Étiquette : Fleuve noir
Bayou par Charles Nécrorian
Fiche de Bayou
Titre : Bayou (Tome 2 sur 2 – Blood-sex)
Auteur : Charles Nécrorian
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Bayou
« Quatre ans que Stephen n’est plus, quatre ans que mon frère m’a abandonnée dans ce monde où ne survivent que des larves qui se prétendent être des hommes. Pour moi, des cloportes seraient plus attachants.
Quatre ans de ténèbres…
Depuis quelques jours, je me souviens à nouveau du visage de Stephen, surtout de son dernier regard alors qu’il avançait vers mes lèvres la colonne de chair de son sexe.
Tout se brouille, bascule encore dans ce puits sans fond que les humains dégénérés nomment la mort pour l’unique raison qu’ils ne connaissent pas la jouissance de cette souffrance divine cachée au fond de tout être vivant.
Pourquoi suis-je encore de ce monde ? Pourquoi n’ai-je pas suivi mon frère dans sa quête des nouvelles frontières de l’absolu ? Stephen, pourquoi ces hommes ont-ils mis tant d’acharnement à me rattacher à cette horrible vie dont je ne voulais plus, cette vie que toi et moi avions choisi de quitter ensemble, sexe dans sexe, corps unique, entièrement voués à la jouissance mutuelle ? »
Extrait de : C. Nécrorian. « Blood Sex 2 (Bayou). »
Blood-sex par Charles Nécrorian

Fiche de Blood-sex
Titre : Blood-sex (Tome 1 sur 2 – Blood-sex)
Auteur : Charles Nécrorian
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Blood-sex
« Il faisait chaud, terriblement chaud. Tout n’était que chaleur. Le soleil, une boule de feu suspendue à la verticale du canon.
Paul se dressa sur un coude. Il était étendu sur un rocher plat. À cet endroit, la rivière devenait sage, s’étalait dans de petits bassins aux eaux claires entourés de rocs usés par des millénaires de brusques fureurs. De son surplomb, Paul pouvait discerner le fond du bassin. Plusieurs fois déjà, il avait surpris l’éclat argenté d’un poisson. « Un coin à truites », pensa-t-il.
– Viens…
Il sourit,, regarda les deux filles nues qui faisaient la planche en agitant les bras pour l’inciter à les rejoindre.
– Viens… Elle est bonne !
Il se leva, les contempla encore quelques secondes puis il dégrafa sa ceinture et baissa son jean. Il plongea dans l’eau cristalline, fut surpris par sa fraîcheur, en suffoqua presque. Il nagea rapidement pour remuer, pour rétablir la circulation sanguine dans ses muscles tétanisés par le brusque changement de température. Alors, il se sentit bien, débarrassé de cette chaleur moite qui lui collait à la peau. »
Extrait de : C. Nécrorian. « Blood-Sex. »
Zéro heure par John Russo
Fiche de Zéro heure
Titre : Zéro heure
Auteur : John Russo
Date de parution : 1980
Traduction : A. Crichton
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Zéro heure
« Du chemin, ils entendirent !es cris de rage et de douleur. Le démon était pris! Là-bas, dans le champ, comme l’autre.
— Courez, mes enfants, courez vite ! cria maman. N’ayez pas peur, je vous suis !
Son gourdin à la main, elle se hâta de toute la vitesse de ses jambes grêles.
Luke et Abraham, quatorze et douze ans, ouvraient la route. Ils portaient l’un et l’autre une pelle. Cynthia, dix ans, la plus petite, avait peine à soutenir l’allure. Mais il n’était pas question qu’elle renonce : c’était elle qui avait récité les prières pour attirer le démon dans leur piège. Elle en frémissait de fierté. Pourtant, quelle peur elle éprouvait !
Derrière elle, Cyrus riait nerveusement. A seize ans ou presque, il n’était pas très dégourdi. Gêné par son embonpoint, il suait et soufflait pour ne pas se laisser distancer.
La famille dévala la pente et pénétra dans le champ en friche d’où provenaient les cris. Le temps de traverser une étendue d’herbes hautes, elle déboucha sur le sentier contournant la montagne. La chose était là. »
Extrait de : J. Russo. « Zéro heure. »
Le retour des morts vivants par John Russo
Fiche de Le retour des morts vivants
Titre : Le retour des morts vivants (Tome 3 sur 3 – Les morts vivants)
Auteur : John Russo
Date de parution : 1985
Traduction : P. Benita
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Le retour des morts vivants
« — Bon, maintenant qu’ils sont tous partis, on va s’prendre un café, histoire de s’activer la cervelle, assura Frank Nello.
Pour son deuxième jour de travail, Freddy était gâté : son chef s’était pris d’amour pour lui. Il n’eut pas le temps d’acquiescer, déjà son patron lui tournait le dos et se dirigeait vers le bureau où se trouvait le distributeur. L’entrepôt était désert et silencieux. La nuit tombait, les petites lucarnes dispensaient une lumière molle et inquiétante qui s’accrochait aux multiples taches de rouille des murs et du plafond, leur donnant l’aspect de caillots malsains. Quelques lampes faiblardes pendouillant du plafond comme des pièges à mouches répandaient une lueur verdâtre. Freddy avait l’impression d’être en taule. Pire ! Dans une morgue.
Frank se retourna et lui passa un bras paternel autour des épaules.
— Bientôt, tu te sentiras comme chez toi, ici, p’tit gars. T’en fais pas, t’apprendras vite.
Freddy ravala sa salive avec difficulté. »
Extrait de : J. Russo. « Le retour des morts vivants. »
Le réveil des morts vivants par John Russo

Fiche de Le réveil des morts vivants
Titre : Le réveil des morts vivants (Tome 2 sur 3 – Les morts vivants)
Auteur : John Russo
Date de parution : 1978
Traduction : P. Benita
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Le réveil des morts vivants
« Le cercueil attendait contre le mur le plus éloigné. Reposant sur une planche et des tréteaux, il était recouvert d’un drap blanc et entouré de fleurs. Il était minuscule.
À l’intérieur reposait le corps d’une petite fille, Amy Dorsey. Elle avait succombé, la veille, à une mauvaise fièvre. La cérémonie allait commencer.
Un murmure parcourut la foule assemblée dans la grande pièce de la ferme; les Miller faisaient leur entrée : Bert, le père, un paysan rude et coléreux, suivi de ses trois filles. Leur mère était morte à la naissance de la plus jeune, Karen, et c’est Bert qui avait élevé sa progéniture, trop féminine à son goût. Ann et Sue Ellen soutenaient leur soeur cadette. Une grossesse douloureuse et évidente lui donnait une démarche pataude. Elle n’était même pas mariée. »
Extrait de : J. Russo. « Le réveil des morts vivants. »
Puissance : facteur 3 par Max-André Rayjean
Fiche de Puissance : facteur 3
Titre : Puissance : facteur 3
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1961
Editeur : Fleuve noir
Première page de Puissance : facteur 3
« Les gardes fédéraux rectifièrent leur position lorsque la Cour entra dans la vaste salle du Palais de Justice décorée aux couleurs de la Confédération Occidentale.
Le juge et ses quatre assesseurs, tous en robe de lamé pourpre, regagnèrent la tribune. Ils s’assirent en un mouvement unanime promenant devant eux des regards inexpressifs. Ils aperçurent les gardes figés, impassibles, mais vigilants, puis les avocats de la défense derrière lesquels, dans le box, menottes magnétiques aux poignets, se retranchait l’accusé.
Le banc des jurés était vide, parce que ces messieurs délibéraient encore à huis clos. Mais le verdict ne faisait aucun doute. Il entérinerait le jugement déjà prononcé dans ce même Palais il y avait cinq ans.
Aucun journaliste n’assistait au procès. C’était la règle immuable, inflexible. Seul le public, aujourd’hui assez clairsemé, était admis dans le large hémicycle. Les foules se désintéressaient de plus en plus des actes judiciaires. Il existait maintenant d’autres spectacles plus attractifs. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Puissance : Facteur 3. »
Projet « Kozna » par Max-André Rayjean

Fiche de Projet « Kozna »
Titre : Projet « Kozna »
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1964
Editeur : Fleuve noir
Première page de Projet « Kozna »
« Klas avança la main et frôla un tableau de commandes. La porte, en face de lui, se dématérialisa. Un écran de contrôle, orienté convenablement, lui apprit que Morg, l’un de ses adjoints, sollicitait une entrevue.
À l’entrée de son collaborateur, Klas demeura impassible. Il semblait taillé dans une masse de rocher. Il n’esquissait que des gestes précis, mesurés, jamais inutiles. Bardé d’une cuirasse rouge, il trônait dans un large fauteuil de métal, devant un bureau encombré d’appareils.
Morg entra. Il ressemblait à son patron, par l’aspect, par les gestes. C’était aussi un androïde, une créature synthétique extrêmement perfectionnée, plus homme que machine, car son cerveau raisonnait en homme et son corps obéissait comme une machine. Il était le symbole d’une brillante civilisation.
— Klas, annonça-t-il d’une voix monocorde, sans relief, nos capteurs cosmiques viennent de déceler, à travers le spectre solaire de Mû, une radiation de type inconnu.
La nouvelle ne surprit pas le premier savant de Kirtas. Pourtant, il l’ignorait. Seulement un androïde restait parfaitement maître de ses réflexes, en toute circonstance. Il notait simplement les observations. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Projet « Kozna ». »
Planètes captives par Max-André Rayjean

Fiche de Planètes captives
Titre : Planètes captives
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1962
Editeur : Fleuve noir
Première page de Planètes captives
« Régan IV s’avança jusqu’à la cloison opaque. Ses deux conseillers, Tibur et Nomar, le suivaient comme son ombre. Sans que l’un de ces personnages eût esquissé le moindre geste, manipulé la moindre commande, prononcé la moindre parole, la cloison se dématérialisa.
La prodigieuse chambre à vide apparut. Une boule brillante comme un soleil surgit du néant. Elle semblait immobile. Mais elle étincelait. Elle irradiait une fantastique lumière d’un jaune orangé. Il fallait un écran polarisateur pour la contempler, pour la disséquer, sans quoi la rétine eût été brûlée.
L’écran était là, invisible tout comme la cloison. Mais il protégeait les yeux de Régan IV et de ses conseillers.
— Le microsystème de Déberria, dit l’un d’eux d’une voix nasillarde.
La boule brillante suspendue dans la chambre à vide était en effet un soleil en réduction. Quatre planètes l’escortaient dans sa ronde sur des orbites différentes.
Les trois créatures intelligentes, bien différentes par leur aspect des habitants de la Terre, s’éloignèrent d’une allure nonchalante, caractéristique. Aussitôt, le système de Déberria disparut et la cloison reprit son opacité primitive. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Planètes captives. »
Les singes d’Ulgor par Max-André Rayjean

Fiche de Les singes d’Ulgor
Titre : Les singes d’Ulgor
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les singes d’Ulgor
« La pirogue à moteur pétaradait doucement et remontait le Kapuas entre deux murs de végétation luxuriante.
Des arbres aux énormes racines plongeaient leurs basses branches dans l’eau. Des lianes s’enchevêtraient les unes aux autres, formant un entrelacement compact, impénétrable. Les fourrés sombres, épais, regorgeaient d’humidité. Dans un ciel chauffé à blanc, le soleil n’entrait dans la forêt qu’avec parcimonie.
Le courant du fleuve était régularisé par un barrage situé cinquante kilomètres plus haut. Le flot torrentueux ne s’en précipitait pas moins vers Pontianak, sur la mer de Java.
À l’arrière de la pirogue flottait le drapeau indonésien. Il y avait trois hommes à bord, un sergent et deux policiers. Ils étaient vêtus d’un uniforme en toile, saharienne et short, et une casquette à visière coiffait leurs cheveux noirs. Un insigne brillait sur leur poitrine.
Ils allaient à Pansang, un petit village de Dayaks situé sur le fleuve. Mission de routine afin d’affirmer la présence du Gouvernement de Djakarta jusque dans les coins les plus reculés de Bornéo. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les Singes d’Ulgor. »
Les Psycors de Pââl Zuick par Max-André Rayjean

Fiche de Les Psycors de Pââl Zuick
Titre : Les Psycors de Pââl Zuick
Auteur : Max-André Rayjean
Date de parution : 1971
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les Psycors de Pââl Zuick
« Bro, contrôleur-chef au Fichier Central, hoche la tête et grimace. Il montre sa bouche édentée, soulignée par un cartilage. Franchement, il n’est pas beau et ne fait pas honneur à la race humaine. Il est vrai que celle-ci a bien changé depuis cinq siècles. Terriblement changé. Au point qu’un voyageur du passé, brusquement projeté dans le présent, ne reconnaîtrait pas ses semblables.
Tout a changé. Pas seulement les hommes. Mais aussi le décor, l’environnement, le mode d’existence, la mentalité.
Bro – B.412 pour le Code – possède des membres grêles. Des cheveux prématurément gris encadrent un visage ratatiné, pâle, exsangue. Un dégénéré, respirant un air confiné. Il a totalement perdu le besoin d’un effort physique. Même l’effort de mastiquer est devenu superflu. Alors, les dents ont disparu et les muscles se sont atrophiés, créant un être à grosse tête, aux formes mal adaptées, mal équilibrées. Et ces imbéciles s’habillent de telle façon qu’ils n’enjolivent pas leurs silhouettes. »
Extrait de : M.-A. Rayjean. « Les Psycors de Pââl Zuik. »