Étiquette : Fleuve noir
Panique à la banque du sperme par Gérard Néry

Fiche de Panique à la banque du sperme
Titre : Panique à la banque du sperme (Tome 1 sur 6 – 1999)
Auteur : Gérard Néry
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de Panique à la banque du sperme
« Le petit garçon n’a pas plus de dix ans. Il arbore la chemise brune, couleur caca d’oie, des Jeunesses hitlériennes et le brassard à croix gammée. Mais il est court sur pattes, rondouillard, les yeux écarquillés derrière ses lunettes à monture de fer. Il ne correspond pas tout à fait à l’idée qu’on se fait du Viking. Il s’appelle Aloïus Kern, il croit vivre la fin du monde sous le déluge de fer et de feu qui s’abat sur la capitale du Grand Reich.
Il a très peur, mais il est armé : un petit poignard fixé à sa ceinture. Il a faim aussi, comme tous les habitants de Berlin, taupes terrées dans les caves d’où l’on perçoit le grondement de l’artillerie russe. Les blindés soviétiques encerclent la ville. Des obus explosent dans le jardin de la chancellerie, au-dessus du bunker où le Führer épouse sa maîtresse, Eva Braun. Dans leurs uniformes chamarrés, les derniers fidèles sablent le champagne avec les mariés de la dernière heure… »
Extrait de : G. Néry. « Panique à la banque du sperme. »
Le crépuscule du compagnon par François Rahier
Fiche de Le crépuscule du compagnon
Titre : Le crépuscule du compagnon
Auteur : François Rahier
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le crépuscule du compagnon
« Un long cri s’éleva, comme une plainte aux accents modulés selon un rite immémorial. Il retentit par trois fois. On ne distinguait plus la silhouette ramassée de Lleqün, car la brume était tombée. Mais les yeux du vieil homme ne l’avaient pas trompé. Plusieurs exclamations jaillirent simultanément :
— Les voilà !
— Ils arrivent…
— Les bonni-tonni arrivent !
À fleur d’eau, entre les courtes vagues qui allaient se briser sur les rocs de la passe, venaient d’apparaître des corps longs et fuselés, d’un bleu assez foncé. Deux hommes vêtus de sarraus gris, l’uniforme des pêcheries du Comté, se jetèrent à l’eau, l’un armé d’un épieu, l’autre d’un crochet long et acéré. Du promontoire parvint le quatrième appel, annonçant le gros du banc. »
Extrait de : F. Rahier. « Le crépuscule du compagnon. »
L’ouragan des enfants-dieux par François Rahier
Fiche de L’ouragan des enfants-dieux
Titre : L’ouragan des enfants-dieux
Auteur : François Rahier
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’ouragan des enfants-dieux
« Neige et froid.
— Saloperie !
L’homme a glissé, les pieds pris dans les lambeaux, la charpie d’une botte de fortune. Sa main blessée s’est rouverte, le sang teint de brun sa vareuse. Il se redresse, maugréant. Son compagnon a atteint le sommet de la petite butte et ajuste ses jumelles.
Il le rejoint et souffle. Les derniers mètres l’ont épuisé, le sang bat dans ses tempes et il a la gorge sèche. L’autre se retourne et le dévisage froidement. En bas, c’est la plaine, presque à l’infini, que ne limite même pas l’horizon imprécis d’un ciel d’hiver où fait son trou par moment l’œil glauque du soleil. À l’ouest, une ferme isolée, flanquée d’une tour de guet, une guérite de rondins montée sur un échafaudage plutôt branlant. Une fumée grasse sort de la cheminée. La sente boueuse qui mène à ce qui doit être l’étable semble indiquer la présence d’animaux. Un doigt jauni par le tabac entraîne la molette. »
Extrait de : F. Rahier. « L’ouragan des enfants-dieux. »
Les maîtres des souterrains par Bertrand Passegué
Fiche de Les maîtres des souterrains
Titre : Les maîtres des souterrains (Tome 2 sur 2 – Troglo-blues)
Auteur : Bertrand Passegué
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les maîtres des souterrains
« C’était le même officier rondouillard, celui qui m’avait envoyé en souriant croupir à la fouille 4 ; celui aussi qui m’avait prédit que je n’y resterais pas longtemps ; un fin connaisseur.
Il a encore souri en me voyant entrer dans son bureau. Je lui aurais volontiers écrasé la gueule à coups de pieds, histoire de me rembourser des deux mois de fouille que je lui devais, mais je me suis bien gardé de le montrer ; au lieu de ça, je lui ai souri également, comme si j’étais tout content de le revoir.
— Il t’a fallu le temps, a-t-il fini par dire. Je pensais pas que tu tiendrais si longtemps, avec ton bon copain Loubeau pour s’occuper de toi !
— Vous l’avez fait exprès ! j’ai lancé, accusateur. (À vrai dire, il y avait un moment que j’avais compris ça. Par contre, j’avais une ou deux questions à lui poser.) Qu’est-ce qui leur a pris ? Pourquoi ils m’en ont fait baver comme ça ?
Malgré moi, ma voix était devenue plaintive. J’avais beau faire, ces deux mois me restaient en travers de la gorge. »
Extrait de : B. Passegué. « Les maîtres des souterrains – Troglo-blues. »
Le monde d’en bas par Bertrand Passegué

Fiche de Le monde d’en bas
Titre : Le monde d’en bas (Tome 1 sur 2 – Troglo-blues)
Auteur : Bertrand Passegué
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le monde d’en bas
« La fille, je ne l’ai pas vue tout de suite. Elle s’était glissée dans les derniers rangs, derrière les hommes, les vieilles femmes et les enfants, et elle ne nous quittait pas des yeux. Elle faisait tout ce qu’elle pouvait pour qu’on ne la remarque pas, mais malgré la poussière dont elle s’était maculé le visage et les vêtements, elle était tellement belle qu’elle ne pouvait vraiment pas passer inaperçue. Une chouette gosse. Elle était à moitié cachée par les autres, bien que je ne pouvais pas trop voir comment elle était balancée, d’autant plus qu’elle s’était enroulé une espèce de sac autour des épaules; pourtant, j’avais dans l’idée que ça ne devait pas être vilain.
Il faisait une chaleur à crever, et la traversée de ce putain de désert m’avait plutôt ramolli, c’est sans doute pour ça que j’ai mis si longtemps à la repérer ; parce que d’habitude, j’ai plutôt l’œil vif. Mais je n’étais pas dans un bon jour. J’avais une putain de soif, je suais à grosses gouttes, et je sentais mes mains poisseuses coller à la reliure du livre de comptes. Un temps pareil, moi, ça me rend malade. »
Extrait de : B. Passegué. « Le monde d’en bas – Troglo-blues. »
Le monolithe noir par Bertrand Passegué

Fiche de Le monolithe noir
Titre : Le monolithe noir (Tome 1 sur 2 – Rétis Galactica)
Auteur : Bertrand Passegué
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le monolithe noir
« Parvenue aux confins du système solaire, la petite sphère ralentit sa vitesse pour adopter une orbite d’approche. Six heures plus tard, elle survolait la Terre.
Après trois révolutions autour de la planète, elle infléchit brusquement sa course et vint se poser en douceur quelque part à l’intérieur du continent australien, non loin d’une petite ferme aux bâtiments décrépits.
Immédiatement, elle commença à émettre : Sonde XX 8594 UT 94 Quadrant 8 I MÉTACENTRE.
DEMANDE CONNEXION.
CONNEXION ÉTABLIE. TRANSFÉRER DONNÉES.
Sonde XX 8594 UT 94 Quadrant 8 I MÉTACENTRE.
INSTRUCTIONS REQUISES.
En même temps, la sphère transmettait un flot ininterrompu d’informations accumulées pendant la descente.
La réponse vint aussitôt : 7 LIAISON AUTORISÉE. EFFECTUER PROJECTION.
Aussitôt, la sphère commença à se déformer, formant un cylindre allongé qui s’étira rapidement pour devenir un mince fil dont l’extrémité filait vers les étoiles. Elle perçut néanmoins un nouveau message : Quadrant 8. »
Extrait de : B. Passegué. « Le monolithe noir – Rétis Galactica. »
Le grand hiver par Bertrand Passegué

Fiche de Le grand hiver
Titre : Le grand hiver (Tome 5 sur 5 – Bêta IV Hydri)
Auteur : Bertrand Passegué
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le grand hiver
« Cela faisait une éternité que la force inconnue s’était emparée de lui pour le projeter dans ce vide obscur où l’espace et le temps n’existaient plus.
— Tu n’es rien ! hurlaient les rafales d’énergie en cinglant son esprit de millions de traînées fulgurantes. Tu n’as jamais existé, et jamais tu n’existeras !
Autour de lui, l’océan d’énergie devint lumineux ; ses couleurs changeaient selon des fréquences incompréhensibles, engendrant la souffrance. Il n’était plus qu’une fragile enveloppe mentale ballottée en tous sens dans ce maelström incompréhensible.
Pourtant, il savait maintenant qu‘il était un homme. Des souvenirs flous se pressaient à la lisière de son esprit. Mais sa conscience écartelée à l’infini l’empêchait de se concentrer.
— Nathan Stone !
Le nom fulgura dans son cerveau, et il sut, sans le moindre doute possible, que c’était le sien.
— Où suis-je ?
— Nulle part ! cria en réponse le tourbillon mental. Rien n’existe! Rien n’a jamais existé et n’existera jamais ! »
Extrait de : B. Passegué. « Le grand hiver – Bêta IV Hydri. »
La forteresse éternelle par Bertrand Passegué

Fiche de La forteresse éternelle
Titre : La forteresse éternelle (Tome 4 sur 5 – Bêta IV Hydri)
Auteur : Bertrand Passegué
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de La forteresse éternelle
« — Alia… Alia, reviens !
Au lieu d’obéir, la fillette accéléra encore l’allure.
— Alia ! Tu vas te faire mal !
L’enfant ne prêta pas attention à la voix inquiète de la nourrice. Elle continua d’avancer à tâtons, rencontra enfin la paroi métallique. Maintenant qu’elle pouvait se guider, elle avança plus vite.
Alia était aveugle ; elle était née ainsi huit ans plus tôt, mais elle savait qu’il existait quelque chose que tout le monde appelait la lumière.
— Alia ! Tu n’as pas le droit d’aller par-là ! Attends-moi !
La voix de la vieille femme ne lui parvenait plus qu’à peine. Esther ne pourrait pas la rattraper. Elle ralentit l’allure, guettant les premières lueurs de perception.
La lumière… La fillette ne s’en était longtemps fait qu’une idée assez floue, malgré les innombrables questions posées à la nourrice, car les réponses, loin de l’aider, l’avaient égarée davantage encore. »
Extrait de : B. Passegué. « La forteresse éternelle – Bêta IV Hydri. »
Le septième cycle par Bertrand Passegué

Fiche de Le septième cycle
Titre : Le septième cycle (Tome 3 sur 5 – Bêta IV Hydri)
Auteur : Bertrand Passegué
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le septième cycle
« Halissa gisait, inerte, dans le caisson de sommeil-profond, mais elle ne ressentait rien, ni souffrance, ni plaisir. Elle ne pensait pas ; elle ne rêvait pas non plus… Le mécanisme qui maintenait au ralenti ses fonctions vitales continuait à ronronner imperceptiblement.
Un deuxième caisson, identique mais vide, était placé à côté du sien dans la petite pièce aux parois métalliques, juste assez grande pour les contenir tous les deux. Sur celui de la jeune Noire, des voyants luisaient faiblement dans l’obscurité. Un point lumineux presque imperceptible apparut soudain entre les deux caissons. Son éclat augmenta lentement, jusqu’à ce que les parois de métal terne baignent dans une chaude lumière dorée. Puis, comme la clarté devenait encore plus forte, les murs du réduit semblèrent perdre toute consistance pour finir par disparaître comme s’ils n’avaient jamais existé. En même temps, la lueur se mit en mouvement, tournoyant lentement en un cercle doré qui s’élargissait peu à peu. Une silhouette commença à s’y former. Des pans de lumière colorée, chatoyants, presque substantiels, qui se superposaient pour esquisser une forme vaguement humaine que les vibrations des surfaces lumineuses maintenaient à l’état d’ébauche grossière. »
Extrait de : B. Passegué. « Le septième cycle – Bêta IV Hydri. »
