Étiquette : Cybione

 

L’oeil du Spad par Ayerdhal

Fiche de L’oeil du Spad

Titre : L’oeil du Spad (Tome 4 sur 4 – Cybione)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 2003
Editeur : Au diable Vauvert

Première page de L’oeil du Spad

« Vous m’avez demandé de raconter ? Je raconte.

Elle est là : à deux cents mètres de moi, légèrement en contrebas, assise sur un reste de couverture isolante que zieutent deux zonards plus sales que blêmes, défoncés. Elle est là, avachie sur son bout de tissu, le dos rond, la sébile tendue au hasard vers une obole qu’aucun passant ne lui offrira, parce que ce n’est pas l’heure, pas la bonne vague, seulement le flux du troupeau qui transite des bureaux à ses foyers. Elle a le teint cireux, la peau craquelée, le regard rouge et vitreux, les cheveux blancs et secs, la lèvre bleue de froid. Elle est vieille, mais pas tellement en âge. Elle est vieille d’une vieillesse qui se compte en heures de mendicité, en journées trop longues de mauvaises faims, en nuits interminables d’inconfort. Elle est une guenille fripée fagotée de hardes puantes, et les zonards la guettent comme le chien surveille l’assiette du chat, espérant que le maître tourne le dos. Ils tiennent l’affaire de la soirée : un demi-mètre carré de toile isolante dont ils tireront cinq, peut-être dix stellars, une ou deux doses de tue-rêves glauque. »

Extrait de : Ayerdhal. « L’Oeil du Spad – Cybione. »

Keelsom, Jahnaïc par Ayerdhal

Fiche de Keelsom, Jahnaïc

Titre : Keelsom, Jahnaïc (Tome 3 sur 4 – Cybione)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 2001
Editeur : Au diable Vauvert

Première page de Keelsom, Jahnaïc

« L’aéro quitte le drome gouvernemental à neuf heures douze (heure solaire). Il contourne largement Keelsom, la capitale planétaire, pour prendre la direction du sud, rejoignant la côte qu’il longe sur plus de cent kilomètres avant de franchir le bras de mer séparant les deux plus grosses îles de l’archipel. C’est un appareil bâtard issu du croisement entre un agrave collectif et une navette de transport, dont le système de propulsion est lui-même le fruit de greffes douteuses mal identifiables, indubitablement bruyant et polluant, qui peine à maintenir une vitesse acceptable. Outre le pilote et son second, il emporte trente-six passagers, dont un vice-ministre, ses trois assistants, un conseiller technique, leurs gardes du corps, un bataillon d’élite de l’armée, Elyia Nahm et son guide officiel, pompeusement qualifié d’agent de relations extérieures. Devant eux, un aéro plus léger et beaucoup plus maniable sert de poisson-pilote. Derrière, deux chasseurs rapides assurent la sécurité du convoi. »

Extrait de : Ayerdhal. « Keelsom Jahnaïc – Cybione

Polytan par Ayerdhal

Fiche de Polytan

Titre : Polytan (Tome 2 sur 4 – Cybione)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1994
Editeur : J’ai lu

Première page de Polytan

« Depuis le temps qu’elle connaissait Saryll (93 ans !), Elyia n’aurait pas dû avoir encore à s’étonner, mais c’était
plus fort que les liens qu’ils avaient entretenus – ces piètres années d’amour subjugué, celles infâmes de dépendance servile et leurs décennies de haine –, il réussissait toujours à surprendre l’innocence dont elle se croyait défaite.

« Bran de bran ! se morigénait-elle. Après autant de morts, comment puis-je être aussi conne ? »

Elle était morte des dizaines de fois pour lui, et à peine moins par lui. Pas directement, bien sûr – il ne l’avait probablement tuée qu’une fois, la première –, mais de la même façon qu’elle travaillait pour son Agence, elle mourait de ses Spads, ces chiens de garde invisibles qui ne savaient que garder Elyia Nahm au service d’Ender. Qu’à la fin d’une mission, elle fasse mine de ne pas revenir et un Spad la frappait, de dos, pour lui faire réintégrer sa cuve Phénix d’un voyage définitif. C’était facile, incontournable, il suffisait que sa vie s’efface pour que l’ansible, dont un génie malade avait doté ses cellules de culture, avertisse le biosynthétiseur de mettre en route une autre Elyia, identique, parfaite, amnésique de tout ce que sa mort avait emporté. »

Extrait de : Ayerdhal. « Polytan – Cybione. »

Cybione par Ayerdhal

Fiche de Cybione

Titre : Cybione (Tome 1 sur 4 – Cybione)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir

Première page de Cybione

« Évidemment, chaque fois qu’on la réveillait, c’était pour lui refiler un boulot dont personne ne pouvait se charger… Il y avait longtemps qu’on ne se contentait plus de ses beaux yeux – pourtant quels yeux ! – et, au fond, c’était mieux comme ça. Elle se les serait crevés rien que pour voir leurs têtes ! Quoiqu’une fois aveugle…

Bref, passait encore d’être réveillée, mais pour aller bosser ! D’autant que son job ne lui excitait plus les papilles depuis longtemps…

— Debout, Elyia ! Il y a un chiotte qui commence à puer du côté de Fomalhaut !

Charmant, non ?… Et pas la peine de répliquer qu’un plombier semblait plus qualifié pour résoudre un problème d’une telle gravité ; on en avait déjà expédié trois. Le premier était tombé dans la lunette, le second s’était amputé les testicules en rabattant le couvercle un peu vite, le troisième avait été dissous par la diarrhée chlorhydrique d’un Soulfa dipsomane pendant qu’il inspectait le siphon en apnée…

Ender avait ses traditions : à partir de trois accidents, Elyia devenait la plus qualifiée pour arpenter les égouts
récalcitrants. »

Extrait de : Ayerdhal. « Cybione. »