Étiquette : de Gouvenain
Le violon du fou par Selma Lagerlöf

Fiche de Le violon du fou
Titre : Le violon du fou
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1899
Traduction : M. de Gouvenain, L. Grumbach
Editeur : Babel
Première page de Le violon du fou
« C’était par une belle journée d’automne de la fin des années trente. À cette époque, se trouvait à Uppsala une grande maison jaune, à un étage, étrangement isolée au milieu d’un pré, loin du centre de la ville. La maison était d’aspect plutôt désagréable, voire lugubre, mais néanmoins embellie par une luxuriante vigne vierge, qui grimpait si haut sur le mur jaune ensoleillé, qu’elle encadrait complètement les trois fenêtres de l’étage.
Dans une chambre de l’autre côté d’une de ces fenêtres encadrées par la vigne, un étudiant buvait son café matinal. L’homme était grand et beau, de belle prestance. Ses cheveux frisaient légèrement et laissaient son front bien dégagé, à part une mèche qui avait régulièrement tendance à tomber sur ses yeux. Bien que vêtu d’un costume confortable et décontracté, il restait élégant.
Sa chambre était correctement tenue, meublée d’un bon canapé et de chaises rembourrées, d’un grand bureau et d’une bibliothèque de taille mais peu remplie de livres.
Il n’avait pas encore eu le temps de boire son café qu’un étudiant passait lui rendre visite. L’homme était d’un tout autre genre, petit aux larges épaules, trapu et costaud, laid, avec un visage aux traits épais et des cheveux fins. »
Extrait de : S. Lagerlöf. « Le violon du fou. »
Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède par Selma Lagerlöf
Fiche de Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède
Titre : Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1906
Traduction : M. de Gouvenain, L. Grumbach
Editeur : Le livre de poche
Première page de Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède
« Il était une fois un garçon. Âgé d’environ quatorze ans, il était grand et dégingandé et ses cheveux étaient blonds comme le lin. Il ne valait pas grand-chose : son plaisir, c’était dormir et manger, sans compter qu’il aimait faire des bêtises.
On était dimanche matin et les parents de ce garçon se préparaient pour aller au temple. Le garçon, quant à lui, était assis en bras de chemise au coin de la table et pensait à la chance qu’il avait : son père et sa mère partis, il serait tranquille pour quelques heures. « Je vais pouvoir décrocher le fusil de papa et l’essayer une ou deux fois sans que personne ne s’en mêle », se disait-il en lui-même.
Mais ce fut presque comme si le père avait deviné les pensées du garçon car, alors qu’il franchissait le seuil pour s’en aller, il s’arrêta et se retourna.
— Puisque tu ne veux pas venir à l’église avec ta mère et moi mais préfères rester ici, dit-il, il me semble que tu pourrais au moins en profiter pour lire le sermon. Veux-tu me promettre de le faire ? »
Extrait de : S. Lagerlöf. « Le Merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède . »
Des trolls et des hommes par Selma Lagerlöf

Fiche de Des trolls et des hommes
Titre : Des trolls et des hommes
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1910
Traduction : M. de Gouvenain, L. Grunbach
Editeur : Babel
Première page de Des trolls et des hommes
« Un jour, une mère troll parcourait la forêt, portant son petit dans une hotte en écorce jetée sur son dos. Le marmot était gros et laid, avec des cheveux telles des soies de cochon, des dents aussi acérées que des poinçons et un petit doigt muni d’une griffe. Sa mère troll, pourtant, estimait bien sûr qu’on n’aurait su trouver de par le monde plus bel enfant.
Au bout d’un moment, elle arriva dans un endroit où la forêt s’éclaircissait. Un chemin passait là, criblé de trous et que les nombreuses racines rendaient glissant et, sur ce chemin, chacun sur son cheval, s’avançaient un fermier et sa femme.
À peine la mère troll les eut-elle aperçus qu’elle voulut s’esquiver au plus profond de la forêt pour ne pas être vue des humains, mais à l’instant même elle remarqua que la fermière portait un enfant sur le bras et, de ce fait, elle changea d’avis. « Il me faut vérifier si l’enfant d’homme égale en beauté mon petit », pensa-t-elle, et elle se blottit contre un noisetier qui poussait en bordure de chemin. »
Extrait de : S. Lagerlöf. « Des trolls et des hommes. »