Étiquette : Denoël
Le nouveau soleil de Teur 1 par Gene Wolfe

Fiche de Le nouveau soleil de Teur 1
Titre : Le nouveau soleil de Teur 1 (Tome 5 sur 6 – Livre du second soleil de Teur)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1987
Traduction : W. Desmond
Editeur : Denoël
Première page de Le nouveau soleil de Teur 1
« Après avoir jeté un manuscrit dans les océans du temps, voici que je recommence. Certes, c’est absurde ; mais je ne suis pas – et ne serai pas – absurde au point de m’imaginer qu’il trouvera jamais un lecteur, fût-ce moi-même. Mais que l’on me laisse dire, à personne et à rien, simplement qui je suis et ce que j’ai fait pour Teur.
Mon véritable nom est Sévérian. Mes amis, qui ne furent jamais nombreux, me surnommaient Sévérian le Boiteux ; et mes soldats, qui un temps furent innombrables sous mes ordres, Sévérian le Grand. Quant à mes ennemis, qui se reproduisaient comme des mouches, et comme des mouches grouillaient sur les cadavres jonchant les champs de bataille, j’étais pour eux Sévérian le Bourreau. Je fus le dernier autarque de notre empire et, en tant que tel, le seul maître légitime de ce monde, lorsque nous l’appelions Teur. »
Extrait de : G. Wolfe. « Le nouveau soleil de Teur 1 – Livre du second soleil de Teur. »
L’ombre du bourreau par Gene Wolfe

Fiche de L’ombre du bourreau
Titre : L’ombre du bourreau (Tome 1 sur 6 – Livre du second soleil de Teur)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 1980
Traduction : W. Desmond
Editeur : Denoël
Première page de L’ombre du bourreau
« Peut-être avais-je déjà éprouvé quelque pressentiment de ce qu’allait être mon avenir. Dans mon esprit, le portail rouillé et fermé qui se dressait devant nous, ainsi que les nappes de brouillard qui s’effilochaient et se tortillaient entre ses barreaux comme des chemins de montagne, sont restés les symboles de mon exil. Sans doute est-ce la raison pour laquelle j’en ai commencé le récit en partant des conséquences de notre baignade ; c’est en effet au cours de celle-ci que moi, l’apprenti bourreau Sévérian, j’ai bien failli me noyer.
« La garde est partie. » Mon ami Roche s’adressait à Drotte, qui venait également de faire la même constatation. »
Extrait de : G. Wolfe. « L’ombre du bourreau – Livre du second soleil de Teur. »
Parabellum tango par Pierre Pelot

Fiche de Parabellum tango
Titre : Parabellum tango
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1980
Editeur : Denoël
Première page de Parabellum tango
« Des idées noires plombaient la tête de Tipul et la lui penchaient en avant, les vertèbres cervicales saillant sous la fine toile de sa chemise à ramages. Il était assis dans un morceau de soleil jaune, sur le pas de la porte du magasin. Le dos rond, les avant-bras posés sur ses genoux. De temps en temps, il remuait les orteils dans ses espadrilles. Il fumait à petits coups une 10 % de Nif, pincée entre deux doigts jaunis de sa main droite pendue au bout du poignet.
La souris grise était agrafée sur l’épaulette gauche de sa chemise. Tranquille, la queue droite.
Tipul avait un visage osseux, avec des joues très creuses et des lèvres tendues sur la proéminence d’une denture chevaline ; ses cheveux étaient raides, vaguement jaunâtres et coupés court – mais pas si court que cela, tout de même. Il avait le teint mat, des cernes lourds, grisâtres, sous les yeux. »
Extrait de : P. Pelot. « Parabellum Tango. »
La guerre olympique par Pierre Pelot

Fiche de La guerre olympique
Titre : La guerre olympique
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1980
Editeur : Denoël
Première page de La guerre olympique
« Le 1″ juillet 2222, fut déclaré ouvert, par le porte-parole des gouvernements, le 12e conflit international planétaire. Il se situait, cette année-là, sur le territoire des États d’Union d’Amérique du Nord (American Group, de la Confédération libérale), dans le camp BLANC. »
« Le premier conflit international planétaire programmé éclata en l’an 2200, sur le territoire national éthiopien (Fédération socialo-communiste) du camp ROUGE.
Le camp ROUGE fut vainqueur, avec une perte en vies humaines qui ne dépassait pas le chiffre de 3 millions. Le camp BLANC vaincu annonça plus de 8 millions de victimes.
Le deuxième conflit international planétaire programmé eut lieu en 2202.
Le troisième en, 2204. Et ainsi de suite. Il éclatait régulièrement tous les deux ans — c’était ce qu’avaient décidé les Nations.
On l’appelait également
LA GUERRE OLYMPIQUE »
Extrait de : P. Pelot. « La guerre olympique. »
Foetus party par Pierre Pelot

Fiche de Foetus party
Titre : Foetus party
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1977
Editeur : Denoël
Première page de Foetus party
« Un jour il était né. Bel et bien pris au piège. Sans le savoir.
Un jour il était né et s’était bravement mis à mourir.
Et le monde s’était mis à mourir lui aussi. La terre entière, inexorablement. Trash se disait souvent que l’événement était en rapport étroit avec sa propre naissance. Les preuves étaient là. Au fur et à mesure que Trash avait pris de l’âge, les hommes vivants disparaissaient les uns après les autres. Ne restaient que des ombres, des fantômes grouillants qui se bousculaient, se pressaient dans les rues de la ville. Ils n’avaient pas le moindre but, c’était flagrant. Ils passaient leur mort à errer.
Lorsqu’il ouvrait les yeux, chaque matin, la première chose qu’il apercevait était ce vieux poste de radio, cette boîte, posé sur le rebord intérieur de l’unique fenêtre murée. »
Extrait de : P. Pelot. « Fœtus-party. »
Canyon street par Pierre Pelot

Fiche de Canyon street
Titre : Canyon street
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1978
Editeur : Denoël
Première page de Canyon street
« — Javeline ! appela une voix masculine.
Instantanément, La Chienne qui s’était approchée de la porte condamnée s’immobilisa et cessa de grogner. Elle lança à Javeline un coup d’œil rassuré, battant l’air de sa queue. Javeline hésita pendant quelques secondes, le fusil braqué sur la porte et la tête bourdonnante d’interrogations qui s’entrechoquaient. Elle avait, comme La Chienne, reconnu le timbre de la voix.
— Javeline ! appela de nouveau l’homme dans le couloir. C’est moi, Raznak ! Est-ce que tu es là ?
Une grimace contrariée tordit les traits de la jeune femme. Après la stupéfaction, c’était la colère qui maintenant bouillonnait dans ses yeux pâles. Raznak le Fou ! Que venait-il faire ici ? Elle lui avait depuis toujours – après une première et unique visite – recommandé de ne plus jamais venir dans le quartier, de ne jamais chercher à la contacter chez elle, dans cet appartement. Pour sa sécurité à elle, et celle du Fou également. Jusqu’alors, il avait suivi ses conseils… »
Extrait de : P. Pelot. « Canyon street. »
C’est ainsi que les hommes vivent par Pierre Pelot

Fiche de C’est ainsi que les hommes vivent
Titre : C’est ainsi que les hommes vivent
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 2003
Editeur : Denoël
Première page de C’est ainsi que les hommes vivent
« Flamboyante de lumière dans l’incandescence de l’été finissant, la baigneuse ne l’avait pas abandonné. Elle au moins ne s’était pas engloutie avec les autres dans l’étroitesse de la faille insondable.
Une image dont il était incapable de dire si elle était le véritable souvenir d’un réel moment ou au contraire la manifestation de quelque fantasme obsédant, une hallucination de sa mémoire amputée. Un fragment de songe détaché de ses entraves nocturnes.
À son réveil, désormais, le dernier de ses rêves stagnait au fond de ses yeux un moment avant de se dissoudre au vent qui rampe, comme une marque peu profonde inscrite dans le sable. Longtemps ses rêves n’avaient laissé la moindre trace sur l’autre bord des yeux ouverts, au point de lui faire douter même qu’il en fît.
L’image lui revenait sans peine, sans effort, à la moindre sollicitation. Sans même qu’il l’appelle ni lui ouvre la porte. »
Extrait de : P. Pelot. « C’est ainsi que les hommes vivent. »
Le père de feu par Pierre Pelot

Fiche de Le père de feu
Titre : Le père de feu (Tome 4 sur 6 – Les hommes sans futur)
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1984
Editeur : Denoël
Première page de Le père de feu
« Immobile, bras ballants, Digo regarda s’éloigner la Lando-V ferraillante. Ensuite, il fit un pas de côté, mit sa main gauche dans la poche de sa combinaison avachie, et de la droite s’appuya au pilier de ciment armé qui supportait de son mieux la véranda. La dernière secousse avait fissuré le béton en vrille, du bas jusqu’en haut ; Digo toucha les bords éclatés de la faille et le ciment s’effrita sous ses doigts. Il n’aurait pas fallu éternuer trop fort…
C’était mieux que Nieve ne soit pas là.
Le tourbillon de poussière rouge retomba sans se presser ; quand il fut tout à fait dissipé, la voiture avait disparu au creux d’une dénivellation, derrière les touffes d’épineux et de broussailles en bourrelets épars. »
Extrait de : P. Pelot. « Le père de feu – Les hommes sans futur. »
L’équilibre des paradoxes par M. Pagel

Fiche de L’équilibre des paradoxes
Titre : L’équilibre des paradoxes
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1999
Editeur : Denoël
Première page de L’équilibre des paradoxes
« ARTICLE PARU DANS L’AURORE DU 5 DÉCEMBRE 1902
Qui est « L’Étranger » ?
Oui, qui est-il, ce mystérieux individu qui, depuis quelques semaines, cambriole les riches bourgeois de la capitale et ridiculise notre police ? Nul n’a oublié son spectaculaire premier forfait, lorsqu’il déroba en octobre dernier les bijoux de la baronne de Saint-Arnoul – et jusqu’à ceux qu’elle portait sur sa personne – durant le bal qu’elle donnait en son hôtel particulier de l’avenue Foch. On se souvient des trois cartes de visite qu’elle retrouva comme autant de railleries à son endroit : la première dans son coffre-fort, la seconde dans son sac à main, et la troisième, comble de l’audace et de l’inconvenance, au sein même de son décolleté. Trois cartes qui ne portaient que ce simple nom : « L’Étranger ». Depuis, pas une semaine ne s’est écoulée sans que l’étrange personnage fasse à nouveau parler de lui : pierreries, titres, or, bank-notes, tout lui est bon. »
Extrait de : M. Pagel. « L’équilibre des paradoxes. »