Étiquette : Caroff
Extermination par André Caroff

Fiche de Extermination
Titre : Extermination
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Extermination
« Le ciel roulait des nuages noirs, parfois lacérés par les derniers rayons du soleil sanglant qui mourait loin vers l’ouest, au-delà de la ligne sombre des collines hérissées de sapins menaçants.
Dans la réalité, dans la vraie vie, pensait Moïse Katz, le ciel devait être simplement orageux, les sapins gracieux et le soleil se couchait une fois de plus, comme chaque soir, au lieu de mourir dans une flaque de sang.
Mais ici, à Friedhausen, la mort était au bout d’un soupir, d’un geste de trop, d’un regard plus appuyé que d’habitude ou, tout bêtement, d’une saute d’humeur chez le sinistre Kommandoführer Steinbauer. En ce mois de décembre 1944, la température descendait souvent à moins quinze degrés au cours de la nuit. Au matin, dans le block 12, on retrouvait les cadavres gelés de quatre ou cinq déportés, surtout quand les SS enlevaient portes et fenêtres après avoir arrosé au jet d’eau glacée les prisonniers endormis.
Le block 12 était occupé par des juifs diamantaires. »
Extrait de : A. Caroff. « Extermination. »
Élimination par André Caroff

Fiche de Élimination
Titre : Élimination
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de Élimination
« Le vieux leva le bras, un bras aussi noueux qu’une branche, et désigna la montagne noyée dans la brume. Le jeune n’en avait pas souvent vu le sommet.
— ‘garde-moi ça ! fit le vieux de sa voix rauque, éraillée par l’usage du tabac et de l’alcool, v’là encore ce putain de brouillard de merde ! Pas encore aujourd’hui qu’on pourra aller au ravito ! Si seulement on avait une bourrique pour trimbaler l’matériel !
Le jeune eut un léger retroussis des lèvres. Il n’avait jamais rencontré un personnage aussi pittoresque que le vieux, qui ne savait ni lire ni écrire, qui parlait n’importe comment, qui ne se lavait jamais et qui mangeait ses poux lorsqu’il pouvait en capturer. Ce vieux, bon sang ! C’était quelqu’un ! Peut-être le meilleur tireur de la région !
Le vieux regarda obliquement le jeune.
— T’as pas faim, toi ? »
Extrait de : A. Caroff. « Elimination. »
Electronic man par André Caroff

Fiche de Electronic man
Titre : Electronic man
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir
Première page de Electronic man
« Gortz s’éveilla brusquement, pratiquement sans transition. Il se retourna sur sa couche et rencontra le regard fixe de Kania. Comme de coutume, la jeune femme et lui venaient d’émerger du sommeil à la même seconde. Ils se dévisagèrent un instant, écoutant machinalement le formidable grondement des machines installées sous l’immense verrière de l’usine.
À travers la baie de leur cellule d’habitation, ils ne découvraient que le désert infini écrasé par l’implacable soleil. Là rien ne vivait et nul ne s’y hasardait jamais, sinon en groupe organisé, quelquefois, pour visiter ce que les directeurs nommaient « la Cité ».
Gortz pensait de temps en temps, mais en vérité, il ne savait pas ce qu’était le temps. Car pour lui, Kania et leurs semblables, le temps n’était qu’une chose abstraite que personne ne pouvait mesurer ni fractionner. Il existait, c’était une certitude. »
Extrait de : A. Caroff. « Electronic man. »
Deux pas dans le soleil par André Caroff

Fiche de Deux pas dans le soleil
Titre : Deux pas dans le soleil
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de Deux pas dans le soleil
« Dorsum avait déjà parcouru une longue distance. Il s’arrêta pour souffler un peu, regarda autour de lui. Il devait faire très attention aux fragments de métal déchiquetés et rouillés. Il ne devait pas se blesser car, à ce niveau, l’air était humide, chargé de miasmes et la moindre égratignure s’infectait très vite.
L’ambition de Dorsum se limitait au troisième niveau. On disait qu’il y avait là-haut plus de clarté et moins d’humidité. Dorsum ne pouvait plus vivre EN BAS, en lettres majuscules, comme on écrivait jadis EN ENFER.
Dorsum reprit sa reptation, progressa de quelque soixante mètres en quinze minutes. Au détour d’une carcasse de plancher métallique, un chien sauvage regarda passer Dorsum qui serrait son coutelas entre ses dents. L’homme et l’animal se jaugèrent. Ils étaient tous deux en bonne forme, jeunes et musclés. Ils préférèrent donc s’ignorer car l’issue d’un affrontement était par trop incertaine.
Plus loin, au milieu d’une échelle rouillée, Dorsum se demanda quelle tête ferait Dahi s’il réussissait. Bien sûr, elle ne saurait jamais qu’il avait atteint le troisième niveau. Elle penserait qu’il avait été capturé par les Algorads pour nettoyer les tuyaux de réchauffement des niveaux supérieurs. »
Extrait de : A. Caroff. « Deux pas dans le soleil. »
Coulez le Kashii Maru par André Caroff

Fiche de Coulez le Kashii Maru
Titre : Coulez le Kashii Maru
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir
Première page de Coulez le Kashii Maru
« Le Allaikha était un cargo soviétique de 8 400 tonneaux, comptant officiellement 77 hommes d’équipage, et venant de Magadan, en mer d’Okhotsk, son port d’attache.
Chargé d’armes de guerre et de munitions à Vladivostok, le navire avait parcouru près de 2 500 milles marins avant de venir s’amarrer dans le port de Haiphong, au Viêt-nam du Nord, où le déchargement s’était effectué en moins de six jours.
Le huitième jour, Nikolia Svortsov, commandant du Allaikha, avait fait savoir aux autorités du port que la machine tribord était en démontage pour réparation. En conséquence, son cargo ne pourrait reprendre la mer à la date prévue.
Le neuvième jour, Svortsov retourna à terre. La panne se révélait plus grave qu’on ne l’avait pensé de prime abord. Le cargo serait immobilisé à quai jusqu’à l’arrivée d’une pièce mécanique indispensable, introuvable ailleurs qu’en U.R.S.S. et qu’un autre cargo, le Kara, se chargerait de fournir au plus tôt. »
Extrait de : A. Caroff. « Coulez le Kashii-Maru. »
Clameurs par André Caroff

Fiche de Clameurs
Titre : Clameurs
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1962
Editeur : Fleuve noir
Première page de Clameurs
« Le soleil descend lentement, fait flamboyer l’horizon, couronne d’or la cime des sapins. La route étroite brille comme la surface d’un lac et, haut dans le ciel, un minuscule petit nuage tache l’azur d’un point sanglant.
Je dois être au centre de la Forêt Noire, à quelque neuf cents mètres d’altitude. J’ai traversé Fribourg, laissé loin sur ma droite les sources du Danube. Bientôt, je longerai les rives enchanteresses de la Neckar, puis atteindrai le village de Frischen et enfin l’île où se dresse la maison des Hinrichsen, coincée entre les premiers contreforts de la Forêt Noire et du Jura souabe.
Là m’attend Flamand.
Un Flamand inquiet, qui doit guetter depuis des heures la route par laquelle je dois arriver.
C’est, en effet, la première fois que je tiens un volant depuis mon accident. »
Extrait de : A. Caroff. « Clameurs. »
Ceux des ténèbres par André Caroff

Fiche de Ceux des ténèbres
Titre : Ceux des ténèbres
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir
Première page de Ceux des ténèbres
« Henry Garrisson essuya la sueur perlant à son front, se frotta énergiquement les yeux. La chaleur, alliée au ronronnement du moteur, à l’interminable et rectiligne ruban de la Fédérale 10, agissait sur lui comme un soporifique. A quarante ans, il se sentait en pleine forme, sauf la nuit… Probablement la vue.
En rentrant à Phœnix, il irait voir un oculiste. Cette fois, c’était décidé.
Garrisson commuta son poste radio, tomba sur l’inévitable concert de musique classique, éteignit d’un geste sec. Il n’aimait pas la musique, ni classique ni moderne, ne s’intéressait qu’aux résultats sportifs et à la politique. En fait, Garrisson était un homme simple, sans complications, et peu bavard. Chauffeur-routier depuis seize ans pour la Bronco Company ayant son siège social et ses entrepôts à Phœnix/Arizona, il était trop souvent seul dans son trente tonnes pour se montrer brillant parleur.
Généralement, Garrisson écoutait et regardait, sans doute par déformation professionnelle car, cinq jours sur sept, il écoutait le chant d’un moteur et regardait une route défiler sous sa cabine avancée. »
Extrait de : A. Caroff. « Ceux des ténèbres. »
Bactéries 3000 par André Caroff

Fiche de Bactéries 3000
Titre : Bactéries 3000
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de Bactéries 3000
« Sunie Taylor traversa vivement la cour du vieil hôpital et se dirigea vers le pavillon des contagieux. Elle avait trois minutes de retard. Depuis quelque temps la jeune infirmière se sentait lasse. Malgré trois séjours en bloc de régénération et un massif traitement de dragées vitalisantes, elle ne parvenait pas à refaire surface.
Après six mois de travail intensif dans le cadre du Centre Hospitalier Extérieur de New York, elle n’aspirait plus qu’à prendre les huit semaines de congé auxquelles elle avait droit.
Malheureusement il fallait d’abord transférer la totalité des malades jusqu’au nouvel hôpital de New Wanaque, la cité neuve construite auprès du lac du même nom afin de désengorger New York surpeuplée depuis plus de cinquante ans. »
Extrait de : A. Caroff. « Bactéries 3000. »
L’oiseau dans le ciment par André Caroff

Fiche de L’oiseau dans le ciment
Titre : L’oiseau dans le ciment (Tome 4 sur 4 – La saga des Rouges)
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’oiseau dans le ciment
« Le glisseur s’immobilisa devant le camp, débarqua les équipes de relève et s’éloigna après avoir chargé ceux qui venaient d’assurer la garde pendant la première partie de la nuit.
Le camp se composait d’une trentaine de bâtiments séparés par des allées rectilignes, d’une bande de circulation circulaire, d’une clôture électrifiée. Les cuisines et les ateliers qui se trouvaient au nord, étaient nettement coupés des baraquements par une seconde clôture, non électrifiée celle-là, mais formée par un haut grillage hérissé de barbelés.
Le camp se situait en Idaho, à une douzaine de kilomètres de Big Creek. Trente baraquements abritaient les Inadaptés de sexe masculin, les autres étaient réservés aux Inadaptées de sexe féminin. Parmi ces femmes, natives de toutes les régions de la planète, il y avait de très jolies filles au charme desquelles les gardes n’étaient pas insensibles. Mais le règlement interdisait naturellement « tout contact » entre les prisonnières et leurs gardiens. Ce qui n’empêchait pas des rapports sexuels de s’établir parfois, lorsque les circonstances le permettaient, c’est-à-dire en évitant de prendre le risque d’être surpris par un chef de patrouille.
Eddy Winter, matricule E.W. 010.523.898-S.C. (pour South Carolina) appartenait à la Garde civile. Il se trouvait en compagnie d’Adams, sur le mirador numéro 6, à la jonction de la clôture électrifiée et de celle coupant les baraquements des femmes de ceux des hommes. »
Extrait de : A. Caroff. « L’oiseau dans le ciment. »
Le piège des sables par André Caroff

Fiche de Le piège des sables
Titre : Le piège des sables (Tome 3 sur 4 – La saga des Rouges)
Auteur : André Caroff
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le piège des sables
« Elles avaient voyagé de nuit, à bord de gros hélicojets aux hublots obturés et ne savaient où elles se trouvaient. Après l’atterrissage, on les avait regroupées à l’extrémité d’un terrain pierreux plongé dans l’obscurité, puis, après une marche forcée de quatre heures, on les avait parquées dans ce hangar, comme des bêtes, à coups de pied et de crosse. Elles n’avaient rien bu ni mangé depuis la veille. Certaines étaient enceintes ou malades.
Hébétée, menton appuyé sur ses genoux relevés, Fann se tenait assise contre le mur brûlant. Dans cette espèce de hangar chauffé à blanc par un soleil féroce, les gardes de la Sécurité avaient entassé un millier » d’inadaptées » en provenance de plusieurs régions d’Europe.
Dans la pénombre, Fann n’apercevait que des têtes inclinées vers le sol. L’odeur mêlée des corps et des déjections était terrible. Fann ferma les yeux, revécut l’attaque U.S. contre le campement installé par Hem le Rouge dans les grottes supérieures du ravin. Cela s’était produit la veille, peu de temps après la désintégration de la Cité métallique, alors que les partisans baignaient encore dans l’allégresse. Nul n’avait eu le loisir de réagir. Les gardes et les légionnaires avaient froidement assassiné les hommes, poussé les femmes en direction des transporteurs. »
Extrait de : A. Caroff. « Le piège des sables. »