Étiquette : Cycle du Daym

 

Sexomorphoses par Ayerdhal

Fiche de Sexomorphoses

Titre : Sexomorphoses (Tome 2 sur 2 – Cycle du Daym)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1994
Editeur : J’ai lu

Première page de Sexomorphoses

« C’était une pièce vide : un seul mur circulaire courant entre le sol et le plafond – bruts de béton, blancs – pour, de ses deux extrémités, rejoindre la porte. Ni fenêtre, ni digit, ni poussière, ni éclairage, il y avait juste un champ gravifique au centre et, dans la bulle d’impesanteur qu’il entretenait, un corps parfaitement nu. Il s’agissait d’un corps de femme, une belle femme suspendue allongée, bras et jambes ouverts, ballants, ses longs cheveux blonds dégoulinant sans mouvement de son crâne rejeté en arrière. Elle avait les yeux clos, elle respirait à peine. Inerte, plus molle que souple, elle flottait physiquement entre bas et haut, elle ondoyait entre somnolence et concentration.

D’une seule déferlante, cette vague cérébrale se communiqua à tout l’épiderme, le hérissant d’un bout à l’autre d’aiguilles invisibles, comme si les nerfs eux-mêmes se déchargeaient de leur électricité, mais il ne pouvait pas s’agir d’un potentiel interne tant il était faramineux. Une étoile n’eût pu communiquer ou absorber une telle énergie ; le corps se tendit simplement d’une élongation crispée et la tête se redressa, les paupières béantes, les yeux exorbités, plus bleus et striés d’acier qu’ils ne l’avaient jamais été. »

Extrait de : Ayerdhal. « Sexomorphoses – Cycle du Daym. »

L’histrion par Ayerdhal

Fiche de L’histrion

Titre : L’histrion (Tome 1 sur 2 – Cycle du Daym)
Auteur : Ayerdhal
Date de parution : 1993
Editeur : J’ai lu

Première page de L’histrion

« Il ou elle s’appelait Aimlin, ou Aimline, cela se prononçait de la même façon. Il-ou-elle était hermaphrodite sexomorphe et ne le revendiquait plus depuis longtemps : il-ou-elle avait passé l’âge des provocations, sans avoir gagné en maturité. En fait, il-ou-elle était mûr-e depuis longtemps, depuis les premières vexations, depuis la constatation que certaines différences se paient chèrement. Et si Aimline taisait maintenant sa très délicate particularité, c’était qu’il-ou-elle avait fait le tour des humiliations et celui des revanches et que, tout bien pesé, l’amertume des unes était plus prononcée que le miel des autres.

Très vite, Aimlin avait dû partager sa vie en deux. Il y avait les lieux et les gens qui le connaissaient femme et ceux qui le vivaient au masculin. Il n’y avait d’ailleurs plus beaucoup d’endroits où l’on se souvenait d’elle : cela faisait deux ans qu’il n’avait pas changé de sexe. Vers la fin de l’adolescence, les sexomorphoses étaient devenues de plus en plus douloureuses et déséquilibrantes, jusqu’à lui être insupportables. Une dernière année, elle avait vécu dans son corps de naïade, puis elle s’était faite il et il demeurait homme, c’était plus facile dans les milieux où il évoluait. De toute façon, quelle que fût sa sexuation, il-ou-elle n’aimait pas beaucoup les mâles. »

Extrait de : Ayerdhal. « L’histrion – Cycle du Daym. »