Étiquette : Contes de l’Oriel

 

Le géant de pierre par James Paul Blaylock

Fiche de Le géant de pierre

Titre : Le géant de pierre (tome 3 sur 3 – Contes de l’Oriel)
Auteur : James Paul Blaylock
Date de parution : 1989
Traduction : P-P Durastanti
Editeur : Rivages

Première page de Le géant de pierre

« Le brouillard n’est pas rare sur l’Oriel. Octobre venu, lorsque les nuits se font froides et humides, il se lève sur le fleuve et rampe jusqu’à terre où il se faufile le long du pré communal, dépasse le Moulin de la Veuve et, insinuant ses volutes entre les maisons isolées un peu à l’écart du village, remonte la Grand-Rue. La Taverne Stover, le Palais des corporations et la halle disparaissent sous ce linceul gris, et les bruits nocturnes que sont les pas du voyageur tardif, le hululement de la chouette, le bruissement des branches dans la brise, n’en paraissent que plus sonores et plus inquiétants.

Toute personne sensée est au lit en un moment pareil, bien sûr… fenêtres fermées et rideaux tirés, tandis que les dernières braises se consument dans le foyer. Ce brouillard qui vient du fleuve a quelque chose de pesant et d’étrange, comme s’il était le produit d’un sort, et non un effet naturel du climat. C’est là le genre de phénomène qu’on se plaît à rencontrer dans un livre, quand on a près de soi un verre de bière au gingembre ou de porto et que le feu mourant et le tic-tac de l’horloge sur le manteau de la cheminée sont là pour rappeler qu’il va bientôt falloir aller se coucher. »

Extrait de : JP Blaylock. « Le géant de pierre – Contes de l’Oriel. »

Le nain qui disparaissait par James Paul Blaylock

Fiche de Le nain qui disparaissait

Titre : Le nain qui disparaissait (tome 2 sur 3 – Contes de l’Oriel)
Auteur : James Paul Blaylock
Date de parution : 1983
Traduction : P-P Durastanti
Editeur : Rivages

Première page de Le nain qui disparaissait

« Le mois de mai s’achevait, et le temps se réchauffait à Havreville. Enfin sorti de ses quartiers d’hiver – un auvent de bardeaux qui empêchait la pluie d’en ternir les cuivres et d’en gripper les mécanismes – l’énorme kaléidoscope trônait sur un lit de mousse surgi à la fin de l’an passé, à l’endroit précis où le vaisseau aérien de M. Twickenham s’était posé. Même le professeur Wurzle s’était avoué incapable de trouver un motif à la pousse de cet étrange végétal d’un vert glauque. Mais les mille fleurs minuscules qui le recouvraient composaient un arc-en-ciel de couleurs pastel si merveilleux que le pourquoi et le comment de la chose importaient peu, au fond.

Gilroy Bastable avait engagé un assistant jardinier pour entretenir le carré de verdure. Mais le temps était si clément, la vue des fleurs si reposante, le cadre si idyllique, que le nouvel employé municipal n’avait eu de cesse, trois jours durant, de s’endormir au beau milieu du parterre ; le maire devait payer un jeune garçon pour aller, toutes les demi-heures à peu près, secouer l’homme et le tirer du sommeil. »

Extrait de : JP Blaylock. « Le nain qui disparaissait – Contes de l’Oriel. »

Le vaisseau elfique par James Paul Blaylock

Fiche de Le vaisseau elfique

Titre : Le vaisseau elfique (tome 1 sur 3 – Contes de l’Oriel)
Auteur : James Paul Blaylock
Date de parution : 1982
Traduction : P-P Durastanti
Editeur : Rivages

Première page de Le vaisseau elfique

« À l’été succédait l’automne, comme il se doit. Le mois d’octobre était arrivé, accompagné d’un bon peu de pluie. Et la pluie, au fond, ce n’est pas si désagréable – enfin, pour qui n’est pas dehors. Telles des oies, écharpes vaporeuses et deux azurés avaient migré vers le sud quelques semaines plus tôt et fait place à des bancs de nuages au gris tumultueux.

Un grondement sourd, qui tenait autant du braillement d’un géant que du craquement d’un rocher tombé au bas d’une gorge, s’entendait au loin dans la vallée. Du village, il semblait que l’Oriel se jetât dans la mer juste entre les versants herbus des montagnes, mais seule la distance créait pareil mirage. Le fleuve, aussi vaste que le ciel, par ici, avait eu des lustres pour grignoter ces murs de pierre et, même si cela ne se voyait pas depuis Havreville, la vallée s’évasait en de vertes collines qui moutonnaient jusqu’au lointain rivage côtier.

Les feuilles tombaient donc sous les assauts de la bise et, de celles qui s’accrochaient aux branches, bien peu gardaient la couleur émeraude de la belle saison. »

Extrait de : JP Blaylock. « Le Vaisseau Elfique – Contes de l’Oriel. »