Étiquette : Hearn

 

Le Japon inconnu par Lafcadio Hearn

Fiche de Le Japon inconnu

Titre : Le Japon inconnu
Auteur : Lafcadio Hearn
Date de parution : 1904
Traduction : L. Raynal
Editeur : BnF

Première page de Le Japon inconnu

« On affirme assez généralement que la nature des peuples orientaux est plus profondément sérieuse que celle des occidentaux ; c’est du moins la conviction de ceux qui se contentent des opinions qu’ils ont puisées dans les romans. D’autres esprits, plus réfléchis, estiment, au contraire, que les conditions de la vie moderne ont amené les nations occidentales à un degré de gravité supérieur à celui des peuples d’Orient.
Il est aventureux et trop simple d’expliquer par des raisons aussi sommaires les différences qui séparent l’Extrême-Orient et l’Europe, et qui font entre ces deux moitiés de l’humanité
un antagonisme peut-être irréductible. Le mieux est d’étudier ce malentendu profond dans l’un des contrastes caractéristiques que nous offrent les Japonais et les Anglais.
Ce serait un lieu commun de rappeler l’extrême gravité britannique : gravité non seulement extérieure, mais profonde, qui constitue, pour ainsi dire, le caractère distinctif de la race ; c’en serait un autre de répéter les opinions courantes sur l’insouciance du peuple japonais, qui serait bien le plus heureux du monde civilisé, s’il était vrai que le bonheur fût le prix de l’insouciance. »

Extrait de : L. Hearn. « Le Japon inconnu. »

Le Japon par Lafcadio Hearn

Fiche de Le Japon

Titre : Le Japon
Auteur : Lafcadio Hearn
Date de parution : 1904
Traduction : M. Logé
Editeur : Mercure de France

Première page de Le Japon

« On a publié sur le Japon un bon millier de volumes. Mais, à part quelques publications artistiques et quelques ouvrages d’un genre tout particulier, le nombre des ouvrages vraiment utiles ne dépasse guère une vingtaine. Cela tient à l’immense difficulté de distinguer et de comprendre ce qui se dissimule sous la façade de la vie japonaise. On ne parviendra pas, avant une cinquantaine d’années, à écrire le livre qui analysera à fond la vie japonaise et décrira exactement le Japon historique, sociologique, psychologique et moral. Le sujet est si vaste, si complexe, qu’une génération d’érudits ne l’épuisera pas ; et il est si difficile qu’il se trouvera toujours fort peu de savants pour y consacrer leur temps. Les Japonais eux-mêmes ne connaissent pour ainsi dire pas scientifiquement leur propre histoire, et on ne dispose pas encore des moyens d’établir les données de celle-ci, bien qu’on ait réuni d’innombrables documents. On manque absolument d’une bonne histoire, composée selon les méthodes modernes. Et ce n’est là qu’une des nombreuses lacunes qui découragent les chercheurs. Les éléments d’une étude sociale du Japon sont au moins aussi inaccessibles, pour le savant occidental. »

Extrait de : L. Hearn. « Le Japon. »

Kwaidan par Lafcadio Hearn

Fiche de Kwaidan

Titre : Kwaidan ou Histoires et études de choses étranges
Auteur : Lafcadio Hearn
Date de parution : 1904
Traduction : M. Logé
Editeur : Mercure de France

Sommaire de Kwaidan

  • La légende de Mimi-nashi-hôichi
  • Oshidori
  • L’histoire d’O-tei
  • Ubazakura
  • L’histoire d’Aoyagi
  • Rien n’arriva
  • Yuki-onna
  • Jû-roku-zakura
  • Rokuro-kubi
  • A propos d’un miroir et d’une cloche
  • Mujina
  • Jikininki
  • Riki-baka
  • Le rêve d’Akinosuke
  • Le secret de la morte
  • Hôrai

Première page de La légende de Mimi-nashi-hôichi

« Il y a plus de sept siècles qu’eut lieu à Dan-no-ura, sur le détroit de Shimonoseki, la bataille qui clôtura la longue rivalité entre les Heike, de la tribu de Taira, et les Genji, ou partisans de la tribu de Minamoto. Ces derniers avaient été vainqueurs et tous les Heike, leur jeune empereur, leurs femmes et leurs enfants avaient péri, massacrés !
Depuis ce massacre, la mer et les côtes du détroit sont hantées… Le long des falaises, on entend et on voit souvent des choses étranges… Par les nuits sombres, des milliers de feux-fantômes brillent sur la plage ou volètent au-dessus des vagues des lumières pâles, que les pêcheurs appellent des oni-bi, ou feux-démons… Et lorsque le vent mugit, il s’élève de l’Océan une clameur pareille à celle d’une bataille.
Au temps passé, les âmes des Heike se montraient beaucoup plus inquiètes qu’elles ne le sont à présent. Alors, leurs fantômes se dressaient, menaçants, autour des barques de pêche, essayant de les faire chavirer, ou bien ils guettaient les nageurs solitaires, et tâchaient de les saisir et de les entraîner vers les profondeurs insondables de la mer. »

Extrait de : L. Hearn. « Kwaidan ou Histoires et études de choses étranges. »

Kotto par Lafcadio Hearn

Fiche de Kotto

Titre : Kotto
Auteur : Lafcadio Hearn
Date de parution : 1912
Traduction : J. de Smet
Editeur : BnF

Sommaire de Kotto

  • Vieilles histoires
  • Le journal d’une femme
  • Heiké-Gani
  • Lucioles
  • Une goutte de rosée
  • Gaki
  • Affaire d’habitude
  • Rêverie
  • Un cas pathologique
  • Au coeur de la nuit
  • Kusa-Hibari
  • Le mangeur de rêves

Première page de Vieilles histoires – La légende du Yurei-Daki

« Non loin du village de Kurosaka, dans la province de Koki, se trouve une chute d’eau que l’on nomme le Yurei-Daki ou cascade des esprits. J’ignore pour quel motif on l’appelle ainsi. Au pied de la chute se trouve un petit sanctuaire Shinto consacré à la divinité locale, que les gens du peuple désignent sous le nom de Taki-Daïmyojin, et devant l’autel on voit un tronc de petite dimension, ou Saïsen bako, destiné à recevoir les offrandes des fidèles. Et l’on raconte une histoire relative à ce tronc aux offrandes.
Il y a trente-cinq ans, un soir d’hiver, par un temps glacial, les femmes et les jeunes filles employées en qualité d’ouvrières dans une Asa-toriba ou filature de chanvre, de Kurosaka se réunirent, quand leur besogne journalière fut terminée, autour
du grand brasier de l’atelier. Elles s’amusèrent à se raconter des histoires de revenants. Elles en avaient entendu une douzaine déjà et la plupart d’entre elles commençaient à se sentir assez mal à l’aise, quand une jeune fille, sans doute pour aviver encore le plaisir de la peur, s’écria :

 — Oh ! l’idée d’aller cette nuit, toute seule, au Yurei-Daki ! Ce qui provoqua un cri de frayeur unanime, suivi de rires nerveux…
 — Je donnerais à celle qui irait tout le chanvre que j’ai filé aujourd’hui, dit une ouvrière d’un ton moqueur. »

Extrait de : L. Hearn. « Kotto. »

Fantômes japonais par Lafcadio Hearn

Fiche de Fantômes japonais

Titre : Fantômes japonais
Auteur : Lafcadio Hearn
Date de parution : 1930
Traduction : M. Logé
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Sommaire de Fantômes japonais

  • La réconciliation
  • Le miracle de Benten, déesse de la beauté
  • Histoire de Kwashin Koji
  • La reconnaissance du Samebito
  • La jeune fille de l’écran
  • Le gamin qui dessinait des chats

Première page de La réconciliation

« Il y avait, une fois, un jeune Samouraï de Kyoto qui était tombé dans la misère à la suite de la ruine de son seigneur, et qui fut obligé de quitter sa demeure et de s’engager au service du gouvernement d’une lointaine province. Avant de quitter la capitale, le Samouraï divorça d’avec sa femme qui était très belle et extrêmement bonne, pensant obtenir un avancement plus facile en contractant une autre alliance… Il épousa donc la fille d’une famille assez distinguée, et l’emmena avec lui dans la province où il était appelé à vivre désormais.

Or, ce fut au cours de son insouciante jeunesse et tenaillé aussi par la dure expérience de la misère, que le Samouraï se méprit ainsi sur la valeur de cette affection qu’il répudia si légèrement. Car son second mariage ne fut pas heureux ; sa nouvelle épouse était dure et égoïste, et il eut bientôt toutes les raisons de songer, avec tristesse, à sa vie passée à Kyoto. »

Extrait de : L. Hearn. « Fantômes japonais. »

Lafcadio Hearn

Présentation de Lafcadio Hearn :

Lafcadio Hearn (1850-1904) était un écrivain et journaliste anglo-irlandais, principalement connu pour ses écrits sur le Japon, où il passa la dernière partie de sa vie et devint une figure importante de la littérature japonaise. Sa biographie est marquée par une enfance difficile, un journalisme incisif et une transformation culturelle radicale.

Jeunesse et débuts

Né Patricio Lafcadio Tessima Carlos Hearn à Leucade, en Grèce, d’un père irlandais et d’une mère grecque, son enfance est instable. Il est abandonné par sa mère et élevé en Irlande par sa grand-tante, mais est victime d’un accident qui lui fait perdre l’usage d’un œil, le laissant avec un visage déformé. Cette difformité, en plus de sa vue limitée, le rendit timide et solitaire. À 19 ans, il part pour les États-Unis pour y chercher fortune.

Journalisme aux États-Unis

Aux États-Unis, il s’installe d’abord à Cincinnati, puis à la Nouvelle-Orléans. Il y travaille comme journaliste, se spécialisant dans les articles à sensation, souvent macabres et bizarres. Son style d’écriture est déjà remarquable, caractérisé par une prose riche et évocatrice. Il explore la culture créole et le mysticisme vaudou, ce qui se reflète dans ses œuvres ultérieures. C’est durant cette période qu’il écrit ses premiers livres, notamment « Chita: A Memory of Last Island » (1889) et des collections de contes et d’essais.

Transformation japonaise

En 1890, il est envoyé au Japon comme correspondant pour un journal américain. Sa fascination pour la culture et les traditions japonaises le pousse à y rester. Il est d’abord enseignant à l’école de Matsue, puis à Kumamoto et enfin à l’université de Tokyo. Il se marie avec une Japonaise, Koizumi Setsu, et adopte la nationalité japonaise et le nom de Koizumi Yakumo.

Hearn devint un fervent défenseur et un interprète de la culture japonaise pour le monde occidental. Il a écrit de nombreux essais et livres qui ont présenté le Japon avant sa modernisation rapide, se concentrant sur les mythes, les contes de fantômes et la vie quotidienne. Ses œuvres les plus célèbres de cette période incluent « Glimpses of Unfamiliar Japan » (1894) et « Kwaidan: Stories and Studies of Strange Things » (1904), un recueil de contes de fantômes traditionnels qui est toujours populaire aujourd’hui.

Héritage

Mort d’une insuffisance cardiaque en 1904, Lafcadio Hearn laisse un héritage littéraire considérable. Il est considéré comme l’un des premiers et des plus influents Japonologues, ayant su capturer l’essence d’un Japon traditionnel qui s’évanouissait. Son travail a influencé de nombreux écrivains et a aidé à façonner la perception occidentale du Japon. Au Japon, il est toujours très respecté et ses œuvres continuent d’être lues et étudiées.

Livres de Lafcadio Hearn :

Fantômes japonais (1930)
Kotto (1912)
Kwaidan (1904)
Le Japon (1904)
Le Japon inconnu (1904)

Pour en savoir plus sur Lafcadio Hearn :

La page Wikipédia sur L. Hearn
La page Noosfere sur L. Hearn
La page isfdb de L. Hearn