caroff. « La guerre des Nosiars. »
La grande castagne par André Caroff

Fiche de La grande castagne
Titre : La grande castagne
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir
Première page de La grande castagne
« Hida de Hambourg effectua une entrée fracassante sur la piste de « La pomme d’Eve » et les projecteurs l’enveloppèrent de couleurs vives. L’orchestre mit la sourdine. L’agitation tomba brusquement. Quand Hida s’amenait, les clients mâles oubliaient leur compagne et il se produisait toujours une minute de silence.
Manuel Rossi sourit pour lui seul. Tant qu’il aurait des filles comme Hida dans son spectacle, le cabaret ferait le plein malgré les dévaluations et les mini-révolutions.
La fesse est une denrée que l’on consomme en tout temps.
Manuel tira sur sa veste de smoking, passa derrière le bar, claqua des doigts. La barmaid opina, eut quelques gestes rapides, déposa devant lui le scotch de une heure du matin.
— Ne bois pas trop, Manu, souffla gentiment Jocelyne.
Paternel, il lui caressa la joue.
— Ne t’inquiète pas, mignonne…
Malgré la différence d’âge, il l’avait épousée quatre ans auparavant, lui avait fait trois enfants à la file, façon corse, et, depuis, les choses allaient selon ses goûts. Des goûts tranquilles de quinquagénaire rangé des voitures, ayant roulé sa pelote et sa bosse, n’aspirant plus qu’à un petit train-train quotidien dénué de houle et d’aventure. Jocelyne enfila son vison, bisa le nez de Manu, rafla son sac. »
Extrait de : A. Caroff. « La Grande Castagne. »
L’heure des morts par André Caroff

Fiche de L’heure des morts
Titre : L’heure des morts
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1963
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’heure des morts
« Du haut du talus, bien plus haut que le toit de la ferme, et au-delà du rideau de sapins vert sombre, Vonny apercevait la route qui serpentait jusqu’à la petite cité de Travers, puis, à droite et à gauche, la montagne rocailleuse dans laquelle s’encastrait la vallée d’où s’élevaient les fumées de l’usine Spada.
Vonny était juchée sur un olivier fourchu depuis si longtemps que l’écorce du vieil arbre s’était incrustée dans la chair de ses cuisses, au point d’y dessiner en relief la trace de ses milliers de rides. En fait, la jeune fille était très mal installée, presque dangereusement, puisque l’arbre tendait ses branches tordues au-dessus du ravin qui fendait la montagne comme d’un coup de sabre. Mais pour le lui faire admettre, il eût au moins fallu l’intervention énergique de Mémé Brown. Or, Mémé Brown se battait dans le pré aux moutons. Elle tenait un gourdin de la main droite et un souple mais solide jonc dans la main gauche. »
Extrait de : A. Caroff. « L’Heure des morts. »
L’exilé d’Akros par André Caroff

Fiche de L’exilé d’Akros
Titre : L’exilé d’Akros
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’exilé d’Akros
« Dans l’univers parallèle n° 3, on ignorait autant de choses qu’on en connaissait. On savait que la planète Agnor se situait dans le noyau 80 de la galaxie 730, mais nul n’imaginait l’existence d’univers parallèles.
D’ailleurs, si, par exemple, quelqu’un avait révélé à un grand penseur, comme Ivnor Rez, que la galaxie 730 appartenait au monde parallèle n° 3, Ivnor Rez aurait rétorqué que cela ne se pouvait pas. Et, en caressant sa barbe, souriant de l’ignorance de son interlocuteur, il aurait dit avec son implacable logique que, si, par hasard, d’autres univers existaient, ils portaient fatalement des chiffres s’énumérant de 2 à l’infini, étant bien entendu que le numéro 1 revenait à Agnor, berceau de toute civilisation.
Dans le même ordre d’idées, personne, sur Agnor, ne connaissait une planète nommée Terre. Ce qui était normal, puisque, sur Terre, on n’avait jamais entendu parler d’Agnor.
Le capitaine Elax Xez réfléchissait en regagnant sa petite maison-bulle de Toz, capitale d’Agnor. Il ne pensait ni à la Terre ni à d’autres univers, pour la bonne raison qu’il n’en connaissait pas l’existence, mais songeait aux objets bizarres qu’il avait vus sur la planète 127. »
Extrait de : A. Caroff. « L’exilé d’Akros. »
