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Le neveu du magicien par C. S. Lewis

Fiche de Le neveu du magicien
Titre : Le neveu du magicien (Tome 1 sur 7 – Les chroniques de Narnia)
Auteur : C. S. Lewis
Date de parution : 1955
Traduction : C. Dutheil de la rochère
Editeur : Gallimard
Première page de Le neveu du magicien
« LA MAUVAISE PORTE
C’est une histoire qui s’est passée il y a très longtemps, à l’époque où votre grand-père était un petit garçon. Une histoire très importante, car c’est elle qui permet de comprendre comment les échanges entre notre monde et le pays de Narnia ont commencé.
A cette époque, Sherlock Holmes vivait encore à Baker Street. A cette époque, si vous aviez été un petit garçon, vous auriez porté un uniforme de collégien au col empesé tous les jours, et les écoles étaient souvent plus strictes qu’aujourd’hui. En revanche, les repas étaient meilleurs. Quant aux bonbons, je ne vous dirai pas à quel point ils étaient exquis et bon marché, sinon je vous mettrais l’eau à la bouche pour rien. Enfin, à cette époque vivait à Londres une petite fille qui s’appelait Polly Plummer. »
Extrait de : C. S. Lewis. « Le Neveu du magicien – Les chroniques de Narnia. »
Bohème par M. Gaborit

Fiche de Bohème
Titre : Bohème – l’intégrale
Auteur : M. Gaborit
Date de parution : 2008
Editeur : Gallimard
Sommaire de Bohème
- Les rives d’Antipolie
- Revolutsya
Première page de Bohème
« Léon Radurin appartenait au premier régiment de reconnaissance des hussards praguois. Il commandait la septième section des échassiers voltigeurs.
Ses vingt-deux hommes étaient fatigués. Depuis trois jours, la section progressait à travers l’écryme, en territoire ennemi, pour éviter tout contact avec les postes frontières pentapoliens.
Les ruines ralliées une heure plus tôt constituaient la première halte digne de ce nom. Le lieu-dit des Orphelines se résumait à trois piliers de pierre tronqués, limés par les vents du nord. Avant la guerre, on comptait sept autres piliers conçus pour soutenir une vaste plate-forme eiffelienne où travaillaient, de jour comme de nuit, une centaine d’ouvriers praguois. Aucun n’avait survécu aux bombardements des dirigeables pentapoliens. La superstructure et les machines de forage avaient disparu, balayées par les obus de 105. »
Extrait de : M. Gaborit. « Bohême – intégrale. »
Os de lune par J. Carroll

Fiche de Os de lune
Titre : Os de lune
Auteur : J. Carroll
Date de parution : 1987
Traduction : D. Michel-Chich, N. Duport
Editeur : Gallimard
Première page de Os de lune
« Le « garçon à la hache » habitait à l’étage du dessous. Nous nous connaissions car il promenait toujours un horrible petit chien que je ne manquais jamais de caresser quand je la croisais dans l’entrée de l’immeuble.
Ses photos révèlent un physique passe-partout à l’exception de ses lunettes presque toujours sales, le genre brumeux et poisseux qui vous donne envie de sortir votre mouchoir pour les nettoyer.
« Un brave garçon. » Pourquoi la presse utilise-t-elle toujours ce genre d’expression ? « Toutes les connaissances du meurtrier le décrivent comme un brave garçon, attaché à ses parents, un bon scout qui passait ses loisirs à collectionner les timbres d’Asie. »
Même Danny, mon adorable mari, fut de cet avis après avoir lu les détails, pourtant horribles. « Il avait l’air d’un brave type, tu ne trouves pas, Cullen ? Le “garçon à la hache”. Mon Dieu, quel surnom ! »
Extrait de : J. Carroll. « Os de Lune. »
L’arnaqueur par Walter Tevis

Fiche de L’arnaqueur
Titre : L’arnaqueur
Auteur : Walter Tevis
Date de parution : 1959
Traduction : M. Duhamel
Editeur : Gallimard
Première page de L’arnaqueur
« Armé d’un volumineux trousseau de clés, Henry, noir et voûté, ouvrit la porte. Il venait de monter par l’ascenseur. Il était neuf heures du matin. L’énorme panneau de bois sculpté, teinté à l’origine façon acajou, avait tourné à l’ébène au bout de soixante années de fumées et de poussière. Henry poussa la porte, mit en place le butoir du bout de son pied bot et entra en boitillant dans la salle.
Il était inutile d’allumer, à cette heure, car les trois immenses fenêtres qui occupaient tout un pan de mur étaient orientées au soleil levant. Par-delà, c’était le plein jour, et un vaste secteur du centre de Chicago. Henry actionna le cordon de tirage et les lourds rideaux se replièrent de chaque côté des fenêtres en un drapé d’une élégance crasseuse, sur un panorama de buildings grisâtres, coupé de tranches de ciel d’un bleu virginal. »
Extrait de : W. Tevis. « L’arnaqueur. »
Les îles du soleil par I. R. MacLeod

Fiche de Les îles du soleil
Titre : Les îles du soleil
Auteur : I. R. MacLeod
Date de parution : 2005
Traduction : M. Charrier
Editeur : Gallimard
Première page de Les îles du soleil
« Ce soir, comme presque tous les dimanches soirs, un message de ma relation m’attend sur le mur du troisième box des toilettes publiques pour hommes de Christ Church Meadow. Il fut un temps où nous testions la craie, mais tout est nettoyé si régulièrement, de nos jours, qu’on nous l’effaçait souvent. Depuis, nous nous débrouillons en plantant l’ongle du pouce dans la peinture moelleuse.
L’édicule est devenu tellement propre et net qu’il ne ressemble plus guère à des toilettes publiques : rouleaux de papier sur tous les dévidoirs, lavabos immaculés, lunettes au bois poli, ancien combattant installé dans une cabine vitrée, à lire John Bull(1) en fumant des Capstan Full Strength. Toutefois, il est parti, à présent. Le tintement résonnant des cloches appelant à l’office du soir traverse la minuscule fenêtre en verre givré : huit heures passées, déjà. »
Extrait de : I. R. MacLeod. « Les îles du Soleil. »
La vitesse de l’obscurité par E. Moon

Fiche de La vitesse de l’obscurité
Titre : La vitesse de l’obscurité
Auteur : E. Moon
Date de parution : 2003
Traduction : L. du Breuil
Editeur : Gallimard
Première page de La vitesse de l’obscurité
« Des questions, toujours des questions. Ils n’attendent même pas les réponses. Ils se ruent sur moi et me bombardent de questions ; chaque minute n’est qu’un matraquage de questions qui m’ôte toute sensation pour ne laisser qu’une douleur semblable à celle de l’épine qui s’enfonce sous des coups de marteau.
Et des ordres. Si ce n’est pas : « Lou, c’est quoi ? », c’est : « Dis-moi quel est cet objet. » Une boule. La même boule, cent fois de suite ; une boule moche, une boule horrible, une boule d’ennui, une boule dure, sans intérêt. Cette boule sans intérêt ne m’intéresse pas.
Puisqu’ils ne m’écoutent pas, pourquoi leur parlerais-je ?
J’ai mieux à faire que de leur parler. Tout ce qui dans ma vie a eu de la valeur, je l’ai gagné au prix du silence, en leur cachant mes pensées profondes et en disant ce qu’ils voulaient entendre. »
Extrait de : E. Moon. « La vitesse de l’obscurité. »
Ventus par K. Schroeder

Fiche de Ventus
Titre : Ventus
Auteur : K. Schroeder
Date de parution : 2000
Traduction : M. Charrier
Editeur : Gallimard
Première page de Ventus
« Le manoir de Castor, l’Inspecteur du sel, s’étirait au sommet de la colline tel un chat somnolent. Ses murailles couvertes de lierre n’avaient jamais été attaquées ; les tours qu’elles protégeaient s’étaient faites moins anguleuses au fil des siècles, tandis que lichen et oiseaux s’y installaient peu à peu. La vaste demeure représentait l’élément le plus important de la vie de Jordan Maçon, après ses parents ; dans un de ses plus précoces souvenirs, assis au pied de l’enceinte, il regardait travailler son père.
En ce matin limpide du début d’automne, perché en équilibre instable au bord d’un échafaudage, à huit mètres du sol, il examinait le trou apparu tout récemment dans la muraille. Le jeune homme suivit du doigt le joint séparant deux pierres ; le mortier, sombre et granuleux, avait la même consistance que celui dont s’était servi un de ses ancêtres pour réparer le rectorat après un orage, deux cents ans plus tôt. »
Extrait de : K. Schroeder. « Ventus. »
Permanence par K. Schroeder

Fiche de Permanence
Titre : Permanence
Auteur : K. Schroeder
Date de parution : 2002
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : Gallimard
Première page de Permanence
« La découverte qui a rendu le voyage interstellaire réalisable et l’expansion de notre civilisation inévitable date de 1997, même si nul n’en a eu alors conscience.
Maria Teresa Ruiz, astrophysicienne à l’Universidad de Chile, cherchait des naines blanches lorsqu’elle a relevé une anomalie à trente années-lumière de la Terre : une tête d’épingle rouge à peine visible et isolée dans la constellation de l’Hydre. Son spectre ne révélait aucune présence d’oxyde de titane qui aurait permis de la cataloguer en tant que naine rouge. Contre toute logique, Ruiz trouva dans son atmosphère la signature bien particulière du lithium… incompatible avec un statut d’étoile véritable. Elle baptisa cet objet Kelu-1, et ce fut la première naine brune « errante » jamais répertoriée.
Gliese 229B et Teide 1 avaient été découvertes deux ans plus tôt, à quelques semaines d’intervalle. »
Extrait de : K. Schroeder. « Permanence. »
Psychohistoire en péril 2 par D. Kingsbury

Fiche de Psychohistoire en péril 2
Titre : Psychohistoire en péril 2
Auteur : D. Kingbury
Date de parution : 2001
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : Gallimard
Première page de Psychohistoire en péril 2
« Les occultations et les phases des lunes jumelles de Timdo tenaient une place prééminente dans les thèmes astraux locaux. D’une des galeries les plus hautes du monastère en gradins de l’Héphaïstion, Hiranimus les trouvait tout simplement très belles. C’était à juste titre que les poètes de Coron vantaient leur beauté. La grosse sphère d’un rose délicat de Succube et celle réduite par la distance de Devineresse. Une multitude de serviteurs célestes s’étaient réunis dans le ciel pur de ces montagnes pour assister à leur défilé majestueux.
L’hôte du monastère était accoudé à une balustrade au-dessus et au-dessous de gargouilles grandes comme un homme dont les dégorgeoirs évacuaient l’eau des nombreux gradins. Toutes représentaient des monstres qui lorgnaient le ciel. »
Extrait de : D. Kingsbury. « Psychohistoire en péril, II. »
Psychohistoire en péril 1 par D. Kingsbury

Fiche de Psychohistoire en péril 1
Titre : Psychohistoire en péril 1
Auteur : D. Kingbury
Date de parution : 2001
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : Gallimard
Première page de Psychohistoire en péril 1
« On a dénombré de nombreux interrègnes locaux pendant les sept cents siècles d’errances interstellaires attestées de l’humanité et les six cents siècles écoulés depuis la découverte des premiers propulseurs hyper-luminiques rudimentaires. Mais un seul effondrement à l’échelle galactique nous stupéfie par son ampleur et sa portée. Il n’épargna aucun secteur de l’Œcumène.
Bien des gens qualifient de funeste l’interrègne obscurantiste qui a séparé le premier Empire galactique du second – de la révolte de Nacréome, en l’an 12116 de l’Ère galactique, à la Pax Pscholaris de 13157 E. G. –, mais ce fut en réalité une période de renaissance, voire de grands progrès scientifiques… pour de nombreuses planètes… et tout particulièrement à la Périphérie, sur Lointaine…
Nous devons aux chercheurs impériaux qui y étaient en exil la capsule atomique de la taille d’une noisette… le transmutateur dont le concept était révolutionnaire… le lévitateur… »
Extrait de : D. Kingsbury. « Psychohistoire en péril, I. »