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Mariquita par Paul Féval

Fiche de Mariquita

Titre : Mariquita (Tome 3 sur 5 – La famille Lagardère – Le Bossu)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1922
Editeur : Albin Michel

Première page de Mariquita

« Sur une des places de l’orgueilleuse Burgos, patrie du Cid, un cercle s’était formé autour de deux jeunes filles, des gitanitas.

L’une d’elles dansait à ravir le fandango et, pour l’admirer, il n’y avait pas que des muletiers, des aguadors et des duègnes : l’hôtel de la Capitainerie générale avait toutes ses fenêtres ouvertes, garnies de señoritas qui jetaient des piécettes blanches et cessaient de jouer de l’éventail pour applaudir.

Burgos aime la musique, le son des tambours, les clochettes qui tintinnabulent. La légende du Campéador a mis dans le cœur de chacun de ses habitants une poésie vague qui, ne trouvant pas toujours à rythmer le cliquetis des épées, tire prétexte de tout ce qui est symphonie, bruit de castagnettes, voix d’or, pour s’élever à hauteur des innombrables clochers qui tintent tout le jour. En aucune ville d’Espagne les cloches ne sonnent autant qu’à Burgos. »

Extrait de : P. Féval. « Mariquita. »

Les chevauchées de Lagardère par Paul Féval

Fiche de Les chevauchées de Lagardère

Titre : Les chevauchées de Lagardère (Tome 2 sur 5 – La famille Lagardère – Le Bossu)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1934
Editeur :

Première page de Les chevauchées de Lagardère

« Les exécutions nocturnes qui avaient lieu derrière les murailles de la Bastille n’étaient pas nécessairement des exécutions secrètes. Tout au plus pourrait-on dire qu’elles n’étaient point publiques. À part celles que l’histoire compte et constate qui furent faites sans forme de procès, sous le cachet du roi, toutes les autres vinrent en suite d’un jugement et d’une procédure plus ou moins régulière. Le préau de la Bastille était un lieu de supplice avoué et légal comme la place de Grève. M. de Paris avait seul le privilège d’y couper les têtes.

Il y avait bien des rancunes contre cette Bastille, bien des rancunes légitimes, mais la plèbe parisienne reprochait surtout à la Bastille de faire écran au spectacle de l’échafaud. Quiconque a passé la barrière de la Roquette, une nuit d’exécution capitale, pourra dire si de nos jours le peuple de Paris est guéri de son goût barbare pour ces lugubres émotions. La Bastille devait encore cacher, ce soir, l’agonie du meurtrier de Nevers, condamné par la chambre ardente du Châtelet ; mais tout n’était pas perdu : l’amende honorable au tombeau de la victime et le poing coupé par le glaive du bourreau valaient bien encore quelque chose. »

Extrait de : P. Féval. « Les chevauchées de Lagardère. »

Le fils d’Artagnan par Paul Féval

Fiche de Le fils d’Artagnan

Titre : Le fils d’Artagnan (Tome 9 sur 12 – D’Artagnan contre Cyrano)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1928
Editeur : Albin Michel

Première page de Le fils d’Artagnan

« L’échauffourée

A l’époque où commence notre récit, le ministre Louvois entretenait des relations suivies avec le gouvernement espagnol, lequel pressait le roi de France de signer la révocation de l’édit de Nantes.
Au grand désespoir de Sa Majesté catholique Charles II, Sa Majesté Très-Chrétienne tenait bon. Elle tint même jusqu’en 1685, car ce fut le 22 octobre de cette année mémorable que Louis XIV apposa sa royale signature au bas de l’acte qui réduisit à néant la volonté qu’avait exprimée son aïeul Henri IV.
Une nouvelle Saint-Barthélemy était à redouter. Il n’en fut rien, heureusement. Mais que de conflits parlementaires, que de crises populaires, durant les quelques années qui précédèrent la décision du Roi Soleil.
Chaque jour les malheureux protestants étaient soumis à de nouvelles rigueurs. On alla jusqu’à leur faire défense d’avoir dans leurs temples des bancs, voire même des escabeaux.
La populace les injuriait en plein jour, en pleine rue.
Las de s’adresser aux vivants, cette populace eut l’abominable idée de s’attaquer aux morts. »

Extrait de : P. Féval. « Le Fils De D’Artagnan. »

La vieillesse d’Athos par Paul Féval

Fiche de La vieillesse d’Athos

Titre : La vieillesse d’Athos (Tome 8 sur 12 – D’Artagnan contre Cyrano)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1928
Editeur : Albin Michel

Première page de La vieillesse d’Athos

« Ce que l’on apprend au jeu de colin-maillard

Dès que Louis XIV eut passé sous la direction spirituelle de Mme de Maintenon, il s’observa sur sa personne ; chacun voulut paraître en faire autant, et la frivolité eut, dans ses caprices, quelque chose de compassé et d’austère.
Ce qui ne subit aucun changement, par exemple, ce fut la nourriture… la nourriture des grands, bien entendu, car les petits, voire même les bourgeois, en étaient réduits, en l’an de grâce 1694, à se serrer le ventre, comme on dirait de nos jours.
L’hiver de cette année-là fut si terrible et la misère si grande que des milliers de gens crièrent la faim, et cela durant les douze mois qui suivirent.
Mme de Maintenon, est-il besoin de le dire, fut la première à s’émouvoir de cette situation qui menaçait, en s’aggravant, de tourner à la révolte ; non pas que la noble dame eût pitié des faméliques qui se tordaient en agonisant, mais par crainte de voir s’écrouler l’édifice qu’elle avait élevé avec tant d’astuce et de persévérance.
La révolte, – elle le sentait, – tournerait contre elle avant même d’arriver jusqu’au roi. »

Extrait de : P. Féval. « La Viellesse D’Athos. »

Les noces de Cyrano par Paul Féval

Fiche de Les noces de Cyrano

Titre : Les noces de Cyrano (Tome 7 sur 12 – D’Artagnan contre Cyrano)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1928
Editeur : Ebooks gratuits

Première page de Les noces de Cyrano

« Deuil populaire

Un long gentilhomme au visage d’ivoire est étendu, rigide et froid, sur un grand lit de parade… le lit même où Françoise Robin, devenue comtesse, devait s’unir à d’Artagnan. La Providence en disposa autrement. La politique et la guerre retardèrent le bonheur des fiancés, remirent à plus tard le mariage de d’Artagnan et anéantirent les doux rêves de Roxane et de son cousin. Le baiser déposé par l’ancienne précieuse de l’Hôtel de Rambouillet sur les lèvres du poète agonisant ne put faire reculer la mort, mais, du moins, le héros s’endormit-il en souriant au plus merveilleux de ses songes… Sa tête endolorie reposa sur la gorge de la jolie veuve, sa grande main, si habile à manier l’arme de noblesse, se roidit lentement entre les deux menottes fines de sa bien-aimée, et quand ses yeux se voilèrent, ils purent emporter, pour en illuminer la nuit du tombeau, le souvenir des yeux adorés qui exprimaient tout l’amour humain. »

Extrait de : P. Féval. « 7 D’Artagnan et Cyrano réconciliés – Les Noces de Cyrano. »

L’évasion du Masque de fer par Paul Féval

Fiche de L’évasion du Masque de fer

Titre : L’évasion du Masque de fer (Tome 6 sur 12 – D’Artagnan contre Cyrano)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1928
Editeur : Ebooks gratuits

Première page de L’évasion du Masque de fer

« Le sommeil de Louis XIV

Malgré que cette nuit du 10 février de l’an de grâce 1651 fût assez froide, bien peu de Parisiens consentirent à la passer sur leurs oreillers.
Une fois de plus, les événements politiques coupaient le sommeil à la bouillante cité de la Ligue et de la Journée des Barricades.
Comme en ce jour fameux, dont elle demeurait si fière, elle était encore tout entière dressée contre « le Mazarin ».
Le conflit ouvert, naguère, par l’arrestation de Broussel ne s’apaisait pas.
Souple, le Cardinal souriait, rompait, s’inclinait, acceptait ce qu’il ne pouvait empêcher, négociait en secret, achetait les uns, divisait les autres, profitait des moindres fautes de ses adversaires.
Une bonne fois, il fallait en finir avec cet homme trop habile. Il n’avait pour lui que la confiance et – on finissait par le dire, dans les pamphlets et dans les chansons – l’amour d’Anne d’Autriche. »

Extrait de : P. Féval. « 6 D’Artagnan et Cyrano réconciliés – L’Évasion du Masque de Fer. »

Secret d’état par Paul Féval

Fiche de Secret d’état

Titre : Secret d’état (Tome 5 sur 12 – D’Artagnan contre Cyrano)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1928
Editeur : Ebooks gratuits

Première page de Secret d’état

« Service de la Reine !

En ce lumineux jour d’été, René de Lélio, jeune page de la Reine-Régente, Anne d’Autriche, se hâtait gaiement vers la Capitainerie du Louvre, allant à la recherche de M. le comte d’Artagnan capitaine de la 1re Compagnie des mousquetaires. Depuis la mort du terrible Cardinal-Duc, et surtout depuis celle du mélancolique Louis, treizième du nom, la vie était devenue belle et sans contrainte à tous ceux qui entouraient la fille de Philippe II d’Espagne.
De grandes faveurs, des bénéfices, des dignités tombaient, comme une manne bienfaisante, sur les gens de noblesse et les seigneurs qui jouissaient de la sympathie ou de l’estime de Madame la Reine-Régente. Ainsi, des demoiselles d’atours, des pages, comme ce petit de Lélio, pouvaient, avec quiétude, envisager avec tranquillité leur avenir.
On se répétait, à cette époque, cette phrase en vogue parmi les courtisans : « La Reine est si bonne !  »

Extrait de : P. Féval. « 5 D’Artagnan et Cyrano réconciliés – Secret d’État. »

L’héritage de Buckinghan par Paul Féval

Fiche de L’héritage de Buckinghan

Titre : L’héritage de Buckinghan (Tome 4 sur 12 – D’Artagnan contre Cyrano)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1925
Editeur : Ebooks gratuits

Première page de L’héritage de Buckinghan

« Les limiers du Cardinal

Resté seul, Richelieu se redressa. Floué ? oui. Vaincu ? non ! Si, par la fuite du Chevalier, la reine lui échappait encore une fois la partie n’était pas finie.
À vrai dire, il semblait difficile, après tout ce temps perdu, d’empêcher les fugitifs de franchir le détroit. Mais le pouvoir du grand ministre ne tombait pas aux frontières. En Angleterre, il avait des moyens d’action qui, pour être occultes, n’étaient pas moins terribles, bien au contraire.
La conversation qu’il venait d’avoir avec l’amie de Mazarin lui hantait l’esprit.
— Cette comtesse de Suttland est à moi maintenant. La lettre que porte à son frère M. d’Artagnan contient des arguments sonnants qui m’assurent de Mac Legor. Par lui, j’ai Cromwell et ses Puritains.
« C’était fatal, les enfants du vieux laird Mac Diarmid devaient être à moi. Tel père…
Un sourire funèbre passa sur la sombre figure du maître. »

Extrait de : P. Féval. « D’Artagnan contre Cyrano de Bergerac 4 – L’Héritage de Buckinghan. »

Le secret de la Bastille par Paul Féval

Fiche de Le secret de la Bastille

Titre : Le secret de la Bastille (Tome 3 sur 12 – D’Artagnan contre Cyrano)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1925
Editeur : Ebooks gratuits

Première page de Le secret de la Bastille

« La Bastille sous Richelieu

Avant 1789, le voyageur qui entrait dans Paris par la route de l’Est, après la traversée du remuant et populeux faubourg Saint-Antoine, se trouvait soudainement saisi par une vision lugubre.
Derrière une ceinture de fossés où stagnait une eau verdâtre, s’érigeait une titanique construction dont les pierres, noircies par quatre siècles, oppressaient lourdement les alentours.
Cela avait la forme d’un immense sarcophage.
Huit tours crénelées nouaient la ceinture des courtines et un bastion triangulaire poussait sa pointe vers le faubourg.
C’était la Bastille.
Vieille forteresse, élevée jadis contre l’Anglais, et qui, après avoir défendu Paris, semblait maintenant le menacer.
Richelieu, en effet, inaugurant en cela, comme en toutes choses, venait de transformer l’antique château royal en une prison d’État. »

Extrait de : P. Féval. « D’Artagnan contre Cyrano de Bergerac 3 – Le Secret de la Bastille. »

Martyre de Reine par Paul Féval

Fiche de Martyre de Reine

Titre : Martyre de Reine (Tome 2 sur 12 – D’Artagnan contre Cyrano)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1925
Editeur : Ebooks gratuits

Première page de Martyre de Reine

« APRÈS LE LION, LE SERPENT

Sous la garde bienveillante et discrète du lieutenant d’Artagnan, la duchesse de Chevreuse s’acheminait sur Saint-Germain-en-Laye.
L’amie d’Aramis portait encore son costume de cavalier, le vêtement sombre de M. Bernard.
Depuis leur départ de Berny, sa prisonnière n’avait plus desserré les lèvres. Il la sentait absorbée par une préoccupation secrète, à laquelle il ne devait pas être étranger, car certains regards, jetés à la dérobée, de son côté, par Mme de Chevreuse n’avaient pas échappé à son œil perspicace.
L’attention de d’Artagnan avait été mise en éveil par deux petits faits. D’abord, il avait surpris la duchesse déchirant un papier (le billet de Mazarin), dont la lecture paraissait lui causer une vive émotion. Puis, il l’avait vue se baisser devant le foyer éteint et s’approcher d’un des pylônes de la porte pour tracer au charbon, sur la muraille, des signes mystérieux. »

Extrait de : P. Féval. « D’Artagnan contre Cyrano de Bergerac 2 – Martyre de la Reine. »