Étiquette : Fleuve noir
Le bois des ténèbres par R. Laymon

Fiche de Le bois des ténèbres
Titre : Le bois des ténèbres
Auteur : R. Laymon
Traduction : Y. Boniface
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le bois des ténèbres
« Au volant de la MG, Neala ralentit. Elle retira ses lunettes et les tendit à Sherri qui les rangea dans la boîte à gants. La route étroite devenait de plus en plus sinueuse et le soleil disparaissait peu à peu derrière les grands arbres.
— Je veux un MacDo, beugla Sherri, affamée.
— J’ai de la bouffe dans mon sac, si tu veux.
— Merci, mais je préfère…
Neala écrasa la pédale du frein, projetant Sherri dans le pare-brise.
— Qu’est-ce que c’est que cette saloperie ? murmura Sherri.
La créature sans jambes se dirigea vers la voiture, se propulsant sur ses, bras puissants et velus. Horrifiée, Neala se crispa sur le volant.
— Tire-toi, cria Sherri. Vite ! Recule, nom de Dieu !
— Mais qu’est-ce que c’est? répéta Neala, hagarde.
— M’en fous, barrons-nous !
Neala enclencha la marche arrière, la voiture recula lentement.
— Ecrase-le ! supplia Sherri en observant la tête boursouflée.
— Je peux pas, c’est un homme ! »
Extrait de : R. Laymon. « le bois des ténèbres. »
La mort invisible par R. Laymon

Fiche de La mort invisible
Titre : La mort invisible
Auteur : R. Laymon
Traduction : C. Mallerin
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de La mort invisible
« La nuit où tout commença, Frank et Joan Bessler sortirent de chez eux, où la chaleur était suffocante, pour aller acheter quelques bières à Hoffman’s Market.
— Ça n’a pas l’air ouvert, dit Joan.
— Ça l’est forcément, répondit Frank en jetant un coup d’œil à sa montre. Il n’est que vingt et une heures quinze.
— Pourquoi n’y a-t-il pas de lumières ?
— Elle fait peut-être des économies d’électricité.
Frank n’était qu’à moitié convaincu par l’explication.
Aussi loin que remontaient ses souvenirs – et il avait passé à Oasis l’intégralité de ses vingt-neuf années – le petit supermarché avait toujours été illuminé jusqu’à dix heures, heure de la fermeture. Lorsque le mari d’Elsie Hoffman était mort, voilà trois ans, il avait été question qu’elle vende, ou du moins qu’elle ferme plus tôt. »
Extrait de : R. Laymon. « La mort invisible. »
Cinéma d’éventreur par R. Laymon

Fiche de Cinéma d’éventreur
Titre : Cinéma d’éventreur
Auteur : R. Laymon
Traduction : B. Blanc, D. Brotot
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir
Première page de Cinéma d’éventreur
« — Tu es sûre qu’elle n’est pas hantée ? demanda Ray, ne plaisantant qu’à moitié.
Sa décapotable jaune venait de s’arrêter dans l’ombre d’une imposante bâtisse, une vieille demeure victorienne.
— Ce serait le comble du luxe, non ? s’exclama Tina. Je n’ai jamais vu de fantôme.
— C’est peut-être la chance de ta vie, alors.
Ray n’avait, semblait-il, aucun désir de sortir du véhicule. Il contemplait la maison à travers le pare-brise en se mordillant nerveusement la lèvre inférieure.
— Tu préfères qu’on aille ailleurs ? demanda Tina. Ce n’est pas parce que Todd nous a prêté cette piaule que nous sommes obligés d’y rester, n’est-ce pas ? Partons, si tu veux. Trouvons un motel.
— Je n’aime pas ces barreaux aux fenêtres… »
Extrait de : R. Laymon. « Cinéma d’éventreur. »
La maison de la bête par R. Laymon

Fiche de La maison de la bête
Titre : La maison de la bête (Tome 2 sur 4 – Beast House Chronicles)
Auteur : R. Laymon
Traduction : E. Constant
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de La maison de la bête
« Il arriva derrière moi. Ses griffes me lacérèrent le dos, je tombai sur les genoux. Je sentais sa chair chaude et glissante sur moi. Je compris ce qu’il voulait. L’idée me terrifia, mais déjà l’excitation me gagnait à son contact, doublée de la plus étrange impatience.
« Il m’immobilisa par-derrière, dans une position que je n’attribuais jusqu’alors qu’aux animaux. À la première caresse de son membre, une peur terrible me saisit, non pas une peur physique, non pas la crainte de souffrir dans ma chair ; je tremblais pour le salut de mon âme. Pourtant, je le laissai faire. Je sais, ni ma force ni ma détermination n’auraient pu l’arrêter, mais je n’opposai aucune résistance. Au contraire, je l’accueillis en moi, je m’offris avec une avidité qui n’avait d’égale que la magnificence que j’attendais, sans doute, de cette étreinte.
« Mon Dieu ! comme il me posséda ! Comme ses griffes déchirèrent ma chair ! Comme ses dents me dévorèrent ! Comme son membre superbe fouilla mon ventre ! Comme il était brutal dans l’assaut, doux et gentil en son cœur. »
Extrait de : R. Laymon. « La maison de la bête – Beast House Chronicles. »
La cave aux atrocités par R. Laymon

Fiche de La cave aux atrocités
Titre : La cave aux atrocités (Tome 1 sur 4 – Beast House Chronicles)
Auteur : R. Laymon
Traduction : B. Blanc, D. Brotot
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de La cave aux atrocités
« La voiture de police ralentit.
Cette fois, Jenson en était sûr. Ce n’était pas le reflet de la lune sur les vitres.
Il se gara le long du trottoir et attendit.
De nouveau, le faisceau d’une torche perça l’obscurité poisseuse qui noyait la vieille demeure victorienne, de l’autre côté de la rue.
Dan Jenson décrocha le micro de la radio.
— Jenson à quartier général !
— Ouais, crachota l’appareil.
— Y a un rôdeur dans La Maison de la Bête !
— Nom d’un chien ! Va lui passer les menottes, qu’est-ce que tu attends ?
— Ça, mon gars, pas question ! Envoyez-moi de l’aide d’abord ! »
Extrait de : R. Laymon. « La cave aux atrocités – Beast House Chronicles. »
Horrific party par M. Humann

Fiche de Horrific party
Titre : Horrific party
Auteur : M. Humann
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de Horrific party
« Dehors, deux douzaines de gosses jouaient au football avec une boîte de conserve en poussant des hurlements hystériques.
Dedans, Arthur Rash suait à grosses gouttes devant un verre de whisky dont la glace avait fondu depuis longtemps et qu’il n’avait pas envie de boire.
Dehors, c’était la place centrale de Chignahuapan, un village pourri d’un pays pourri.
Dedans, c’était la salle de l’unique auberge dudit village, murs en torchis, ventilateurs en panne, cafards sur tous les meubles, odeur de pipi.
Naturellement, le whisky était imbuvable. Même la glace avait un goût de rance, à croire qu’elle provenait d’une fosse d’aisance miraculeusement congelée par le curé du coin grâce à deux Pater et trois Je vous salue, Marie.
Des affiches défraîchies indiquaient que le pape était venu dans la région. Pas fou, il était reparti. »
Extrait de : M. Humann. « Horrific Party. »
Fantôme de feu par M. Humann

Fiche de Fantôme de feu
Titre : Fantôme de feu
Auteur : M. Humann
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de Fantôme de feu
« L’image passait et repassait dans la tête de Jedy.
Plus qu’une image.
Un film.
Toujours le même.
Un pick-up vert cabossé qui roule sur la route de latérite entre deux champs de cannes à sucre ;
un choc ;
un jaillissement de flammes ;
deux corps qui se transforment en bonshommes de charbon de bois jusqu’à se réduire aux trois quarts de leur forme primitive ;
un autre Ford qui s’arrête cent mètres plus loin, un homme qui en descend, hébété mais intact, bourré comme une outre de rhum et de bière.
Il est écrit quelque part : « Qui tuera par l’alcool et le feu périra par l’alcool et le feu. »
Ou cela devrait être écrit. »
Extrait de : M. Humann. « Fantôme de feu. »
Collioure trap par F. Darnaudet et C. Rabier

Fiche de Collioure trap
Titre : Collioure trap
Auteur : F. Darnaudet et C. Rabier
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de Collioure trap
« Au pied d’un immeuble de trente étages, quelque part au nord de Paris :
Le raclement de pieds a réveillé le veilleur de nuit !
Il extirpe le pistolet automatique de son étui tandis que sa main gauche dégage la torche électrique du blouson de cuir. Une silhouette grise apparaît dans le hall de l’immeuble, précédant de quelques mètres une foule muette mais compacte aux contours fantasmagoriques. Deux yeux jaunes rétrécis scintillent dans la pénombre, menaçant le gardien. Le faisceau de la torche jaillit, aveuglant la première créature. Celle-ci pousse un beuglement en fermant les yeux tandis que l’homme contemple l’horrible spectacle : l’armure d’acier du monstre est déchiquetée au niveau de la poitrine. Un formidable coup d’épée semble avoir fait exploser le torse. L’arc osseux des côtes est visible à travers la chair à vif, mais la mort doit remonter à plusieurs jours car la peau est en état de décomposition avancée… »
Extrait de : F. Darnaudet et C. Rabier. « Collioure Trap. »
Une lumière entre les arbres par A. Brutsche

Fiche de Une lumière entre les arbres
Titre : Une lumière entre les arbres
Auteur : A. Brutsche ( J.-P. Andrevon )
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir
Première page de Une lumière entre les arbres
« — Ça fleurit un jour sur la Butte,
Ça pousse on ne sait trop comment,
Et de cabrioles en culbutes
Ça tombe dans les bras d’un amant…
Ils chantaient tous les quatre à mi-voix cette vieille et charmante chanson de Bruant. Ils l’aimaient bien, cette chanson ; elle avait le parfum d’une époque qui était peut-être injustement appelée belle, mais qui avait pour elle le charme et le mystère de ce qui est passé, et qu’un flou pittoresque auréolait d’une lumière trouble qui en faisait tout le prix. La butte Montmartre, le Moulin Rouge, Bruant, Renoir, Zola, Toulouse-Lautrec… tous ces noms qui n’avaient pas toujours de points communs entre eux, et souvent des écarts de date importants, se mélangeaient dans leur commémoration d’un temps révolu, dont les points de repère étaient quelques airs faciles à retenir, quelques tableaux ensoleillés, certaines gravures où l’on voyait des messieurs en gibus, des dames à larges robes, des fiacres, des bicyclettes grêles et surtout, surtout… pas d’automobiles ! »
Extrait de : A. Brutsche (J.-P. Andrevon). « Une lumière entre les arbres. »
Un froid mortel par A. Brutsche

Fiche de Un froid mortel
Titre : Un froid mortel
Auteur : A. Brutsche ( J.-P. Andrevon )
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir
Première page de Un froid mortel
« — Et si on s’arrêtait là ? fit Françoise.
Alain leva son pied de l’accélérateur et jeta un coup d’œil vers la gauche. De l’autre côté de la route, un bâtiment gaiement coloré s’élevait, d’architecture moderne, entouré de pelouses. Un motel nouvellement construit, sans doute, pensa Alain, qui ne se souvenait pas avoir vu la construction auparavant. Derrière la DS, une voiture corna nerveusement. Alain hésita, obliqua vers la droite jusqu’à serrer au plus près l’accotement, ralentit encore.
— Pourquoi, tu connais ? dit-il en jetant un regard rapide vers son épouse.
— Non, répondit Françoise en ramenant en arrière ses longs cheveux bruns, d’un geste élégant des bras qui tendit brusquement sa poitrine ferme sous son léger pull bordeaux. Mais j’ai soif, et puis il n’est pas si tard. On pourrait bien s’arrêter… »
Extrait de : A. Brutsche (J.-P. Andrevon). « Un froid mortel. »