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Le dernier chant des sirènes par P. Anderson

Fiche de Le dernier chant des sirènes

Titre : Le dernier chant des sirènes
Auteur : P. Anderson
Date de publication : 1982
Traduction : M. Lodigiani
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le dernier chant des sirènes

« Le nouvel archidiacre qui entra en fonction auprès de l’évêque de Viborg se nommait Magnus Gregersen. Il avait étudié à Paris et jouissait d’une instruction plus étendue que la moyenne ; d’autre part, il était rigoureusement pieux et intègre. Pourtant, le peuple le trouvait trop strict et n’appréciait pas plus l’arrivée de sa grande silhouette décharnée surmontée d’un visage sévère que celle de n’importe quel autre corbeau dans les champs. L’évêque, quant à lui, le considérait comme l’homme de la situation, car les mœurs s’étaient relâchées durant les années de luttes internes qui avaient ravagé le Danemark après la mort du roi Valdemar le Victorieux.
Parcourant toute la côte du pays Jutes en tant que prévôt épiscopal, Magnus arriva au village d’Als.  »

Extrait de : P. Anderson. « Le dernier chant des sirènes. »

La troisième race par P. Anderson

Fiche de La troisième race

Titre : La troisième race
Auteur : P. Anderson
Date de parution : 1960
Traduction : B. R. Bruss
Edition : Fleuve noir

Première page de La troisième race

« Après un rapide crépuscule, la nuit venue de l’océan Atlantique envahit rapidement les terres. Quelques lumières apparurent dans la ville, mais la plus grande partie de celle-ci demeura dans les ténèbres. Les points lumineux furent plus nombreux dans le ciel qu’au sol lorsque les étoiles se mirent à briller.

Sa Grandeur, Intelligence Suprême, Seigneur du Système Solaire, ouvrit la fenêtre et s’y accouda pour contempler les constellations et respirer l’air chaud et moelleux venu des profondeurs illimitées du Brésil.

« Quel univers agréable et beau, pensa-t-il ; quelle grande et magnifique planète que cette. Terre ! Comme elle mérite que l’on combatte pour elle, afin de la conquérir et de la garder, ainsi qu’on le ferait pour une amante bien-aimée. »

Il n’entendait rien d’autre que le bruit léger et un peu triste du vent. Partout, au-dessous de lui, régnaient le silence et la solitude.

Il soupira, puis se retourna, tandis que dans la pièce, sous une impulsion automatique, la lumière se faisait plus intense. Il sentait sur ses épaules le poids d’une longue fatigue.

La lutte était terminée, certes. Le point final venait d’être mis au dernier épisode. Mais l’était-il vraiment ? Et ensuite, que se passerait-il ? Il y avait encore tant de choses à faire, et ils étaient si peu nombreux pour les accomplir ! Lui-même, qui avait été choisi comme chef suprême par son propre peuple, par ceux de sa race, n’était-il pas en »

Extrait de : P. Anderson. « La troisième race. »

Terminus 1 par S. Wul

Fiche de Terminus 1

Titre : Terminus 1
Auteur : S. Wul
Date de parution : 1959
Editeur : Fleuve noir

Première page de Terminus 1

« Trois joueurs avaient étalé leurs cartes sur la table crasseuse. Tous trois regardaient Julius, qui n’avait pas encore parlé.
Julius eut un sourire de triomphe modeste qui fit étinceler ses dents blanches sous la lampe. Précautionneusement, comme on effeuille un artichaut, il détacha une carte de son jeu et la jeta en disant :
— Soleil d’Or ! Je suis maître aux soleils.
Il choisit une autre carte avec lenteur et dit encore :
— Constellation du Cygne ! Je suis maître.
Et puis, en abattant sa troisième figure, qui représentait une planète à sept satellites bariolés :
— Maître partout !
Il rafla le petit tas de diamants constituant les enjeux et l’envoya au fond de sa poche. »

Extrait de : S. Wul. « Terminus1. »

Rayons pour Sidar par S. Wul

Fiche de Rayons pour Sidar

Titre : Rayons pour Sidar
Auteur : S. Wul
Date de parution : 1957
Editeur : Fleuve noir

Première page de Rayons pour Sidar

« Aux issues de la grotte, les orgues de l’ouragan cessèrent peu à peu leurs lugubres rhapsodies. La tempête s’éloignait.
Le silence réveilla Lorrain, tapi dans l’ombre depuis des heures. Hébété, le Terrien se traîna sur le ventre et regarda dehors.
Les Monts Noirs dressaient des silhouettes impossibles dans un ciel wagnérien lourdement drapé d’écarlate. Fantaisies d’un cataclysme ancien, des flèches gothiques, des tours en dentelle soutenues de rosaces distordues défiaient les lois de l’équilibre au-dessus d’abîmes sans fond. Quelques nuées déchiraient encore leurs moires verdâtres à la pointe des sommets.
Des barrissements ricochaient sur les rocs, révélant la présence de bêtes inconnues.
— Ça bon, dit la voix du guide, ça très bon !
Il gambadait déjà au bord d’un gouffre et désignait quelque chose en bas. Lorrain progressa sur les genoux et pencha la tête. Sous lui, le fond de l’abîme paraissait ouaté de neige.
— Il a neigé ?
— Non, dit le guide, ça pas neige, ça « krofo ».
— Krofo ?
L’indigène aux pattes d’autruche cueillit une petite plante accrochée au roc et d’où la brise arrachait des bourres cotonneuses. »

Extrait de : S. Wul. « Rayon pour Sidar. »

Odyssée sous contrôle par S. Wul

Fiche d’Odyssée sous contrôle

Titre : Odyssée sous contrôle
Auteur : S. Wul
Date de parution : 1959
Editeur : Fleuve noir

Première page d’Odyssée sous contrôle

« Le vaisseau ralentissait depuis deux jours. Il approchait de Pink-Moon et commençait à lover sa course sur une orbite libre.
Au bar des premières classes, la foule était nerveuse, comme à chaque escale. Ceux qui devaient débarquer à Pink-Moon offraient des tournées généreuses et parlaient très fort, excités par la perspective de fouler bientôt le sol d’une planète après une claustration de plusieurs semaines.
Michel Maistre entra dans le bar, sourit au passage à quelques connaissances de voyage et se jucha sur un tabouret.
Soudain, le plancher parut trembler – oh ! très peu ! – et tous eurent pendant une seconde une sensation de chute libre dans les entrailles. Simultané- »

Extrait de : S. Wul. « Odyssée sous contrôle. »

La peur géante par S. Wul

Fiche de La peur géante

Titre : La peur géante
Auteur : S. Wul
Date de parution : 1957
Editeur : Fleuve noir

Première page de La peur géante

« L’année 2157 vit la plus grande catastrophe affectant, l’humanité depuis les temps bibliques. L’attaque, car c’en était une, commença de façon insidieuse par quelques pannes de réfrigérateurs.

Ce matin-là, Bruno Daix sortit de sa douche en sifflotant. Il s’avança sur sa terrasse en se frictionnant le torse au Floréthyl et contempla sa ville.
In Salah, capitale du Sahara et deuxième ville d’Afrance, dressait de toutes parts à l’assaut du ciel ses immeubles éclatants de blancheur. Bizarrement surmonté d’un jardin-terrasse, chaque bâtiment ressemblait à un géant glabre, coiffé d’une chevelure de feuillage.
Partout, des ponts de plastique franchissaient d’un seul élan des rues taillées en abîmes et d’où montait déjà le murmure de la circulation. »

Extrait de : S. Wul. « La Peur géante. »

La mort vivante par S. Wul

Fiche de La mort vivante

Titre : La mort vivante
Auteur : S. Wul
Date de parution : 1958
Editeur : Fleuve noir

Première page de La mort vivante

« Depuis des siècles et des siècles, l’Homme avait émigré vers les planètes-paradis de lointains systèmes.
Autour du Soleil ne gravitaient plus que des mondes presque déserts. Seule, Vénus hébergeait une société organisée, relief de l’ancien Empire. Mais les trois quarts de la Science avaient été perdus. Et la grande défiance officielle contre les savants accélérait encore cette déchéance. On se contentait d’utiliser de vieilles recettes héritées du passé, mais reconnues sans danger par une théocratie timorée.
Quant à la Terre… ! C’était la planète maudite. Il était défendu d’y toucher. D’ailleurs, son climat pluvieux et désespérant suffisait à en écarter les curieux. Seuls osaient s’y aventurer des contrebandiers sans foi ni loi. Déjouant les pièges de la police spatiale, ces bandits pratiquaient le commerce des  »

Extrait de : S. Wul. « La mort vivante. »

L’orphelin de Perdide par S. Wul

Fiche de L’orphelin de Perdide

Titre : L’orphelin de Perdide
Auteur : S. Wul
Date de parution : 1958
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’orphelin de Perdide

« L’homme et l’enfant couraient dans l’herbe de la prairie mauve. Leurs ombres démesurées par le couchant couraient devant eux.
Quoique grand et d’apparence athlétique, l’homme titubait de fatigue et butait tous les dix pas. Il avait toutes les peines du monde à suivre les gambades de son fils. La mort dans l’âme, il se forçait à rire, pour simuler un jeu. Quand l’enfant s’arrêtait pour cueillir une fleur de sa petite main, une espèce d’angoisse tirait les traits de son père.
— Cours, petit ! cours vite ou bien je t’attrape !
Et l’enfant repartait en riant aux éclats. Suant et barbu, la chemise en lambeaux, l’homme faisait mine de s’amuser. Il clopinait lourdement à la poursuite du fils qu’il voulait sauver. De temps en temps, il jetait un regard inquiet par-dessus son épaule. Il voulait atteindre les collines avant la nuit. »

Extrait de : S. Wul. « L’Orphelin de Perdide. »