Étiquette : Gore
Impacts par Charles Nécrorian

Fiche de Impacts
Titre : Impacts
Auteur : Charles Nécrorian
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Impacts
« Sam regarda la boîte de bière. De la Colt 45, une bibine qui venait de Phœnix, ni meilleure ni pire que les autres. De toute manière, il avait commandé la bière pour justifier sa présence au bar du Relax-98, un trucks’ stop sur la highway menant de Salt Lake City à Denver, au mile 98. Son nom marquait les limites de l’imagination de son propriétaire.
Salt Lake City, une putain de ville fondée par des hommes à chapeaux ronds qui lisaient la Bible en se farcissant toutes sortes de filles qu’ils appelaient des épouses. Ça avait évolué depuis. Un peu. Sam venait de là-bas et, depuis toujours, il avait rompu avec la coutume. Il ne croyait pas tellement en Dieu, et côté filles, il n’avait jamais été du genre à les faire pâmer d’amour. Il cherchait du moins à s’en convaincre depuis que quelque chose s’était cassé, peut-être à jamais, au loin, dans ce foutu pays de merde. Les médecins avaient pu recoller les chairs ou consolider les os mais, malgré leurs drogues, aucun n’avait pu le persuader de bander. »
Extrait de : C. Nécrorian. « Impacts. »
Bayou par Charles Nécrorian

Fiche de Bayou
Titre : Bayou (Tome 2 sur 2 – Blood-sex)
Auteur : Charles Nécrorian
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Bayou
« Quatre ans que Stephen n’est plus, quatre ans que mon frère m’a abandonnée dans ce monde où ne survivent que des larves qui se prétendent être des hommes. Pour moi, des cloportes seraient plus attachants.
Quatre ans de ténèbres…
Depuis quelques jours, je me souviens à nouveau du visage de Stephen, surtout de son dernier regard alors qu’il avançait vers mes lèvres la colonne de chair de son sexe.
Tout se brouille, bascule encore dans ce puits sans fond que les humains dégénérés nomment la mort pour l’unique raison qu’ils ne connaissent pas la jouissance de cette souffrance divine cachée au fond de tout être vivant.
Pourquoi suis-je encore de ce monde ? Pourquoi n’ai-je pas suivi mon frère dans sa quête des nouvelles frontières de l’absolu ? Stephen, pourquoi ces hommes ont-ils mis tant d’acharnement à me rattacher à cette horrible vie dont je ne voulais plus, cette vie que toi et moi avions choisi de quitter ensemble, sexe dans sexe, corps unique, entièrement voués à la jouissance mutuelle ? »
Extrait de : C. Nécrorian. « Blood Sex 2 (Bayou). »
Blood-sex par Charles Nécrorian

Fiche de Blood-sex
Titre : Blood-sex (Tome 1 sur 2 – Blood-sex)
Auteur : Charles Nécrorian
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Blood-sex
« Il faisait chaud, terriblement chaud. Tout n’était que chaleur. Le soleil, une boule de feu suspendue à la verticale du canon.
Paul se dressa sur un coude. Il était étendu sur un rocher plat. À cet endroit, la rivière devenait sage, s’étalait dans de petits bassins aux eaux claires entourés de rocs usés par des millénaires de brusques fureurs. De son surplomb, Paul pouvait discerner le fond du bassin. Plusieurs fois déjà, il avait surpris l’éclat argenté d’un poisson. « Un coin à truites », pensa-t-il.
– Viens…
Il sourit,, regarda les deux filles nues qui faisaient la planche en agitant les bras pour l’inciter à les rejoindre.
– Viens… Elle est bonne !
Il se leva, les contempla encore quelques secondes puis il dégrafa sa ceinture et baissa son jean. Il plongea dans l’eau cristalline, fut surpris par sa fraîcheur, en suffoqua presque. Il nagea rapidement pour remuer, pour rétablir la circulation sanguine dans ses muscles tétanisés par le brusque changement de température. Alors, il se sentit bien, débarrassé de cette chaleur moite qui lui collait à la peau. »
Extrait de : C. Nécrorian. « Blood-Sex. »
Zéro heure par John Russo

Fiche de Zéro heure
Titre : Zéro heure
Auteur : John Russo
Date de parution : 1980
Traduction : A. Crichton
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Zéro heure
« Du chemin, ils entendirent !es cris de rage et de douleur. Le démon était pris! Là-bas, dans le champ, comme l’autre.
— Courez, mes enfants, courez vite ! cria maman. N’ayez pas peur, je vous suis !
Son gourdin à la main, elle se hâta de toute la vitesse de ses jambes grêles.
Luke et Abraham, quatorze et douze ans, ouvraient la route. Ils portaient l’un et l’autre une pelle. Cynthia, dix ans, la plus petite, avait peine à soutenir l’allure. Mais il n’était pas question qu’elle renonce : c’était elle qui avait récité les prières pour attirer le démon dans leur piège. Elle en frémissait de fierté. Pourtant, quelle peur elle éprouvait !
Derrière elle, Cyrus riait nerveusement. A seize ans ou presque, il n’était pas très dégourdi. Gêné par son embonpoint, il suait et soufflait pour ne pas se laisser distancer.
La famille dévala la pente et pénétra dans le champ en friche d’où provenaient les cris. Le temps de traverser une étendue d’herbes hautes, elle déboucha sur le sentier contournant la montagne. La chose était là. »
Extrait de : J. Russo. « Zéro heure. »
Le retour des morts vivants par John Russo

Fiche de Le retour des morts vivants
Titre : Le retour des morts vivants (Tome 3 sur 3 – Les morts vivants)
Auteur : John Russo
Date de parution : 1985
Traduction : P. Benita
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Le retour des morts vivants
« — Bon, maintenant qu’ils sont tous partis, on va s’prendre un café, histoire de s’activer la cervelle, assura Frank Nello.
Pour son deuxième jour de travail, Freddy était gâté : son chef s’était pris d’amour pour lui. Il n’eut pas le temps d’acquiescer, déjà son patron lui tournait le dos et se dirigeait vers le bureau où se trouvait le distributeur. L’entrepôt était désert et silencieux. La nuit tombait, les petites lucarnes dispensaient une lumière molle et inquiétante qui s’accrochait aux multiples taches de rouille des murs et du plafond, leur donnant l’aspect de caillots malsains. Quelques lampes faiblardes pendouillant du plafond comme des pièges à mouches répandaient une lueur verdâtre. Freddy avait l’impression d’être en taule. Pire ! Dans une morgue.
Frank se retourna et lui passa un bras paternel autour des épaules.
— Bientôt, tu te sentiras comme chez toi, ici, p’tit gars. T’en fais pas, t’apprendras vite.
Freddy ravala sa salive avec difficulté. »
Extrait de : J. Russo. « Le retour des morts vivants. »
Le réveil des morts vivants par John Russo

Fiche de Le réveil des morts vivants
Titre : Le réveil des morts vivants (Tome 2 sur 3 – Les morts vivants)
Auteur : John Russo
Date de parution : 1978
Traduction : P. Benita
Editeur : Fleuve noir / Gore
Première page de Le réveil des morts vivants
« Le cercueil attendait contre le mur le plus éloigné. Reposant sur une planche et des tréteaux, il était recouvert d’un drap blanc et entouré de fleurs. Il était minuscule.
À l’intérieur reposait le corps d’une petite fille, Amy Dorsey. Elle avait succombé, la veille, à une mauvaise fièvre. La cérémonie allait commencer.
Un murmure parcourut la foule assemblée dans la grande pièce de la ferme; les Miller faisaient leur entrée : Bert, le père, un paysan rude et coléreux, suivi de ses trois filles. Leur mère était morte à la naissance de la plus jeune, Karen, et c’est Bert qui avait élevé sa progéniture, trop féminine à son goût. Ann et Sue Ellen soutenaient leur soeur cadette. Une grossesse douloureuse et évidente lui donnait une démarche pataude. Elle n’était même pas mariée. »
Extrait de : J. Russo. « Le réveil des morts vivants. »
La marée purulente par D. Walther

Fiche de La marée purulente
Titre : La marée purulente
Auteur : D. Walther
Date de publication : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de La marée purulente
« Le jour se leva sur l’île. Avec des rutilements exaspérants pour les yeux des simples mortels. Comme si une bombe nucléaire avait explosé dans le beau milieu de l’horizon. Mais aucune bombe n’avait sauté au-dessus du Pacifique depuis bien des années. On s’en tenait à la trêve. Du moins en apparence.
L’île d’ailleurs — sur laquelle nous voyons se lever l’aube aux doigts de métal fondu, aux yeux de lave incandescente — n’avait aucune valeur stratégique. Elle n’abritait qu’une centaine de lépreux condamnés à mourir lentement et sûrement, de pauvres épaves qui n’attendaient plus rien de personne.
Le médecin qui soignait les lépreux de l’île avait perdu la foi depuis longtemps et s’était mis à boire.
Justement, nous pouvons le voir, dans sa chambre à coucher, qui se lève péniblement, qui se tient la tête à deux mains, comme s’il avait peur qu’elle se brise en mille morceaux tel un œuf… sans crier gare. Il retombe sur son lit défait, nu comme un ver, tout englué de mauvaise transpiration. »
Extrait de : D. Walther. « La Marée purulente. »
Grouillements par G. J. Arnaud

Fiche de Grouillements
Titre : Grouillements (Tome 2 sur 2 – Gore)
Auteur : G. J. Arnaud
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir
Première page de Grouillements
« Elle qui avait failli refuser ce poste dans cette petite ville triste ne se reconnaissait plus. C’était avec allégresse qu’elle se levait, se préparait, filait au collège au volant de sa voiture, même les jours où elle n’avait pas cours avec la troisième B. De toute façon elle pouvait l’apercevoir dans la cour, les couloirs, et chaque fois c’était la même émotion qu’en d’autres temps elle aurait jugée stupide. Elle se surprenait à commettre des imprudences, elle, Lisa Monteil, professeur d’histoire et de géographie, vingt-cinq ans, risquant de se faire surprendre en train de fixer un peu trop avidement un bel adolescent de quinze ans, blond, bronzé, élégant dans ses gestes et sa façon nonchalante de regarder autour de lui d’un air blasé.
Tout cela parce que dix ans plus tôt, dans une classe de troisième également, mais à l’autre bout de la France, elle avait connu le sosie de ce garçon et ne l’avait jamais oublié. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Grouillements – Gore. »
Le festin séculaire par G. J. Arnaud

Fiche de Le festin séculaire
Titre : Le festin séculaire (Tome 1 sur 2 – Gore)
Auteur : G. J. Arnaud
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le festin séculaire
« Depuis la veille, des vapeurs blanches, épaisses, montaient du sol défoncé des ruelles, cernant le pâté d’immeubles et, à la nuit, c’était un brouillard opaque qui ensevelissait tout. On disait que les travaux importants de la traversée souterraine de la vieille ville avaient entraîné la rupture des canalisations du chauffage urbain, d’où cette abondance de fumées denses.
Anaïs Hiems contempla sa table de salle à manger avec satisfaction. Tout lui paraissait en harmonie, le linge de table d’un blanc immaculé, les cristaux et l’argenterie. La famille de son nouveau mari possédait de véritables trésors dans des écrins patinés par les siècles.
Elle s’approcha de la fenêtre de droite, mais ne put distinguer la maison d’en face, encore moins ce qui se passait dans la rue. La brume assourdissait la vie extérieure au point de se croire isolée dans une île. »
Extrait de : G. J. Arnaud. « Le festin séculaire – Gore. »