Étiquette : Étoiles mortes
Voleurs de silence par Jean-Claude Dunyach
Fiche de Voleurs de silence
Titre : Voleurs de silence (Tome 3 sur 3 – Étoiles mortes)
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir
Première page de Voleurs de silence
« Vorst se savait l’homme le plus recherché de l’univers. Il survivait grâce à cette conviction. Lorsque les règles du jeu à l’échelle des mondes avaient soudain changé en sa défaveur, il s’était trouvé dans le camp des fuyards, trop vite pour avoir pu s’y préparer. Il avait perdu ses moyens d’existence, ce qui était grave, mais aussi sa confiance en lui, ce qui était infiniment pire. Son nouveau rôle de fugitif traqué l’avait empêché de céder à l’attraction du vide de sa propre vie. Se sentir en danger l’avait protégé du suicide.
Dans ses rares instants de lucidité, il devait s’avouer qu’il était peu probable que Closter, son ennemi personnel, se soit immédiatement lancé à ses trousses. Après l’atterrissage des Animaux Villes sauvages, vingt-sept nouvelles planètes s’étaient ouvertes d’un seul coup à la colonisation, au moment précis où la guerre civile éclatait sur Vieille Terre. Il y avait eu un exode massif des pauvres et des sans-abri, avec à leur tête les gitans que Vorst haïssait. Vu le chaos qui régnait à l’époque, Vorst n’avait sans doute pas été au centre des préoccupations de Closter. »
Extrait de : J.C Dunyach. « Voleurs de silence – Etoiles mortes. »
Aigue-marine par Jean-Claude Dunyach

Fiche de Aigue-marine
Titre : Aigue-marine (Tome 2 sur 3 – Étoiles mortes)
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir
Première page de Aigue-marine
« Le bout de mes doigts trempe dans un liquide épais, glacé. Je retire ma main, la renifle. C’est bien ce que je pensais… Le pire saut de ma vie.
Le froid m’entaille la peau. À l’autre bout de la pièce, une toux grasse déchire le silence. Je tente de décoller des paupières trop lourdes. Obscurité. Comment savoir si j’ai bien ouvert les yeux ?
La toux reprend, à la façon d’un appel au secours. Je me redresse. Ombre est quelque part dans cette encre, en train de se noyer dans une mer de vomissures. Lumière ! J’ai beau crier, le terminal ne réagit pas. Je me laisse retomber. La couchette, dure sous les épaules. Stable. Partir de là, puis reconstruire tout le reste…
Une tête jaillit de ma poitrine. Des cheveux laiteux qui s’agitent. Un cou, des épaules de femme qui se fraient un passage hors de moi, des seins nus, vaguement lumineux. Je m’ouvre comme un cocon et mes bras se replient sur mon torse, impuissants à enrayer cette déchirure. »
Extrait de : J.C Dunyach. « Aigue-Marine – Étoiles mortes. »
Nivôse par Jean-Claude Dunyach

Fiche de Nivôse
Titre : Nivôse (Tome 1 sur 3 – Étoiles mortes)
Auteur : Jean-Claude Dunyach
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir
Première page de Nivôse
« Comme d’habitude, Ombre a vomi sur le tapis. Crétin de chat ! La belle symétrie du motif de laine est souillée d’une longue traînée verdâtre. L’odeur est suffocante mais un bataillon de fourmis nettoyeuses s’affaire déjà à réparer les dégâts. Ombre est invisible, sans doute réfugié dans un recoin de la salle de bains pour s’y laisser mourir plus à son aise. Ça lui passera…
Je savoure la façon dont les choses se remettent en place après un échange. Lentement : d’abord, le sentiment poignant de ne pas être au bon endroit, le décor qui n’est plus ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Une balafre sur le tapis qui se reflète dans le miroir du plafond, une harmonie rompue, des fêlures qu’il faut réparer, rien de vraiment palpable. Puis, soudain, le déclic ! J’ai réussi le grand saut une fois de plus, je suis là où je dois être, même s’il me faut du temps pour le réaliser. »
Extrait de : J.C Dunyach. « Nivôse – Étoiles mortes. »