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Le meilleur des mondes – Aldous Huxley

Fiche de Le meilleur des mondes

Titre : Le meilleur des mondes
Auteur : Aldous Huxley
Date de parution : 1932
Traduction : J. Kamoun
Editeur : Plon

Première page de Le meilleur des mondes

« Un immeuble gris massif, de trente-quatre étages seulement, avec au-dessus de l’entrée principale les mots CENTRE D’INCUBATION ET DE CONDITIONNEMENT CENTRAL DE LONDRES, et, dans un écu, la devise de l’État mondial, COMMUNAUTÉ, IDENTITÉ, STABILITÉ.

L’immense salle du rez-de-chaussée donnait au nord. Froide malgré l’été derrière les vitres et la chaleur tropicale entre les murs, une lame de lumière venue des fenêtres cherchait avidement un modèle anatomique sous sa housse, la silhouette blême d’un universitaire frigorifié, et ne rencontrait que le verre, le nickel et la porcelaine à l’éclat glacial d’un laboratoire. À l’hivernal répondait l’hivernal. Les blouses des employés étaient blanches, leurs mains gantées d’un caoutchouc cadavérique. La lumière était gelée, morte, fantôme.

Seuls les tubes jaunes astiqués des microscopes lui renvoyaient une substance riche et vivante tel du beurre, en coulées alléchantes, d’une paillasse à l’autre jusqu’au fond de la salle. »

Extrait de : A. Huxley. « Le meilleur des mondes [Nvlle trad. de Josée Kamoun]. »

1984 – George Orwell

Fiche de 1984

Titre : 1984
Auteur : George Orwell
Date de publication : 2018
Traduction : J. Kamoun
Editeur : Gallimard

Première page de 1984

« C’est un jour d’avril froid et lumineux et les pendules sonnent 13:00. Winston Smith, qui rentre le cou dans les épaules pour échapper au vent aigre, se glisse à toute vitesse par les portes vitrées de la Résidence de la Victoire, pas assez vite tout de même pour empêcher une bourrasque de poussière gravillonneuse de s’engouffrer avec lui.
Le hall sent le chou bouilli et le vieux paillasson. Sur le mur du fond, on a punaisé une affiche en couleur trop grande pour l’intérieur. Elle ne représente qu’un énorme visage de plus d’un mètre de large, celui d’un bel homme de quarante-cinq ans environ, à l’épaisse moustache noire et aux traits virils. Winston se dirige vers l’escalier. Il est inutile de chercher à prendre l’ascenseur, qui fonctionne rarement, même en période faste, et en ce moment le courant est coupé en plein jour par mesure d’économie à l’approche de la Semaine de la Haine. L’appartement est au septième et Winston, qui a trente-neuf ans et un ulcère variqueux au-dessus de la cheville droite, monte lente- »

Extrait de : G. Orwell. « 1984. »