Étiquette : Gallimard
Le travail du furet par J.-P. Andrevon

Fiche de Le travail du furet
Titre : Le travail du furet
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 2015
Editeur : Gallimard
Première page de Le travail du furet
« Le panneau de propagande du ministère Pop proclamait :
CONDITIONS DE VIE SAINES
MORTALITÉ EN RECUL !
Au cours de la dernière décennie,
grâce aux efforts du ministère de la Population :
- 5,8% de décès par cancers en moins
- 9,1% de décès par maladies
cardio-vasculaires en moins - 7,8% de décès par maladies virales en moins
Le baratin se poursuivait, grandiose, sur une dizaine d’autres lignes, mais je n’ai pas lu jusqu’au bout. J’étais bien content pour ceux qui n’étaient pas décédés de tout ça, mais pour l’instant ce n’était pas vraiment mon problème.
Mon problème était même plutôt inverse. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Le Travail Du Furet. »
Gandahar par J.-P. Andrevon

Fiche de Gandahar
Titre : Gandahar (Tome HS sur 6 – Gandahar)
Auteur : J.-P. Andrevon
Date de parution : 1997
Editeur : Gallimard
Sommaire de Gandahar
- Les hommes-machines contre Gandahar
- Le château du dragon
- Un quartier de verdure
Première page de Les hommes-machines contre Gandahar
« Myrne Ambisextra, souveraine du royaume de Gandahar, envoya chercher Sylvin Lanvère au milieu de l’après-midi. La journée était douce, à vrai dire ni plus ni moins belle que les 743 autres journées qui partageaient l’année à Gandahar : le royaume, ancré sur la face boréale de Tridan, vaste planète à l’axe vertical et à la translation lente, ne connaissait pour toute saison que la tiédeur d’un éternel automne.
Automne plus que printemps, sans doute. Mais Gandahar était un vieux royaume où la vie semblait un peu endormie, l’activité réduite à son strict minimum. À côté des mondes scientifiques de Pons et d’Arcanciel, où grondaient jours et nuits les machines d’acier, à côté de Stribulle, univers guerrier, Gandahar aurait pu même paraître décadent. Mais qu’importait à ses habitants ? Leurs journées, sous le règne affable d’Ambisextra, semblaient n’être qu’une seule fête champêtre jamais achevée, où les plaisirs du sport, du jeu, de la table et de l’amour emplissaient à ras bord chaque minute, chaque seconde de la coupe de la vie. Tout simplement, à Gandahar, régnait le bonheur. »
Extrait de : J.-P. Andrevon. « Gandahar. »
Les armées du jour par B. Hambly
Fiche de Les armées du jour
Titre : Les armées du jour (Tome 3 sur 3 – Le cycle de Darwath)
Auteur : B. Hambly
Date de parution : 1983
Traduction : F. Maillet, S. Guillot
Editeur : Gallimard
Première page de Les armées du jour
« La nuit était paisible. Le vent, qui s’était abattu avec une rare violence sur les montagnes glacées du nord, s’était transformé vers le crépuscule en un timide murmure entre les sombres pins qui emplissaient le sinueux Val de Renweth. À minuit, même ce murmure s’était tu. Les branches noires demeuraient immobiles d’un bout à l’autre de la vallée, lentement recouvertes de givre dans le froid grandissant. Une respiration humaine, à peine visible dans la clarté sans âme des rares étoiles hautaines et lointaines, restait suspendue telle une nuée de diamants autour du visage ou se figeait sur les lèvres en gelée blanche. Dans ce froid perçant, même les loups demeuraient terrés ; le silence s’étendait d’une falaise à l’autre, presque palpable dans ce monde glacial et désolé.
Pourtant, sous les arbres enténébrés, quelque chose avait bougé.
Rudy Solis en avait la certitude. »
Extrait de : B. Hambly. « Le cycle de Darwath – Les armées du jour. »
Les murs des ténèbres par B. Hambly

Fiche de Les murs des ténèbres
Titre : Les murs des ténèbres (Tome 2 sur 3 – Le cycle de Darwath)
Auteur : B. Hambly
Date de parution : 1983
Traduction : F. Maillet, S. Guillot
Editeur : Gallimard
Première page de Les murs des ténèbres
« La scène se passait au Shamrock Bar, à San Bernardino, un samedi soir orageux. La pluie tambourinait doucement contre la vitre, et les lumières criardes se reflétaient sur le trottoir mouillé, au-dehors. Deux motards barbus et une blonde diaphane jouaient au billard dans l’arrière-salle. Rudy Solis liquida sa deuxième bière de la soirée et regarda autour de lui. Il avait perdu quelque chose – à moins qu’on ne le lui ait arraché –, mais il ne se rappelait plus de quoi il s’agissait. Ne subsistait plus qu’une douleur sourde.
Il était fauché et pas encore assez soûl. Derrière le comptoir, Billy May allait et venait le long du rayon garni de verres à moitié vides et de bouteilles de bière, les yeux barbouillés de noir, suivie à la trace par son reflet dans le miroir taché de chiures de mouches ; la dentelle rouge de son soutien gorge dépassait du décolleté de son chandail. Le miroir révélait la faune habituelle du samedi soir, des gens que Rudy connaissait depuis l’école secondaire et même, pour certains, depuis son enfance : Peach McClain, le Hell’s Angel le plus gros du monde, avec sa nana ; Crazy Red, le prof de karaté ; Big Bull, et la bande de l’usine sidérurgique. »
Extrait de : B. Hambly. « Le cycle de Darwath – Les murs des ténèbres. »
Les forces de la nuit par B. Hambly

Fiche de Les forces de la nuit
Titre : Les forces de la nuit (Tome 1 sur 3 – Le cycle de Darwath)
Auteur : B. Hambly
Date de parution : 1982
Traduction : F. Maillet, S. Guillot
Editeur : Gallimard
Première page de Les forces de la nuit
« Gil savait que ce n’était qu’un rêve. Elle n’avait aucune raison d’avoir peur – le danger, le chaos, la terreur aveugle et l’angoisse cauchemardesque qui emplissaient la nuit hurlante n’avaient rien de réel, elle le savait ; cette ville à l’architecture sombre et insolite, cette foule d’hommes et de femmes paniqués qui la bousculaient dans leur fuite sans la voir, n’étaient que la manifestation saisissante de son subconscient surchargé des spectres qui s’évanouiraient avec le jour.
Tout cela, elle le savait ; et pourtant, elle avait peur.
Il lui semblait se trouver au pied d’un escalier de marbre vert, en face d’une cour carrée entourée de hauts bâtiments aux toits pointus. Des gens affolés passaient près d’elle en la bousculant, la repoussaient contre le socle gigantesque d’une statue de malachite sans paraître remarquer sa présence ; hommes et femmes haletants, aux yeux égarés, aux visages terrifiés d’une lividité cadavérique sous la lueur froide de la lune à son dernier quartier. »
Extrait de : B. Hambly. « Le cycle de Darwath – Les forces de la nuit. »
Seeker par J. McDevitt

Fiche de Seeker
Titre : Seeker
Auteur : J. McDevitt
Date de parution : 2005
Traduction : M. Zachayus
Editeur : Gallimard
Première page de Seeker
« 1398, CALENDRIER DE RIMWAY
Wescott sut qu’il était un homme mort. Et il y avait encore moins d’espoir pour Margaret ou sa fille. Bien qu’il eût suivi les instructions en restant à l’intérieur, il gisait maintenant sous des tonnes de glace et de roc. Tout autour de lui, en perdition dans les ténèbres qui lui semblaient l’ensevelir, il entendait pleurer et crier.
Il tremblait de froid, le bras droit écrasé, coincé sous une poutre effondrée. Il ne sentait plus la douleur, ni son bras.
Il repensa à Delia. Elle avait toute la vie devant elle… et pourtant, elle avait dû être emportée elle aussi. Il laissa couler ses larmes. Elle avait tant voulu venir.
Fermant les yeux, il tenta de se résigner. De se retrouver à bord du Falcon, où Margaret et lui s’étaient rencontrés. Des années si précieuses qu’elles en étaient inestimables. Il avait su que le jour viendrait où il souhaiterait revenir en arrière et tout recommencer. »
Extrait de : J. McDevitt. « Seeker. »
Les révoltés de la Bounty par J. Verne

Fiche de Les révoltés de la Bounty
Titre : Les révoltés de la Bounty
Auteur : J. Verne
Date de parution : 1879
Editeur : Gallimard
Première page de Les révoltés de la Bounty
« L’ABANDON
Pas le moindre souffle, pas une ride à la surface de la mer, pas un nuage au ciel. Les splendides constellations de l’hémisphère austral se dessinent avec une incomparable pureté. Les voiles de la Bounty pendent le long des mâts, le bâtiment est immobile, et la lumière de la lune, pâlissant devant l’aurore qui se lève, éclaire l’espace d’une lueur indéfinissable.
La Bounty, navire de deux cent quinze tonneaux monté par quarante-six hommes, avait quitté Spithead, le 23 décembre 1787, sous le commandement du capitaine Bligh, marin expérimenté mais un peu rude, qui avait accompagné le capitaine Cook dans son dernier voyage d’exploration.
La Bounty avait pour mission spéciale de transporter aux Antilles l’arbre à pain, qui pousse à profusion dans l’archipel de Tahiti. Après une relâche de six mois dans la baie de Matavaï, William Bligh, ayant chargé un millier de ces arbres, avait pris la route des Indes occidentales, après un assez court séjour aux îles des Amis. »
Extrait de : J. Verne. « Les Révoltés de la Bounty. »
Pas de panique ! par N. Gaiman

Fiche de Pas de panique !
Titre : Pas de panique !
Auteur : N. Gaiman
Date de parution : 2002
Traduction : M. Pagel
Editeur : Gallimard
Première page de Pas de panique !
« L’acide désoxyribonucléique, communément appelé ADN, constitue la base génétique fondamentale de tous les êtres vivants. La structure de l’ADN fut découverte et décryptée, en même temps que sa fonction, à Cambridge, Angleterre, en 1952, puis dévoilée au monde en 1953.
Cet ADN-là n’était cependant pas le premier à apparaître à Cambridge. Un an plus tôt, le 11 mars 1952, Douglas Noël Adams y était venu au monde, dans un ancien asile des pauvres victorien(1) – d’une mère infirmière et d’un père étudiant en théologie qui comptait entrer dans les Ordres mais finirait par y renoncer devant l’insistance de ses amis à le convaincre de l’inanité du projet.
Les parents de Douglas quittèrent Cambridge alors qu’il avait six mois. Il avait cinq ans lorsqu’ils divorcèrent. »
Extrait de : N. Gaiman. « Pas de panique !. »
Frankenstein ou le Prométhée moderne – M. Shelley

Fiche de Frankenstein ou le Prométhée moderne
Titre : Frankenstein ou le Prométhée moderne
Auteur : M. Shelley
Date de parution : 1818
Traduction : A. Morvan
Editeur : Gallimard
Première page de Frankenstein ou le Prométhée moderne
« Je suis genevois de naissance et ma famille est l’une des plus éminentes de cette république. Mes ancêtres furent longtemps conseillers et syndics, et mon père avait occupé plusieurs emplois publics avec honneur et en gagnant l’estime de tous. Tous ceux qui le connaissaient le respectaient pour son intégrité et pour son attention infatigable au bien public. Il se consacra sans relâche durant sa jeunesse aux affaires de son pays ; un certain nombre de raisons l’avaient empêché de se marier tôt et ce n’est que lorsque sa vie fut sur le déclin qu’il prit femme et devint père de famille.
Comme les circonstances entourant son mariage témoignent de son caractère, je ne puis m’empêcher de les rapporter. L’un de ses amis intimes était négociant ; d’abord prospère, il tomba dans la pauvreté à la suite de nombreux mécomptes. Cet homme, qui s’appelait Beaufort, était d’une nature fière et roide ; il ne pouvait accepter de vivre dans la pauvreté et dans l’oubli en un pays où son rang et sa magnificence l’avaient naguère rendu si éminent. »
Extrait de : M. Shelley. « Frankenstein ou Le Prométhée moderne. »
Les masques de sang par F. Colin

Fiche de Les masques de sang
Titre : Les masques de sang (Tome 3 sur 3 – Les étranges soeurs Wilcox)
Auteur : F. Colin
Date de parution : 2011
Editeur : Gallimard
Première page de Les masques de sang
« C’était un soir de neige comme on n’en avait pas vu depuis longtemps. Londres frissonnait, étourdie par la tempête, et les traces des passants, à peine dessinées sur les trottoirs, s’effaçaient tels les mots d’un poème d’enfant. Jamais l’hiver n’avait paru aussi cruel, et jamais aussi délectable, pour le jeune garçon, la perspective de demeurer cette nuit dans sa chambre sous les toits avec une histoire pour seule compagnie.
« Le fantôme étendit un moment sa sombre robe devant lui comme une aile, puis, la repliant, lui fit voir une chambre éclairée par la lumière du jour, où se trouvaient une mère et ses enfants. »
Heureux, le jeune garçon referma son livre : Un chant de Noël, Charles Dickens. Ailleurs, loin sur l’océan, celle à qui son destin serait un jour lié aurait pu découvrir ces lignes elle aussi, et frémir d’un même plaisir, si des larmes ne l’avaient empêchée de poursuivre sa lecture ; mais cela, évidemment, Wilfred Garrison l’ignorait – tout comme il ignorait encore, en cet instant, l’existence de ladite jeune fille. »
Extrait de : F. Colin. « Les étranges soeurs Wilcox – Les masques de sang. »