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La cavalière par Paul Féval

Fiche de La cavalière

Titre : La cavalière
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1881
Editeur : BnF

Première page de La cavalière

« Piètre Gadoche s’était trompé quelque peu dans ses calculs, ce qui arrive, dit-on, aux mathématiciens les plus habiles. Tout ne va pas, en ce monde, sur des roulettes, même les coquineries les mieux montées. Piètre Gadoche avait voulu faire sortir de Paris, où la bataille décisive était impossible, le chevalier de Saint-Georges, et il avait réussi ; mais, cinq jours après la promenade militaire effectuée de l’hôtel de Lauzan à la ville qui fut le berceau de Marguerite de Navarre et de Louis XIV, le chevalier de Saint-Georges était encore à Saint-Germain-en-Laye.

Le prétendant était retenu là, non plus par la nécessité, mais par le charme qu’il éprouvait à voir réunies lady Mary Stuart de Rothsay et sa mère, ses deux amours. Longtemps après, à Rome, quand il regardait des hauteurs du Vatican le lointain de sa jeunesse, il déclara bien souvent que cette semaine perdue à Saint-Germain représentait les plus heureux jours de sa vie.

Piètre Gadoche, dans sa sagesse, avait décidé que le dénoûment de cette royale tragi-comédie devait avoir lieu à Nonancourt. Peut-être, en cela, se trompait-il encore. »

Extrait de : P. Féval. « La Cavaliere. »

L’homme sans bras par Paul Féval

Fiche de L’homme sans bras

Titre : L’homme sans bras
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1881
Editeur : Feedbooks

Première page de L’homme sans bras

« Tanneguy ne savait pas trop au juste si la vieille métayère de Château-le-Brec, sèche et raide sous sa coiffe, était bien son aïeule. Au bourg d’Orlan, les bonnes gens l’appelaient tantôt Tanneguy Le Brec, tantôt le petit Monsieur. Pourquoi ce dernier nom, s’il était le fils d’une fermière ? Quant à cela, il ne s’était point fait faute de questionner à tort et à travers : mais les bonnes gens du bourg n’en savaient pas beaucoup plus long que lui.

Douairière Le Brec n’était pas, d’ailleurs, une fermière à la douzaine ; elle portait des habits de paysanne en étoffe de soie. Tanneguy n’avait jamais été vêtu comme ses compagnons d’enfance. Certes, au milieu du Palais-Royal, tout plein de vainqueurs à breloques, les doigts passés dans la double fente de leurs pantalons de nankin à petit pont, les cheveux frisottés, les favoris roulés, le binocle énorme au creux de l’estomac, Tanneguy ne pouvait point passer pour un mirliflor ; mais il avait un pantalon flottant de toile écrue sur sa guêtre pareille et bien lacée ; une jaquette de velours nantais dessinait sa taille gracieuse et déjà robuste ; »

Extrait de : P. Féval. « L’homme sans bras. »

Jean Diable – Tome 2 par Paul Féval

Fiche de Jean Diable – Tome 2

Titre : Jean Diable – Tome 2
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1861
Editeur : Bibebook

Sommaire de Jean Diable – Tome 2

  • Le procès criminel

Première page de Le procès criminel

« Juge Bamboche.

Il était assis sur son siége, le juge bamboche (puppet-Justice), l’homme le plus gai de Londres ; son siège était une barrique, dont le ventre largement ouvert et chantourné formait un fauteuil commode en même temps que majestueux. Devant lui était sa table : une vieille planche sur deux tréteaux, supportant un effrayant verre de gin. Pour simarre, il avait la jaquette goudronnée des porteurs de charbon ; pour perruque, il portait un paquet d’étoupes qui avait dû servir longtemps de faubert et laver le pont de bien des alléges. Auprès de lui reposaient sa pipe et sa poche à tabac, ainsi que son chapeau muni d’un appendice long et large comme cette queue du castor architecte qui attendrit tous les naturalistes. Cette queue ici n’est pas une truelle, c’est le bouclier qui protège la rude peau d’Hercule charbonnier contre les caresses de son panier trop lourd.

A sa droite, son greffier s’asseyait ; à sa gauche, dans une autre barrique, siégeait l’attorney du roi. Les avocats étaient à leurs bancs, l’accusé sur sa sellette, l’auditoire les pieds dans la boue. »

Extrait de : P. Féval. « Jean Diable – Tome II. »

Jean Diable – Tome 1 par Paul Féval

Fiche de Jean Diable – Tome 1

Titre : Jean Diable – Tome 1
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1861
Editeur : Bibebook

Sommaire de Jean Diable – Tome 1

  • Une nuit à Londres
  • Le chateau de Belcamp

Première page de Une nuit à Londres

« Le quatorzième jour de mars de l’année 1817, Gregory Temple, intendant supérieur au bureau central de Scotland-Yard s’asseyait devant sa longue table de chêne noir et tenait son front entre ses mains, plongé qu’il était sans doute tout au fond de ces savants calculs déductionnistes qui ont rendu son nom si célèbre dans les fastes de la police londonnienne, et qui font encore de lui à l’heure présente le miroir le plus parfait du détectif sans peur et sans reproche : La table, dont le bois disparaissait, d’ordinaire sous la multitude des papiers épars, était aujourd’hui presque nette, et il était aise de faire le compte des objets qu’elle supportait.

Il y avait devant Gregory Temple un dossier assez volumineux, dont l’enveloppe ou chemise portait ces mots : Assassinat de Constance Bartolozzi, 3 février 1817 ; à sa gauche était un mouchoir de toile fine, avec une lettre ouverte ; le mouchoir était taché de deux ou trois gouttes de sang et marqué R. T. ; la lettre était signée des mêmes initiales. A droite enfin, une demi-douzaine de feuilles-épreuves d’imprimerie, corrigées et chargées de renvois, s’étalaient. »

Extrait de : P. Féval. « Jean Diable – Tome I. »

Fontaine aux perles par Paul Féval

Fiche de Fontaine aux perles

Titre : Fontaine aux perles
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1880
Editeur : WikiSources

Première page de Fontaine aux perles

« Les deux voyageurs

En 1772, la forêt de Rennes rejoignait encore, par une ligne non interrompue de taillis, les grands bois de Broons. La petite rivière de Vanvre, modeste affluent de la Vilaine, coulait obscurément parmi les vastes friches et les interminables bruyères qui côtoyaient la lisière orientale de la foret.
À peu près à égale distance du bourg de la Bouëxière et de Thorigné, la Vanvre s’encaissait en un petit vallon dont les rampes se couvraient de jeunes taillis, entre lesquels de rares baliveaux dressaient ça et là leurs têtes rondes.
La route qui conduisait de Broons à Saint-Aubin-du-Cormier, route dont s’éloigne considérablement le nouveau chemin communal, suivait une sorte de ravin qui venait couper à angle droit la petite vallée et le cours de la Vanvre.
Cette route, creuse, descendait presque à pic la rampe nord du vallon et venait aboutir à un petit pont formé de deux madriers, soutenus dans l’eau par des poutres.
Les voitures ne pouvaient point passer sur cette arche frêle, et il fallait avoir confiance en sa monture pour s’y risquer à cheval. »

Extrait de : P. Féval. « Fontaine aux Perles. »

Douze femmes par Paul Féval

Fiche de Douze femmes

Titre : Douze femmes
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1878
Editeur : BnF

Sommaire de Douze femmes

  • Eve
  • Gaïte
  • Fleur des batailles
  • Francine
  • Marina
  • Mariole
  • Clémentine
  • Claire
  • Miss Anna
  • Ernestine Quesnot
  • Mademoiselle de Presmes
  • Juliette

Première page de Eve

« PREMIÈRE LETTRE
Robert à Charles

Depuis quelques jours je remets sans cesse à vous écrire. J’attendais le dénouement d’une romanesque aventure dont je suis le héros, pour vous la raconter en détail. Le dénouement est venu ; je n’ai pas lieu d’en être très fier : néanmoins je ne m’en plains pas. Il m’est arrivé, comme à tous, et vous le savez mieux que personne, vous dont j’ai fatigué la patiente amitié à force de confidences, il m’est arrivé de subir en amour de cruels désappointements. Leur souvenir est resté vif en moi ; quand j’y songe, j’éprouve encore une sorte de ressentiment mêlé de dépit, de honte et de souffrance : la mémoire est si fidèle à garder ouvert son livre aux pages qu’on voudrait en arracher ! Mais cette fois ma chute a été si doucement ménagée, j’ai trouvé à ma déconvenue une si aimable consolation, que, en définitive, le dépit a eu tort. »

Extrait de : P. Féval. « Douze femmes. »

Corbeille d’histoires par Paul Féval

Fiche de Corbeille d’histoires

Titre : Corbeille d’histoires
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1880
Editeur : BnF

Première page de Corbeille d’histoires

« On se rend au Mont-Saint-Michel par la ligne de Paris à Brest en faisant coude à Vitré, respectable petite ville bretonne que madame la marquise de Sévigné a illustrée rien qu’en y venant toucher les fermages de sa terre des Rochers. Vous figurez-vous la cataracte d’épithètes étonnées qui eût jailli de sa plume si, au lieu d’apprendre seulement la tardive folie de Mademoiselle, Sévigné avait vu un jour, de ses yeux, passer sous sa fenêtre, en foudre, ce monstrueux dragon qui s’appelle un train express, et respiré la noire haleine qu’il vomit, et entendu le terrible râle de ses poumons ? Le bel étang de Paintourteau, qui baignait les domaines de la tout aimable marquise, mis à sec et rempli d’adjectifs, n’aurait point fourni de quoi peindre, cette fois, ses légitimes stupeurs. »

Extrait de : P. Féval. « Corbeille d’histoires. »

Contes de Bretagne par Paul Féval

Fiche de Contes de Bretagne

Titre : Contes de Bretagne
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1878
Editeur :

Sommaire de Contes de Bretagne

  • Le joli château
    • Maître Luc Mor’fil
    • La tour du diable
    • Maître Roch Requin
    • L’élixir
    • Un chevalier, un écuyer et un chien
    • Où le diable rit
  • Anne des îles
    • Tradition de la mer bretonne
  • La femme blanche des marais
    • Le château de Malestroit
    • La légende
    • Légende de la femme blanche
    • Chantepie
    • Le défit
    • Pauvre Noël
    • Deux signaux au lieu d’un
    • Le tournant de Trémeulé

Première page de Maître Luc Morfil

« Ceci est une vieille histoire. Les bonnes gens la racontent le soir aux veillées, quand ils ne se souviennent point d’un conte meilleur. Les nourrices dont le bras se lasse à force de bercer s’en servent, en guise d’opium, pour endormir les petits enfants. C’est un rudiment de nouvelle, un récit comme on en pouvait faire, au fond des pauvres campagnes, cent ans avant que le feuilleton fût inventé.

Il était une fois un gentilhomme qui avait nom M. de Plougaz. Il était seigneur de Coquerel, Coatvizillirouët, Kerambardehzre et autres lieux. Son château de Coquerel était bien le plus beau qu’on pût voir à dix lieues à la ronde et même plus loin. On en parlait en Bretagne et aussi à Paris. Le roi disait souvent :

– Je voudrais bien voir le château de M. de Plougaz. »

Extrait de : P. Féval. « Contes de Bretagne. »

La bande Cadet par Paul Féval

Fiche de La bande Cadet

Titre : La bande Cadet (Tome 8 sur 8 – Les habits noirs)
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1863-1875
Editeur : Bibebook

Sommaire de La bande Cadet

  • Le salon aux quatre fenêtres
  • Une évasion et un contrat
  • Clément-le-Manchot

Première page de Le salon aux quatre fenêtres

« La rue Culture

Un soir d’hiver de l’année 1840, par un froid noir et mouillé, un pauvre homme entra au poste de la rue Culture-Sainte-Catherine. C’était une bonne figure naïve et un peu étonnée. Il portait un costume bourgeois très râpé, avec un tablier de garçon pharmacien, dont la grande poche bâillait sur son estomac. Dans cette poche, il y avait un paquet assez volumineux, ficelé dans du papier d’emballage.

Il demanda la permission de se chauffer au poêle ; ce qui lui fut volontiers accordé. Le jour s’en allait tombant au-dehors, et dans l’intérieur du corps de garde la nuit était tout à fait venue. On n’avait pas encore allumé le quinquet.

Quand le pauvre homme s’en alla, personne ne s’aperçut qu’il n’y avait plus de paquet dans la poche de son grand tablier.

À quelques pas du corps de garde s’élevait une maison d’assez grand aspect et fermée sur le devant par un mur. On l’appelait l’hôtel Fitz-Roy. Le dernier duc de Clare (celui qui portait le titre de prince de Souzay) l’avait habité un temps avec la princesse sa femme. On disait qu’ils étaient séparés maintenant. »

Extrait de : P. Féval. « Les Habits Noirs. »

Les compagnons du trésor par Paul Féval

Fiche de Les compagnons du trésor

Titre : Les compagnons du trésor (Tome 7 sur 8 – Les habits noirs)
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1863-1875
Editeur : Bibebook

Sommaire de Les compagnons du trésor

  • Etonnante aventure de Vincent Carpentier
  • Histoire d’Irène

Première page d’Etonnante aventure de Vincent Carpentier

« La santé de Vincent

Vers le commencement du règne de Louis-Philippe, au milieu de Paris, agité par les conspirations républicaine et légitimiste, il y avait une maison, austère et calme comme un cloître.
Le bruit et le mouvement l’entouraient, car elle était située non loin du Palais-Royal, à quelques pas du passage Choiseul, où se réunissaient alors, dans le même local, une goguette de « joyeux » vaudevillistes et un des plus célèbres parmi les conciliabules politiques. Mais ni l’écho des harangues, ni le refrain des chansons n’arrivaient jusqu’à cet asile, respecté à l’égal d’un sanctuaire et que la solitude de la rue Thérèse semblait abriter contre tous les tapages de la comédie humaine : clameurs de colère ou cris de plaisir.

Ah ! qu’il était glorieux alors, le toupet du roi-citoyen ! Et son chapeau gris ! Et son parapluie ! Je ne crois pas qu’il y ait eu de souverain plus populaire que Louis-Philippe d’Orléans. Son portrait était à la fois dans tous les journaux à images et sur toutes les murailles, un portrait qui représentait magistralement une grosse poire, déguisée par une paire de favoris anglais et qui était d’une frappante ressemblance. »

Extrait de : P. Féval. « Les Habits Noirs. »