Étiquette : Fleuve noir
Le zoo des Astors par Max-André Rayjean
Fiche de Le zoo des Astors
Titre : Le zoo des Astors (Tome 1 sur 14 – Jé Mox)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1966
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le zoo des Astors
« James Ruong colla son front contre la paroi translucide, épaisse, lisse, qui n’était pas du verre, mais une substance analogue beaucoup plus résistante. De longues minutes, il resta dans cette position, l’œil vague, lointain, l’esprit vide, du moins en apparence. Car, en réalité, son cerveau bouillonnait. Des foules de questions l’assaillaient, et, malheureusement, il était incapable d’y répondre. Ni lui ni ses compagnons.
Il assena de grands coups de poing dans la paroi. Celle-ci ne vibra même pas et résista comme de l’acier. La rage, l’impuissance crispaient ses nerfs, nouaient sa gorge. Il ressentait une excitation extrême qu’il s’efforçait pourtant de maîtriser. Car, en d’autres circonstances, il avait prouvé qu’il gardait admirablement son sang-froid.
Anne Mole s’approcha de lui, glissant sa main menue sur son épaule. Ruong sursauta comme si un serpent l’avait piqué.
— James…, calmez-vous.
— Me calmer ? C’est impossible. Vous rendez-vous compte de la situation où nous sommes ?
Anne hocha la tête. Elle savait seulement qu’elle émergeait d’une sorte de brouillard et elle ne s’expliquait pas le phénomène. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Le Zoo des Astors – Jé Mox. »
L’ultra-univers par Max-André Rayjean

Fiche de L’ultra-univers
Titre : L’ultra-univers (Tome 2 sur 2 – L’aventure supra-universelle)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1960
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’ultra-univers
« Féline, déhanchant son corps harmonieux, Jelda s’approcha de la table de travail où, depuis des heures consécutives, Némox étudiait un problème ardu.
Son admirable visage se crispa légèrement. Sa voix résonna comme une prière dans l’immense bureau peuplé de calculatrices géantes, qui, avantageusement, remplaçaient une armée de collaborateurs.
— Tu devrais te reposer, Némox. Depuis six jours, tu ne dors pratiquement plus. Même la régularité de tes repas en souffre. Je me demande, au fond, si tu prends le temps de manger.
Le Maître d’Errêtropolis leva la tête vers son épouse et sourit. Ses traits trahissaient une fatigue certaine, mais pour rien au monde, il n’eût abandonné le problème dont il cherchait la solution.
— Tranquillise-toi, chérie. J’absorbe chaque jour ma quantité indispensable de vitamines. Tu connais mon caractère. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « L’ultra Univers – L’aventure supra-universelle. »
Soleils : Echelle zéro par Max-André Rayjean

Fiche de Soleils : Echelle zéro
Titre : Soleils : Echelle zéro (Tome 1 sur 2 – L’aventure supra-universelle)
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1959
Editeur : Fleuve noir
Première page de Soleils : Echelle zéro
« Errêt, point imperceptible dans l’immensité galactique, du côte de la Grande Ourse, était une planète privilégiée. Elle faisait partie d’un groupe de neuf mondes qui gravitaient autour d’un gigantesque soleil, d’aspect orangé.
Elle était privilégiée pour plusieurs raisons. D’abord, l’énorme foyer central autour duquel elle tournait lui dispensait une douce chaleur, ni excessive, ni parcimonieuse, et qui entretenait à sa surface des conditions climatiques exceptionnellement favorables. Bref, elle jouissait de la plus merveilleuse des saisons : le printemps. Un printemps éternel, aux nuits et aux jours tièdes, où la température moyenne de Tannée oscillait entre vingt et vingt-cinq degrés. On pourrait, certes, épiloguer longuement sur la régularité parfaite de ce climat et sur les incidences de la vie organisée. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Soleils : Échelle Zéro – L’aventure supra-universelle. »
Une si belle planète par B. R. Bruss

Fiche de Une si belle planète
Titre : Une si belle planète
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir
Première page de Une si belle planète
« Une foule énorme battait les murs du couloir, pourtant très large, qui aboutissait à l’entrée de la salle de conférences.
Lyda Crail se sentait à la fois exaltée et craintive. Elle se serrait contre Harl, son mari, comme si elle avait eu peur de le perdre dans ce flot serré. Elle touchait de temps à autre, du bout des doigts, le petit insigne de carton épinglé à sa veste, et sur lequel on lisait ce simple mot : HURFA, encadré d’un cercle. Parfois, elle se dressait sur la pointe des pieds – elle n’était pas très grande – pour regarder autour d’elle.
— Où peuvent bien être nos amis ? demanda-t-elle à Harl.
— Comment veux-tu qu’on les retrouve dans une cohue pareille ?
— Oh ! fit-elle, pourquoi dis-tu « cohue » ? Tous ces gens-là sont nos futurs concitoyens.
Il eut un petit rire qui détendit ses traits un peu crispés. »
Extrait de : B. R. Bruss. « Une si belle planète…. »
Une mouche nommée Drésa par B. R. Bruss
Fiche de Une mouche nommée Drésa
Titre : Une mouche nommée Drésa
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1964
Editeur : Fleuve noir
Première page de Une mouche nommée Drésa
« Peter Leroy dormait profondément. Mais il était depuis longtemps entraîné à réagir, même pendant son sommeil, au moindre bruit insolite.
Il se dressa sur son séant, ouvrit les yeux, fit la lumière dans sa cabine. En un clin d’œil il s’était éveillé et se sentait parfaitement lucide.
Le doute n’était pas possible. La sonnette d’alarme grésillait au-dessus de sa tête, cette sonnette qui ne pouvait être actionnée que par le commandant de l’astronef en personne. Et Peter Leroy savait parfaitement que le commandant Hichi-Yhn ne pouvait se résoudre à presser sur le bouton qu’en cas d’extrême urgence, c’est-à-dire d’extrême péril.
Le premier soin de Peter Leroy, et cela ne lui demanda que quelques secondes, fut de s’assurer qu’il était parfaitement calme, parfaitement maître de ses pensées et de ses réflexes. Il avait été dresse de longue date à ne jamais perdre son sang-froid, quelle que fût la situation. »
Extrait de : B. R. Bruss. « Une mouche nommée Drèsa. »
Terreur en plein soleil par B. R. Bruss

Fiche de Terreur en plein soleil
Titre : Terreur en plein soleil
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1958
Editeur : Fleuve noir
Première page de Terreur en plein soleil
« 15 avril.
Que pourrais-je demander d’autre à la vie ?
Jusqu’ici elle m’a plutôt comblé. Je suis en bonne santé. Je passe pour ne pas être trop mal de ma personne. Quand je me regarde dans une glace – et sans y mettre aucune vanité – je me trouve plutôt sympathique. En tout cas, je plais à Catherine, et pour moi c’est l’essentiel.
Mes affaires – je devrais dire nos affaires, car je ne saurais dissocier de moi-même ce brave Germain Sinval, ni surtout ce cher Robert Delambre – marchent aussi bien que possible, sans que jamais l’ombre d’un désaccord sérieux surgisse entre nous. Le secret de notre bonne entente repose sur l’honnêteté. Aucun de nous n’essaie de tirer la couverture à soi. Pas plus que nous ne tentons de gruger nos clients.
J’ai toujours pensé – je devrais dire nous avons toujours pensé – que l’honnêteté était sinon le plus rapide, du moins le plus sûr moyen de réussir. Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’on peut, en affaires, se dispenser d’avoir une bonne conscience. Pour moi cela compte. »
Extrait de : B. R. Bruss. « Terreur en plein soleil. »
Substance « Arka » par B. R. Bruss
Fiche de Substance « Arka »
Titre : Substance « Arka »
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1956
Editeur : Fleuve noir
Première page de Substance « Arka »
« Jimmy Tohar marchait à grandes foulées dans les bruyères. C’était un homme de haute taille, aux larges épaules, aux hanches minces. Son visage, assez long, aux traits nets et fermes, à la peau légèrement basanée, respirait la santé et la joie de vivre. Ses narines humaient avec délices l’air un peu frais du matin. Le vent avait mis du désordre dans son ample chevelure d’un blond très clair. Bien qu’il eût un assez grave souci en tête, il préférait ne pas y songer pour le moment.
Parfois il s’arrêtait, regardait autour de lui, remplissait ses yeux bleus des beautés du paysage. Le silence n’était troublé que par les chants des oiseaux et parfois par une rumeur aiguë et déchirante dans les hauteurs du ciel – mais si haut qu’on la percevait à peine.
Jimmy Tohar tenait entre ses mains une arme terriblement démodée : un fusil. Il est vrai que c’était un fusil de chasse. Et Jimmy était sorti pour chasser les coqs de bruyère. »
Extrait de : B. R. Bruss. « Substance « Arka ». »
Quand l’uranium vint à manquer par B. R. Bruss

Fiche de Quand l’uranium vint à manquer
Titre : Quand l’uranium vint à manquer
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1968
Editeur : Fleuve noir
Première page de Quand l’uranium vint à manquer
« Cette journée-là fut une journée épouvantable, et elle débuta par une catastrophe.
Holmi Clifton se sentait écrasé sous le poids de ses responsabilités.
Il avait mis son ultime espoir dans les travaux scientifiques auxquels se livrait son ami Polters. Et Polters venait d’être l’une des victimes de la terrible explosion accidentelle qui avait détruit la quasi-totalité des installations du Centre de Recherches Atomiques dont il était le directeur. Il y avait eu quinze morts. Le vieux savant lui-même avait été si gravement blessé qu’on ne savait pas encore si on pourrait le sauver. »
Extrait de : B. R. Bruss. « Quand l’uranium vint à manquer. »
Planètes oubliées par B. R. Bruss
Fiche de Planètes oubliées
Titre : Planètes oubliées
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1965
Editeur : Fleuve noir
Première page de Planètes oubliées
« Nor Boolig, en sortant du réfectoire 715, sauta sur le trottoir roulant de la voie 110 Nord, qui n’était pas trop encombrée. Il gagna la piste la plus rapide et prit place sur un des sièges, à côté d’une jeune femme brune qui fermait les yeux pour écouter l’émission que débitait directement dans son oreille, grâce à son minuscule othosone, l’une des soixante-douze chaînes de radio de la métropole.
La plupart des gens, qu’ils fussent assis ou debout sur la piste roulante qui les emportait à près de cent kilomètres à l’heure, avaient eux aussi le même petit appareil enfoncé dans leur tuyau acoustique et semblaient perdus dans un songe lointain, hypnotisés.
Nor Boolig, lui, se contentait de regarder le paysage et de réfléchir à diverses choses. Il avait bien lui aussi, dans sa poche, comme tout le monde, un petit othosone, mais il ne s’en servait pratiquement jamais. C’était d’ailleurs une des raisons pour lesquelles sur sa fiche individuelle – portant le numéro 312715 FAA 2009 – et dont le double était au palais de la démographie, une petite croix verte accompagnait son nom. »
Extrait de : B. R. Bruss. « Planetes oubliées. »
Penelcoto par B. R. Bruss

Fiche de Penelcoto
Titre : Penelcoto
Auteur : B. R. Bruss
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de Penelcoto
« La femme, vêtue d’une blouse blanche et d’un pantalon noir faits d’un tissu très brillant, regarda la liste qu’elle tenait à la main et appela :
– Le numéro 712.
– C’est bien moi, dit l’homme qui avançait dans le couloir.
La femme lui adressa un sourire.
Cette scène se déroulait dans un lieu quasi abstrait. Un long et large couloir dont les murs, le plafond, le sol étaient entièrement métalliques, lisses, sans le moindre ornement, d’une coupe strictement rectangulaire, aussi luisants qu’une plaque d’acier poli. Les portes qui donnaient sur ce couloir étaient à peine visibles, tant elles s’emboîtaient exactement dans leurs rainures. La lumière venait on ne savait d’où, vive sans être aveuglante. Les seuls meubles visibles étaient une table d’un blanc crémeux et un tabouret de même couleur. Sur la table, quelques feuillets et une boîte carrée, blanche elle aussi, d’où sortaient des boutons. »
Extrait de : B. R. Bruss. « Penelcoto. »